La pyémie, la septicémie et Vurémie
C. Vépmsement^ du diagnostic duquel il faut se contenter quand TindiTidu meurt après une longue maladie, surtout accompagnée de suppuration profuse, sans qu'on puisse trouver en dehors de la blessure, de Tanémie et de l'amaigrissement en général, une lésion pathologique pouvant être regardée comme la cause prochaine de la mort.
D. Le tétanos. — Cette dernière cause de mort, 'de même que le choc primitif ou secondaire, se déduit moins dei lésions trouvées sur le cadavre que des commémoratifs, à moins qu'on ne veuille admettre Tasphyxie comme cause dernière de la mort.
B. Rapports entre la cause prochaine de la mort et la blessure.
La recherche des rapports entre la cause prochaine de la mort tt une blessure ou d'autres violences consiste à voir si la blessure a atteint llndividu encore pendant sa vie et si elle était propre à déterminer les altérations ou troubles de l'organisme que nous avons regardés comme la cause prochaine de la mort et à exclure les canses de mort naturelles ou dues à d'autres violences.
Noos ne montrerons pas ici comment une blessure peut déterminer les altérations que nous reconnaissons comme la cause prochaine de la mort, parce que ceci ne peut se faire que d'après les principes généraux de la clinique ou de Tanatomie-pathologique. Du reste, nous aurons l'occasion, en parlant des blessures selon leur siège, de revenir sur ce sujet.
C. Distinction entre les blessures faites pendant la vie et celles
faites après la mort.
On derra toujours avoir présent à l'esprit ce fait que les blessures que l'on trouve à l'autopsie peuvent avoir été produites après la vie, surtout dans l'examen de cadavres d'enfants, car il se produit souvent des blessures post mortem dans les différentes manières de les cacher (enfants jetés dans les fosses d'aisances, ou fourrés dans des cachettes étroites, ou enterrés, ou recouverts de lourdes pierres). Ces blessures peuvent se rencontrer aussi sur l'adulte et donner lieu ^ des méprises. De cet ordre sont les blessures accidentelles qui peuvent se produire sur des cadavres qui roulent dans l'eau ou
sont traînés sur du gravier ou ont heurté contre des pierres, des poutres ou des glaçons, de même que celles que des personnes maladroites, voulant détacher un pendu, produisent en laissant tomber le cadavre, enfin celles que peuvent déterminer dans certaines circonstances des morsures d'animaux. Il peut arriver encore que des blessures faites pendant Tautopsie en ouvrant maladroitement le crâne peuvent être prises pour des blessures ayant existé pendant la vie. Les blessures peuvent aussi avoir été faites intentionnellement après la mort par le dépècement du cadaTre d'an individu assassiné ou pour simuler un suicide; nous connaissons un cas dans lequel le cadavre d*nne femme, tuée probablement d'une autre façon, fut placé dans le but de simuler un suicide snr les rails du chemin de fer {{), 11 peut encore arriver, dans certains cas, que Ton produise des blessures sur un individu déjà mort dans ridée que celui-ci est encore en vie.
Nous ayons fait à InnsbrUch Tautopsio d'un lulien qui arait été taé ptrane(fMture du crâne et qui portait en outre enfoncé dans le coa an grand coateao, qoi n'y avait probablement été introduit qu'après la mort, car, malg^ les blessaresdet principales artères et veines, on ne trouva aucune trace de phénomèaes de rétctioo sur la plaie. Il serait important de constater si de telles blessures ont été décerminées après la mort, quand, par exemple, elles ont été faites par aa iodivlda autre que celui qui est l'auteur des blessures ayant entraîné la mort.
Un cas rapporté par Mascbka montre de quelle façon souvent extraordinaire, des blessures peuvent être faites après la mort. Dn garçon qui était mort ptodant une attaque d'épilepsie et était resté pendant plusieurs jours abandonné et recouvert de neige jusqu'à la tête, fut pris pour un lièvre par des braeonnien qui tirèrent sur lui au clair de la lune. La découverte de plomb haché dans les os di cr&ne et le cerveau firent penser, malgré l'absence de symptômes de réaction, à un meurtre par armes à feu jusqu'à ce qu'on connût plus tard la façon dont U chose s'était passée.
Gomme nous avons exposé plus haut les caractères différentiels entre les excoriations produites pendant la vie et celles qui oqt Hi faites après la mort, nous ne parlerons ici que des caractères qui peuvent faire reconnaître si certaines blessures, surtout celles des parties molles et des os, ont été faites pendant la vie ou après li mort.
Gasper (2) fait remarquer que les parties molles, de même que
(1) Taylor rapporte le cas d'une dame à qui l'on avait conpé le coa dans 11 même but après l'avoir tuée par suffocation. La petite quantité de sang qai s'était écoulée par la plaie avait fait penser tout de suite qu'il s'agissait ici non d*aB suicide, mais d'un assassinat.
(2) Gasper-Liman, Handb. der gerich. Med., 1864, IV. Aufl. II, 264.
LBS ATTIIHTBS A Là SANTÉ ET À LÀ VIE PAR BLESSURES. 231
i OS, offrent sur le cadavre une résistance beaucoup plus grande tx violences, surtout aux instruments mousses que sur le corps rant. Ce fait a été mis en doute par Krahmer (1), mais a été'étudié confirmé par une série d*autres observateurs, surtout par Falk (2)
par Aeby (3). Par un grand nombre d'expériences que nous ons faites et montrées chaque année à nos élèves, nous sommes rivés à des résultats qui concordent avec l'opinion des précédents laervateurs. La cause de ce phénomène se trouve, selon nous, us la turgescence moindre des tissus morts et dans la consistance leiise et la grande plasticité qu'acquièrent les parties molles par ita de la rigidité cadavérique. Il est évident que cette résistance s tissus après la mort n'est que relative et ou conçoit que toute )lence, si elle est assez énergique, puisse déterminer des solutions
coDtÎDuité des parties molles ou des os et que, de môme que sur ( vivants, certaines positions favorisent la production de ces solums de continuité. Si Krahmer a pu, avec un poids de 25 livres, Acé par un mouvement de pendule, non seulement mettre la 4te du crâne en morceaux, mais déterminer encore une fracra de la base et, si Kûster a pu, dans ses essais d*armes à feu, faire rhter le crâne d'un cadavre par un coup de cbassepot, ces faits ne iMYent cependant rien contre la justesse de l'opinion de Casper, linion qui doit toutefois être modiûée dans le sens que nous rons màiqué.
