‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 44 sur 189 · I. — JLmm blewrares da crame · texte numérisé non relu

I. — JLmm blewrares da crame

Dans Tappréciation médico-légale des blessures du crâne il faut I rappeler, de même qu'en chirurgie, les deux points suivants : toemièrement que dans aucune blessure le pronostic est aussi onpeurque danscelles du crâne, et deuxièmementque la gravité teie plaie du crâne dépend du degré de participation du cerveau. la ebimrgien moderne (Liston) parle dans les termes suivants do ï marche trompeuse des blessures de la tête, déjà bien connue les anciens : « No injury of the head is too slight to be despised r toc severe to be despaired of. » Le médecin-légiste n'a que trop Dovent l'occasion de se convaincre de la justesse de cette remariée et il arrive journellement que des blessures de la tête auxquel- Bs, àon premier examen médico-légal, on n'avait attaché aucune nportance,se terminent plus tard par la mort et inversement que Iss blessures, que Ton s'était hâté de déclarer comme nécessaire- Mot mortelles, ont, par leur guérison, infligé un démenti au médein et loi ont démontré combien était juste et importante la reuarqoe que noos avons citée plus haut, c'est-à-dire qu'on ne peut

jamais déclarer une blessure comme mortelle, aussi longtempi qu'elle n'a pas réellement entraîné la mort. Il faut d'aotanl pli» apporter de grandes précautions en faisant le pronostic des bl«* sures de la tète, que si la marche est autre que celle que h médecin avait indiquée, le public, qui ne juge que d*après las suites réelles et ne peut se rendre compte de la difflculté de cet eu* men, est disposé non seulement à critiquer le rapport médicolégal, mais encore à établir une relation entre Tissue malheureuse de cette blessure et l'erreur du médecin.

On ne peut jamais assez se pénétrer de l'importance au poîol de vue médico-légal de ce fait que la gravité d'une blessure du crine dépend de la proportion dans laquelle le cerveau y participe. En effet du degré de participation du cerveau dépendront, non seule* ment la marche d'une blessure du crâne, mais encore les symptOmes qui se montrent immédiatement après la blessure ; ettoot praticien sait que ces premiers symptômes font souvent en Justin l'objet d'un certain nombre de questions, soit qu'il s'agisse de déd* der si un individu, après une certaine blessure reçue, était eneon en état d'aller plus loin, d'accomplir certaines actions ou s'il devait tomber immédiatement, soit qu'il s'agisse d'indiquer combisa de temps après la blessure devait arriver la mort ou d'expliquer pourquoi dans un cas particulier les symptômes graves ne se sont pas montrés immédiatement mais seulement après et souvent assez longtemps après celle blessure.

Il faut se rappeler que, si dans une blessure de la tête le cenreto est atteint, la nature et Tintensilé des symptômes immédiats peu* vent dépendre de trois circonstances : premièrement, de la blessure (solution de continuité) de la substance cérébrale même os d'une de ses parties ; deuxièmement, de la commotion cérébrale, et troisièmement, de la pression que le sang épanché et venant dei vaisseaux méningiliques coupés exerce sur la surface cérébrale. Les deux dernières causes sont en général d'une importance pin considérable pour la production des symptômes immédiats que la solution de continuité du cerveau même, à moins que celle-d n'ait une étendue considérable ou n'ait touché des organes impôt* tants pour la vie, comme par exemple la partie basilaire du cer» veau. Nous comprenons ainsi pourquoi il y a un nombre asseï considérable d'individus qui, après avoir reçu un coup de couteao dans la tête, n'ont présenté que des symptômes très légers dont ils ne se sont pas occupés, bien que la pointe delà lame fût restée quelquefois flxée dans le cerveau, et pourquoi d'autres iodividiu^

us ATtltNTKS A LA SANTA ET A LA VIE PAR BLESSURES. 303

tombés sans connaissance après ane blessure de la tête, se sont rele- ?és après un temps relativement court et n'ont présenté aucun autre signe de trouble des fonctions du cerveau, ou n'en ont présenté que plus tard. Dans un certain nombre d'autres cas nous voyons se montrer, immédiatement après la blessure, des symptômes graves tels que perte de connaissance et impossibilité de se moufdr Tolontairement, symptômes qui, ou bien conduisent progressivement à la mort, ou se terminent après une longue maladie par une guérison plus ou moins complète.

