VI. — lies blessures du rectum
On n'observe que très rarement des blessures du rectum faites ivee intention. Nous n*en connaissons qu'un seul cas où un homme ht surpris par le mari de la femme qu'il poursuivait, lequel mari misté de plusieurs autres personnes lui introduisit à Taide d'une fierre un coin de bois dans l'anus. Comme cet homme tint sa iDésaventure secrète, ce coin ne fut retiré et non sans peine par on chirurgien, qu'au bout de quelques jours et sans entraîner de lympiùmes graves. On sait que le roi Edouard II d'Angleterre fut tué par rintroduction d'un fer chaud dans le rectum.
On a soorent observé des blessures du rectum par l'introduction nialadroite d'une canule de seringue (1). Dans un cas qui avait fait Toljel d'un rapport médico-légal, la mort d'une accouchée était doe i la maladresse ou à la négligence d'une sage-femme qui lîait perforé la paroi du rectum avec la pointe d'une seringue et mit injecté le liquide par cette ouverture.
Noos-même nous avons eu l'occasion de voir un cas analogue, M à la maladresse d'un infirmier et dont l'issue fut néanmoins knreosey tandis que les cas cités plushaut ont été suivis de suppunuîon des parties molles du bassin et de péritonite mortelle.
§ s. — LES BLESSURES DES PARTIES GÉmTALCS.
Les parties génitales sont rarement l'objet d'attentats. Les attentats observés consistent le plus souvent dans ces cas en contusions et broiements. Ces blessures, quand elles atteignent les
(1) VierUffQrhrtchrift, f. ger. Med. 1866, p. 104 et saivintes. — Un cas aoa- H^,in Schmidtg Jahrbicher, 1870, 182.
330 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTft ET LA TU.
testicules, peuvent avoir pour conséquence rinflammation et Tttrophie de ces organes. Si les deux testicules sont également blessés ou si l'un d^eux était déjà précédemment atrophié, il peut y avoir inaptitude à la procréation (fécondation). On ignore encon s*il peut y avoir aspermatozie par contusion sans atrophie des testicules. On peut également observer une gangrène du pénis et des testicules après une contusion violente de ces parties et, comme suite, une inaptitude au coït ou à la fécondation.
La castration ou la perte du pénis par traumatisme ne présenten aucune difûcullé au point de vue médico-légal, surtout au point de vue de la perle de l'aptitude à la procréation, question que nous avons déjà traitée ailleurs.
La castration et TablatioD du pénis faites sans iadicatioo médicale, ont pcii, dans ces derniers temps, une importance toute spéciale au point de vue médietlégal par l'apparition en Russie de la secte de Skopzys dont les adeptes danslnr fanatique aveuglement mutilent de différentes façons leurs parties génitales. Rmi devons la connaissance plus approfondie de cette secte curieuse au trmfiil si r^ marquable de Pélikan (1), où sont traitées toute une série de quetUoos oiédieslégales qui se sont élevées à propos des poursuites exercées contre cette iscte, Ces questions portaient particulièrement sur la distinction entre des blesnm volontaires de ce genre et celles qui sont dues à une opération chirurgicsle m à des processus pathologiques, sur le temps qui s'était écoulé depuis ropérstioo, la manière dont celle-ci avait été faite et enfin les suites qu'elle devait avoir pior l'aptitude à la procréation. Nous renvoyons pour ces questions intéressantes sa tra> vail original et à l'analyse que nous en avons faite (2). Nous ne pensons pas Jusfil présent que le médecin légiste ait besoin de prendre en considération les dittiaetions que nous avons citées en premier lieu; nous n'avons cependant pas msttqai d'utiliser en traitant de l'aptitude à la procréation les observations faitesàceiijil sur les Skopzys.
Dans l'appréciation des blessures des parties génitales de rhomme, on devra prendre en considération la grande sensibi* lité de ces parties et Thémorrhagie qui accompagne ordinaire ment ces blessures. Ce sont surtout les blessures du pénis qui, per rhémorrhagie provenant en partie de la section des gros Taisseiiii (dorsaux), en partie des corps caverneux, peuvent avoir un etraclère dangereux pour la vie. Les blessures isolées de Turèthrede l'homme^ qui sont faites par des instruments tranchants ou d'uae
(t) Pélikan^ Gerichti. medic, Untersuchungen ûber das Skapzenthum in Rutsiëiit» {Étudt médico'iégaie sur la secte de Skopiyt en Russie.) Giessen, 1876. l2) Hoffmann, Wterten med, Wochenschi\ 1876, n* SO.
