ART. IV. — EXAMEN DES TACHES DE SANO
On peut trouver des tacbes de sang ou des taches qu'on suppM provenir du sang soil dans l'examen des lieux, soit sur des individus ou les objets leur appartenant, soit sur les armes que l'on suppose avoir servi dans ces cas.
(1) Ann, der Stantsarzn, 18 iO, V, 719.
(2) ZeUich, f. StaaUarxn, K, 1850, VU, 273.
§ l*'. — TACHBS DE SANG A L'BN DROIT DU CRIME.
Les caractères des taches de sang à l'endroit supposé d*un crime cuvent souvent donner les éclaircissements les plus importants Hir les circonstances significatives pour les recherches judiciaires, et il faut chaque fois apporter une attention particulière à l'examen des lieux. On prendra en considération les caractères des taches de sang sur le cadavre et sur les objets environnants.
Noos avons déjà, en parlant du suicide par section du cou, montré Timportance des différentes dispositions des taches de sang sur le cadavre dans les cas où il s'agit de rechercher si l'individu t'est suicidé ou a été assassiné. Il faudra avant tout noter ces circonstances, car on comprend que leur constatation n'aura plus qu'une valeur relative si le cadavre a été traîné de différents côtés. Oa verra en outre si on ne trouve pas sur le cadavre des traces d'une main étrangère couverte de sang.
Tajlor rapporte un cas très intéressant dans lequel on constata sur le dos de la gauche d'un homme trouvé mort et ayant le cou coupé, Tempreinte d'une étrangère gauche également, et couverte de sang, ce qui permit d'exclure de suicide. Dans un autre cas sur lequel nous avons fait un rapport, nous 18 remarqué sur le cadavre d'un homme étranglé de nombreuses écorchures la région du larynx, et, sur la chemise à la hauteur des bras, des trsces nprodoisant la forme d'une main couverte de sang. Il était certain que le meurtrier avait saisi de ses mains sanglantes les bras de sa victime pour la faire changer déposition (1).
Des taches de sang sur d^autres places que celles oi!i l'on a trouvé le cadavre peuvent donner d'utiles renseignements sur Tendroit oùu été faite la blessure mortelle ou une autre antérieure à celle-ci, on sur l'endroit où Tindividu a été surpris, surtout si Ton trouve. ées taches plus éloignées que l'on peut suivre jusqu*auprès du èâdavre.
Dans ce cas on verra si après la blessure l'individu a encore pu marcher depuis cette place jusqu*à celle où l'on a trouvé son cada- ?re, ou s'il y a été traîné. Le cas qui s'est passé sur la route du Bbolfserjock et dont nous avons parlé plus haut peut servir comme un exemple de ce genre.
Un cas dté par Taylor montre quelles importantes conclusions on peut tirer de Texisteoce de ces taches de sang. Une femme fut trouvée morte au pied de l'es-
(I) VUrteljahrschr. (. gêr. Me^., N. F. XIX, 89.
HornuMN. ^^
calier d'une cave, et l'autopsîe prouva qu*elle était morte d*ane fk«ctare do crine et de la colonne vertébrale, produite par la chute. On troavi cependant à l'enoMo des lieux sur la marche supérieure de l'escalier et sur le mur, à une hauteur de ( à 5 pieds au-dessus de celle-ci, des taches récentes de sang qai d*après laar caractère provenaient évidemment du jet du sang d'une artère coapée ; on troan, en effet, sur la région temporale droite, une plaie qoi avait oovert Tarière tai> poralc du même côté. Il fut facile dans ces conditions de condare qae cette plM avait été faite au haut de l'escalier pendant que la femme se tenait contre le wm et que ce n'est qu'après qu'elle a été précipitée dans la cave. OUe coodoiiM fut en effet confirmée par une enquête ultérieure.
Nous ferons remarquer à ce sujet que les traces de sang sur une surface plane par le jel d'une artère, ont l'aspect de gonltes se terminant en pointe dont l'extrémité large et arrondie corres* pond à Temlroit où la goutte de sang a touché en premier lieala surface plane, tandis que la pointe est produite en vertu de la force d'impulsion de la goutte ; la forme de ces (races sera d'autant plus allongée que la goutte aura été lancée avec une plus grande forée contre la surface plane. Ces caractères ajoutés au siège et au calibre de Tartère blessée peuvent permettre de tirer des conclusions très importantes relativement à la position de la personne au moment où elle a reçu sa blessure.
On comprendra, sans que nous insistions, rimportanco que peuvent acquérir certaines traces de sang ou l'empreinte de mains oa de pieds sanglants sur le lieu du crime.
Dans un cas rapporté par Taylor, on trouva sur le plancher de la chambre dans laquelle gisait une personne manifestement assassinée trois empreintes d'un pieë nu et couvert de sang, dont le peu de largeur éveilla tout de suite l'idée qa'eltei provenaient d'un pied de femme. Les pieds de la personne assassinée étiiwt beaucoup plus grands, nullement couverts de sang et n'avalent pu par conséqasBt laisser ces empreintes. Dans la maison il ne se trouvait que deux personnes ^ pussent être soupçonnées d'avoir commis le crime, un homme et une femme. Lei pieds de cette dernière concordaient parfaitement avec la grandeur des tacbei et sang et eu faisant des expériences avec du sang de bœuf, on remarqua que lei empreintes faites de cette façon étaient absolument identiques avec celles qa'oi avait trouvées dans la chambre de la personne assassinée. Cette découverte tA une des nombreuses raisons pour lesquelles cette femme fut cenvaincue d'aitir commis ce crime.
Dans le même article, Taylor rapporte un autre cas où l'on put suivre lor kl murs les empreintes d'une main sanglante depuis la chambre où était couchés b personne assassinée, Jusqu'à une autre chambre située derrière celle-là et où fis put ainsi découvrir l'assassin qui avait laissé ces traces en regagnant sa cbsiilf* à tâtons par suite de l'obscurité.
