ART. I*'. — L\ PÉDÉRASTIE
On désigne sous le nom de pédérastie l'assouvissement des désirs sexuels par l'introduction du pénis dans l'anus. Le législateur^ en punissant les rapports contre nature entre hommes, n'avait en vue que le genre de- rapport dont nous nous occupons en ce moment» bien que cette expression puisse donner lieu à d'autres interpréta-
(1) Dans une commuDicatlon faite par Mayer (Friedreich'i Blâtter f, gvr. Utdic,^ 1875, 41), le doctear Fischer, médecin distingué de la maison de correotioD de Saint-Oeorget rapporte qu'il n*est pas rare de Toir des Jeunes AUes, habltaéet anx plaisirs sexuels établir des relations dans la maison même, et satisfaire leur paaaion, aussitôt qu'une occasion quelconque se présente. Leur passion est étoonamment exaltée et elles éprouf ont tontes les souffrances de l'afflour et de la jalousie, comme cela arrive entre personnes de sexe différent*
lions. Cela est d'autant plus important que dans beaucoup de cas poursuÎTis pour rapports contre nature, le contentement des désirs sexuels était obtenu moins par la pédérastie proprement dite qae par des attouchements manuels et réciproques et souvent par la combinaison des deux excès (1^ •
La pétiérastie est un vice connu de toute antiquité. La Bible déjà édicté des punitions contre ce crime et défend l'adoration des faux dieux Moloch et Bil Phégor, où la pédérastie jouait un grand rOle. On sait que ce vice était très-répandu dans la Grèce classique, que non-seulement il n'éiail pas regardé comme honteux, mais qu'il était pratiqué par les plus grands hommes de la Grèce (2). Juvênal et Martial flétrissent dans leurs satires ce Tice si commun! Rome du temps des Césars. La loi Scatinia était également destinée à mettre des limites à ce vice si répandu.
Les obsenrations de Casper et de A. Tardieu (3), qui ont eu tous
deux Toccasion d*observer des sociétés entières de pédérastes, nous
montrent que la pédérastie est encore très-fréquente aujourd'hui.
Les peines édictées contre ce vice sont aujourd'hui beaucoup
moins sévères qu*autrefois.
Tandis que la loi Caroline punissait les rapports contre nature de la mort par le feu, et que l'on pendait encore pour ce crime il n'y a p is longtemps en Angleterre et en Amérique, la loi aulrichienne ne punit oo crime que de un à cinq ans de travaux forcés et la refonte' do la loi autrichienne de la prison seulement.
Los raisons qui font que ce crime est puni aujourd'hui de peina uioiuîi sévères qu'autrefois, se trouvent dans l'appréciation plus cléuumUo dos dt^pravations sexuelles en général, d'autre part dans ce fait, qui ont lo résultat de 1 observation psychiatrique, que Ton relîardo lo ponoliant d*un individu pour un autre individu du même
(I) Oo fku «ai manifwiloinout prouvé par la confession d'an pédéraste, appi^ Iminiii A \iMii h«uti^ citt»»o do U société, dont nous devons la communication i in^juM vl.liii4ii, //.iW.^. l. 183). Eu 1870, on arréut. à Iiinsbrûck le préaideat (('\^\\\^ ^^*KW\^ do Jounoa Kon«, sous l'inculpation de rapports contre nature qa*il «mmu oii« «\«v \u\ grand nombre do garçons de 10 à 15 ans. Presque tous les avl«'« y\ss\^^\ Uti ^t|lr\loh«it consistaient en attouchements onanitiques qu'il faimh «iM Ui« (MttAittt ou qu'il Si) faisait faire sur lui-même. Une seule fois il avait ^•Mp^ .1 iMitodutro lit pénis dans l'anus d'un garçon, mais il dut s'arrêter à cause ^m , «14 «lo il.iulmir quo Joialt l'enfant iVi IMiia iHtrneUua Nt«)HM nous trouvons les phrases suivantes : I II du^'itur adolescentulis multos habere amatores » — « Ale>
w Itapenila, amatus est a multis, more Gracomm. »
I mnêêitiiéifalt sur Us attentats aux mœurs. 7* édition. Paris»
sexe commeune impression sexuelle anormale (con^^dtre, Westphal).