Oo recherchera en outre l'existence ou l'absence de symptômes taux de réaction. S'est-il passé un temps assez long entre le Miment de la blessure et celui de la mort, il y a, en général, des gnes de gonflement et de suppuration inflammatoire assez pro- >Dcés pour qu'on puisse reconnaître sans difficulté que la blessure été faite pendant la vie. Il faut remarquer cependant que ces rmptômes de réaction que l'on peut facilement et sans hésitation connaître comme tels peuvent être efl'acés ou difficiles à reconitlre par suite de la putréfaction.
Il sera beaucoup plus difficile de distinguer une blessure faite amédiatement avant la mort, d'une autre faite après la mort; ce n peut servir à distinguer ces deux genres de blessures, c'est les premières sont accompagnées de rétractions des parties
(t) Brsbnier, Handb, der gerich. Med,, 1857, II, Aufl. 513. P) Falk, Zur Ft âge der WiderttandtfÛhighiit der Gewebe im Leben und nach m Tode. {Vifrteljahrseh, f. gerich, Medic. 1873, XVHI, 18.) |t) Aeby, Veber die vertchiedene Wi'ierstandsfàhigkeit der Knochen im todten Mf tehendem ZuiUmde, {àrchiv f. Anai, und Phy$. 1874, 510.)
222 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET Là YIB.
général, {b) par suite d'une disposition individuelle ou par un éUt particulier du blessé, (c) par les circonstances dans lesquelles elhf ont eu lieu, {d) par suite de causes intercurrentes accidentelles, déterminées ou amenées cependant par les blessures, ont entralnéla mort ou {é) si la mort aurait pu être évitée par un traitement ^^ proprié et employé à temps. La loi entend donc par blessures tyiift déterminé la mort par elles-mêmes, des blessures qui entritaml ordtnairement la mort, tandis que les blessures devenues morleDai par les circonstances particulières du cas, rentrent dans k et* tégorie de celles dont parle l'article § 129) ci-dessus.
Le médecin légiste aura donc à décider :
l"" Si Tacte ayant déterminé la blessure devait, par sa natart même, entraîner la mort.
2® Si la marche ou la terminaison de la blessure était due i la nature même de la blessure ou à d'autres circonstances.
1® La réponse sera affirmative et facile si la blessure a été faits avec une grande force et avec des instruments que le coupabla savait devoir produire des blessures mortelles. Par contre la ré* ponse sera négative, si des violences relativement insigniflantss et reconnues en général comme inoffensives, telles que soo/lMs, coups de poing, etc., ontdéterminé des blessures graves, dangerenses ou même mortelles, et s*il est prouvé, que des circonstances corporelles tout à fait exceptionnelles et inconnues de celui qui frappait, ont été la cause d'une terminaison si extraordinaire et inattendue. C'est ce que la loi désigne sous la dénomination di disposition corporelle particulière .
C'est uno disposition corporelle particulière de ce genre qai Cdt qna tosrcM l'ébranlement de la tête par un soufflet, un coup de poing ou même un eoMrtcoup, peut sYcir une terminaison malheureuse. Werner (1) rapporta le casd^ individu qui, dans une dispute, reçut un coup de poing sur roccipat et tovhi aussitôt mort. A Tautopsle on trouYa un sarcome de la dure-mère, qoi afait «i les os du cr&ne à Tendroit môme où l'individu avait reçu le coup de poing. Gomat disposition corporelle particulière on pourrait encore dter la pachjrfliédDgîlt liémorrhagique si fréquente chez les alcooliques, et dans laquelle un ébranlsacal peu considérable peut déterminer la rupture des vaisseaux friables dont m ohmposent les membranes pachyméningi tiques. Nous avons publié an caa Mmbbbit, il y a deux ans (2). De cet ordre sont encore les états hydrocéphaliqaes, qui soet fréquemment la cause des terminaisons malheureuses des mauvaii traitiSMis que les enfants subissent souvent de la part de leurs maîtres (soufflets, acUoa de tirer les cheveux ou les oreilles). Nous avons fait l'autopsie d'un garcoo ds quatorze ans atteint dMiydrocéphalie très-prononcée et d'une amaorote congénital^
(1) Werner, Vierteljahrtch, f. gcrich. Med., 1863, XXIV, 117.
(2) Uofmann, Wkntr mai. Pretse, 1876, n* 46.
LES ATnilITBS A Lk SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 233
dont rétat peut également servir à distinguer une blessure faite pendant la Tie d'une autre faite après la mort.
Mais un autre point bien plus important pour la résolution de cette question, c'est la présence ou Tabsence d'hémorrhagies extérieures ou épanchées dans les cavités du corps ou dans les tissus voisins (sulTusion).
Les plaies, faites pendant la vie, saignent toujours plus ou moins. Dans ce cas nous trouvons sur le cadavre du sang tantôt liquide, tantôt coagulé ou desséché sur la plaie ou dans ses environs ou en dehors da corps, par exemple sur les habits ou à l'intérieur de celui-ci entre les couches de tissus divisés, ou dans les cavités du corps. Dans une blessure faite sur le Cadavre, il n*y a de forte hémorrbagie que dans les cas où Ton a divisé de gros vaisseaux remplis de sang liquide, encore ne sort-il que la quantité de sang qui est justement contenue dans ces vaisseaux et les grosses branches voisines, sans qu'il y ait écoulement du sang venant des vaisseaux des parties éloignées. Dans certains cas cependant, il peut y avoir écoulement d'une grande quantité de sang, comme par exemple, dans l'autopsie d'individus asphyxiés; car, comme le sang dans ce genre de mort reste fluide et que sa quantité n'est pas diminuée, on voit à l'ouverture du crâne une grande quantité de sang s'écouler des sinus, ou de la section de la veine anonyme au moment où l'on enlèTe la partie antérieure du thorax; dans ce dernier cas le sang, se répandant dans le thorax, peut faire croire à un épanchement sanguin on séro-sanguin dans la plôvre, si celui qui fait l'autopsie n'a pis remarqué que le sang n'y est venu que pendant cette opération.
De même, quand le sang reste fluide sur le cadavre, on peut observer on épanchement sanguin considérable après des blessures pc$i moriem d'organes parenchymateux très-riches en sang tels que par exemple le foie. Dans les blessures des parties périphériques, surtout de la peau, faites après la mort, il y a en général peu ou point d'extravasation sanguine, car on sait, comme le prouve du reste la pâleur de la peau, que les capillaires et les petits vaisseaux périphériques se vident, au moment de l'agonie et encore plus après la mort, de leur sang qui s'accumule dans le cœur droit €t dans les gros troncs veineux. Il y a cependant des différences tek» l'endroit où l'on a fait la blessure. Tandis que les plaies des parties de la peau dont la position est la plus élevée ne saignent pu dn toat, celles des parties déclives du corps peuvent donner lieu i une hémorrhagie par suite de l'hyperémie hypostatique, bien
224 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET Là Vil.
gée, et si cette négligence ou un traitement appliqué mal à propos a influencé l'issue malheureuse de la blessure ; on ne peut pas admettre que la qualification de la blessure puisse 6tre modifije par ce fait^ qu'un individu auquel on a sectionné la carotide oi l'artère crurale aurait pu être sauvé, s'il s'était trouvé immédiatement un médecin pour entreprendre la compression ou la ligature de l'artère, car il est évident qu'il ne peut pas être question de secours médical immédiat dans les circonstances où se produisent d'ordinaire ces blessures.