Il ne faudra pas oublier que ces taches peuvent avoir été faites par des ptt* sonnes ayant approché ultérieurement le cadavre, et ce n'est qu'après sfoir exclu cette possibilité que l'on peut accorder à ces taches la signification iodiqa^
plus haut. Marc (1) rapporte à ce sujet un cas dans lequel le médecin appelé en premier lieu avait fait en marchant dans le sang des empreintes depuis la chambre où était couché le cadavre Jusque dans une chambre voisine, et fit ainsi accuser le locataire de cette chambre d*avoir commis le crime.
Il nous est arrivé un cas dans lequel il aurait été important de constater si un individa soupçonné d'un vol avec assassinat, avait marché dans le sang ; et cependant, si on avait réellement trouvé du sang après ses bottes, cette découverte n'aurait rien prouvé, parce que cet homme avait été conduit quelques heures après «or le lieu du crime et confronté avec le cadavre et aurait pu à ce moment marcher dans le sang. On avait constaté également sur la partie antérieure du pardessns de Taccusé quinze taches de sang dont Tavocat expliqua la provenance de la façon suivante : Le pardessus de cet homme a pu être aspergé de sang pendant la confrontation, soit que Taccusé, soit qu'une aut^ o personne ait marché dans le sang.
Les taches de sang peuvent aussi avoir été produites par la personne morte.
Fig. 7.
Fig. 8,
Moafl trouvons sons ce rapport une observation intéressante de Taylor concernant homme qui avait été trouvé pendu et présentait en outre une plaie sanglante au On constata une large tache de sang dans une autre chambre et dans un tiroir ouvert des cordes tachées de sang, ce qui, ajouté aux autres circonstances da eesy montra que cet individu avait cherché d'abord à se couper le cou, et i^ arrivant pas, avait pris une corde dans ce tiroir avec ses mains ensanglantées, paie 8*étaH penda.
Qoand on trouve des traces*de ce genre, surtout des empreintes de pied qui peuvent aervir I faire reconnaître l'assassin, on doit prendre ses précautions pour qa'une comparaison soit possible encore ultérieurement.
( 1) Marc, Suicide tmuhmt Vhomicide {Ànn. d'Hyg, publ, 1880, t. IV/408).
Si on ne peut pas conserver les empreintes, on en prendra le destin euct »
employant la méthode indiquée par Gaussé (1).
[On tire une ligne A B (fig. 7) Ungente à la partie interne de la courbe hrmét par le talon, ot à la partie saillante en dedans de l'articulation métatarso-phtlangienne du gros orteil de l'empreinte incriminée. On dÎTiae cette liRoe en autant de parties égales que Ton veut, suivant le degré d'approximation que l*on désira; sur chacun de ces points on élève des perpendiculaires fkisani les fimctai d'ordonnées (fig. 7).
Une autre ligne (A' B', fig. 8) est pareillement tirée et divisée sur l'eaipieiiili à vérifier. Maintenant que l'on prenne sur la première de ces lignes tells distance d'un point à un autre qu'on voudra, qu'on multiplie ces mesares sur vingt, trente, quarante points, dont on cherche à étudier les rapports; qu'on lei porte sur leur homologue et qu'on nous dise si ce n'est pas le véritable Doyen de constater l'identité des deux empreintes, qui, semblables entre elles sortast de points, sont le calque, pour ainsi dire, l'une de l'autre.
On voit de suite tout le parti que l'on peut tirer de cette ligne tangente tu deux points fixes de la partie interne du pied. Les moindres particularités de forme et de contour sont mises en évidence, de telle sorte que deux pieds épiai au premier aspect, et dans leurs principales dimensions, peuvent se trouver très différents sous plusieurs autres rapports.
Par cette méthode on ne livre rien au hasard, et le compas part de lignes iovariables. Si nous arrivons ainsi à cette sûreté du diagnostic, ne peut-on pas dèi lors comparer l'empreinte du pied d'un homme à sa signature? En effet, que conclurez-vous de la présence de celle-ci, inscrite sur on monu- ^ ment que vous visiterez ? c'est que cet individu a voulu certifier sa présence sar ce lieu. Il en sera de môme de l'empreinte du pied, qui cette fois aura éié déposée involontairement sur un parquet ou sur le carreau d'un appartement, si les preuves que nous avons administrées ont quelque valeur.
Sans doute, ces signes peuvent, jusqu'à un certain point, être contrefaits oo imités ; mais en les comparant h d'autres qui auront le degré d'authenticité voulu, des experts habiles pourront presque toujours parfaitement reconnaître l« vrai d'avec le faux.
Veut-on quelques exemples, des différences notables que peuvent présenter deux pieds, quoique égaux en longueur et en largeur?
L'angle formé par l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil est trèi proéminent chez certaines personnes. 11 résulte de ce fait une déviation latérslii qui a été bien étudiée par Malgaigno, sous le rapport de son étiologie.
Nous avons remarqué l'abduction de cotte partie du pied, surtout chez !• vieillards, ou bien chez ceux qui avaient porté dans le temps des chaassurcs tHi pointues. Dans ce cas, le gros orteil sera tout à fait en dehors de la hgne AB,qiSi nous avons établie à la partie interne du pied (fig. 9). Chez l'adulte, au cootraiiCr ou l'homme d'un Age moyen, le gros orteil sera coupé par cette ligne oa l'es rapprochera (fig. 7). Ailleurs le deuxième orteil sera égal en longueur an fft* mier; chez d'autres, ce second orteil sera séparé d'une manière très marqeéséa gros orteil (fig. 10) tandis que chez un autre individu il en sera très rapprocké. La ligne formée par les orteils réunis sera tantôt courbe à convexité antéritort chez les uns (fig. 7}, chez les autres elle sera un peu rentrante (fig. 8;.
(1) Gaussé, Des empreintes sanglantes des pieds et de leur modt dt mensifr9- Hên {Ann. d'Hyg. pubi., 18S4, 3* série, I, 175).