L'existence des impressions sexuelles contraires et à leur suite la perversion des désirs sexuels est prouvée par un grand nombre d'observations (1) dont il faut tenir compte dans l'appréciation des rapports sexuels contre nature. Nous reviendrons ailleurs surces cas aussi intéressants au point de vue médico-légal qu'au point de Yue psycho-pathologique. Nous ne ferons que remarquer ici qu'une pareille a perversion congénitale des impressions sexuelles » (Westphal) a été observée comme une manifestation morbide d'autres états névro ou psycho-pathologiques, et qu'il est encore douteux que cette impression sexuelle contraire puisse exister comme symptôme isolé.
Dans le plus grand nombre des cas la pédérastie n'est pas un symptôme névro ou psycho-palhologique, comme le prouve déjà l'histoire de ce vice répandu de tous temps dans toutes les classes de la société. Elle est relativement fréquente dans les maisons d'arrêt ou de correction, et s'explique dans ces cas par les nombreuses occasions résultant de l'agglomération d'un grand nombre d'hommes, d'un autre côté par l'impossibilité où ces hommes se trouvent d'accomplir le coït d'une autre façon. La fréquence de ce vice chez les prêtres s'explique facilement par le célibat et par la crainte des suites d'un rapport sexuel avec une femme. Cette dernière cause peut exister encore pour des individus appartenant à d'autres états. Ainsi ce président d'une société de jeunes gens, dont nous avons parlé et qui avait été condamné pour pédérastie, expliquait « qu'un rapport sexuel avec une femme était trop dangereux, qu'il pouvait facilement en résulter quelque chose {sic)^ tandis qu'avec des garçon? il n'y avait rien à craindre de ce genre ». Cette considération pourrait bien être aussi la cause de la pédérastie pratiquée souvent entre époux. Nous rencontrons encore ce vice chez les libertins, pour lesquels le coït ordinaire a perdu son agrément, et qui cherchent et trouvent une excitation plus forte dans ces rapports sexuels défendus. La séduction joue aussi souvent un grand rôle. On observe encore des cas où la crainte de l'impuissance due à l'onanisme, une anomalie de développement des organes génitaux, poussent l'homme à rechercher la satisfaction de ses désirs sexuels d'une autre façon. )l est de fait que les onanistes fournissent le principal contingenta la pédérastie (2). Casper rapporte un cas d'hypospadias
(1) Kraff-Ebing. Archiv. f. Psych. 1877, m, p. 291.
(2) Voy. H. Fournier, De Conanisme, causes^ inconvénients et remèdes, P»rls,
avec atrophie du pénis chez un pédéraste. Et nous ayons eu Toccasion d'obsenrer^ il y a quelques années à Yienne chez un pédéraste passif, une atrophie considérable du pénis.
Arob. Tardieu a montré que la pédérastie est exercée comme métier dans les capitales et y constitue une espèce de prostitution.
Nous Toyons donc qu'il y a une série de raisons qui expliquent cette perversion sexuelle si étonnante au point de vue psychologique, sans qu'on ait besoin d'admettre Texistence d*un état né?ro ou psycho-pathologique. Cette circonstance, ainsi que ropinion publique qui regarde ces actes non seulement comme un vice, mais encore comme un crime, ont déterminé les législateurs modernes à qualifier de crime les rapports sexuels contre nature entre personnes du sexe masculin, malgré les doutes émis par les médecins sur la culpabilité de ces actes.
La pédt^rastie est appelée active ou passive selon le rôle qu'j joue une personne.
La pédérastie active ne laisse pas de signes caractéristiques même si elle est pratiquée habituellement. Tardieu, il est vrai, prétend avoir vu chez des pédérastes actifs, qu'il a examinés, un gland pointu et aminci, semblable au pénis d'un chien et il rapporte celte forme à l'introduction violente et répétée du pénis dans l'orifice étroit de l'anus. Mais les autres m(^decins légistes n*ont observé rien de semblable et on ne voit pas bien comment une pression passagère et courte, bien que souvent répétée, peut déterminer une altération de la forme du gland qui cependant est très-élastique. Nous avons eu l'occasion d'observer un vieux moine qui, d'après son propre aveu, était adonné à la pédérastie active depuis de longues années, et nous n'avons pu trouver la moindre déformation du pénis, à part une grande flaccidité de ses parties génitales qui s'expliquait suffisamment par son état de marasme. Nous avons trouvé les mêmes résultats négatifs dans Texamen de deux individus dont l'un était accusé d'avoir abusé pendant longtemps des enfants dans un but de pédérastie et dont l'autre avait été pris sur le fait.
