II. — Voies d'admlnlstratioii
La voie la plus fréquente par laquelle les poisons arrivent dans l'organisme c'est la partie supérieure de l'appareil digestif, c'est-àdire ils sont avalés.
G*est tout à fait exceptionnellement qu'ils sont introduits dans l'anus, par exemple, par un lavement ou un suppositoire.
On a plusieurs fois observé l'introduction de poisons par le vagin et cela non seulement dans le but de provoquer l'avortement, mai^ encore dans l'intention de donner la mort. Ansiaux et Mangeront rapporté plusieurs cas dans lesquels des femmes ont été tuées par introduction d'arsenic dans le vagin (2).
L'empoisonnement peut aussi avoir lieu par la peau, dans ce cas le poison ou bien traverse la peau intacte ou érode d'abord la peaa ou a été mis en contact avec des parties de peau dépouillées de leor
(1) Nous trouvons un exemple de substance ne devenant un poison que ptf I* véhicule dans rammygdaline, qui par elle-même n'est pas toxiqae, maisqoii ni* dans du lait d'amande, se décompose rapidement soos l'influence de réoubi^ qui y est contenue en sucre, en liuile d*amandes amères et en acide cyûnkydri^
(2) Benke's Zeitschr., I, Jahrg. 3 Ueft.
LA MORT PAR EMPOlSOiNNEMENT. 435
épiderme ou a été introduit par voie sous-cutanée. Ce sont surtout bi empoisonnements médicinaux qui peuvent avoir lieu de cette dernière façon et cela plus facilement qu'autrefois parce que la méthode hypodermique ou sous-cutanée gagne toujours en exlenflon. Acette catégorie appartiennent beaucoup d'empoisonnements aeptiques, ceux par armes empoisonnées ou ceux par morsures d'asimauz venimeux ou enragés. Ces empoisonnements sont analogoes, sous beaucoup de rapports, à ceux qu'on détermine dans la toxicologie expérimentale par l'introduction immédiate du poison dans le torrent de la circulation.
Nous citerons enfin les voies respiratoires par lesquelles a lieu l'inlioduction dans le corps de poisons gazeux ou volatils, un mode d'empoisonnement qui est le plus fréquent après celui par ingestion. La voie par laquelle le poison est arrivé dans l'organisme n'est mllement indifférente, car d'une part la rapidité et l'intensité de Faction toxique dépendent du mode d'administration du poison, d'autre part il y a des substances qui ne manifestent leur action toxique que s'ils sont introduits par une voie déterminée. L'action toxique se manifeste avec le plus de rapidité et d'intensité si le poison arrive immédiatement dans le torrent de la circulation, car tous les poisons excepté ceux qui ont une action locale doivent, pour agir, être recueillis (résorbés) par le sang. Cette règle n'est pourtant pas sans exception. C'est ainsi que la strychnine a, comme l'ont signalé Leube et Rossbacb (i), une action plus intense par Festomac que par voie sous-cutanée ; et Boehm(2) dit en parlant de Farsenic que la dose minima, mortelle dans l'administration par la bouche, introduite directement dans une veine, ne suffit pas pour tuer un animal de même grandeur et que dans ce dernier Bode d'administration la mort arrive toujours un peu plus tard que dans l'empoisonnement par l'estomac. Mosso (3) a confirmé ce fait déjà obsené par d'autres auteurs, que l'émétique introduit dans les feines n'agissait qu'à doses beaucoup plus élevées, 2 demi-décigrammes que par l'estomac.
Nous trouvons un exemple de ce fait que certains poisons ne Banifestent leur action toxique que s'ils sont administrés par une voie déterminée dans les sels de potasse qui, introduits directement dans le courant de la circulation agissent comme des violents poisons du cœur, tandis que des doses même plus fortes prises par
(1) Leobeet Rossbacli, Bted. Cenlralhl. 1873, Yr. 74. p) Boehm, Arch. f. exp. PathoL 1874, II, 96, (I) Mono, YirehowTi Jahrtib. 1875, 1, 403
id6 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET LÀ VIB.
la bouche délerrainent tout au plus un ralentissement du pouls. D'après L. Hermann il faudrait chercher la cause de ce phénomèoe dans ce fait que par l'estomac ces sels sont absorbés lentement et sont rapidement éliminés» de sorte que dans l'administration de ces sels par la bouche, la quantité de poison contenue dans le sang ne s'accumule pas assez pour donner lieu à une action généralisée. Le curare également peut être avalé sans danger à des doses considérables, tandis que des quantités très petites injectées dans le sang manifestent rapidement leur action paralysante si connue. Noos savons également que les poisons putrides, quand ils sont avalée, sont beaucoup moins dangereux que s*ils pénètrent dans l'organisme par une plaie de la peau.
§ 3. — CO!IDITI0N8 INDIVIDUELLES.
Parmi les conditions individuelles qui peuvent exercer une influence sur l'action du poison, on peut en distinguer de générales A de locales,