L'Mpaca laine sur le sol par la face inférieure des orteils, qui ne le touchent pas par aoite de lear concavité inférieure, sera quelquefois triangulaire, d'autres fois afléctera d'autres figures]* U peut quelquefois être important de conserver des empreintes de pied ou d'autrucM qu'on trouve sur la terre, dans le sable, dans des matières fécales ou lu nuige. On peut sa servir pour avoir une reproduction de ces traces soit de plâtre, soit d*un mélange à parties égales] de cément et de sable. Ces substances ftoement pulvérisées sont étendues à l'aide d'un tsmis sur les traces, qu'on aura préalablement desséchées avec une feuille de papier buvard, Jusqu'à ce que la
Fig. 10.
«onche de cette sobstance dépasse un peu le niveau de l'empreinte ; on dessèche «a peu la surface, on étend un morceau de toile par-dessus, et on y répand avec précaution à l'aide de la pomme d'un arrosoir, une quantité d'eau suffisante pour imprégner toute la masse. On laisse à cette masse le temps nécessaire pour durcir et on renlève avec précaution ; on obtient ainsi un moule qui peut donner une ftprodnctioo très exacte de l'empreinte primitive.
Dans certaines circonstances on peut mettre directement sur l'empreinte le flchia de plâtre ou de cément et le laisser durcir (Erahmer, Hodann). Hugoulin s recomoiandé de remplir de stéarine pulvérisée la trace à conserver et d'étlnufér celle*€i à l*aide d'une plaque de tôie chaude tenue par-dessus ; l'aeide méÊtUfom fMidu ae durcissant rapidement donne, à ce qu'il parait, de très belles lepTOductioBs.
Noos avons déjà parlé de l'importance des taches de sang dans les aitenlatsà la pudeur et le diagnostic de l'accoucbemeni; nous aurons ToccasioD d*y revenir en parlant de Tinfanticide.
g 2. » TACHES DE 8ANQ SDR DBS INDIVIDUS OU DBS 0BJR8 LIUl APPAftTBIAIT.
La découverte de traces de sang sur un individu accusé d'an crime ou sur les objets lui appartenant peut avoir la plus grande importance. Que dans le plus grand nombre des cas où un individa commet une action sanglante , on trouve des traces de sang sur le meurtrier, c'est là une chose facile à comprendre ; ce serait cependant une erreur de croire que dans ces cas il y a invariablement des traces de sang. L'existence ou l'absence de ces taches dépend de la nature de la plaie ou des plaies, surtout de la perle de sang^ les accompagne et en outre de la force avec laquelle le sang s'écoule de la plaie (en bavant ou en jet). 11 est clair que selon la position que le meurtrier aura eue vis-à-vis de sa victime, il se produira des taches de sang, facilement dans un cas, difficilement dans un second et pas du tout dans un troisième. Si le meurtrier a coupé le cou à un individu qu'il a surpris pendant son sommeil, ce crime peut laisser moins de traces de sang sur le coupable que s'il l'avait attaqué et tué pendant que celui-ci était éveillé et était en état de se défendre. On comprend qu'il puisse y avoir une foule d'aolres circonstances qui agissent en même temps. Cette circonstance que le meurtrier a laissé sa victime sans y toucher ou Ta retournée plusieurs fois, le raffinement et les précautions avec lesquels il a commis son crime et même sa profession (boucher) peuvent avoir une certaine influence sur la production des taches de sang. Taylor rapporte le cas d'un meurtrier qui avait préalablement ôté tous ses vêtements.
Outre les habits et le linge du meurtrier on peut encore trourer des traces de sang ou des taches analogues sur les instruments vulnérants qui lui appartiennent. On ne peut nier complètement qu'uD instrument tranchant avec lequel on a accompli un crime puisse ne pas présenter des traces de sang; cela arrive surtout si l'iDslnimcnt a été manié avec une grande rapidité et n'a pas blessé de gros vaisseaux ou si le sang a été essuyé par les efi'ets d'habillement au moment où l'on a retiré le couteau. Gasper a appelé l'attention sur cette possibilité à propos d'un cas où l'on a trouvé à côté d*ua individu qui s*était coupé le cou, un couteau de table sur lequel on ne constata pas la moindre trace de sang. Cette particularité est certainement exceptionnelle, car dans un grand nombre d'expériences que nous avons faites dans ce sens, nous avons toujours obtenu des résultats prouvant le contraire, bien que la quantité de
sang restée sur rinslrument employé ait été très variée et même insignifiante dans certains cas. On peut également se convaincre par ces expériences qu'à conditions égales la quantité de sang restée sur la lame du couteau, sera d'autant moindre que celle-ci aura été plus polie. L'absence des taches de sang sur un instrument qui a cependant servi à un crime peut s'expliquer facilement par le nettoyage de cet instrument. Si ce nettoyage n'a pas été fait avec soin, si par exemple le couteau n'a été qu'essuyé, on peut néanmoins trouver du sang aux endroits rugueux ou dépressions du couteau, surtout dans l'entaille qui sert à l'ouvrir ou dans la charnière de la lame ou la fente du manche etc., et pour les haches, dans le creux qui se trouve entre le manche et le trou de la cognée. C'est surtout ces endroits qu'il faut examiner avec soin dans la recherche des taches de sang.
§ 3. — RBCHEIIGBB8 MICROSCOPIQUES DBS TACHES DE SANG.
Il y a un grand nombre de cas où l'examen à l'œil nu d'une tache de sang suffit pour la faire reconnaître comme telle. Cela s'appliqae surtout aux taches que l'on constate au premier examen des lieux. Mais si l'on trouve de ces taches sur le meurtrier ou sur des objets lui appartenant, il est clair que l'examen à l'œil nu n'est plus suffisant, et il faut s'assurer par d'autres moyens de la nature des taches suspectes. Pour cela il y a à faire deux recherches, premièrement la recherche microscopique des globules du sang^ deuxièmement celle de la matière colorante du sang^ non moins caractéristique, c'est-à-dire de l'hémoglobine et ses dérivés.
i^ 'Recherches des globules du sang.