La pédérastie passive peut plus facilement laisser des signes importants pour le diagnostic. Leur nature variera suivant que l'acte a été accompli pour la première fois ou qu'il y a eu pédérastie passive habituelle.
Dans le premier cas les signes d'une distension violente de l'orifice de l'anus sont surtout des excoriations, des déchirures de la muqueuse et même des lésions plus profondes telles que des symptômes secondaires d'irritation. Ces signes se trouvent d'autant plus
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facilement que l'acte a été accompli avec plus de brutalité et que la disproportion entre la dimension du pénis et Tonûce de l'anus aura été plus grande, par conséquent surtout chez les enfants en bas âge. Chez les individus plus âgés, si le sphincter est relâché, l'anus est susceptible d'une plus grande distension, comme le prouve la méthode d'investigation introduite par Simon dans la pratique chirurgicale et gynécologique par laquelle on peut, pendant le sommeil chloroformique, introduire toute la main et même le bras dans le rectum au point de pouvoir explorer les reins.
Il s'ensuit que chez un adulte, si celui-ci ne fait pas agir le sphincter de l'anus, comme cela arrive quand il y a consentement à l'acte, l'introduction du pénis en érection dans Tanus se fait sans grande difficulté et sans laisser de traces.
La recherche du sperme ne serait probante que dans les cas où on le trouverait dans l'anus môme, ce qui n'est possible que dans les cas récents (sur les cadavres). Elle aura encore une importance si l'on trouve du sperme sur d'autres parties du corps ou sur le linge, quand il est prouvé que ce sperme ne peut pas provenir de la personne même, par exemple chez des garçons non pubères. Gasper décrit le cas d'un enfant de huit ans sur lequel un autre garçon de 14 ans et demi avait pratiqué la pédérastie et sur la chemise duquel on parvint à trouver des spermatozoïdes.
On a souvent observé la transmission d'une blennorrhagie ou d'ulcérations virulentes par la pédérastie et ce fait a naturellement une grande importance diagnostique surtout si TafTection est limitée à l'anus et aux parties les plus voisines. Mais il faudra se rappeler cependant que dans les affections virulentes acquises d'une autre façon la peau du sillon interfessier participe souvent à la maladie générale {Condylomes),
Les anciens satjriques (Martial) et médecins (P. Zacchias) ainsi que d'autres observateurs (Tardieu, Gasper) donnent comme signes d'une pédérastie passive habituelle : des fesses extraordinairement flasques, s'enfonçant en forme de cornet vers Tanus (podice Isevis), avec une dilatation de l'oriOce anal, un relâchement du sphincter de l'anus, l'effacement des plis de la peau qui d'ordinaire sont disposés autour de l'orifice de Tanus en étoile ou enrayons, enfin certaines végétations de la muqueuse de Tanus, tantôt en crêtes de coq, tantôt en forme d'anneaux {Varisques).
De ces signes la flaccidité et l'enfoncement infundibuliforme des fesses n'a aucune valeur, caria fermeté et la rondeur de ces dernières, ainsi que leur accoliement plus ou moins complet dépend,
ainsi que nous l'avons déjà dit, des grandes lèvres, de l'état de nulrition (jeunesse) de l'individu. On sait que les vieilles personnes ou celles qui sont fortement amaigries sont toutes « podice lœves », sans qu'on puisse les accuser de pédérastie, tandis qu'on peut trouver la disposition normale des fesses chez des jeunes gens bien nourris et qui cependant sont adonnés à la pédérastie passive habituelle. Par contre la dilatation de Toriflce anal et le relâchement da sphincter de l'anus méritent une attention particulière, surtout quand on les trouve sur des individus jeunes et bien portants. Un signe, auquel tous les auteurs (P. Zacchias, Tardieu, Casper) ont attaché une grande importance pour le diagnostic de la pédérastie passive, c'est TefTacement des plis de la peau qui, à l'état ordinaire, sont disposés en forme d*étoile ou de rayons autour de l'anus, et par suite l'état lisse de la marge de l'anus.