Mais il arrive souvent qu'on cherche des secours, non chei un médecin, mais chez des rebouteurs qui s'occupent de préférence du traitement des blessures. Le médecin devra dans son rapport signaler le traitement fait mal à propos par le rebouteur et son influence sur la prolongation de la durée de la guérison ou de ses suites graves.
§ 2. — BLV8S0RI8 1I0RTBLLB8.
Toute blessure qui a entraîné la mort est une blessure mortelle. Il importe peu que la blessure ait déterminé la mort immédiatement ou consécutivement, ou que la blessure dans un autre cas n'aurait pas été mortelle. En d'autres termes, une blessure est qualifiée de mortelle, si dans un cas particulier il y a un rapport de cause à effet entre la blessure et la mort, sans prendre en considération la gravité ordinaire de cette blessure, et ce n'est que dans le rapport qu'on indiquera pourquoi, dans ce cas, la blessure a entraîné la mort.
En général, si la mort est survenue à la suite de blessure méctnique, il y aura lieu de rechercher et de spécifier ces trois points sur lesquels l'art. 129 de l'ordonnance de la procédure criminelle autrichienne demande une réponse au médecin :
1® Quelle était la cause prochaine de la mort?
2^ Cette cause a-t-elle été occasionnée par une blessurCi et par quelle blessure? et dans le cas d'une réponse affirmative,
3^ Cette blessure est-elle le fait d'une tierce personne etcom* ment a-t-elle été déterminée?
A. Cause prochaine de la mort.
La détermination de la cause prochaine de la mort, c'est-idire de la cause qui a déterminé la mort d'un homme à la suite d'une blessure, n'est pas toujours facile, surtout si celle-ci a été pro*
duite non par des altérations matérielles d'organes importante pour la vie, mais par des troubles de fonctions importantes pour la vie, mais diCBciles à trouver ou à reconnaître anatomiquement. Dans ee dernier cas, nous sompies souvent forcés de déduire la cause prochaine de la mort moins du résultat de l'autopsie que des commémoratifs, en tenant compte de l'observation pathologique et phjnologique comparée à la nature de la lésion dont il s'agit. On peut diviser les causes prochaines de la mort après les blessures, en causes ptimitives ou immédiates et en causes secondaires ou médiates^ sans pouvoir établir une distinction très-tranchée entre ces deox catégories.
1 ^ Causes primitives ou immédiates.
Aux causes primitives ou immédiates de la mort appartiennent: A. La destruction ou lésion grave d'organes indispensables à la me, par exemple, du cerveau, de la moelle épinière, des poumons oa du cœur, dont nous trouvons le degré le plus avancé dans le morcellement de tout le corps après les explosions ou d'autres forces éoonnes da même genre.
La destruction de ces organes et à la suite la suspension brusque de\eurs fonctions sont tellement claires, quMl suffit de les désigner comme causes prochaines de la mort et qu'il est tout à fait superflu de rechercher une autre cause plus prochaine dans le sens strie* lement physiologique du mot.
B. D'autres troubles mécaniques des fonctions d'organes indispensables à la vie, tels que du cerveau ou de la moelle épinière par compression à la suite d'un épanchement, des poumons par ouverture du thorax avec ou sans lésions des poumons eux-mêmes, du cœur à la suite d'un épanchement sanguin dans le péricarde empêchant les mouvements du cœur, etc.
G. Vhémorrhagie^ une des causes prochaines de la mort les plus fiéquentes après les blessures. Elle survient après les blessures du c«ur ou des gros vaisseaux, ou après celles des organes parenchy- Qiateux riches en sang, tels que le foie, la rate et les poumons.
On peut distinguer les hémorrhagies en externes ou internes: dins les premières le sang, s'écoulant par la blessure, abandonne le corps ; dans l'autre il se répand dans Tune des cavités du corps.
U diagnostic de l'hémorrhagie se tire^ d'une part, de la nature ^ la blessure, de l'épanchement d'une grande quantité de sang diDt certaines cavités du corps ou en dehors du corps ; d'un autre
lions posl mortem doivent se produire plus facilement s'il y sen une blessure Taile pendant la vie et que le cadavre a élé mis ensaitt dans une position telle que l'endroit blessa soit dans les parliesdiclives. Sur des chiens qui avaient élé tués par asphyxie, nous aTcn pu par des coups portés sur la 161e ou des fractures du cr&nefiiU 7. de deux à quatre heures après la mort, déterminer de larges suITb- 1, sions des parties molles de la tête ne se distinguant en rieDéa J sulTusions faites pendant la vie, quand l'aniiAal après ces blesmilll avait élé suspendu par les pieds et laissé plusieurs heures dan; cM position.
Nous avons pu de la mËme façon déterminer après la morte extravasations intra et exlra-méningiliques très-étendues et i hémorrhagies capillaires dans lo cerveau, reproduisant t'isp bien connu de la contusion cérébrale et siégeant comme cettesur la face inTéricure des lobes frontaux et de la pointe des Idl pariétaux. En modiGant l'expérience, c'est-à-dire en cassant K un marteau les os des membres inférieurs d'un chien et en si dant le cadavre par le cou, nous avons pu constater de largeiit fusions au voisinage des fractures et mSme sur les exlrém
11 résulte de ces faits que nous n'avons pas le droit, par l'eiislenc^ seule d'une suffusion, de déclarer qu'une blessure a élé proàuil< pendant la vie; il faut voir encore si le cadavre ne présente pu d'autres conditions pouvant expliquer la formation de suffusioai 1 après la mort. Sommes-nous arrivés à exclure ces conditions, (• ' qui sera facile dans la plupart des cas, nous pouvons afOrmer ilors que la blessure a été faite pendant la vie.