La découverte des globules du sang non seulement prouve d'une façon absolue l'existence du sang, mais rend encore possible la solution d'un certain nombre de questions de détail concernant Forigine de ce sang. Dans les cas récents cette recherche ne présente aucune difficulté, car il suffit de mettre sous le microscope la tubstance à examiner directement, si celle-ci est encore humide, dans le cas contraire, avec addition d*une solution de 0,50 Vo ^® sel marin, de l'eau sucrée ou de la glycérine étendue, pour reconnaître immédiatement les éléments figurés caractéristiques du sang, et s'assurer que la tache provient du sang et non, comme cela arrive souvent, d'eau ayant une teinte de sang. Il est facile aussi
de distinguer dans les cas récents les globules arrondis et dépourvus de noyaux du sang des mammifères, des globules elliptiques et à noyau et en outre plus grands, du sang des animaux des autres classes. Les mensurations microscopiques des globules permettent encore de voir si la grandeur des globules arrondis à examiner correspond à celle des globules de l'homme.
Ou sait que de toas les mammifères c'est l'homme qai a les globnlet du tM| les plas grands. Leur diamètre moyen est de 0,0077 de mUlimètre. Après tes de rhomme viennent ceux du chien avec un diamètre moyen de 0«00T0 de nlllmètre, puis ceux des lapins avec 0,0054, ceux du porc avec 0,000), du bcBoram 0,0058, du cheval avec 0,0057, du chat avec 0,0056, et enfin da moutoo ifie 0,0045 de millimètre.
Comme les globules du sang de l'homme, de même que ceux des aatrei iiU maux, ne sont pas tous d'égale grandeur, et que celle-ci Tarie dan^ certaiMS limites, on ne se contentera pas seulement de la mensuration de quelques ffi^ bu les, mais on fera un nombre aussi considérable que possibler de mensoratiov» dont on prendra la moyenne.
Les taches anciennes de sang peuvent également présenter à l'examen microscopique des globules de sang, car ceux-ci se conservent pendant des années dans le sang desséché et n'ayant pas subi d*autre altération, ce dont on peut se convaincre fadlement si on laisse du sang se dessécher en couches minces sur des plaques de verre transparentes. Nous possédons des préparations de globuki du sang de l'homme et d'autres animaux qui servent depuis^ plm plus de six ans à la démonstration et dans lesquelles on peut voir, malgré ce temps si long, les éléments figurés dans leur foriDl caractéristique.
Dans les taches de sang anciennes la recherche des globules ne se fait plus aussi facilement que dans le sang frais, mais exige oe^ taines préparations, surtout l'addition de liquides propres à rendre les globules du sang plus visibles dans la substance desséchée.
De ces liquides celui que nous recommanderons le plus c'est It liqueur de Paccini^ un peu modifiée (300 parties d'eau, lUO de glycérine, 2 de sel marin et un de sublimé), comme nous l'avons déjà Jait dans un travail précédent sur l'examen des taches de sang(t). Les acides étendus avec addition de glycérine, ainsi que le méiaoge de trois parties de glycérine et d'une partie d acide sulfurique coacentré jusqu'au poids spécifique de i,028 indiqué par Z. Roussin (i)f rendent également de grands services.
(1) Hoffmann, Vierteij. /. ger. M^tf. N. F. XIX, 113.
(2) Z. Roussin, Examen tnédico-lt'yal des tach*s de tang {4nn. d'Byg. p^ 1S6S, Janvier, t. XXIII, 139).
Tirchow (1) a recommandé dans ce but une solution de potasse de 30 Vo- Briicke etRollet (2) s*en sont également bien trouvés. Ce dernier a remarqué que dans le sang desséché les périodes rapidement transitoires de rétraction et de gonflement qu'on observe en traitant les globules sanguins frais par une solution de potasse coneenlrée de 32 ®/o font défaut et que la période de dureté pendant laquelle les globules sanguins conservent longtemps leur forme naturelle, arrive ici immédiatement, tandis qu'elle ne se montre sur les globules frais, qu'après les réactions transitoires que nous avons «ignalées plus haut.
Nous avons pu nous convaincre, dans un grand nombre de re- •cbercbes, que dans l'examen des taches de sang très anciennes et très dures, l'eau distillée, que l'on ne peut employer pour les glo- -toles frais, parce qu'elle enlève à ceux-ci leur matière colorante -4l en altère la forme en les faisant gonfler, donne de très beaux ;ci5uUats. Cette particularité s'explique par la grande résistance ifoe les globules sanguins très desséchés offrent à l'eau, et par ce ttt que la solubilité de l'hémoglobine diminue avec le temps. ^' Pour faire l'examen de ces taches, on dépose sur le porte-objet idetrès petites parcelles de la substance à examiner, soit en raclant •«fec un scalpel une partie de la tache à examiner, soit en grattant MMPecone aiguille, le linge sur lequel se trouvent les taches, tout en le tenant au dessus du porte-objet. Dans ce dernier cas, si l'on a •féellement afl'aire à des taches de sang, on remarque sur le porte- «ibjel une poudre d'un brun rougeÂtre disposée sous forme de ligne droite et se prêtant alors facilement à un examen.
On peut ou bien traiter immédiatement par un des liquides indi- >quéa la substance qui se trouve sur le porte-objet ou bien recouvrir Hd'abord celle-ci d'une petite lamelle, la porter sous le microscope et n'y ajouter le liquide qu'à ce moment. Ce dernier procédé est préférable parce qu'il permet d'observer immédiatement la transtformation des éléments, paraissant amorphes quand ils sont en liasse, en éléments figurés, et les réactions de ces derniers à l'égard deTeau ou des autres liquides.
' . Dans les cas les plus favorables, non seulement on peut recon-
iiiattre que les masses àexaminer sont composées d'élémentsde môme
grandeur, fortement serrés les uns contre les autres et répondant
par leur forme et leurs autres caractères à ceux des globules du
(1) VIrchow, Arch. XII, 336.
(2) RoUet, Veber dos Verhalten des Blutes bei Kaliumhydroxyd. (Miithei' ngt^ deê Vereines der Aertxte m Steiermark, 1875-70.)
sang, mais on peut encore réussir à examiner un certain nombn de ces élémenls à l'état isolé. Dans ce dernier cas» ces élémenli présentent beaucoup plus nettement leur forme primitive caridéristique, tandis que les globules du sang en masses compacte paraissent aplatis par une longue compression réciproqae* mtisi gonflent sous l'action prolongée du liquide additionné et reprei* nent une forme se rapprochant de la forme primitive.
