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ART. 1". — LES SIGNES DE LA GROSSESSE

Les signes les plus importants de la grossesse sont les suivants : 1* Suppression des règles; 2^ modification de l'utérus ; S"" modification des seins.

HOPPMANX. 8

§ 1*'. — LA SOPPAESSIOR DBS ftèCLIt.

Ce symptôme signale presque loujours le début de la grossesse et cela d'une manière tellement conslanle,que non seulement les médecins mais encore le public l'ont regardé comme le signe caractéristique de la grossesse, et on sait que l'on compte le début de la grossesse, c'esl-à-dire la conception, à partir du moment où se sont montrées les dernières règles. Mais, outre que la grossesse peut aussi bien exister chez une femme qui n'a jamais été réglée, TabseDca des règles ne suffit pas à elle seule pour caractériser une grossesse, car il peut arriver par d'autres raisons que les règles viennent à manquer pendant un temps plus ou moins long. D'un autre côté on a observé assez fréquemment la persistance des règles môme dans des cas de grossesse.

Nohl (]} dit avoir observé souvent la persistance des règles dans les premiert mois, et même pendant toute la durée de la grossesse. Êlb&ssor (2) a rénoi doquante cas de ce genre : dans huit cas les règles ne reparurent qu'une fois» dans dix deux fols, dans douze trois fuis, dans cinq quatre fois, dans six cinq lois, dans cinq huit fois et dans di'ux neuf fois. Nogg a observé vingt et une fols Im persistance des règles dans la première moitié de la grossesse, quatre fois pendant six mois, rarement pendant sept ou huit muis et trois fois pendant toal te temps de la grossesse. Nous-mème nous avons eu l'occasion d'examiner une femme quL se disait enceinte de deux mois, bien qu'elle fût régulièrement réglée, parce que dans sa première grossesse elle avait vu ses règles jusqu'au cinquième roois.Ifou< avons également publié (3) un cas, dans lequel une fille de 17 ans, qui était accoachée sur un vase de nuit d'un enfant, ne mesurant, d'après son dire, pas plus de 15 pouces, affirmait que ses règles n'avaient manqué qu'une fois, qu'elles s'étaient montrées tout le temps depuis cette époque, d'abord plus faibles, puis plus fortes. Cette affirmation ne manquait pas de vraisemblance, ce qui fit admettre que l'irrégularité de ses règles avait pu induire cette fille en erreur tant au point de vue de sa grossesse que de son accouchement.

Il est clair que dans les enquôles de ce genre, le médecin légiste ne peut se rapporter qu'à la personne même ou à des témoins, et son rôle consiste à vérifier la vraisemblance de ces assertions. L'expérience nous a appris que les règles peuvent aussi avoir été simulées. Casper-Liman racontent deux cas où Ton s'était servi à cet usage de sang d*oiseau, que l'examen microscopique permit de re-

(1) Nohl, Lehrbttch d. Gtbwtsh (Traifé des Accouchemenlt)^ 1855, p. 111. Vofei sur le même siijf.t : Nœgele et Grenser, Trailé p' atique de Curt des accotichementi, trad. par Aubenas et StolU, 2« édition, Paris, 18:9. —Chailly Uonoré, Traité prctique de Cart des a^cowh ments. G* édition, Paris, 1878.

(2) El>4s%er, Menkes Zeihchnfs, Bd. 73, 402.

(3) Hoffmann, Vierieljahrsch. f. geriçh, Medic, N. F. XIU, 1.

connaître. Nous-môme nous avons eu à faire un rapport sur un cas d'infanticide, dans lequel la mère de l'accusée ne s'élait pas aperçue de l'état de sa fille; parce que celle-ci donnait tous les mois une chemise ensanglantée à laver ; il fut prouvé que la fille empruntait chaque fois la chemise d'une autre jeune fille.

§ 2. ' LES MODIFICATIONS DE l'uTÉRUS.

Le principal changement qu'éprouve l'utérus c'est son augmentation progressive de volume entraînant celle du ventre, augmentation qui devient sensible non seulement pour la personne même, mais encore pour son entourage, et qui à elle seule éveille chez le public l'idée que cette personne est enceinte. L'utérus gravide ne peut être senti par la main au-dessus de la symphise pubienne que dans le quatrième mois, et ce n'est qu'après ce temps que l'augmentation de volume du ventre devient de plus en plus sensible et est telle au neuvième mois qu'elle peut difficilement être cachée, du moins à un entourage observateur. Cependant nous savons, que l'augmentation de volume pendant la grossesse a une marche très diverse, selon la grosseur du fœtus et selon la quantité de liquidé amniotique, et que par un costume approprié et d'autres circonstances individuelles la grossesse peut être cachée même au neuvième mois.

L'augmentation de volume du ventre présente ou passée ne prouve pas par elle-même l'existence d'une grossesse, car les maladies de l'utérus, ainsi que les affections des autres organes abdominaux, peuvent avoir le même résultat. Il est possible de se trom(3er sur la nature de ces affections, non seulement dans les premiers mois de la grossesse, mais aussi à une époque plus avancée.

Les caractères de la portion vaginale de l'utérus sont d'une grande valeur pour le diagnostic. Dans la première période de la grossesse, la portion vaginale s'allonge, est plus facile à atteindre qu'auparavant, et, ce qui est très-important, devient molle et comme boursoufflée ; cette modification se montre d'abord à l'orifice du col et gagnant de proche en proche, en allant de bas en haut, elle a envahi tout le col au cinquième mois. Dans la seconde moitié de la grossesse, la portion vaginale de l'utérus se déforme déplus en plus, parce qu'elle se raccourcit par rabaissement du cul-de sac antérieur du vagin et parce que finalement sa partie antérieure s'efface complètement (1).

(1) On sait qu'on a dû modifier Thypothèse d*aprè8 Itqaelto le col disparaitrtit

liD LA GROSSESSE ET L'ACCOUCHEMBNT.

On observe en même temps des changements dans Taspect et la laageur de Toriflce du col. Chez les primipares, ToriOce du col qui aci présentait auparavant comme une fente transversale (1), commence déjà le deuxième mois à s'arrondir, reste cependant fermé jusqu'au neuvième mois, ob il commence à s'ouvrir, de sorte qu'à la fin du dixième mois tout le col peut être franchi par le doigt.

A ces symptômes se rattachent dans la seconde moitié de li grossesse la perception des mouvements et des bruits du cœur do fioalus, et la sensation de parties fœtales à la palpation. Les moulements du fœtus sont perçus d'ordinaire par la mère à la fin du oinquième mois, et par le médecin dans le sixième. On ne peut neconnailre les parties de Tenfant à travers la paroi abdominale qp'entre le sixième et le septième mois. Le huitième mois, on sent far le vagin le ballottement de la tête de Tenfant au détroit supérieur. On peut déjà entendre les battements du cœur du fœtus à la fin du cinquième mois. Ces trois derniers symptômes sont les signes les plus certains de la grossesse ; mais les accoucheurs les plas a^érimentés avouent qu'ils peuvent encore donner lieu i des •BMurs.

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