Certains auteurs ont attaché une certaine importance à l'étal &■ coagulation du sang aux environs de la plaie et ont regardé «Ut particularité comme une preuve que la plaie a été faite pendant li vie. Si l'on veut prétendre par là que le sang cadavérique ne p«il pas se coaguler, la chose est absolument erronée, car on peol ^' convaincre à chaque moment dans les autopsies que le sang ircnv' liquide dans les vaisseaux, même le sang des asphyxiés, peut ^ coaguler après un temps relativement court, s'il reste eipo«- '■ l'air; le sang qui s'écoule ou Iranssude par les plaies faites apré^ 'i mort peut également se coaguler. Nous avons pu nous assurer [1! des expériences que dans les contusions et en général les blessurequi n'avaient pas divisé la peau, de sorte que le sang épanché dm' le tissu n'était pas en contact avec l'air extérieur, la suffusion wslslait en sang coagulé. Comme les animaux avaient été chaque Uns .
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milTIS A U 8ANTÉ ET A LA YIE PAR BLESSURES. 237
t que le sang était resté fluide dans le cœur et les vaisseaux, •rouTent que c'est seulement dans les parties dans lessang s'était épanché que s'est trouvée la condition néirment) pour la production de la fibrine dans ce que Ton générateurs de fibrine (Schmidt). Nous devons cependant rqaer que dans nos expériences nous avons toujours trouvé iffusions sanguines faites après la mort un caillot mou aussi solide que dans les extravasations faites pendant
tm^nt des bords de la plaie est un signe qui exige un aps» quoique court, pour se produire ; on ne le trouvera ans les cas où la mort est survenue immédiatement après I* On peut du reste observer ce signe même sur les blés- I aprto la mort, si celles-ci se trouvent sur des endroits iT hypostase. Un gonflement qui a existé pendant la vie irattre sur le cadavre, en partie par Tévaporation, en rémigration du sang ou des autres liquides vers les parsa. On sait que d'autres gonflements tels que par exemple ayant existé un certain temps pendant la vie, peuvent I après la mort dans les parties les plus élevées ou liminuer d'intensité, et que par ces mêmes raisons la turle toutes les parties peut être modifiée sur le cadavre, k far ce que nous avons dit, que la distinction entre les Alites pendant la vie et celles faites après la mort est soulilBcile, même sur des cadavres frais et non altérés, et (Q'on prenne en considération toutes les circonstances et UNIS avons examinés.
atinction est encore beaucoup plus difficile sur des cadalés, brûlés, coupés en morceaux ou autrement dénaturés, a surtout des difficultés sur les cadavres putréfiés, princiles cadavres putréfiés dans l'eau; car chez ces derniers, les MS dimbibition peuventsimuler des suifusions; d'un autre ;travasations, formées réellement de sang coagulé, peuvent r par putréfaction et devenir méconnaissables par Y imbibirive encore que c'est précisément à Tendroit des blessures Diasions que la putréfaction se montre le plus tôt et mar- ■ Yite. Mais il résulte de ces faits que si, malgré la putrérancée, nous trouvons une sufi'usion de sang coagulé au d*ane blessure, nous avons par cela même le droit de que la blessure a été faite pendant la vie, car si elle avait n moment où le cadavre était déjà putréfié, il n'aurait pu
238 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET Là VIE.
se produire de coagulation, et si elle ayait été déterminée sur le cadavrefrais, les caillots ainsi formésaiiraientétéplus mous et auraient été beaucoup plus facilement dissociés par la putréfaction.
D. Exclusion des autres causes de mort.
Cette exclusion ne se rapporte pas seulement aux autres genra de mort violente, mais encore à la mort natarelle. Il est clair cependant qu'il ne sera nécessaire, que dans des cas exceptionnels, d'examiner de plus près la possibilité d'une mort naturelle, car fl est évident que si à l'autopsie nous trouvons un organisme parfaitement sain et en môme temps une blessure grossière prodmte évidemment pendant la vie et capable de déterminer par elle-même la mort, il n'y aura aucune raison de rechercher la possibilité d'ona mort naturelle. Cette recherche deviendra par contre nécessaire si, outre la blessure et ses suites, nous trouvons d'autres états patlKH logiques antérieurs ou postérieurs à la blessure ayant pu entraîner la mort, ou si la lésion reconnue comme cause prochaine de la ^ mort est telle qu'elle ait pu avoir été occasionnée aussi bien parla blessure que par une maladie dans le sens restreint du mot.
Les blessures de personnes malades se rencontrent assef souvent : dans la pratique médico-légale, et si l'individu meurt, les conclu- j sions ne sont pas toujours faciles. Il faudra dans ces cas examiner J quatre possibilités: ou bien l'individu n'est mort que de sa blessure I ou il est mort de sa maladie, par conséquent de sa mort naturelle, 1 ou la blessure n'est devenue mortelle que par Texistence d'une 1 autre maladie chez le blessé, ou inversement la maladie a été I aggravée par la blessure qui a été la cause de son issue malheureuse. ■
A propos des deux dernières causes de mort, nous ferons reiDi> quer que dans les maladies aussi bien aiguGs que chroniques, toute circonstance défavorable peut influencer la marche de la blessure et de la maladie. Cependant, dans nos cas, ce sont plutôt les mali- la dies chroniques telles que la tuberculose, la scrofule (cette dernière t surtout chez les enfants), certains états séniles ou de marasme et |b surtout l'alcoolisme chronique, qui exercent une influence défi- j» vorable sur la marche de la blessure.
Il arrive souvent que, de même que certaines opérations chirn^ gicales, les blessures d'un autre genre provoquent ces attaques qQ0 »l'on a désignées sous le nom de delirium tremens. U
Si, après avoir bien examiné toutes les circonstances, nouspoo' ^ vous dire qu'une maladie existant auparavant a occasionné la ter* {
LIS ATTBIlfTSS A U SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 239
minaison malheureuse de la blessure ou réciproquement que la blessure a été la cause de l'issue mortelle de la maladie, Tappréciation médico-légale sera la môme, car dans les deux cas la blessure, par cela même qu'elle a déterminé la mort ou avancé la terminaison falale d'une maladie, doit être déclarée une blessure mortelle, et dans le rapport il faudra dire que celle-ci a occasionné la mort non par sa nature même, mais a par une disposition individuelle et particulière du blessé ».
Pour affirmer que dans un cas c'est la blessure seule et non la maladie existant en même temps qui a amené la mort, il faudra proaTer que la blessure était telle qu'elle pouvait par elle-même entraîner la mort, qu'elle a seule déterminé les lésions que nous trooTons à l'autopsie comme cause prochaine de la mort et montrer par les symptômes qui ont précédé la mort, et par le résultat de l'autopsie, que la maladie préexistant chez le blessé a exercé me influence défavorable sur la marche et la terminaison de la kle»ore.
