IV. — lies heralei
On trouve souvent dans la pratique médico-légale des indindas qui prétendent avoir acquis une hernie à la suite de mauvais traite* ments. Dans l'appréciation médico-légale de ces cas, on pirtifi de ce principe reconnu par tous les chirurgiens modernes, que chez un individu normalement conformé; il ne peut se produiri brusquement une hernie (hernie inguinale, car il s'agit en généfil de celle-ci) à moins qu'il n'y ait rupture de la paroi abdominale par blessure de l'endroit correspondant, et qu'une telle hernie ne peut se produire que là où s'est déjà formé un sac herniaire par suite d'une disposition congénitale, ou par un développement progressif ultérieur [attraction du péritoine en avant en forme de cône par des lobules graisseux et élargissement du sac hemiiire dans la pression consécutive des intestins (Cloquet, Emmert, Nasabaum et autres] (1). Dans ce cas, l'action de soulever de lourdes charges, de coups de pied sur le ventre, ou d'autres violences anale* gués peuvent avoir pour conséquence la sortie d'une anse intestinale dans le cul-de-sac du péritoine existant déjà. La production d'ont
(1) Roser u résumé ses idées sous ce rapport dans la propoaitioa •oiniUa: t Celui qui n'a pas une hernie de naissance n*en aura Jamais. »
i la suite d'une violence exige une disposition corporelle préezisiante qui appartient, sans aucun doute, à la catégorie de ce qQ*on appelle les dispositions corporelles particulières et doit être dlée dans le rapport médico-légal.
D'après Wemher (1), la hernie inguinale externe^ qui a sa plus grande fréquence •baoloe et relatÎTe, da moins dans le sexe masculin, dans les cinq premières auiéet de la rie, diminue rapidement à partir de cette époque Jusqu'à la dixième lanie» et dans one proportion plus considérable que ne peut Texpliquer la dimi- Mnioo do nombre de la population. A la fin de la dixième année le nombre des Itmiet récentes est deTena le plus faible, mais remonte à partir de ce moment et atteint sod maximum absolu et relatif de 35 à 30 ans.
Une appréciation médico-légale plus complète exige que le méfccin réponde à la question suivante : l'introduction de l'anse iniKlinale dans le sac herniaire préexistant est-elle due à la violence doot il s'agit ou non ? Nous ferons remarquer à ce sujet, d'une |wl, que Tattention d'un individu a pu être appelée, à la suite d'un eoop, sur une hernie existant déjà auparavant, mais dont il ignonit l'existence parce qu'elle était petite et ne donnait lieu à aucun ■lalaise : d'autre part, qu'un individu peut prétendre avoir acquis, i la suite d'une violence, une hernie qu'il possédait depuis longtemps el dont il connaissait l'existence. S'est-il réellement produit une hernie à la suite d'une violence, on comprendra que cette prolacUon, ou l'introduction dans le sac herniaire préexistant d'une iBse intestinale, qui doit être assez considérable pour être rcmarfoée, M peut pas se faire sans symptômes subjectifs, c'est-à-dire ms douleurs à l'endroit correspondant. On devra observer égale- Mot des symptômes objectifs tels que vomissement et phénomènes b réaction dans la hernie môme. Si l'on trouve ces symptômes parfei lescommémoratifs, ils confirmeront l'assertion du blessé, c'estk-dire qae la hernie ne s'est produite qu'à la suite de cette violence, tudis qoe cette assertion ne mérite aucun crédit, s'il est prouvé |Be le blessé n'a présenté aucun de ces symptômes à la suite de la •Mence et s'est conduit de telle façon qu'il était évident qu'il n'anil aucun malaise, ou bien s'il affirme n'avoir remarqué l'existence dt la bemie qu'un certain temps après la violence. On prendra Cfidement en considération le volume de la hernie, car on n'obgénéralement après une violence que de petites hernies, qui
(1/ Wcrnber, Bisioire el théorie du mécanisme de la formation dee hernies {ùmfe. bfck's àrckiv. XIV, fasc. 2 et 3}.
peuvent ensuite s'agrandir comme toutes les hernies. Si donc on trouve peu de temps après une violence une hernie volumineuseï qu'un individu déclare provenir de cette dernière, non seulement il ne pourra pas être question d*un rapport de causalité entre li violence et la hernie, mais le volume considérable de cette dernière contredit encore l'assertion de Tindividu qui déclare n*ayoir pas remarqué antérieurement Texistence de cette hernie.
Peut-on constater qu*une violence a réellement donné lieu à la formation d*une hernie, bien que ce ne soit que par une disposition corporelle particulière de Tindividu, on devra en considération des inconvénients auxquels donne lieu Texistence d'une hernie tant par elle-même que par la nécessité de porter un bandage, et parce que celle affection est un obstacle à tout travail pénible et expose rindividu à la possibilité d'un étranglement herniaire, désigner cette blessure non seulement comme une blessure grave mais encore comme une blessure ayant entraîné une maladie incurable. Il ne peut être question ici d'une déliguration parce qu'une hernie peut être assez facilement cachée et ne se remarque pas quand rindivida est habillé. On ne peut pas non plus regarder cette conséquence de blessure comme une infirmité, car on sérail en contradiction avee l'expérience générale, qui nous enseigne qu'un grand nombre d'individus possédant des hernies, ne peuvent être regardés comme dea infirmes et ne se distinguent, quand ils portent de bons bandages, des personnes bien portantes que par l'impossibilité où ils sont de se livrer à un travail fatigant. Il ne peut être question d'une incapacité durable de travail personnel que chez des individus dont le travail exige une grande force corporelle et surtout un effort cousidéiable des muscles abdominaux. Le comité médical de Munich s'est prononcé dans ce sens dans un cas qui lui a été soumis (i) el fit remarquer dans son rapport que les compagnies d'assurances sur la vie assurent avec la prime ordinaire les individus atteints d'une hernie, et portant des bandages convenables, d'où il résulte que la durée de la vie de ces individus, s'ils se soignent convenablement, n'est pas en réalité diminuée par l'existence de la hernie.
y. — lies bleMurei du foie, de la Fmte.
Les plaies pénétrantes de Tabdomen peuvent compromettre la vie, soit par hémorrhagie interne, soit par des processus inflaffl*
(1) Friedreichs B lutter f, ger. Med, 1873, p. ÎG. - Nussbaum, Ibidem,\¥$*
DUtoires secondaires. Dans le premier cas, si de gros vaisseaux ou
des organes riches en sang (foie, rate) sont atteints, la mort peut florrenir rapidement après la blessure, cependant le danger de
rhémorrhagiè est moindre dans les blessures du foie ou de la rate» par instruments piquants ou par armes à feu que dans les ruptu* les. Les processus inflammatoires secondaires s'observent surtout dans les blessures dé l'estomac ou de l'intestin, à la suite de Tépanebement de leur contenu, le plus souvent putride, dans le péritoine et n'amènent en général la mort qu'après quelques jours. Un grand nombre d'observations montre que les blessures de Festomac et de Tinsertion peuvent guérir sans laisser de fistules.