ART. V. — EXAMEN DES CHEVEUX
L'examen des cheveux peut dans certaines circonstances acquérir point de vue médico-légal, surtout pour la constatation de l*idenftai du coupable, une importance aussi grande que celle des taches il tang, particulièrement si on trouve des cheveux sur des instruments Tulnérants appartenant à un individu soupçonné de meurtre.
Oitterlen (1) a réani an certain nombre de ces cas parmi lesquels noas trou-
liM eelui de Lender^ concernant un assassinat de six personnes suivi de vol et
lequel l'examen des cheveux trouvés sur une hache cachée dans une grotte à
gTmnde distance de l'endroit du crime, permit d'affirmer que le meurtre avait
lié aceompU avec cet instrument et le cas de Lassaigne (2), dans lequel on put af-
irmer qa'aa homme avait été tué non pas dans le bois et, ainsi qu'on l'affirmait,
far dea brtfsada, mais dans sa propre maison et que son corps avait été ensuite
miné Joeqa*! fandroit où on l'avait découvert, parce que dans l'examen delà maison
•■ reaurqoa à oo poteaade la porte, un lambeau de tissu sanglant, dans lequel se
Innvaleiil dee cheveux ayant appartenu manifestement à la personne assassinée.
Ke«i Mliie, nous eûmes l'occasion d'examiner un mouchoir trouvé sur un
iidfTid«« secosé d'avoir étranglé une personne logeant dans la même maison :
7 eoMtstâmes des taches de sang reproduisant nettement l'empreinte d'une
asBfUote, qoe l'on avait essuyée avec ce mouchoir. Sur deux de ces
arrondies, reproduisant la forme de l'extrémité des doigts, on trouva
petite masse noirâtre semblable à du sang coagulé que l'on reconnut à un
plus attentif pour un lambeau d'épiderme ayant conservé les peUts poils
Too rencontre ordinairement dans la peau. Comme la peau du cou de la per-
étrmoglèe présentait de nombreuses écorchures et que les ongles de Tac-
dépossaieni l'extrémité des doigts et étaient très durs, on admit que ces
its d'épiderme avec les poils qui s'y trouvaient provenaient du cou de l'in-
étranglé, étaient restés sous les ongles du meurtrier et s'étaient collés sur
Il manebolr, aa moment où l'asaaaain s'était easuyé les mains. Cette circonstance
IftmM des principales raisons qui firent reconnaître le coupable (3).
(1) Oesterlen, Dos menschiiche Baar und seine gericktârzlliche Bedeuttmg, (Du dkneifx <#e thomme au p*)int de vue médico-légal) Tubingen, 1874. — Voy. Aasiyte très complète de ee travail (Ann. dTHyg, 1877, t XLVII, p. 381).
(S) Tey. Laaaalgne, Dt texamen physique des poils et des cheveu i considéré MM k r^poH wMi€ù^égût {Ann. dTHyg. publ. 1867, 2« aérie, t. Vin« p. 326).
(3; E. HoAnanil, Vitriefjjûhruh. f. ger. Med., N. F. XIX, p. 89.
292 LES ATTENTATS CONTRE U SANTt ET U TII.
Dans l'examen médico-légal des chevaux, il s'agit d'ibo cider si l'on a affaire h des cheveux d'homme on des pi maux, car on comprend que si ces cheveux soDtreconiit des cheveux d'homme, il y a U une circonstance aggran dis que le contraire a lieu, si les poils proviennent d'un ai
Ollivier (I) * montré, deranl I* justice, que de* cbeveu tronvéa ■ d'un individu, accusé de meurtre, é(*ient non pu des cheTâoi dliOBi poil* d'un kriimal ; psr contre, dans un autre cas, des cheTeui InmTét teiu furent rcconnusconime des cheTeuid'IiDmme, iiien qu'ils aient ét<| pour ds9 poiia de cliévre, parce que la marteau arait été dépoaé su de clièvre.
' Dans un MI de tIdI, la mère de l'eDrantTioléaaous présantadeai dw a*ait trouvés sur U eliemise de M flile et qu'elle prétendait èu« 4 pubis de riiomme, tandis qu'il fut prouvé par l'examen microicopiqiM y les peib d'un animal et probablement d'un cliien.