1® Comtnotion cérébrale,

Les anciens chirurgiens désignaient sous le nom de commotion ttftbrale un déplacement momentané ou un ébranlement des par- 6ei du cerveau ; mais l'école moderne a regardé cette commo- ^ non comme une névrose vaso-motrice et Ta expliquée soit par une I paralysie réflexe traumatique des vaisseaux du cerveau (Fischer), lioit par l'excitation et la paralysie consécutive du centre vaso- - Boteur(Koch etFilehne). Les principaux symptômes de la com- Botion cérébrale sont le coma, le ralentissement considérable du pouUy la faiblesse de la respiration, la réaction lente des pupilles et la pâleur de la face. Dans la plupart des cas il survient des vomissements immédiatement après la blessure, mais rarement des convulsions. La perte de connaissance peut ne durer que quelques fflioutei, mais aussi souvent plusieurs jours (6 semaines dans un is de PirogofF). L'amnésie est un symptôme qui persiste presque constamment après la blessure.

La commotion cérébrale peut exister seule, mais le plus souvent de est accompagnée d'une blessure du crâne ou du cerveau. Son ItfeQsité dépendra d'une part de la nature de l'instrument em- ||byé, d'autre part de la violence avec laquelle le coup a été lorté. On sait que ce sont surtout les instruments contondants fâ produisent l'ébranlement cérébral; l'afTaissement subit des Itfvidus, qui ont reçu un coup violent sur la tête avec un pareil -, itttrumenty est dû principalement à la commotion cérébrale con- \ tteotire, et cela d'autant plus que les lésions du cerveau même 1^ Ml moins graves et que l'épanchement sanguin, qui a accompagné F hUesMirey est moins abondant. Dans les plaies par instruments |i|iuints, la commotion cérébrale ne joue en général qu'un rôle ^Mmire, mais très important dans les plaies par armes à feu et

dans les plaies par iDstruments hachants. Dans ce dernier genre de blessures, on voit d*une façon très nette Tinfluence de ]a natun de l'instrument vulnérant ; ainsi par exemple, dans les blessur» laites avec une hache, les symptômes de commotion sont plot intenses que dans celles qui sont faites par des sabres et l'inteii: site de ces symptômes sera d'autant plus grande qu'on se sera serti d'un sabre plus lourd. C'est pourquoi, et ceci est très important u point de vue médico-légal, il faut admettre que les autres circoiu* tances étant égales d'ailleurs, un individu, quia reçu un coup d'aï ^abre léger et plat, doit moins facilement perdre connaissance et peut accomplir plus aisément certains actes qu'un autre qui tonit reçu une blessure identique, mais faite par un sabre lourd et à doi large et à plus forte raison par une hache.

Comme la plupart des rixes dans lesquelles se produisent Im blessures de la tête ont lieu dans des auberges et dans un état d*escilation due à Talcool, il n'est pas inutile de faire remarquer l'aulogie entre les symptômes d'une profonde ivresse et ceux de b ' commotion cérébrale et de rappeler que des symptômes dus à m excès d'alcool ont été pris souvent pour une commotion cérébrak et inversement que cette dernière a été encore plus souvent regar. dée comme un état d'ivresse et que le blessé a été traité en conjé* quence. Pour distinguer ces deux états, il faudra avoir égard à U quantité d'alcool absorbée et aux signes qui se sont déjà montrés avant la blessure, ainsi qu'aux symptômes qui sont survenus tu moment de la blessure, et la marche ultérieure de Télat d'étoo^ dissement à partir de ce moment.

L'épanchement sanguin dans la cavité crânienne ou mieux I la surface du cerveau qui accompagne une blessure de la tétt donne lieu avec d'autant plus de rapidité et d'intensité aux signet de la compression cérébrale, que la quantité de sang épanché eA plus considérable et que Textravasation s'est forméeplus rapidemeaL U faudra dans ce cas non seulement considérer le calibre des vaisseaux niéningitiques blessés, mais voir encore si ces vaisseaux sont artériels ou veineux. Parmi les grandes artères qui sont relatifsment souvent sectionnées dans les différentes blessures de la tète al qui donnent lieu à une hémorrhagie intense et à des symptômei graves de compression cérébrale, nous citerons particulièremeiit l'artère méningée moyenne et ses branches et, parmi les veines, les gros sinus de la dure-mère.