Outre les globules rouges du sang , on peut souvent trourer daa CCS masses quelques globules blancs qui paraissent môme posséda une plus grande force de résistance que les premiers, car sooreot on les aperçoit encore quand les globules rouges sont déjà defenn plus ou moins méconnaissables par suite d'une désagrégation privérulente.
La forme primitive des globules du sang des autres classes d'aii-| maux est encore plus difflcile à reconnaître dans les taches ai cicnnes que celle des globules du sang des mammifères. Gelatiart d'une part à leur coloration plus pâle, et d'autre part à learpla grande tendance à se ratatiner en se desséchant ainsi qu*àlaré» tance moindre de leur stroma à l'action des liquides dissolvanti, ce qui fait que les contours de ces globules se montrent moins nettement limités que ceux des globules d<e l'homme ou des mammifères dans les mêmes conditions. Par contre les taches provenant du sang d'oiseau se reconnaissent facilement par leur noyau rifringeant caractéristique, qui devient surtout visible après l'addi* tion d'une solution faible d'acide acétique, tandis que le sangdfi mammifères traité par le même acide, se dissout immédialemaÉt ou en quelques instants et qu'il n*en reste plus qu'un stroma pâh^ à peine reconnaissable, dans lequel les globules du sang, que l'Oi pouvait facilement voir auparavant, deviennent tout à fait mécoih naissables.
On comprend qu'il soit souvent difflcile de décider si des globules sanguins, rétractés par la dessiccation et rendus plus tard visibles par l'emploi des liquides indiqués proviennent du sangdl l'homme ou de celui d'autres mammifères. Gomme le degré di rétraction des éléments du sang dépend d'un grand nombre de circonstances souvent difficiles à apprécier, et que la reconstitution de la forme et de la grandeur à l'aide dos réactifs indiqués plus hani n'est pas toujours régulière et complète et dépend de la nature et 1 de la durée de l'action du réactif, on conçoit que la difTéreadi* tion (!es taches de sang par les mensurations microscopiques nO puisse donner que des résultats précaires, surtout parce que b
LES AtniNTES k LK SANTÉ ET A LA VI B PAR BLESSURES. 283
lifférence de grandeur des globules de Thomme et de ceux des iBtres mammifères est en général très minime et ne varie qu'entre Iy0040 et 0^008 de millimètre. Malgré cela on n'omettra jamais, le M échéant, de faire ces mensurations parce que le résultat, surtout Mé sur un grand nombre de mensurations, n'est pas sans valeur* pwticulièrement quand il s'agit d'examen de taches de sang d'ani- ■aux dont les globules sanguins, comme par exemple ceux du bœuf, la chat, du cheval et du mouton, diffèrent d'une quantité apprétUblb de ceux de l'homme.
rappeUerons également que les spores de certains champignons inférieurs, Il ceux des champignons de la moisissure, offrent une grande analogie «Tec les globules du sang. Erdmann a montré ranalogie de ces derniers les spores du Porphyridium cruentum et Bindfleisch avec ceux de VAchorion feinii (1). Notre propre eipérience nous permet de conflrmer ces observaipHa ci de donner comme caractère distinctif la grande force do résistance de ces MRS à Taction des acides et des bases. Dans les expériences pratiques que nous lUgtMiSy il est srrivé souvent que des gouttelettes graisseuses ont été prises pour Ihi l^bbales sanguins, mais dans ce dernier cas l'emploi de la benzine et de TékÉv, €toaime Ta recommandé Gwosdew, servira à faire la distinction.
?• Recherches de la matière colorante {hémoglobine).
Un examen plus complet du sang exige la recherche de VhémofloKme^ matière colorante albuminoïde qui constitue à l'état nor- ■ul le contenu des globules sanguins et donne au sang sa couleur roog^ caractéristique. Cette recherche ne peut aboutir que tant que la saoga conservé sa solubilité dans l'eau, car le défaut de solu- "ftiiité est une preuve que le sang ne contient plus cette matière Morante à l'état normal mais seulement les dérivés de celle-ci, liculièrement Vhématine qui est insoluble dans l'eau. Mais Thé-
lobine peut elle-même perdre sa solubilité, d'une part, sous laence dé la coagulation, d'autre part, sous celle du temps. ^ Sous le premier rapport nous citerons notamment l'action de ^fJMn bouillante qui enlève immédiatement sa solubilité à une Jldie de sang^ mais la ûxe davantage sur l'objet où elle se trouve, <kM>rte qu'elle résiste plus longtemps aux causes de destruction fse le sang simplement desséché. On sait que le sang desséché krmt one masse friable facile à pulvériser et que l'on peut enbver sans difficulté en raclant les objets sur lesquels elle se
IroQTe.
(i; Riadfleiacb, Traité d'Histoiogie patàologique, trad. par F. Gross. Paris,
lin.^l9s.
Quant à Tàge, tout le monde sait a?ec quelle facilité le stng tnî se dissout dans Teau et combien est considérable son poa?oir eol^ rant. Le sang desséché conserve très longtemps et môme des» nées cette solubilité s'il est préservé de Faction destructive ll.| Tair et de la lumière. Si la tache reste exposée à l'air libre, ce tort] surtout les processus d'oxydation lente par l'oxygène et roxoneM l'air, peut-ôlre aussi les acides contenus dans l'air, surtout dai| celui des villes (Sorby), mais particulièrement Tinfluence de kj lumière, qui diminuent peu à peu et suppriment finalement la soli>; bilité delà tache de sang, parce que l'hémoglobine se tnDsforaili en méthémoglobine encore soluble dans Teau et finalement hématine insoluble. La rapidité avec laquelle cette transformiiioi: a lieu dépend d'une part de l'épaisseur de la tache de sang, cari agents que nous avons nommés amènent d'autant plus rapidei la destruction des taches de sang que celles-ci sont en couches minces et sont plus petites, d'autre part, de l'intensité plos oij moins grande avec laquelle ces mêmes agents agissent sur lesl <lesang. Celles-ci perdent le plus rapidement leur solubilité qoaalj elles sont directement exposées à l'action de la lumière solaire; -ce résultat est produit déjà au bout de quelques semaines et ta bout de quelques jours si les taches sont petites.