Si nous soumeltons un cheveu (de la tële) d'un homini
men microscopique (flg. 13), nous pouvons en général 4
trois couches : la cuticule, /«.
Ij-^aBSb.r, corticale et la subtlance médÊi^ |HHH La cuticule ou couche épùtt^
HHH formée par des écailles épid ^^^Pl embriquées comme les tuiles i HHhB s'ëcartant un peu par leurs pi H^HH tronc pileux et donnant i ce dt BW^M aspect un peu dealé. Gomme '.
MWBJI les ont leurs pointes dirigées di ?^^MW l'extrémité libre du poil, doo HMmI dons ainsi un moyen de distîa; ^H^^B trémilé périphérique d'un cî ^H^H l'extrénailé centrale.
•"n"., a là iubstance corticale lotme
principale et souvent unique de l'homme. Elle consiste en tëme du cellules épithéliales c en séries longitudinales intimement unies, et donnant au aspect strié dans le sens longitudinal et présente, selon la tion individuelle du cheveu, une couleur diffuse et le plus régulière et, à l'étal sec, des fentes remplies d'air.
(I] OlUvIer, Nouvetle aj^eation dt remploi du mieroteopt dm* Im t médico-tigakt {àtm. d'Hyg,, I8JS, tome XXI, p. JIS],
FJg. It. — Fragments de elle- ' teui liumains, d'après Alcan.
La màttonee médullaire, si elle est bieo développée, se montre
Mil un* préparation, soit après avoir été traitée par des substances
qù U rendent plus claire et dont la meilleure est l'acide nitrique
rif. 11. — Poiii d«lijnrred« ■Mtoo. On Toit an A dei cellulM médullûrM MDB griDUiM ; en B elks «oni plulnei de fraaalo qid ki niHquent.
Fig. là. — A, D, C, D. Pails d« ■DDulan de diTïrsos groueura uns canal médiilliire ; E, coupe de ces diren poili (d'aprts Alcan).
lUndu, sous ta forme d'un cylindre occupant dans l'axe central le lîtqoièine ou le quart de la largeur totale du cheveu et à ccmtonrs Mtement limités. La moelle ne forme pas une partie constante Il poil, elle manque souvent ou n'est que parliellemenl dévehppée. Le rapport entre les poiU contenant de la moelle à M» qui n'en contiennent pas varie selon les individus. Ghei les koM, le nombre des cbeveuz contenant de la moelle parait l'emloiter lur ceux qui n'en conUennent pas, tandis que le contraire
arrive chez les individus blonds. La moelle manqae constâinmeïki dans les poils follels et probablement dans tous les chefio que le nouveau-né apporte en naissant. La substance médullaîit consiste en de toutes petites cellules contenant de Tair dans les che> veux déjà anciens, ce qui lui donne un aspect finement granuleux et cette coloration sombre que Ton attribuait à tort jusque dau ces derniers temps à du pigment et dont on faisait dériver la couleur du cheveu même, tandis qu*il est prouvé qu'elle provient de la pigmentation diffuse de la substance corticale.
Sur les poils des animaux (1) nous trouvons en général les trois couches (flg. 14, 15, 16 et 17), que nous constatons sur le cheveu de l'homme ; mais elles présentent des caractères différentiels qui pe^ mettent de les reconnaître immédiatement. La cuticule présente déjà des caractères distinctifs, en ce sens que la grandeur absolue \ et relative des cellules la fait apparaître plus nettement et donne à la surface du poil un aspect souvent caractéristique ; ainsi les poih du mouton (Iig. 14 et 15) se reconnaissent facilement par les grosses cellules de la cuticule et par le dessin ondulé qu'on remarque à a surface. Dans les poils de certains animaux les pointes des écailles de répiderme sont fortement écartées du tronc et donnent ainsi aa poil un aspect denté ou en forme de scie ou même penné, comme par exemple chez la-chauve-souris.