Le plus grand nombre des blessures de la tête, qui donnent lies ft une expertise médico-légale, sont faites par des instruments ooor

tondants. Le degré le moins grave de ces blessures est constitué par les suffusions sanguines delà peau du crâne, qui se montrent le plus souvent dans le tissu cellulaire lâche qui se trouve entre Taponévrose et le péricrftne et dans la partie la plus profonde de eelui-ci. Par suite de la richesse vasculaire de la peau du crâne et delà résistance du plan sous-jacent (os du crâne), il suffit de violences assez légères pour les produire, comme nous pouvons le voir pour les bosses sanguines des enfants, qui se montrent après une simple chute. Nous ferons remarquer en outre qu'elles peuvent se produire souvent accidentellement dans les genres de mort subite les plus divers et même naturels, par la chute du corps et le choc de la tète contre des objets résistants (I). En parlant des plaies contuses de la tète, nous avons déjà dit qu'elles n'ont pas toujours et nécessairement des bords irréguliers et dentelés, et que par toile de la tension de la peau de la tèle et de la résistance du plan soiuhjacent, ces plaies peuvent être, plus que sur d'autres parties du eorps, linéaires et régulières, et nous avons en même temps indiqué les signes qui permettent, dans ce cas, malgré l'aspect linéaire des plaies» d'afflrmer qu'elles ont été faites avec un instrument, non pas tranchant, mais contondant.

2® Solutions de continuité.

Un effet très fréquent des instruments contondants, ce sont les solutions de continuité du crâne. Si l'instrument vulnérant n'a pas une large surface, il peut produire des solutions de continuité limitées du crâne, dont la forme permet souvent de reconnaître la natore de Tinstrument. C'est ainsi que nous avons vu une fissure très fine et tout à fait circulaire de l'os frontal, avec une dépression à peine appréciable du fragment central qui avait 2",5 de diamètre il ayant été faite p9LV la tête arrondie d'un marteau de maçon. Nous fowédons dans notre collection un crâne où se trouve un disque drealûre constitué par un fragment de la table externe du pariétal iDioDcé en forme d'entonnoir^ tandis que sur la table interne on voit, au point correspondant, un fragment également circulaire deux lob plus grand et divisé en plusieurs morceaux. L'instrument vulné-

(1) ÏCoai reriendrons en un tulre endroit sur les sugillttions des enveloppes «eUet da cràoe des nouTeau-nés, qui se forment si souvent à It suite de Taccoa- ^hMMQt, n'ayant en vue ici que les blessures de la t4te chei les adultes et les «ihiU flnsâfés.

BorpHAim. 20

rant élait un casse-tôte (life préserver). Dans les blessures faites par des pierres anguleuses, des cruches ou des Terres jetés à la tèle ou par des coups de pied de cheval, il peut y avoir souvent des bkisures tout à fait circonscrites, et dans les deux derniers cas des fractures semi-Iunaîres avec dépression du fragment central, de sorte que ces caractères permettent souvent de reconnaître avec plui ou moins de certitude la nature de l'instrument vulnérant.

Dans la plupart des cas de blessures par instruments contondanbi il se produit des solutions de continuité irrégulières des os da crias sous la forme de fissures ou de fractures. Les premières intérenenl» soit toutes les lames, soit seulement la lame vitrée des os du crlne. La raison de cette dernière particularité et de ce fait que la fisure» dans les cas assez fréquents oti elle occupe toutes les lameii ait ordinairement plus étendue dans la lame vitrée que dans U tabb externe, se trouve moins dans la fragilité plus grande de la lama vitrée que dans la circonstance suivante : Quand une violenoe aiteint un endroit du crâne, les couches internes sont plus forteoMot courbées que les externes ; de même qu'un bâton que l'on chercbs à casser sur le genou se divise d'abord non pas du côté qui toucha le genou, mais du côté opposé. On observe rarement des fissures isolées de la table externe ; elles sont très souvent accompagnées de fissures pénétrantes. Nous possédons danâ notre collection on crâne sur lequel on voit trois longues fissures du pariétal se croisant entre elles, déterminées par un coup porté avec le dos d'une pioche et dont l'une seule est pénétrante, tandis que les autres n'intéressent que la table externe. Le cas fut soumis à l'arbitrage de la Faculté, parce que les assertions de ceux qui avaient bit l'autopsie et qui avaient trouvé que les fissures n'occupaient que la table externe, avaient élé regardées comme invraisemblables et même comme impossibles par d'autres médecins.