De même, il faut s'assurer et montrer dans chaque cas particulier que ce n'est pas la blessure qui a déterminé la mort, mais que edle-ci est arrivée naturellement à la suite d'une maladie existant déjà an moment de la blessure; et cette recherche sera d'autant plus fadle que la blessure aura été plus insigniQante et aura entraîné des altérations moins importantes tant sur le vivant que sur le cadavre et que les symptômes dus à la maladie étaient plus prédominants.
Le cas sera encore plus difficile, si la maladie, qui a entraîné la mort, n'est survenue que pendant le cours d'une blessure, de aorte qu'on peut se demander si la mort est en rapport de causabilité avec la blessure ou est survenue indépendamment de celleet. Sous le premier rapport nous pouvons faire encore une distinction entre les processus pathologiques qui, bien qu'ils se ioient montrés dans d*autres organes que les organes blessés, ont eependant été déterminés par la blessure et peuvent être regardés comme des symptômes secondaires de celles-ci, comme par exemple les pneumonies hyposlatiques après les blessures graves de la têfè et les processus qui, tout en n'étant qu'accidentels, ont cependant été occasionnés par la blessure, tels que la septicémie, la gangrène nosocomiale et l'érysipèle infectieux.
Ces circonstances ne changeront nécessairement rien à ce fait, que le blessé est mort de mort violenle et elles n'empêcheront pas le médecin légiste de déclarer que la blessure était, dans ce cas.
240 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET Là ?IB.
mortelle^ sans rechercher si la mort ne serait pas surrenue, s'il n'y avait pas eu les complications qui ont entraîné son issue malheareuse.
La chose serait tout autre, si le processus pathologique troorè comme cause de la mort était survenu et avait déterminé la mort indépendamment de la blessure. Dans ce cas, le médecin légiitd conclurait que le malade a succombé à une mort naturelle et qualifierait la blessure comme si elle se trouvait sur une personne vivante.
On devra pourtant, avant d'admettre un tel processus, toît avec les plus grandes précautions, si ce processus pathologique que Ton serait porté, à cause de son siège dans un organe éloigné de Torgine blessé, à regarder comme spontané, n'est pas une affection secondaire et occasionnée par la blessure. Nous recommandons surtont de ne pas prendre à première vue des afTections pneumoniqna pour des processus primitifs, car on sait que le poumon est l'un des organes qui deviennent le plus souvent malades dans le coun d'une blessure, comme le prouvent les pneumonies hypostatiqoei que l'on observe souvent dans le cours des blessures graves, de même que les pneumonies lobulaires ( métastatiques) dans 1» cours des affections pyémiques , les pneumonies que Ton trouve souvent après des affections diverses accompagnées de perle de connaissance plus ou moins prolongée, comme par exemple après les blessures de la tête, enfin celles qui doivent leur origine aune byperéniie névro-paralyliquc du poumon ou à l'aspiration dei liquides de la bouche, comme celles que Traube a produites expé* rinienlalement après la section des nerfs pneumogastriques. D faudra donc passer soigneusement en revue toutes ces circonstance! avant de rej^arder une affoclion pulmonaire comme primitive, et de déclarer qu'elle n'a aucun rapport avec la blessure.
Dans un de nos cas, un enfant âgé de dçux ans fut porté le l** JanTÎer à IWpital des enfants pour uno cofiucluclie. A son admission on obsenra, eu eiK,dfli quintes semblables à celles de la coqueluche, mais on constata en méoie teopidM ecchymoses dans la figure et sur les membres supérieurs, dues aux mauvais Irait*' nicnts que le père avait indigés à l'enfant cinq jours auparavant, pour le corri|« do sa turbulence. Le 17 janvier, cet enfant mourut avec les symptômes d'ont pneumonie double. A Tautopsie clinique do l'enfant, on constata aprt'S avoir eolevé les parties molles du crâne, des suiïusions dans celles-ci et en outre ont fracture du pariétal gauche, ce qui fit qu'on interrompit Tautopsio et qu'on pr^ vint la Justice. A l'autopsie médico-légale on trouva uno fissure ondulante partant du tiers supérieur de la suturo lambdolde, aUant jusque sur la bosse ptriétalo gauche et comblée par un exsudât fibrineux et des suffusiona aacieoMi dans le péricr&ne, entre les os et le péricr&ne^ le long de la fissure.
CettA dernière avait traversé toutes les lames osseuses et était soudée par un exsudât fibrineux à la dure-mère le loiifs de la ft^nte. Ni le cerveau m les méninges ne présentaient de lé^^ions pathologiques. Mais tous les os du cr&ne offraient des traces de rachitisme. Les extrémités antérieures des côtes de même que les épiphjrses des membres étaient grossies et spongieuses.
Les deux poumons présentaient les lésions de la pneumonie catarrhale, si fréquente chez les enfants, surtout chez les rachitiques, tandis que les autres organes ne montraient aucune lésion, sauf un peu d'anémie.
Dans notre rapport, nous exposâmes que la fissure du pariétal gauche était déjà en Toie de guérison et avait déterminé des symptômes si légers que pendant le séjour de Tenfanl à Thôpital, on n'avait observé aucun trouble cérébral; que, l'enfant étant très rachitique et atteint de lociueluche, Texistence do la pneumonie catarrliale s'expliquait déjà par ces processus et qu'il n'y avait pas de raison d'étabUr an rapport entre la fissure et la pneumonie dont l'enfant était mort. Nous indiquâmes en même temps que ces fissures se produisaient relativement plus facilement chez les enfants que chez les adultes et étaient aussi beaucoup mieux supportées.
Dans une autre série de cas, les circonstances sont telles que la lésion reconnue comme cause prochaine de la mort peut aussi bien aToir été produite par la blessure qu'être née spontanément. Cet état de choses peut se rencontrer dans les cas où la mort est survenue pendant ou immédiatement après la blessure de môme que dans ceux où la mort n*est survenue qu'un certain temps apiès.