Quant aux autres parties du poil, ce qui frappe le plus c'est le rapport, inverse de celui de l'homme, entre la couche corticale cl la moelle. Tandis que chez Thomme la substance corticale constitue la masse principale du poil et que la moelle n'est formée que par un cylindre central mince, manquant souvent totalement oi partiellement, chez les animaux au contraire, la substance médullaire occupe la plus grande partie du poil et la substance corth cale forme une couche mince réduite souvent à des stries bordantes et le plus souvent hyalines. La prédominance de la moelle si montre principalement sur le tronc même, tandis que vers la poinll c*esl la substance corticale qui prédomine, la substance méduUain allant en s'amincissanl et disparaissant complètement avant d*arrfver à l'extrémité du poil.
Ce qui est encore caractéristique, c'est la structure de la soh^ tance médullaire (ûg. 16 et 17). Tandis que dans le cheveu de l'homme la structure cellulaire est si peu nette qu'elle a été mise et doute jusque dans ces derniers temps, chez les animaux cette stni^
(I) Hoffmann, Veber Haare in gericfiiârzilicher Beziehung. (Des chefeoi • médecinc-légâle). Prager Vierteljahrsschr, CXII, 69.
LSS &TTKIICTBS A U SkHlt BT k LK VIE PAR BLKSSURES. S95 tare eellulûre est tellement prononcée qu'elle est visible même à un bible gTosùssement et donne au poil un aspect d'auLanlplus cacaclérisliqae qne la «ubstaace corticale devient plus mince. Noua Irouvoiu des cellules tantùt rondes ou ovales, tantâL polygonales, et
Fig. n. - Poil» de Upin ; A, poil volumineux ; B,C,D, poil* Bus (d'après Alctn).
rig. IS. — Poils ds clist (A,B,'~,D,E,P). C«^« de CM poil* montrant le canal ■Éiillilm.plnln ouTide^d'après Alcao}.
Mmme un certain nombre d'entre elles contiennent souvent de raîr.UcubstBDce médullaire prend un aspect bigarré. Certains chettox présentent une disposition circulaire très élégante des cellules iê It moelle, polygonales dans ce cas ; nous trouvons souvent dans hi puis follets uD seur cercle de cellules disposées en chapelets, ladîi que dans les poils plus épais la moelle est formée de pluéton séries longitudinales ayant souvent une marche spirolde, MntM par exemple chei le lapin, le lièvre, etc. Cette structure de Ik moelle, qui varie selon les animaux, permet non seulement de re-
connaître un poil d'animal mais encore de déterminer avec un peu d'expérience la classe de l'animal dont il provient.
Ces caractères ne sont pourtant pas absolus et sans ezceplion; il y a un grand nombre de poils d'animaux dont les caractères peuvent être semblables ou au moins analogues à ceux des poils de Tbomme, cependant il n'exisle pas d'animal dont tous les poib soient semblables à ceux de l'homme ; car chez tous les animinx, même chez ceux qui se rapprochent le plus de l'homme, les singet» par exemple, se retrouvent les caractères généraux décrits plv haut; cependant certains poils d'un animal peuvent s'écarter da , type et avoir un aspect plus ou moins analogue à celui des poils de l'homme. Cette analogie peut être due particulièrement à l'absence de la substance médullaire. Celle-ci peut manquer également chez les animaux, quoique moins fréquemment que chas l'homme, et ainsi disparait la partie caractéristique du poil.dt sorte que la distinction peut devenir d'autant plus difficile qoa la substance corticale et l'épiderme ressemblent plus à la sub^asea corticale et à l'épiderme des poils de l'homme. Le plus souvent es sont des poils du chien qui offrent une analogie frappante avec )m poils de l'homme. Heureusement il n'y a que certains poils qui présentent ces caractères, de sorte que si on en a à examiner oo grand nombre et qu'aucun d'eux ne présente le type animal, on peut déclarer avec certitude qu'ils ne proviennent pas d'un ani- Bal. Comme la substance médullaire ne manque jamais que par place dans les poils d'animaux et surtout dans ceux du chien, il faut examiner chaque fuis le poil dans toute sa longueur, surtout après l'avoir traité avec de l'acide nitrique étendu, et on réussira ainsi à trouver sur certaines places la substance médullaire dont les caractères serviront à établir le diagnostic.