Nous avons vu cet aspect déplissé de l'anus, avec dilatation et relâchement de l'anus^ très-bien dessiné sur une prostituée, qui avait passé plusieurs années dans un emaison de Dresde et qui s'était prêtée longtemps au coït per anum.
Les marisques et les crêtes des anciens sont des végétations de la muqueuse de l'anus, se présentant sous la forme d*excroissances, tantôt lobulées, tantôt en forme de crête de coq, mais souvent aussi comme un léger prolapsus de la muqueuse. Comme ces végétations, bien qu'elles ne correspondent pas toujours à une dilatation des veines, sont désignées sous la dénomination générale d'Aémorrhoïdes, et se rencontrent très-souvent aussi chez les gens non pédérastes, on peut d'autant moins leur accorder une valeur qu'il n'est pas prouvé que la pédérastie ait une certaine influence sur la production de ces excroissances. Dans notre cas elles n'existaient pas ; par contre nous les avons trouvées assez volumineuses, en forme de crêtes de coq, et constituées par des lambeaux de tissu caverneux sur le cadavre de deux prostituées, qui avaient exercé leur métier a posteriori^ ainsi que le prouvaient les autres signes et les corn* mémoratifs.
Des cicatrices d'ulcérations spéciQques, si elles peuvent être reconnues indubitablement comme telles, sont très-importantes au point de vue du diagnostic. Il en est de même du catarrhe chronique du rectum, qui est peut-être aussi fréquent chez les pédérastes passifs que la blennorrhée du vagin et de l'utérus chez les prostituées. Nous avons trouvé sur des prostitués, examinés soit pendant la vie, soit après la mort, un catarrhe chronique intense du rectum, et dans le premier cas, l'examen nous apprit qu'ils en souffraient
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depuis des années et aassi longtemps qu'il se prêtaient au coït per anum. L'origine de ce catarrhe chronique s'explique parfaitement par Texcitation mécanique de la muqueuse du rectum et par Tinfectlon blennorrhagique qui existe fréquemment dans ces cas.
La pédérastie active peut avoir lieu avec ou sans le consentement de la seconde personne. Le premier cas est de beaucoup le plus fréquent, et si la personne passive n'est pas un enfant ou un idiot, les deux parties tombent sous le coup de la loi. Les cas où la pédérastie a^été accomplie sans le consentement de la victime, concernent le plus souvent des enfants ; mais ces tentatives ont été faites même sur des personnes adultes, ainsi que le prouve un cas rapporté par Gasper (1). Il est certain qu'un seul individu, à moins de circonstances tout à fait favorables à ce but, ne peut parvenir à abuser de cette façon d'une personne adulte et qu'il faut opposer aux assertions de ce genre beaucoup plus de précautions encore que celles que nous avons recommandées à l'égard des cas supposés du viol.
Le rôle de médecin dans les cas de pédérastie consiste non seulement à s'assurer de la réalité du crime, mais encore à constater si l'acte a eu des conséquences fâcheuses pour la santé de l'individu, et quelles sont ces conséquences. Ces suites doivent être recherchées surtout chez les enfants et peuvent résulter, d'une part, des lésions locales de l'anus, de l'infection virulente consécutive et des blessures d*un autre genre (2), d'autre part, de l'ébranlement du système nerveux par l'excitation locale ou par l'émotion. On appliquera ici les mêmes principes que ceux que nous avons exposés à propos du viol. Les suitesquela pédérastie peut avoir pour la santé ont été beaucoup exagérées. Gasper nie absolument la possibilité d'une tuberculose, de l'amaigrissement ou autre maladie provenant d'un tel abus. Nous pensons, dans les cas où la pédérastie est accomplie sur desenfants, que c'est moins la pédérastie que les autres excès sexuels (onani^me) l'accompagnant presque toujours, qui peuvent amener Tamaigrissement et l'altération de la santé. Cependant le cas rapporté par Dohm(3)nous montre quelles précautions il faut apporter dans l'appréciation de ces cas: Un vieux prêtre, vivant dans une maison avec cinq enfants, avait pratiqué sur eux la pédérastie et d'autres manœuvres de ce genre. Les enfants devinrent tous malades Tun après l'autre et trois d'entre eux en moururent On vou-
(1) Casper, loe. cit., 303.
r); Voyez le cas monstrueax cité par Uman, loc, cU,, 304
fZ, Dobn, Viert€yahr$$ehri/t, /; ger., if., VII, 198.
lut mettre la maladie ainsi que la mort des enfiinis sur le compte de l'abus qu*on en avait fail. Mais un examen plus attentif de toutes les circonstances ne laissèrent aucun doute que les enfants avaient été malades et étaient morts d'une fièvre typhoïde n'ayant aucun rapport avec les attentats dont ils avaient été Tobjet.