m attuntbs a u santé et a la yib par blessures. 331
BiQOii, par exemple la strangulation du pénis, peuvent donner on hypospadias traumatique, qui entraînera encore moins qfpospadias congénital, l'inaptitude à la procréation, car on M ce dernier cas est souvent accompagné d'une atrophie et courbure du pénis vers en bas. L'hypospadias Iraumalique A outre disparaître par une opération, ce qui n'est pas le cas m hypospadias congénital.
dieoncision religieuse peut également donner lieu à des fis du pénis par maladresse, soit qu'une partie du gland soit itavec le prépuce, soit qu'ily ait communication de la syphilis li instruments malpropres. Dans ce dernier cas, de môme llssue malheureuse d'une circoncision à la suite d'érysipèle, igrène, etc., est attribuée à la faute de l'opérateur, il faudra peler que des inûltrations inflammatoires dans le sillon et au kl gland peuvent être prises pour des scléroses syphilitiques rérysipèle ou les autres maladies de ce genre peuvent être itos même dans une circoncision bien faite par d'autres
§ <• ^ LES BLBS8DRBS DBS PÀBTIES GÉNITÀLBS DB LA rBMllE.
Ofliettrons, de même que nous l'avons fait en parlant des des parties génitales de l'homme et de celles de l'anus et tmok, les lésions que peuvent éprouver ces parties à la suite llats i la pudeur, car nous en avons parlé suffisamment en il des attentats aux mœurs (1).
maladies qui peuvent atteindre les parties génitales de la i à la suite de coups portés sur le ventre ou sur la région mAf nous ne citerons que la chule de tutérus ou du vagm^ foe ces affections sont souvent données comme suites de pas et ne sont pas toujours faciles à apprécier au point de Mico-légal.
iervation nous apprend que ces chutes se produisent en géprogressivement et se comportent sous ce rapport comme mies ; de plus que leur production est ordinairement kée de certains étals qui occasionnent un relâchement de appareil génital et surtout une insuffisance de l'appareil desmaintenir l'utérus et h vagin dans leur position normale et
tf . p. 95.
physiologique (1). A cet ordre appartienaent les accoucbemenU antérieurs surtout répétés, les déchirures du périnée et le peu de ménagement après un accouchement. Le plus souvent l'affaissement de la paroi antérieure du vagin est une suite de couches. L'affaissement de la paroi postérieure du vagin est rarement primitif et est déterminé le plus souvent par une déchirure du péri» née et une rétraction consécutive de la cicatrice. Cet affaissement amène progressivement la chute de l'utérus. Il est certain que, cette prédisposition à un déplacement du vagin et de l'utérus par les causes que nous avons indiquées existant déjà, certaines Wolences, surtout celles qui atteignent le ventre et refoulent vers en bas son contenu, peuvent donner lieu à une chute ou peut-être plus souvent exagérer celle qui existe déjà et est à son début. Dans ce cas il faudrait également faire ressortir la disposition corporëk particulière comme nous Tavons dit déjà en parlant des hernies.
Il n'esl pas encore prouvé que, chez une femme dont les orginés génitaux offrent les conditions normales, des violences de ce genre puissent donner lieu à la production brusque d*un affaisse* ment ou d'une chute du vagin et de l'utérus. Par contre on m peut douter qu'il n'y ait un certain nombre de blessures, qai| comme par exemple celles du périnée, de l'entrée du vagin coda vagin lui-môme, peuvent déterminer des affaissements ou des chutes de ces organes, en partie en affectant les moyens de soutien du vagin et de l'utérus, en partie en produisant des cicatrices qui se rétractent plus tard.
Sous les autres rapports le jugement médico-légal à porter snr les conséquences de ces blessures est le même que pour les hemiei. On devra tenir compte de la nature et de l'intensité de ces violences et des traces qu'elles ont pu laissera leur suite. On recherchen en outre s'il y a eu et quels ont élé les symptômes qui se sont mofr très après la blessure dans l'état général et aux parties génitales oi particulier, et si le prolapsus existant confirme par ses caractère! l'assertion de la blessée, c'est-à-dire s'il s'est produit réellemestl l'époque où elle a eu à subir ces violences ou si ces caractères pe^ mettent au contraire de conclure que cette femme avait déjà cette
(1) A propos de cet appareil, Martin [Des chutes du vagin et de VutérfH» Berliner Klinische Wochenschr,, 1872, IX, 30) fait remarquer que Hobl a # émis l'idée que l'utérus était supporté par le vagin. Les moyens de suspensin de Tutérus seraient les ligaments sacro-utérins et piibo-Yésico-utérins si riches c> fibres musculaires. Les ligaments larges et ronds ne sont pas en état par ]iff position et par leur faiblesse de soutenir l'utérus.
affection auparavant et peut-être déjà depuis longtemps. Aux derniers caractères appartiennent l'absence de toute réaction, le rétablissement facile de la femme, le degré du prolapsus et surtout la constitution de la muqueuse, car on sait que dans ces cas le re- ▼ôtement de la muqueuse, faisant saillie par la vulve et exposé à l'influence de l'air, se dessèche et que Tépithélium prend un caraetère épidermique.