Les cheveux que l'on trouve souvent endives dtns les fissures très fines trent que celles-ci ont dû être béantes au moment do leur production. Dans k fissure circulaire dont nous avons parlé plus haut et qui avait été produite psr un marteau de maçon, on a trouvé un certain nombre de bouts de cheveni ss présentant comme une espèce de palissade au-dessus de la fissure. Nous stom constaté la même chose dans une fissure déterminée par un verre à bière. Ca circonstances non seulement peuvent indiquer le mode d'origine de fissures et montrer l'élasticité du crâne, mais nous font encore comprendra ment la production de fissures très fines peut être accompagnée d*une cooprei* sion assez forte du cerveau.

Bruns (1) a prétendu dans un cas que l'enclavement des cheveux dans les Aliiiv

(1) Oesterlen, Vas Hàar, etc., lo:, cit., 113.

us ATTBINTB8 A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 307

éi erftoe m pooTâii être prodait que par uno très grande Yîolence, comme par

par ane arme à féa ou par une violence exercée sur une fissure déjà

Lm cas que nous avons cités plus haut, et dans lesquels il n'y eut qu'un

coap de porté, plaident contre cette assertion. Nous avons du reste déterminé

fois cette particalarité sur le cadavre par dos coups portés sur le crâne

oo marteau, et nous avons trouvé que ces cheveux étaient coupés en partie

|v ks arêtes vives de l'instrument, en partie par celles de la fissure comme par

èM ciaeaox ei étaleiH retenus en place par le retour des bords de l'os à leoj

HMliao primitive.

Usa taUe eonstatation permet de tirer deux conclusions : d'abord que la bleslara a été aecompapiée d'une plaie de la peaa du crâne, ce qui peut acquérir et rimpoitance, si les parties molles sont détruites ou rendues méconnaissables pt la pQtréfiKtion oa d'autres causes, ensuite que la blessure a été faite par un iatfruMiii agissant sur une étendue limitée et très vraisemblablement anguleux; «Ma par le choc de la tète contre une surface plane^ ni par un coup porté avec un Iti liment large et plat. Dans le cas de Bruns, on demandait si les fissures avaient Mpradoltea par une chute sur une aire ou par des coups donnés sur la tète; la de cheveux enclavés dans la fissure permit de se prononcer pour cette hypothèse et il fut prouvé, en efTef, que cette personne avait été, il est mii Jatée aur une aire, mais qu'elle avait reçu après s'être relevée un coup de tHoo aur la tète (1).

Haw llerona remarquer, en terminant, que nous avons trouvé chez un individu fÊà s'était auicidé en se tirant un coup de pistolet dans la région temporale, un griiid BBorceaa de la dure-mère enclavé dans une des fissures de Tes psrtant de reriflee dTentrée, bien que les bords de la fêlure ne fussent pas béantes. Friedberg {7) a décrit un cas où l'artère basilaire était enclavée dans une fracture de la baae da crise.

Ln fissures ei fractures du crâne ou bien siègent à l'endroit où l'est exercée la yiolence, ou se continuent à une certaine distance pias oo moins éloignée, ou bien elles ne se trouvent pas du tout à reodroil qoi est le premier blessé, mais souvent sur d'autres parties quelquefois tout à fait opposées du crâne. Aux fractures du dernier genre appartiennent les Assures et fractures si fréquentes de la base du crâne, que^'on rapporte ordinairement à ce qu'on appelle leconire-eoup, tandis que leur production s'explique facile- II, en partie par la continuation à la base du crâne d'une fisoo fracture née directement, en partie par la courbure hrosqae Ters l'intérieur du crâne que la base éprouve dans la plupart des grandes violences qui atteignent le crâne et à laquelle la base rigide est moins en état de résister que la voûte qui est plus élutiqoe et plus uniforme. La fréquence des Assures de la base du crâne nécessite an examen minutieux de celle-ci, après détache-

t«l) Voy. A. Schlamiiier, TVuif cas de bletsures du crdne avec enclavement des eWscw (Wiemir med.Preu€, 1876, n*« 9-13). ^ (t) rriedberf» Virckom'é Arch., LXIX, 93. .. .

ment préalable de la dure-mère, qui est très adhérente à cette partie du crâne, circonstance qu'il faudra noter chaque fois dans le rapport.