C'est ainsi qu'il peut arriver, et qu'il nous est arrivé en effet, de voir an individu vieux et affaibli tomber et mourir immédiatement ou peu de temps après avoir reçu des coups sur la tête ou après aYoîr été traîné par les cheveux. Si dans ce cas nous trouvons comme cause de la mort un épanchement apoplectique dans le cerveau ou à la surface de celui-ci, il sera difûcile do dire si la niptare des vaisseaux alhéromateux du cerveau a été déterminée parle coup et la commotion cérébrale qui Ta accomp.ign^e ou si l'excitation vasculaire existant pendant la rixe ou un état d'ivresse ou une autre cause a fait éclater les vaisseaux qui étaient prédisposés à la rupture. Il en sera de même si les mauvais traitements ont été exercés sur un alcoolique, non seulement parce qu'il y a une dégénérescence graisseuse des vaisseaux à la suite de la dyscrasie alcoolique chronique, mais encore, si Thémorrhagie cérébrale provient d*une pachyméningîte hémorrhagique si fréquente chez les alcooliques, parce que Thémorrhagie, dans ce cas, peut aussi bîeo être spontanée qu'avoir été produite par la commotion cérébrale. Dans ces cas, ce n'est qu'une étude attentive de toutes les circonstances particulières du cas qui permettra de se décider dans UQsens ou dans i*autre, et il est clair que le plus souvent le dia«*
HornAiiii. 16
2*2 Les ATTE5TATS CûMRE U S15TÊ BT U TIE.
gnrslic ne poorra s'étendre au delà d'one probabililé el qoe, n.ème &i nous avons des raisons d'altriboer à la violence le rUe piïuilpA dans !a production de lliéruorrhagie cérébrale, nooi sommes cependant forcé de prendre chaque fois en considératioi la di^^posilion individuelle et particLl ère de rindividu qui a fiit que celte blessure, en apparence légère, a eu une issue mortelle.
Si la lésion que lous avons reconnue comme cause prochaine de la mort exige quelque temps pour se produire, et dans ce cai il j aura encore lieu de se demander si elle dépend d*une blessure reçue antérieurement ou si elle est la suite naturelle d'une maladie, il nous faudra prendre en considération, outre les causes que nous avons indiquées plus haut, le moment où se sont montrés les premiers symptômes de l'aCrection qui a entraîné la mort. e( voir si ceux-ci ont coïncidé avec Tépoque de la blessun ou sont survenus au contraire longtemps après elle. Car on com* prend qu'il est d*aulant moins probable qu'un état morbide provienne (le la blessure, que le temps qui s'est écoulé entre cetle-d et les premiers symptômes de la maladie a été plus long, que la suites de la blessure ont été moins graves et qu'il y aura plus de raisons d*admettre, par les commémora tifs, l'existence de causes ayant pu déterminer la maladie en dehors du traumatisme.
fJn garçon de li ans mourut le 35 décembre de pyémie à la tuile d*aM périosiite phirgmoneusc des deux maxillaires supérieurs. On aTiit éUblî un n^ port de rausulité entre la maladie et la mort et un coup de poing qae le IVÇBS aurait reçu de son maître, sur la joue gauche, à la fin de juillet (le Jour d's pM pu être précisé}, parce que le garçon aurait dit avoir souffert de douleara dans 11 tiguro jusqu'au moment où a éclaté la maladie qui a entraîné la mort. Legarcoi aurait été bien portant avant* cette blessure, toutefois un peu faible et anéniqat. Dans le rapport on déclara qu'il n'était pas impossible qu'il puisse y afoir à h suite d'un coup do poing donné dans la figure une inflammation chroniqae et périoste pouvant se terminer par suppuration et pyémie, mais que daoi le cm présent, on ne pouvait admettre un tel rapport de causalité parce que. d*iiM part, la coïncidence des premiers symptômes de périostite avec la blefltn m pouvait pat être démontrée avec certitude, et ({ue d'autre part, le coup de poieg n'avuit atteint que la joue gauclie tandis que la périostite siégeait sur latdesi maxillaires supérieurs et était beaucoup plus prononcée à droite (ostéopbytei) q*"^ gauche, et que cette ciri onstuncc, ainsi que l'état de santé de fenfant qui étak déjà antérieurement faible et anémique, justifiait plutôt l'idée que la maladil était ùue à d'autres causes qu'au coup do poing qu'il avait reçu.
Dans un aiitn; cas une femme était morte le «6 septembre d'une méniegM* punilento attribuée à un cuup qu'on lui aurait donné sur la tète an mujflS d'une pierre enveloppée dans un mouchoir, le 19 juin. A Tautopsie on ni trouva ni trace de suffusion sur la tête ni la moindre blessure des os do crint. mais il y avait une grossesse parvenue au septième mois et quelques veines dans
e Toisinage de rateras» contenant un pns épais et jaunâtre. Gomme cette femme, mmédiatement après le coup, n^avait présenté qu'une sugillation de la grandeur Tuii haricot sur le sourcil gaucho mais aucun autre symptôme, avait continué à iraquer à ses affaires, avait môme été entendue dnux fois par la justice sans qu'on ait po observer des symptômes cérébraux et n'était tombée malade avec des symptômes méningi tiques que huit jours avant sa mort, on conclut également qu'il n'y vnAt aucun rapport de causalité entre le coup et la mort de cette femme, et qu'un lél rapport devait même ôtre considéré comme invraisemblable (1).
Si, en dehors de la blessure reconnue comme mortelle, on en trouve une ou plusieurs autres, il faudra exclure la possibilité d'un rapport entre la seconde ou les autres blessures et la mort. Il en sera de même si le résultat de Tautopsie et les circonstances particulières du cas peuvent encore faire penser à une autre violence, non Iraumatique dans le sens strict du mot, qui aurait pu atteindre le blessé et causer sa mort.
Pour arriver à exclure ce dernier genre de mort il faut passer soigneusement en revue les symptômes que celui-ci détermine et, eomme nous traiterons cette question à part, nous renvoyons sur ee point aux chapitres où nous examinons la coexistence de plusieurs blessures. Nous voulons seulement faire remarquer ici que ht' coexistence de ces causer concourantes, comme Skrzeczka appelle Cf tte éventualité, né se rencontre pas exclusivement, quoique le plus fréquemment, dans le suicide mais encore dans les autres ^ores de mort violente et qu'il faut faire une distinction entre ces cas et ceux où Ton a fait, après Taccomplissement d'un meurtre, des manœuvres pour faire croire à un suicide ou à un genre de mort antre que celui existant réellement.
Si on a trouvé sur le cadavre plusieurs blessures, il peut arriver qu'aucune de ces blessures ne soit par elle-même capable d'entraîner la mort, mais que celle-ci ait été occasionnée par l'action réunie de toutes les blessures. Nous avons déjà plus haut appelé Tattenlion sur ces cas dans lesquels la mort a généralement lieu par choc (arrêt du cœur).
Il peut se faire qu'à côté de la blessure devenue mortelle, il s'en trouve une ou plusieurs autres plus ou moins graves mais dont aucune n*est mortelle soit par elle-même, soit par son action réunie à celle des autres.
Mais nous avons ici particulièrement en vue le cas où l'on trouve sur le même individu deux ou plusieurs blessures dont chacune était par elle-même capable d'entraîner la mort. Ce serait là une
(1) Vtertetjahrtchrifl fur ger. Med. 1866, V, 384.