Si Ton trouve réellement un rapport entre l'affaissement ou le •prolapsus de ces parties et une violence, il faudra, dans le jugement à porter sur les suites fâcheuses de ces blessures, se guider d'après les principes que nous avons exposés en parlant des hernies. Nous •aTons déjà dit ailleurs que l'abaissement et la chute de l'utérus n'entraînaient pas une perte de l'aptitude à la procréation.
Les blessures des parties génitales externes peuvent avoir une grande importance médico-légale à cause de l'hémorrhagie grave et même mortelle à laquelle elles peuvent donner lieu.
On trouTe dans la littérature médicale un grand nombre de cas d'iiémorrhagie très intenses et même mortelles provenant de lésions relativement légères des farUes génitales externes. Nous avons déjà mentionné (p. 67) les cas rapportés par Millier et Klaproth. Nous trouvons une autre série de cas analogues dans Sehmidi's lahrbûcher (1). Nous-mftme nous possédons les parties génitales d'une femme qui, étant en état de grossesse, tomba sur un bois de lit et se fit une déchirure de la muqueuse, longue de 2 centimètres entre le clitoris et le méat nrinaire; comme on eut trop tard ^recours à un médecin, il s'ensuivit le jour même la mort par hémorrhagie. Nous devons la préparation à l'obligeance de M. le profeiaev Heschl. Nos cas, comme la plupart des autres, concernaient des déchirares de la muqueuse de la région du clitoris et Thémorrhagie s'explique par Hibondince des vaisseaux qui se trouvent dans cette partie et peut-être aussi par rabseoce de Talvules dans des veines de cette région, bans beaucoup de cas, ■lais non dans tous, c'étaient des femmes enceintes qui furent exposées de la sorte à un danger de mort. On peut donc admettre avec raison que la turgescence de ces parties, qui est plus grande pendant la grossesse, joue un rôle important dans ce genre de blessures.
Il ne s'agit pas toujours de lésions accidentelles. Dans le cas cité par Mûller^ les circonstances particulières indiquaient qu'il s'agissait là d'une déchirure de te moqueuse par excès sexuels (masturbation) ; Niemann (2) cite le meurtre d'une femme par une incision des parties génitales externes que lui avait faite son mari Jaloux. Cette incision avait traversé la muqueuse, immédiatement derrière la partie interne de la grande lèvre gauche à 1" au-dessous du clitoris, sur une kmgaenr de 1^ Watton, Mitchel et HIU ont vu presque en même temps deux Cas de meurtre d'une femme par son mari par des incisions dans les petites
(1) 1873, vol. 153, p. 310, et 1873, vol. 157, p. 67.
(2) Niemann, GerichL Leichenôffnung^ drittes Hundert. Henke's Zeiischrijt^ XXXIX, 2, p. 310.
334 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET U tB.
lèvres et le vagin. Dans les deux eu les meartrien se tonl cru talUnMBt ilii de l'impunité à cauBe da U position cachée de U lésion, qalU eurent recoan» médecin, lorsque leurs victimes étaient agonisantes, dans le Imt de fidre cniitl
une liémorrhagie naturelle.
Oulre les accidents, tels que chutes sur des objets longs eipoiitus, qui peuvent déterminer des blessures des parties génitaleiiiternes, ce sont surtout les avortements provoqués par des mojw mécaniques qui produisent ce résultat. Il est rare que Toi observe des blessures faites intentionnellement dans ces partio. Schauenslein (i) parle d'un meurtre commis sur une femme étourdie d'abord par un coup, par l'introduction dans le vagin d'oncoinde bois qui traversa le cul-de-sac et pénétra dans la cavité abdominale. De même l'introduction violente ou consentie de corps étnngeis dans les parties génitales de la femme est souvent suivie de symplAmes plus ou moins graves. Ainsi nous trouvons, dans les rapports de Mascbka (2), le cas d'une femme à qui on introduisit dans les fU* ties génitales après le coït, un jonc qui donna lieu & la fonnatiOB d'une fistule vésico-vaginale. Il faut citer aussi ici le cas de cette jeune fille dont parle Casper, à qui on avait bourré le vagin de piem et de terre et à qui on fit ainsi de nombreuses blessures. Enfin nooi mentionnerons les blessures des parties génitales internes, pir maladresse, surtout par l'application maladroite du forceps.