Est-on parvenue reconnaître que des poils quifontlesujetd'unenmen médico-légal sont des poils d'homme, il se pose alors une seconde question : quelle est la personne et quel est l'endroit du corpi dont ils proviennent. La solution de la première partie de cette question exige la comparaison de ces poils avec ceux de la personne dont z il s'agit, comparaison qui s'étendra non seulement à leurs caractèrei macroscopiques mais encore à leurs propriétés microscopiques.
Quant à l'endroit d'où proviennent les poils, on songera depréttrence aux cheveux de la tête et aux poils de la barbe et du pubis^ pi» rarement aux poils d'autres parties du corps, comme par exemple dans notre cas cité plus haut. Gomme caractères distinctifsonpren* dra en considération la longueur du cheveu, l'épaisseur, la foriae
et ia constitution delà partie libre. On sait que la longueur des che* Teux de la tête et des poils de la barbe est moins limitée que celle des poils des autres parties du corps. Les cheveux de la lète et surtout ceux de la femme se distinguent en général très facilement des autres par leur longueur. L'épaisseur des poils offre souvent QU moyen de reconnaître leur nature. Les plus forts sont en général les poils de la barbe, qui ont de 0°^,14 àO^'^'^iS de diamètre; pois viennent les poils du pubis de la femme avec 0""",i5, les cils avec 0''°',i2, les poils du pubis de l'homme avec 0""",li, enfin les cheveux de l'homme et de la femme avec O^'^fOS et 0""",06 de diamètre. Cependant l'épaisseur des cheveux est variable selon les individus, ce qui 6le une grande valeur aux mesures que nous fBDons d'indiquer. Les caractères dislinctifs les plus importants sont Urés de l'Age, on sait en effet que les cheveux des nouveau-nés sont . fins minces et plus tendres que ceux des enfants plus âgés et à plus ibrie raison que ceux des personnes adultes. Il ne faut pas oublier dn reste, que le même cheveu peut présenter des diamètres divers, : d'une part parce qu'il s'amincit vers l'extrémité libre, d'autre part 'farce qu'un grand nombre de cheveux ont une forme plutôt . èonique que cylindrique. Les cheveux qui présentent la forme ^Undrique la plus parfaite sont ceux de la tête qui sont néanmoins aplatis quand ils sont. crépus, de sorte que la surface de section est» non pas ronde, mais ovale. La surface de section des poils de la barbe est en général triangulaire, celle des poils du pubis est le plus souvent ovale ; mais on peut rencontrer un grand nombre de formes intermédiaires.
Il faudra également, pour répondre à celte question, examiner rextrémité libre du cheveu. Le .cheveu de l'homme se termine à l'état normal par une extrémité pointue. Tous les cheveux des nouveau-nés, ainsi que ceux qui se montrent à la période de la puberté et en général tous ceux qui n'ont pas été coupés présentent une extrémité pointue ; cette circonstance, ajoutée au dia* mètre du cheveu, peut permettre de déterminer approximativeinent Tâge de l'individu dont proviennent les cheveux. Cette terminaison des cheveux s'altère dans le cours du temps, de sorte qu*on la trouve rarement chez les adultes. Cette modification est due en général, pour les cheveux de la tête et les poils de la barbe I l'habitude qu'on a de les couper. Les cheveux coupés ofi*rent d'àkbrd à leur extrémité libre une section transversale très nette, pins tard les contours de la section s'arrondissent en partant du bord et le cheveu présente après un certain temps une extrémité
arrondie, effilochée si la sectioa a été faite depuis un temps asseï long. Ces caractères peuvent, dans certains cas» être utilisés pour déterminer le temps depuis lequel les cheveux ont été coupés.