Les transrormations de riiémoglobine sous Tinfluence de la coagulatioo, dafiir et de la lumière se reconnaissent déjà par des altérations de la couleur prioiiûii 4e la tache de sang. Cette couleur rouge de nuances diverses et ressortant lartoil sur un fond clair devient et reste terne par la coagulation. Par l'action dt h lumière ou de l'air, cette tache de sang passe bientôt au rouge bron, poil à rouge brun plus sombre, au gris brun, enfin au gris. Ces modifications de ctl^j Talion se montrent plus rapidement sous l'action directe de la lumière 6olaift,SJ •que l'on peut démoatrer d'une façon très instructive en laissant dessécher morceau de toile trempée dans le sang et en Texposant ensuite au soleil Ao bi d'un temps relativement court, la partie du linge exposée au soleil est |flii^{ tandis que le côié opposé a gardé presque sans altération sa couleur pri]iiM{ •Quand il s'agit de déterminer l'âge d'une tache de sang, il faut prendit -considération non seulement son degré de solubilité et Téut de sa coloistiM^j mais encore toutes les causes qui peuvent accélérer ou retarder ces tnoilDrfli*| tiens. Malgré cela on ne pourra dans le plus grand nombre des cas détersii l'âge que d'une manière approximative.
L'examen de la solution qu'on obtient en faisant dissoudre ai tache suspecte dans Teau se fait au moyen du spectroscope et a ■ pourbutde constater les phénomènes d'absorption caractérisliqoa ée l'hémoglobine. Depuis queHoppe-Seyler(i)a appelé le preakr
(1) Hoppe-Seyler, Arch. f. PathoL Anatomie m. Phyt, IMÎ, T. XXID, p, Ui
LSS ATTI1ITTE8 i U SANTÉ KT k U VIS PAR BLESSURES. 28» UenlioD lur la propriélé que possède l'hémoglobine d'absorber FUines raies du spectre, nous possédons dans l'analyse spectrale moyen excellent eL conllrmé par de nombreuses observations, or la reconnaissance des taches de sang dans les cas médîco-
Cm phénomènes d'ftbsorption consistent en ce que, quand on
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- SpMtn d'kbiorptîon de rbtmagtnbtne e
lit QM solution étendue de sang entre la fente d'un spectroscope 1 vne source de lumière, l'extrémité violette du spectre normal trait effacée, et qu'il se niontri! (l.iiis le jaune et à la ligne de WclioD du j.innc et du verl, deux raies d'absorption sombres, dont ■Be ploi large est située dans le jaune, immédiatement k c6té M trouTe la ligne D dans le spectre solaire de
Frauenhofer et entre celle-ci et rextrémité violette duspectn; Tautre, d*une largeur double mais moins sombre, se trouve au poiit de passage du jaune au vert à côté de la ligne B de Frauenhoisr. Ce spectre est celui de Thémoglobine oxydée ou de roxyhémoglobine.
On peut encore apercevoir ces raies d*absotplion a^ec nne aololion très étendue et un œil exercé peut encore distinguer cesraiei même quand la solution ne parait plus colorée à Tœil nu. Si !*(■ continue à étendre la solution, la raie du jaune disparaît la première, puis celle de la ligne D. Si Ton enlôve Toxygène à la lolotion par addition de substances réductrices, ordinairement ië sulfhydrate d'ammoniaque, le spectre change: les raies de l'oijhimoglobine se réunissent et ne forment plus finalement qu'a seule large raie d'absorption occupant la plus grande partie l'espace entre les lignes D et E de Frauenhofer et étant nelteoMil séparée des autres parties du spectre. C'est là le spectre de lié* moglobine privée d'oxygène, de l'hémoglobine réduite, qui paM.. immédiatement à l'état d'oxyhémoglobine si Ton agite la solotioa avec de l'air et qu'on y ajoute ainsi de l'oxygène.
Ces propriétés spectroscopiques de l'hémoglobine sontloolà fait caractéristiques et sufûsent pour faire affirmer que la matièra colorante retirée d'une tache suspecte est celle du sang. D*aiilm matières colorantes ou bien ne donnent pas de raies d*absorplion, ou s*il s'en produit, elles se distinguent trop de celles de l'hémoglobine pour qu'il puisse y avoir confusion. Seule la solution ammoniacale de carmin très étendue donne lieu à des nia' d'absorption semblables à celles de l'hémoglobine, mais se dislin* guent cependant de ces dernières en ce qu'elles ne changent pu par l'addition de sulfhydrate d'ammoniaque Qt en ce qu'elles persistent après addition d'acide acétique qui, ajouté à une solution di sang, détruit immédiatement les raies d'absorption.
L'examen spectroscopique ne présente pas de grandes difflcultés si la qnantilé de matière n'est pas trop faible. La solution qao Ton obtient par macération iltll tache dans Teau est-elle trouble, comme cela arrive souvent pour les tachas aacicnnps, on peut y ajoute*' un peu d'ammoniaque qui Téclaircit immédiatement flt la fait paraître d*un rouge plus brillant. On peut également se senrir dans ee bH d'une solution de potasse, mais celle-ci altère le spectre par son action prokHifêib un point sur lequel nous reviendrons plus tard. Si l'on a à examiner dea tactei de sang très petites et donnant peu de matière colorante, on mettra la aolota dans de petits flacons (tubes minces) et on calculera la quantité exacte de Iiqui4l nécessaire pour diasoudre la quantité de substance à examiner. On peut anasi concentrer les aulutions trop étendues dans l'étuve. On peat également mettre deviBl
t spectroscope la Utehe restée dans le ferre de montra après éTaporation com- Mte de Im tolotion, soit immédiatement, soit après l'avoir liumectée avec un peu I, Dais cette méthode n'est pas très recommandable. Si la quantité de macolorantes est très petite ou pourra se servir du microspectroscope qui de reconnattre les raies d'absorptions caractéristiques du sang dans des IHBtités excessivement minimes.