La production des Assures et des fractures du cr&ne n'exige pu toujours une grande force, et l'observation nous apprend qu'elle est due souvent à des violences relativement faibles. C'est ainsi que nous avons eu souvent l'occasion de trouver des Ûssures ei fractures du crâne sur des individus tombés en état d'ivrese sur la voie publique. Nous avons également vu une fracture de récaille du temporal chez une jeune fille de seize ans qui était tombée dans une attaque d'épilepsie sur les pavés d'une cour. Os blessures se produisent encore plus facilement que sur un te^ rain plat, si la chute a eu lieu dans un escalier ou au moment de se mettre au lit, circonstance qui se rencontre non seulement chez les ivrognes, mais encore sur des personnes vieilles et alfaîr blies. Nous avons également observé une fracture de la région temporale chez un malade atteint de fièvre typhoïde et qui était tombé de son lit.

La plus ou moins grande facilité avec laquelle se produisent les fissures ou fractures dépend beaucoup des conditions individuelles. Nous ferons remarquer, quand nous parlerons de l'infanticide, avec quelle facilité se font chez les nouveau-nés les solutions de continuité des os minces et présentant encore une structure rayonnée. Chez les adultes, c*est surtout les différences d'épaisseur da crâne qui font que celui-ci se fracture plus facilement dansuncai que dans un autre, et on sait que certaines places de la boite crânienne, qui sont à l'état normal plus minces que d'autres, sont aussi plus souvent le siège de fissures et de fractures : ainsi, par exemple, Técaille du temporal. La fragilité du crâne augmentant \ mesure qu'il se consolide et devient plgs résistant, il s'ensuit qoe les fractures se produisent plus facilement chez les adultes qnt chez les individus plus jeunes, particulièrement les enfants, chez lesquels prédominent les fissures. Il en est de môme delà fréquence des fissures et fractures de la base du crâne, qui se présentent si souvent chez les enfants et jamais sur les nouveau-nés à moins d*OB broiement total du crâne.

Il Taudra également prendre ces circonstances en considération quand il t*agH de décider si les Assures ou les fractures du crâne ont pu 6tre produites par lui seul coup, ou si leur production exigeait plusieurs coups. Que l'action d'aiM grande violence puisse en une fois fractionner le crâne en nn grand nombre d0 morceaux, cela ne fait aucun doute, puisque nous voyons asiex souYont dans ft>

ebntet le erine rédait en un grand nombre de fragments. Mais des violences, néffla moins considérables, peuvent diviser le crâne, surtout si celui-ci est mince, en plasieort fragments. C'est ainsi que nous avons pu compter vingt et un fragments chez an individa qui avait reçu sur la tète un seul coup d'un gourdin très loord, et sur an homme qui était tombé en état d*ivresse sur des pierres saillanles, nous avons trouvé Técaille du temporal divisée en douze morceaux plus grands et nn grand nombre de petits, et, partant de cet endroit, deux fissures dont l'ane se dirigeait en haut vers le pariétal du môme c6té, l'autre à travers b iMse moyenne Jusque dans la selle turcique ; dans les deux cas, le crâne était milice et compact. Buchner (1) a vu un crâne, ayant à peine deux lignes d'èpalnenr, divisé par un coup de latte en vingt-cinq fragments, et dans un cas cité par Bojalsky (3) an crâne excessivement mince avait été réduit en quatrolisgMeiie morceaux par un coup de pied de cheval. Bergmann lui-môme nous liprétente le crâne d'une Jeune fille de treize ans qui ayiit été cassé eu plusieurs ■moanx par la chute d'une pierre sur la tête de l'enfant.

9 le crâne était extrêmement mince à l'endroit cassé et la violence peu condéérmble. il y aura lieu de faire ressortir la disposition corporelle particulière, Gtt amincissement anormal peut ôtre congénital ou bien peut ne s'ôtre produit fta plus tard, comme par exemple les usures que l'on observe chez les per- Monte très âgées sur la partie la plus courbée des pariétaux, et peuvent quelque- Jôii atteindre un degré tel que le crâne paraisse transparent et môme perforé à ces endroits. C'est dans le môme sens qu'il faudra apprécier les ouvertures anor- ■aies da crâne dont nous avons rapporté plus haut un exemple remarquable, pariant des dispositions corporelles particulières dans le sens du Code pénal aattichieo. Nous avons également à cette occasion appelé Tattention sur l'hydrocéphalie et autres états pathologiques du cerveau qui peuvent faire que des contulions felaltfcment insignifiantes de la tète, telles que celles qui ont lieu dans les correctioos Infligées aux enfants â la maison ou en classe, peuvent avoir des sottes graves et môme mortelles.