L'extrémité libre de la plupart des cheveux est altérée, en dehors de la taille, en partie par des violences mécaniques, en partie pir l'action de la graisse ou d'autres corps analogues. Les yiolenoei mécaniques, qui atteignent le cheveu, se manifestent par un efl» lochage ou un amincissement de Textrémité libre du cheveu. Noos observons la première altération à l'extrémité libre des chereia de la tète des femmes qui ne sont jamais ou rarement coupés. Cet effilochage se voit déjà à l'œil nu et devient encore plus net soos le microscope. L'amincissement de l'extrémité libre des poils se rencontre surtout sur certains poils courts se trouvant sur des partiel de peau exposées par les vêlements à un frottement contiauel, ainsi par exemple sur les poils des membres, qui, à la suite de eette usure, offrent une extrémité plus ou moins arrondie ou en fome de coin. La sueur produit une macération et une dissociatioi de la kératine. C'est pour cette raison que les poils, situte aux endroits où la transpiration est abondante et oii s'exerce en outra un frottement continuel comme par exemple dans l'aisselle, i Tanus et aux parties génitales, non seulement sont dissociés et usés, mais sont encore souvent gonflés et incrustés de sédiment de sueur qui, en se déposant entre les fils de l'extrémité du poil, donnent à cette dernière une forme de massue ou de crosse de fusil. €e dernier caractère peut avec plus ou moins de certitude |)e^ mettre de reconnaître la provenance d'un poil.
Vient-on à demander si ces cheveux sont tombés ou ont été a^ rachés, il faudra examiner surtout l'état de la racine. Un che* veusain arraché avec sa racine présente en général une exlrémilé arrondie, humide, ouverte en bas, tandis que des cheveux tombéi ont une racine sèche, atrophiée, lisse et fermée en bas. La distinction sera peut-être difficile si nous n'avons que quelques cheveux devant nous, mais elle sera facile si on nous présente toute une toufi^e de cheveux comme ayant été arrachée, parce qu'on peut examiner dans ce cas un grand nombre de racines. Dans la plupart des cas (Maschka, Caspcr), on a présenté des cheveux détachés par le peigne comme ayant été arrachés, mais on a pu reconnaître leur mode de détachement aussi bien par l'examen des cheveux mômes que par celui de l'endroit correspondant de la peau (1).
(1) Dans cet cas il faudra penser également à des cheveux faux oo artiieiabi
LES ATTIlflTKS A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 299
▲KT. TI. — EXAMEN DES TISSUS EMPLOYÉS DANS L'iNDUSTRIE ET DE LA SUBSTANCE CÉRÉBRALE
Dn astres objets doot l'eiamen et la constatation peuvent servir à faire récente coapable oa à éclaircir certaines circonstances da crime, nous ne parid que des différents tissas fabriqués, ou des fibres de tissus et de la cérébrale, nous réservant de parler, à propos de l'infanticide, de l'examm ém méconiam, do liquide amniotique et des matières des fosses d'aisances.
§ l**. — BXAMKI DBS TJSSDS EMPLOYÉS DANS L'INDUSYSIB.
L*eiameii des tissus fabriqués et des fibres de ces tissus se rattache sous beau- Map de rapports à celui des cheveux, puisqu'un grand nombre de ces tissus et fwtkalièrement les étoffes pour habillements sont faits de poils d*animaux.
Den ems communiqués par Taylor montrent combien cet examen peut acquérir Aipoitaoce daoa certaines circonstances médico-légales. Dans le premier on saisit $m un liomme accusé d'avoir assassiné une femme en lui ayant coupé le cou, un sur le manche duquel on trouva non seulement du sang desséché, mais quelques fils d*une coloration rouge brun, que l'on reconnut pour de la teinte et qui se montrèrent, à l'examen à l'œil nu et au microscope, identiques ceux d'une casapue de laine que la personne assassinée avait portée. Dans Il second cast un homme, que Ton avait vu deux heures auparavant dans une malien, foi trouvé mort dans le voisinage sur les rails d*un chemin de fer avec tous ta si|;nes d'une mort par strangulation et une hémorrhagie par la bouche et le ; en remarqua Pab&ence de son chapeau. Tans l'examen de la maison on trouva lecbes de sang et un réchaud de fer sur lequel se trouvaient des restes d'un n qne Ton avait brûlé. Au microscope on reconnut que ce morceau de tissu frovenaic d'un feutre de poils de lapin, collé avec do la colle forte et analogue à cdid in dtapeau qui 'avait diuparu et que le meurtrier avait brûlé.
On reconnaîtra facilement la laine et les autres poils d'animaux employés dans h Imbrication des tissu», en se rappelant les caractères des poils que nous avons «ipoiés plus haut.