autres propriétés de la solution d'hémoglobine n'ont qu'une lalaoraccessoire.De ce nombre sont d'abord le dichroïsme constaté ptr Bruche, qui se montre surtout après addition d'une certaine |HDtilé de potasse et donne à la solution contenue dans un verre b montre une coloration verdâtre à la lumière réfléchie et rouge [eovlenr du ?in de Bourgogne) à la lumière transmise, Tezislence ralbomine dans la solution, rendue visible par la coction, par les jjridgf on par le réactif de Milon, la persistance de sa couleur à Pgaitlderammoniaque, enfin sa propriété ozonifère. Pourdécou- Hk eelte dernière propriété on se sert de l'épreuve de la résine de pyac on répreuve ozonoscopique indiquée d'abord par Van Deen il recommandée plus tard par Taylor (1) et Liman. A une solution dcoolique de résine de gayac diluée jusqu'à coloration de vin blanc, m colorant, comme on sait, en bleu par l'ozone et constituant iam un réactif très sensible à Tozone, on ajoute quelques gouttes reasence de térébenthine ozonée (c'est-à-dire exposée à l'air dans BD flacon incomplètement bouché) et on fait tomber une goutte la ce mélange dans la solution à examiner. Si celle-ci contient de FMmoglobine, la teinture de gayac se colore en bleu parce que l'hémoglobine possède la propriété de mettre en état de liberté Poione contenu dans l'essence de térébenthine , qui agit alors Mr le réactif ozonoscopique. Cette réaction est très recommanlabla, mais n'est pas absolument probante parce que d'autres nrps qne Thémoglobine, quoique peu nombreux, possèdent la propriété ozonifère comme par exemple le sulfate de fer et, ce qui M plus important encore, parce qu'il y a une série de corps qui pnnrent par enz-mèmes colorer en bleu la teinture de gayac, comme parezemple le chlorhydrate de fer, le permanganate de potasse, etc. Des dérivés de l'hémoglobine, nous citerons en premier lieu la mitkàKÊoglùbine^ parce que celle-ci donne lieu à des phénomènes ipaclroscopiqnes que nous rencontrons très souvent dans l'examen im taches de sang qui ne sont plus tout à fait fraîches. Quand une ladie de sang a pris sous l'action de l'air et de la lumière une colo-
(1) Tejes Comil, imiruetion fiour servir à déterminer les éléments constituants ^ms§ émm ks tûch^s {Ànn. cTHyg., 187t, t. XL, p. 191).
raliOQ d*un rouge brun, ce qui a déjà lieu, dans des conditions favorables, après 3 à 10 jours, la solution que l'on obtient préseoU une coloration tirant sur le brun, et à l'examen spectroscopiqaeoi aperçoit, outre les raies de roxyhémoglobine, une troisième nii étroite et moins nettement limitée dans le rouge entre lesligneiG et D de Frauenhofer et plus près de la ligne C. Cette raie est lili analogue à ce qu'on appelle la raie des acides que Ton aperçoit ncfttement, quand on traite le sang par de l'alcool contenant de rietà^ et a été rapportée à ce que l'on appelle la méthémoglobine (i)fi représente un produit intermédiaire de la transformation deYbitB^ globine en hématine et se distingue de celte dernière par sa tola* bilité dans l'eau. L'apparition de la méthémoglobine et de sa nie d'absorption est accompagnée d'un trouble plus moins accentué di la solution. Mais si l'on y ajoute une goutte d'ammoniaque» lasototion s'éclaircit immédiatement; sa coloration, qui était d*abordd'«i brun rougeàlre, passe au rouge clair et les raies de l'oxybémo^ bine, qui sont en général peu nettes au premier examen, devienneii alors très belles, tandis que la raie du rouge (raie do la méthémoglobine) disparaît.
Un autre dérivé de l'hémoglobine qui montre des propriétés spfOtroscopiqucs très caractéristiques et peut à cause de cela ôlre trti utilement employé dans la recherche du sang dans les taches sii^ pectes, c'est Vhématine réduite de Slokes (2). Dans ce but on traitera la substance à examiner de préférence par une solution de cyanure de potassium (3) et on mettra devant le speclroscope la solution ainsi obtenue qui est d'un rouge clair dans les cas récents et en grande quantité, de nuances diverses variant entra b brun clair et le brun rouge dans les taches anciennes et selon le digré de concentration. On aperçoit dans le spectre, si Faction di cyanure de potassium a été assez longtemps prolongée, ou bienoM raie large et nette dans le vert et analogue à la raie de rbémoglobiai réduite ou bien simplement une ombre dans cette partie du spectre. Yicnt-on à ajouter à la solution une ou plusieurs gouttes de solfhydrate d'ammoniaque, on voit aussitôt la large raie d'absorpUoi se diviser en deux autres raies semblables, au premier aspect, au raies de foxyhémoglobine, mais s'en distinguant par leur mode de
(1) Hoppc-Snyler, Handb, der phyg, und pathoi-chim. Analyse, 1S65, p. SS#» — Preycr, Blutkrystalle. 1871, p. 19.
(2) Philosoph, Magat. Série 4, vol. XX vm, p. SU.
(3) HofiTmann, De tempoU, par le cyanure de potastium {Wiener rmtd. W*' echemch, 1S7U, »*• iS et 46).
LB8 ATTIINTBS A LA SANTt ET A U VIE PAR BLESSURES. 289 production et par leur posiUon pins rapprochée de l'extrémilé violette du spectre. On peut aussi obtenir ce dernier specire par l'emploi d'une soIuUon concentrée de potasse {Z2 p. 100), sans addition d'autres agents réducteurs et plus rapidement si on emploie la solution de potasse à chaud qu'à froid.