Noas ajouterons encore qu'en dehors de la commotion cérébrale qui peut ipagner les contusions de la tôte, il peut y avoir aussi des lésions du cer- AS solution de continuité de la boite crânienne. A cet ordre appartiennent les apoplexies capillaires dans la substance cérébrale, que Rokitansky a observées •près des commotions violentes de la tôte, puis l'excitation (rhexis) du cerveau fm noos avons mentionnée en parlant des ruptures, enfin la contusion du cer- . Nous avons cité plus haut (p. X\0) un cas du dernier genre. Le siège le fréquent de la contusion cérébrale, c'est le lobe frontal, surtout sa partie idéneure et antérieure, puis la pointe du lobe pariétal, ou mieux la limite pos- Mffioaro de la fosae sylyienne. La contusion se présente sous la forme de plaies, Il plas souvent d'une couleur violette, disposées en groupes, et au niveau desquelles h Mbsuoce corticale est ramollie et ofl're des extravasations sanguines plus ou ■lins grandes ou punctiformes. Nos expériences sur les animaux nous ont praevé également que, dans les coups portés sur la tôie, la contusion du cerveau Mgealt particulièrement aux endroits ci-dessus désignés.

Nous avons dit, en parlant des blessures en général, tout ce qui se rapporte aux blessures du crâne par instruinenls tranchants, ha-

(1) Bocbner, Lehrb,, 1867, p. 231.

(I) Borgmann, Kàpflferietswigen, p. 71.

chants ou par armes à feu. Nous ferons seulement remarquer id que la blessure de la têle, si elle n'a pas entraîné la mort, doitètre déclarée comme aune blessure qui a été faite arec un inslrament ou d*une façon constituant ordinairement un danger pour la vie.!

3<* Suites des blessures.

Parmi les suites des blessures non mortelles de la tête nous dtaroDs, en dehors des troubles de l'intelligence dont nous avons d^ parlé, les paralysies et les élats épileptiques ou épileptifonnes. Lh paralysies que les blessures de la tête laissent à leur suite peafent, de même que celles .qui sont dues à une hémorrhagie céribnlê spontanée, occuper tout un côté du corps ou seulement un ou plusieurs membres, ou la moitié de la face. On a observé aussi bien des paralysies motrices que des anesthésies. Le premier étatcoQ&titue sans contestation une paralysie dans le sens de la loi, iM qu'il y ait un grand nombre de degrés intermédiaires depuis h parésie insignifiante jusqu'à la paralysie complète et llncapidlé complète de se servir du membre atteint. Que ces paralysies puiisent s'améliorer et même disparaître dans le cours du temps, c'eit là un fait qui n'a qu'une importance accessoire, car elles constituent en général une affection de longue durée et la loi a parlé noa de paralysie incurable, mais de paralysie en général. On peut sedemander si raneslhésie peut être regardée comme une paralysie dans le sens de la loi. Mais ces anesthésies ne se rencontrant que très exceptionnellement comme un fait isolé et accompagnant la plus souvent les paralysies motrices, la question perd beaucoup da son importance. Il est hors de doute qu'un grand nombre de Ml états peuvent être regardés comme des inflrmités.

Il peut également se développer après les blessures de la têH

des étals épileptiques ou épileptiformes. Cette possibilité a reci

une consécration par les expériences si connues de Hitiig, qoiA

réussi à provoquer des attaques d'épilepsie par l'excitation delà

couche corticale du cerveau^ et par celles de Westphal qui a va

survenir sur des cochons dinde, après une commotion cérébrdei

des attaques d*épilepsie et a observé la production de certaioei

zones épileptogènes, dont le pincement donnait lieu à un grand

accès d'épilepsie. Nous avons déjà parlé du développement d*états

épileptiques de causes périphériques (cicatrice de la peau do

crâne)', et des psychoses réflexes. Ces états peuvent très bien êUv

rangés dans la catégorie des infirmités, car les attaques d'épiiepsiei

LIS ATTiniTBS A U SANTÉ ET A U VIE PAR BLESSURES. 311

même qiund elles ne se répètent qu'à de longs intervalles, constitaent cependant un état morbide chronique, qui est certainement dé Daiare à mettre l'individu, au moins temporairement, hors d'état de se défendre et à lui rendre amères les jouissances de la Tîe.

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