Les ftb de coton se présentent sous le microscope sous la forme de rubans plats à ésnble contour et roulés en spirale, les fils de lin sous celle de fibres solides le fies souvent effilés et divisés de distance en distance par des nœuds, la soie sous k forme de flls solides, cylindriques, partout égaux et non interrompus. La plufart de ces tissus sont artificiellement colorés et leurs fibres se montrent pour ce très nettement à l'examen microscopique (1).
§ 2. ^ IXAMm DB LA tCSSTANCB CiaésSALB.
Le cas suivant^ qui s'est présenté à notre observation il y a quelques mois,
derniers sont en ce moment très répandus et consistent le plus souvent en liiae d'angora (les poils de la chèvre d'Angora) que l'on peut reconnaître imméteement comme telle au moyen du microscope. (I) Toy. Roneher, Des filaments végétaux employés dans ^industrie (procédé de ^* yeHlkri) powr les distinguer dans les tissus {Ann, d'Hyg, pubL^ 3* série, 187t, <<•• H). — Télillin, itwiu sur ks fibres végétaies textiles employées dans Ttn-
montre quelle importance peut acquérir la constatation de la labstance cérébrtk sur des instruments vulnérants. Dans une rixe qui eut liea entra phn^lean pc^ sonnes et dans laquelle quelques-unes d'entre elles tirèrent lear coateao» Tn dés combattants reçut dans la tète trois coups de couteaa et reela mort mt place. A Tautopsie on trouva au-dessus de la bosse frontale droite ene pkâ ayant pénétré entre le cuir chevelu et les os à une profondeur de 4 centimèMi sans blesser les os du crâne, en avant de la bosse pariétale gauche une autre pUi ayant traversé le cuir chevelu et la voûte crânienne Jusqu'à la dure mère qoiélui restée intacte ; la pointe du couteau était restée daos cette plaie. A trais eeili* mètres en arrière de celle-ci on trouva une troisième plaie, dont oa put suine 1» trajet à travers les enveloppes du crâne, les os, les méninges et la circonvoloiioi pariétale du cerveau jusque dans le ventricule latéral gauche, dans le plaocbcr duquel le couteau s'était encore enfoncé de 2 centimètres. La bloMore de l'ii m continuait à ses extrémités avec une Assure longue de quelques œotlmètrei et était comblée par de la substance cérébrale. Immédiatement après la nxB m trouva sur le lieu du crime un couteau de poche ouvert et asaex long et la bas d'un autre couteau plus petit et sans manche. Cette lame était propre, avec an pointe bien conservée et un tranchant très aiguisé. La pointe de la lamt di premier couteau avait été récemment cassée et l'extrémité de la cassure corm* pondait exactement à la pointe restée dans le crâne. Ce couteau présentait égili* ment des taches de sang desséché que l'on reconnut comme telles à rexamen mir croscopique et chimique. On trouva en outre sur l'une des faces de la lame, prti du manche, et à une petite distance de l'extrémité cassée une raie étroite, formée pir une substance ressemblant à de la graisse figée et qui, à l'examen microscopiqm^ permit de reconnaître des cellules ganglionnaires, de très fins capillaires et éi petites branches artérielles, le tout dans une substance finement granuleuse, éi sorte qu'il ne pouvait y avoir aucun doute sur l'origine cérébrale de cette sa!^ stance. Cette découverte, ajoutée surtout à l'existence des taches de sang, permît d'affirmer avec certitude que la plaie mortelle avait été faite par ce couteau. Gooiae la pointe trouvée dans l'os du crâne appartenait à ce couteau et que cette plaît provenait donc de ce dernier, et comme on ne pouvait pas admettre que la plaîi qui avait pénétré dans le cerveau, avait été faite avec un couteau dont la poisli était cassée, on dut conclure qu'on avait fait avec ce couteau d'abord la plaie mit' telle, puis seulement celle dans laquelle la pointe du couteau était res^ liée. La reconnaissance de la substance cérébrale ne peut se faire que par un osmen microscopique^ qui du reste ne présente aucune difficulté (1). Les réactioas chimiques re commandées par Orfila (2), Lassaigne (3) et autres n'ont aucune vakob