En debors du danger pour la vie auquel certaines blessures, sitftout les blessures perforantes donnent lieu (3), celles-ci peorent encore laisser à leur suite des suites graves et durables. Ce sont surtout les fistules vesico et recto-vaginales incurables, que Tob peut désigner comme dès infirmités dans le sens de la loi, cir nous trouvons dans ces afi'ections toutes les conditions qui cai^ térisent une infirmité. Nous avons déjà parlé en temps et lieu de l'inaptitude à la fécondation et même au coït que ces blessait! peuvent entraîner.
On cbercbe souvent à établir un rapport entre un avortement et certaines violences, et le tribunal suprême a décidé qu'il y avaft
(1) Schauenslein, Ion. cit. 446 et 447.
(2) Hasche's, Gutachten^ I.
(3) Dans Tappréciation médico-légale des blessures des parties génitales, oo devra toujours avoir présent à l'esprit ce fait, prouvé par l'expérience chimrgicale, que l'on observe plus souvent des éuts fébriles après les opérations, mèsM légères, entreprises sur les parties géniules qu'après d'autres opérations. L'apparition de ces processus semble se relier à une affection aigué des reins (o^ phrite aiguO, pyélite), qui à son tour doit son origine à une absorption de sobitaoces septiques par la plaie.
AimilTIS A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 335
pw)e si celle-ci a provoqué ravortement. Il est certain que ooes considérables et surtout répétées, atteignant le ventre Cernent l'utérus, telles que coups, coups de pied, contunTent de différentes façons déterminer l'avortement. CeluiiTOir lieu par rupture de l'œuf, par détachement de l'œuf roi utérine ou bien par l'ébranlement direct et par une lagie consécutive qui se fait entre l'utérus et le placenta, B par la mort immédiate du fœtus ou par les contractons ^e la violence mécanique aura provoquées. On ne peut nier M de Tezcitation vasculaire et nerveuse, qui accompagne nées, sur la production d'un avortement. Cette possibilité présenter plus facilement dans les blessures des parties I, parce qu'à l'aclion immédiate de la blessure, s'ajoutent n accidents secondaires auxquels elle donne lieu, rration nous apprend en eff'et que les violences dont nous trié, ainsi que les blessures des parties génitales ou d'une itie du corps, chez les femmes enceintes, sont relative- 1 souvent suivies d'avortement. C'est ainsi que Rhoman (1) le cas d'une femme, qui se fit une large déchirure du it du rectum dans le sixième mois de sa grossesse en tomune clôture de jardin, et qui guérit, sans qu'il y eut inm de la grossesse. Magacz (2) a réuni une série de cas K'dans lesquels des blessures graves des parties génitales iiiir des palissades, des dos de chaise, etc., ne furent pas 'iETortement ou d'accouchement prématuré, à l'influence des grandes opérations chirurgicales sur la la la grossesse, Cohnstein (3) et Massât, à Paris, ont fait I nombre d'observations, d'où il résulte que dans plus de I des cas (54,5 p. 100, Cohnstein), la grossesse s'est terigalièrement, mais que l'endroit de l'opération avait une Dportance, en ce sens que les cas dans lesquels il y a eu liions sur l'appareil génito-urinaire fournissaient le con- ^rincipal de ceux qui se terminaient par une interruption rée de la grossesse (de 45,5 p. 100, de Cohnstein, pas I 32 p. 100).
he du médecin légiste dans ces cas consiste à spécifier le la violence, les symptômes qui se sont montrés immédia-
, Wiener Me*J., Presse, J867, n« 39.
Itid., 1872, 189.
Med. Centralbiait, 1874, p. 192.
336 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET Lk HB.
tement après elle, ainsi que ceux qui sont survenus dans Vintervalle de la violence el de rayortement. On devra surtout rechercher si les symptômes par leur succession ont été tels, qu'on poisie établir un rapport entre la violence et Tavortement. Quant lo temps pendant lequel doit se faire Tavortement pour pouvoir ra^ porter celui-ci à une violence antérieure, on se rappellera que dus les cas où Tavortement est provoqué réellement par une violoice, il survient peu de temps après celle-ci ou dans les premim jours qui suivent. On comprend cependant très bien qu'o&etdk violence ait pu être le point de départ d'un avortement qui ne s'est fait qu'au bout d*un certain temps. Gela peut surtout arriver si cette violence a amené la mort du fœtus, car on sait qu'un fœU» mort peut être porté pendant longtemps dans l'utérus. Dans oe cas le fœtus vient au monde macéré et on verra si le degré dft macération correspond au temps qui s'est écoulé entre la blessa» et l'avortement. Si la violence a occasionné d'abord chez la personoi enceinte une maladie à la suite de laquelle est survenu l'avortement, Tcxpulsion plus ou moins précoce de l'œuf dépendra de la nature et la marche de cette maladie.