244 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTfi ET LA VIK.
concurrence de causes de mort dans le sens strict du mot, qui aurait une importance considérable si les différentes blessures avaiebl été faites, non par un seul mais chacune par un autre individu.
Dans ces cas il se pose généralement trois questions :
1® Laquelle do ces blessures a un caractère mortel.
S"" Les blessures reconnues comme mortelles ont-elles été faite» en môme temps ou non et, dans ce dernier cas, laquelle est b première.
3"* Laquelle a en dernier lieu mis fln h la vie.
1. Li difQcullé dans ce cas consiste à ce que nous n'avons pas à déclarer comme pour une seule blessure si celle-ci a déterminé la mort mais en ce qu'il faut décider si, de deux ou de plusieun blessures trouvées sur le corps, chacune en particulier pouvait ou devait entraîner la mort. Le médecin légiste n*aura plus, comme dans le premier cas, à rechercher le rapport entre ta cause et l'effet, entre la blessure et la mort, mais il devra aborder le terrain dib pronostic dont rincortiUide ne se fait nulle part aussi bien sentir que dans la pratique n édico-iégalc.
Le Gode pénal autrichien (art. 143) établit que, si dans une rixe entre plusieurs personnes, un individu est tué, chacun de ceux qui lui ont l'ait une blessure mortolie, est coupable de meurtre. On comprendra combien l'expression de blc^ssure mortelle est vague, en pensant qu*il y a souvent des blessures, qui, offrant an début le pronostic le plus favoiable, deviennent plus tard mortellts et invers(*nicnt ciue les blessures les plus dangereuses pour la vie, peuvent guérir et ((u'd n\ a à vrai dire «pie très peu de blessures qui peuvent ôtre qualifiées de mortelles d'une Taçon absolue. D'un autre eôhS une blessure qui a été déclart^e mortelle dans le sens de la loi, aur.iil pu poul-ôlre, si l'indivi.lu n'avait pas été tué par une autre blessure, ne pas se terminer par la mort, par conséquent n'aurait pasélô une blessure mortelle. Cependant il faudra prendre en eousulération plus ks besoins de la justice que les exigences de la si!ience et, si nous trouvons sur le eadavre une concurrence de plusii'urs blessures, déclarer laipielle de ces blessures amène o^ dinairement la mort et était dans le cas présent capable doccasionuer la mort par elle-mCme, et désigner la blessure comme oioi^ telle dans ce sens.
2. Ui ((uestiou de savoir laquelle de plusieurs blessures mortelles a été l'aile la première exige l'examen attentif du degré de rcae* (ion V't'i!e (proIlVe chaque lé>ion en particulier, car il faut admettre que des blessures qui ont atteint l'organisme à l'état sain, dé-
4enninent des phénomènes relativement plus intenses et plus étendus que celles qui ont été faites plus tard; mais cela n'est vrai que si toutes les autres conditions sont égales ; car, comme les phénomènes de réaction vitale des plaies récentes sont dus, ainsi •que nous l'avons dit plus haut, à Thémorrhagie par la plaie et dans son voisinage, il peut très-bien arriver qu'une blessure, faite manifestement plus tard, donne lieu à des phénomènes de réaction plus intenses qu'une autre qui lui est antérieure, si celle-ci a at.eint des organes pauvres en vaisseaux sanguins, Taulre un tissu riche en sang ou contenant de gros vaisseaux. Ces différences dans les phénomèoes de réaction soiit le plus sensibles, si une seconde blessure a été faite pendant l'agonie due à une blessure antérieure, tandis que des blessures, qui ont été déterminées pendant un état de syncope DO d'étourdissement provoquée par une autre violence, donnent lieu à des phénomènes de réaction non seulement intenses, mais •encore plus intenses que la dernière, comme on le verra dans Texemple cité plus bas.
Dans d'autres cas, ce sont d'autres circonstances qui permettent d'établir Tordre de succession de deux ou de plusieurs blessures. Ainsi cette circonstance qu'un suicidé, après s'être fait une cerlaioe blessure, a été encore en élat de développer assez de force pour se faire une seconde blessure mortelle, ne laisse aucun doute que celte seconde blessure a été la dernière, parce qu'elle devait amener immédiatement la mort du suicidé ou au moins lui faire perdre aussitôt connaissance.
3. Pdor distinguer laquelle des blessures a déterminé la mort en dernier lieu, on verra laquelle est la plus propre à amener rapidement la mort. L'expérience doit nous guider sous ce rapport et nous aurons égard à l'importance vitale de l'organe ou partie d'organe blessés ainsi qu'à l'intensité et retendue de la blessure et à la cause de mort que nous appelons prochaine. Cette dernière est-elle nettement prononcée, et ne peut-elle être rapportée qu'à nne certaine blessure, la réponse à la question posée sera relaliveiment facile. Si nous avons constaté par exemple qu'un individu sur lequel nous trouvons plusieurs blessures mortelles, est mort dliémorrhagie et qu*il n'y avait qu'une seule des blessures qui ait (pu déterminer cette hémorrhagie, il sera hors de doute que c'est cette blessure qui a entraîné la mort. Cette conclusion paraîtra encore plus vraisemblable si nous considérons que l'hémorrhagie appartient aux causes qui amènent très-rapidement la mort et que, ii l'individu avait été atteint déjà auparavant d'une autre blessure
rapidement morlelle, il n'y aurait pas pu. y avoir facilement une hémorrbngie, car celle-ci suppose la continuation de la circulalioD du sang, tandis que nous savons que déjà dans la mort naturelle, ainsi que le montre la pâleur de la peau pendant l'agonie, il y a de bonne heure des troubles de la circulation par paralysie des forces actives qui entretiennent celte dernière, et qu'on peut s'attendre à ce que dans la mort par traumatisme, ces troubles de la drciilalion se montrent encore plus tôt, par suite de l'arrêt du cœar, que dans la mort naturelle. Ces faits sont d'accord avec ce que l'on observe dans la saignée faite sur des individus mourants. Le sang ne s'écoule pas du tout ou il s'écoule lentement et en petit filet, et ne commence à jaillir cbez les individus en état de syncope qu'au moment où les signes du schok (arrêt du cœur) ont disparu.