La constatation de l'hématine réduite au moyen du spectroscope, surtout avec le cyanure de potassium auquel nous accordons la préléreoce, non seulement prouve, comme celte de l'oiyhémoglobine, ^e l'on a affaire à des taches de sang, mais donne encore desrésullats quand la faible quantité delà substance à examiner ou son état dedécomposilionnepermetplus la recherche de l'oxybénioglobine, ■ce dcmtnous avons pu nous convaincre dans un cas oîi nous avons «a à examiner quelques gouttes de sang sur un pardessus d'hiver. Dn autre dérivé de l'hémoglobine très important pour la recherche
; «nédico-légaledestacbesdesang, c'est
- fkémme qui s'obtient par un traitefiuntappropriésousla forme de cris-
Itaox dliémine 1res caractéristiques (Bg.<2) que l'on a aussi appelés cris- I loux^T'etcAnuinn, dunomdusavant ■ ipd les a découverts (1853). Ces cris- I taux sont constitués, d'après l'analyse ' ^ -Hoppe-Seyler, par du cblorhy- 'drate-d'bématine que l'on a désigné dii nom plus court d'hémine. On les •obtient en r^ant bouillir une partie Fig. II. — Crisuux d'bémine. de Iirabstance, détachée des objets
anr lesquels elle se trouvait, avec de l'acide acétique très concentré et avec une très petite quantité de chlorure de sodium, et en évaporant ensuite la solution brune ainsi obtenue; après quoi il reste des cristaux d'hémine que l'on peut reconnaître au microscope.
Ttid commant nont troat procédé dani un grand nombre de recberchet. On fort* sur an Terre de montre de* ptreellei de 1» subiunce que l'on t déUcbée 4a robjet ear lequel eUe le traara, on ; ajoute un grain de sel à peine «igibls et ^oalqnee goaltea d'tcide acétique, on met le Terre de montre tous une cloche pandwit an tempi uaei court [1/4 — 1/2 heure) de ftcon que ces parcelles aient le tempe de m runalllr ; on met ensuite U tubiunce à eumiiier, a>ec addition 4'an peu d'tcide acéti'qus, si la chose est nécessaire, au-dessus d'une petite Oamme d'une lampe fc alcool, on U laisse cuire arec prfcaation ; la aubsunce, si «lia aat eoDstituëa par da sang, se dissout en général complitamenL On évapore •oanlla U solutiiKi ainsi obtenue, suit au-deuus de la flamme d'une lampe à alcool en au bain-marie on à l'air libre. Plus réraporation est lente, plus les crisUus ^ae rnn obtient sont gro* «t nets. Le rédda de t'éTapvratlan consiitire en généra
HOFnUKN. 19
«me Uche formée de cercles brans concentriques cUns la partie la plos basse éi verre de montre, et c'est dans ces cercles qu'il faut chercher les eristaox dliémine. On peut, dans ce but, porter le verre de montre lal-mèUM soos le w^ croscope et examiner ainsi la tache ; mais ce procédé est pea rocommandsKi parce que la courbure du verre de montre rend l'examen pea commode, sarlnl quand il faut, comme c'est le cas ici, nn fort grossissement (objectif n* 1 A Hartnack). D vaut mieux humecter avec un peu d'eau la tache qai te troorea fond du verre, enlever la substance avec un couteau très tin, la déposer sur n porte-objet ordinaire et l'examiner ainsi au microscope après l'avdr recoufH d'une lamelle. Ce procédé est d'autant plus facile que les criatanz d'hémine aoil absolument insolubles dans l'eau et que la substance albamineuse dans laqodb ils se trouvent est à peine attaquée par l'eau.
Un autre procédé consiste à mettre la substance elle-même directement sur Is
porte-objet avec une trace de sel marin et un peu d'acide acétique, à la recoimir
d'une lamelle et, après avoir rempli d'acide acétique l'espace qai reste
celle-ci et le porte-objet, porter le tout su-dessus d'une flamme pour le
chauflTer avec précaution, et à évaporer ensuite l'acide acétique en promeaaalli
porte-objet au-dessus d'une flamme ; on examine ensuite le résido aa microiespk
Ce procédé est peu recommandable d'une part, parce que pendant rébaUitioi b
lamelle se casse facilement et que la substance est ainsi perdue, d'aatre part, pun
que la dissolution et Tévaporation sont trop rapides, tandis qu'il faut en féeéfil
accorder un certain temps à ces deux opérations pour obtenir des eristaox OMi-
breux et plus volumineux.
Les cristaux d'hémine se trouvent en général en grandes qouitités et se présentent comme de petits prismes rhombiqties et, quand ib ne sont pas complètement développés, comme des cristaux ayant la forme de semences de chanvrier, et de différentes nuance» bninés. Us sont insolubles dans Teau, Téther et Talcool, peu solablei dans l'ammoniaque, Tacide sulfurique étendu et Tacide nitrique ordinaire, facilement solubles dans une solution de potasse et dan l'acide sulfurique anglais. Leur solution dans l'acide acétique présente également des propriétés ozonifères.
Quelle que soit la facilité avec laquelle se forment les cristaux d'hémine, il arrive cependant quelquefois que, malgré Texistenee non douteuse du sang, on ne puisse pas les obtenir. D'après notre observation, c'est surtout le mélange de substances graisseuses qui parait empêcher leur formation. Dans celte supposition, on fera bien de traiter d'abord par l'élher les parcelles à examiner et àê rechercher ensuite la formation des cristaux d'hémine. Si le sang se trouve sur un objet en fer, la rouille peut rendre difflcile la formation des cristaux et même l'empêcher complètement. Par contre» ces cristaux peuvent être retirés de traces de sang devenus insolabla dans l'eau par l'action de l'eau bouillante. Comme dans ce cas la sang coagulé adbère fortement aux objets, on peut traiter la tacbe
•Tec le corps sur leqael elle se trouve par l'acide acétique et en retirer ainsi rhémaline, ce qui réussit surtout si la tacbe existe sur de b toile ou une substance qui ne soit pas décolorée par Tacide acétique. L'ancienneté de la tache n*empêche pas la formation des cristaox d*hémine et nous ayons pu les retirer de taches qui dataient de 5 à 6 ans et même plus. On peut les retirer même d'un sang pu- Iriléoo putréfié et puis desséché.