ART. n. — RAPPORTS CONTRE NATURE AVEC DES ANIMAUX.
Nous trouvons le vice de la sodomie dans la plus haute antiquité. La Bible contient un certain nombre de passages prouvant que la sodomie n'était pas exclusive aux habitants de Sodome et de Gomorrhe et que ce vice n'était pas inconnu au peuple de Dieu.
De nos jours encore cette perversion des désirs sexuels se présente quelquefois, mais très-rarement cependant, à Texanaen médico-légal.
Le plus grand nombre des cas connus se rapportent à l'abus sexuel d'animaux féminins par des hommes. Il est évident qu'on ne peut trouver les preuves de cette cohabitation défendue, que dans les cas où le coupable a été pris en flagrant délit et dans les cas oi l'on a l'occasion d'examiner la bête et le coupable immédiatement après cet acte. La recherche portera dans ces cas sur la présence da sperme dans le vagin de l'animal. La présence de poils de l'animal sur les parties génitales de l'accusé ou à leur voisinage serait d'une grande signification. Kutler (1) rapporte un cas de ce genre, concernant un domestique qui fut pris au moment où il satisfaisait ses désirs sexuels sur une jument, et qui fut examiné immédiatement par le médecin. On trouva sur cet homme entre le prépuce et le gland des poils que l'on put facilement reconnaître sans examen microscopique comme appartenant à la jument; on trouva également des lâches de sang sur son pantalon et sur sa chemise, et on constata qu'il y avait également un écoulement sanguin par le vagin de la jument.
Nous-mème nous n'avons eu qu'une fois l'occasion d'être interrogé par la justice sur un cas de sodomie.
Un homme avait acheté d'un berger une chèvre qui, au dire de ce dernier, avait été trouvée morte le matin devant la porte de Tétable. Il prétendit avoir constaté, en découpant la chèvre, que les parties génitales externes de l'animal étaient couvertes de sang et les os du pubis séparés l'un de l'autre. Ces particularités éveillèrent en lui
(1) Kutter, VierUljahrtchrift f. ger., Hiéd. 1866, Bd. H, p. 86S.
ridée que le berger ayait pratiqué la sodomie sur la chèvre, et que la bêle était morte à la suite de ces blessures. Mais il ne fit la déclaration qu'après que toute la viande de Tanimal fut vendue pièce par pièce. La justice nous posa cette question: les lésions qu'on dit avoir observées sur l'animal après la mort permettraient-elles de conclure à un acte de sodomie commis sur lui. Nous répondîmes que, si réellement la symphise pubienne était disjointe, cela ne pouvait avoir lieu que par une violence considérable, comme une rhute d'une certaine hauteur, ou le choc d'un corps dur lancé avec violence, mais qu'il était absolument impossible que l'introduction du pénis ou même de la main dans le vagin de l'animal ait pu déterminer ces blessures, que par conséquent la nature des lésions était contraire à l'hypothèse du dénonciateur, enfin qu'il n'y avait pas la moindre raison pour admettre que cette opinion fût fondée.
La sodomie entre femmes et animaux masculins est encore plus rare que la précédente. Tous les cas de ce genre publiés jusqu'à présent coneemaient la sodomie avec des chiens. Un cas de ce genre fut rapporté, il y a quelques années, par Schuhmacher de Salzbourg, un autre par PfafT (1), et un troisième par Schauensteîn (2). On ne dit pas dans ces cas s'il y a eu coït réel ou seulement des manœuvres d'un autre genre. Dans ces circonstances le médecin légiste pourra à peine contribuer pour. sa part à la découverte de la vérité. PfafT rapporta cependant que dans son cas il a trouvé sur le pubis d*une jeune domestique un poil noir de chien, tout à fait semblable à ceux du grand chien noir avec lequel la fille s'était enfermée. Tn examen microscopique permit de découvrir des spermatozoïdes accolés aux poils du pubis de la domestique.