Y c)-t-il plusieurs blessures dont chacune pouvait donner lien à une hémorrhagie, on peut assez souvent dire de quelle plaie le sang est sorti le plus rapidement et en plus grande quantité et quelle plaie a déterminé la mort chez différents individus, toutes les autres conditions étant égales d'ailleurs. Cependant, sur le même individu il est impossible, en général, de distinguer'deux ou plusieurs blessures mortelles par l'abondance de l'hémorrhagie, car l'une influe sur Tautre et la mort arrive par Thémorrhagie simultanée de toutes les plaies et plus tôt qu'elle ne serait survenue par une seule blessure. Par contre, de deux plaies dont l'une amènerait lentement et l'auli 0 très rapidement la mort par hémorrhagie, c'est la dernière qui doit ôtre déclarée comme la cause de la mort, si l'on peut prouver que cette liernière a été faite ou plus tôt, ou en même temps, ou immédiatement après la première^ tandis que nous pourrons d'autanl moins la regarder comme telle qu'au moment de sa production, le» symptômes de l'hémorrhagie due à la première étaient déjà plus prononcés.
Nous ferons remarquer, à propos d'antres blessures, que c'est précisément dans les cas les plus graves et les plus fréquents, surtout dans les blessures de la tête, qu'il sera le plus difficile de répondre h celte question, la mort a-l-clle été dclermiuéc par la blessure et J au bout de quel temps? Nous verrons plus loin combien est trompeur le pronostic des blessures de la tôle (cerveau): d.s blessures qui, au début, n'ont donné lieu à aucini symptôme ou à des symplônu'S insi^niiianls ou passagers, peuvent se terminer parla mort; d'un autre côté, il arrive fréquemment de voir guérir des blessures de la tète (]ui, dans un grand nombre d'autres cas analo* gués, ont entraîné la mort. Comme souvent nous ne pouvons afBr-
mer que telle ou telle blessure de la tèle aurait réellement et nécessairement occasionné la mort, nous sommes encore moins en élat de déclarer au boul de combien de jours la mort serait survenue* Nous n'aurons d'autre ressource dans ces cas, que de faire un diagnostic de probabilités en prenant en considération l'étendue et la nature de la blessure et la constitution ou mieux l'importance vitale des parties du cerveau qui ont été lésées. Nous savons que des lésions étendues du cerveau conduisent plus rapidement à la mort que des blessures limitées et que, outre la solution de continuité d'une partie du cerveau, rbémorrhagie provenant de la section simultanée des vaisseaux et surtout la commotion cérébrale qui accompagne la blessure, exercent une influence considérable sur la marche d'une blessure de la tète, ce qui est d'autant plus important que la commotion cérébrale ne donne lieu à aucune lésion anatomique et ne peut être reconnue que par les autres caractères de l:i blessure et les circonstances particulières du cas. D*un autre côté, on sait que les parties centrales du cerveau ont une importance beaucoup plus considérable pour la vie animale que les parties périphériques et par conséquent, que les blessures des premières sont beaucoup plus dangereuses pour la vie et amènent plus rapidement la mort que celles des autres parties du cerveau. Les b\essores les plus rapidement mortelles sont celles de la protubérance ejt.du bulbe. Nous avons cependant fait l'autopsie d'un Jbomme ayant reçu derrière l'oreille droite un coup de couteau qui avait pénétré le long du rocher jusque dans le centre de la moitié droite du pont de Yarole : cet homme était tombé immédiatement sans connaissance, mais n'était mort qu'après trois jours et demL Si cet homme avait reçu en même temps, ou avant ou après cette blessure, une autre blessure mortelle et était mort immédiatement, on aurait été aisément disposé à regarder la blessure du pont de Yarole comme la cause prochaine de la mort, tandis que c'est l'autre blessure qui aurait pu avoir déterminé la mort.
Si nous ajoutons à. ce que nous avons, dit que relativement à la rapidité avec laquelle survient la mort, les dilTérentes dispositions bdividuelles^ surtout l'âge et l'état de santé, jouent un certain rôle, on comprendra combien il est nécessaire que le médecin légiste, danslescas de concurrence de plusieursblessuresmortelles.doitprendre en considération tous les côtés du cas particulier, avant d'afûrmerque c'est l'une des blessures qui à elle seule a déterminé la mort
Comme exemple d'une concurrence de plusieurs causes de mort nous citerons le cas suivant :
248 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTâ BT LA VIE.
Au mois d^tobre 1876, un facteur de la poste aux lettres à Vienne toi Tolé eitaé. A Tautopsie, on trouva dans la région temporale gauche une plaie -provennl d'un revolver de petit calibre, ainsi que le prouvait une petite Imlle coniqn trouvée derrière l'uriflce d^entrée du crâne dans la couche roiUcale du ceneNi La blessure du cerveau était peu écendue, pourtant il y avait un épanrheoKM sanguin assez considérable entre les méninges à cet endroit et à le beae de crlit. On tiouva en outre, à la partie antérieure du cou une plaie béentA, faite par m instrument tranchant, allant jusqu'à la colonne vertébrale et qai, étant ennii entre le larynx et Tos hyoïde, a\ait coupé tous les gros vaisseaux du cou etf^ nétri'; jusque dans le canal de l'artère vertébrale. On constata en cuire, au-detssM de la plaie, un sillon de strangulation très-net faisant le tour de la moitié itaocll du cou, se dirigeant à. droite et en haut, et se perdant d*nii côté, dana la motttf droite de la plaie du cou, et de l'autre côté, sur la ligne médiane dans la pardi chevelue de la nuque.
Nous déclar&mes dans notre rapport que toutes les blessures avaient été fiiM pendant la vie, mais que la mort était survenue par hémorrhagie à la anite de II section du cou, ce (|ui ne pouvait être mis en doute eu émird à la pâlenreiccssive du cadavre et la grande mare de sang dans laquelle on avait troifi cet individu. Nous établîmes en outre que le sillon strangulatoire avait té fait avant la blessure du cou, car, dans le cas contraire, l'anse placée aamr du cou, n'aurait plus trouvé de point d'appui sur la peau. Quant A la ptail par arme à feu nous déclarâmes qu'elle était mortelle au plus haut dejpé, qu'elle n'avait pas nécessairement et immédiatement amené la mort, mais qa'dh avait occasionné la perle de connaissance et que la plaie du cou n*avait été UM qu'après la chute de l'individu par suite du coup de revolver; car on ne comprM* drait pas poun|U(»i le meurtrier, après uvoir fait à sa victime une plaie do aussi étendue et devant, selon son idée, entraîner nécessairement et imoiédi ment la mort, lui aurait encore tiré dans la tète un coup de revolver dont le aurait pu le dénoncer, tandis qu'on ^'explique très bien poortiuoi le meartriv aurait commencé la série de ces actes de violence par un coup de revolver ésM la tOte.
Le meurtrier, arrêté peu de temps a|)rès, avoua avoir tiré d*abord un coopéi revolver de poche sur le facteur, Tavoir étranglé ensuite avec une corda tf comme celui-ci donnait toujours des signes de vie, lui avoir enfin conpé la avec un couteau de chasse.