I. — - CondltloBii gémênlem
AUX premières appartient particulièrement Tàge et nous aTOOs déjà dit plus haut que les enfants sont sensibles à des doses de poison plus petites que celles qui sont toxiques pour les adultes ; l'expérience nous apprend également que la sensibilité des enfants à regard de certains poisons, surtout à l'égard des opiacés, peut être excessive. Il est également prouvé que des individus, dont la force de résistance est affaiblie par une maladie ou par l'âge, sont plus sensibles aux poisons que des individus sains et vigoureux. Une sera permis de parler d'une idiosyncrasie, à l'égard de certaines substances toxiques, que s'il survient chez un individu des phénomènes d'intoxication après des doses non toxiques, sans qu'on puisse trouver la raison de cette particularité. Ce qui plaide poor la possibilité d'une telle réaction individuelle, particulière et ext^ao^ dinaire, ce sont, outre la sensibilité des en.^ants à l'égard des opiacés, certaines observations que l'on a pu faire sous ce rapport sor jîes malades adultes à l'égard de certains médicaments, de même que sur des personnes saines à l'égard de certains aliments ou comestibles tout à fait inoflensifs.
Il est prouvé par un grand nombre d'observations qu'il peut J
(I) Werber, Des arsénicophages (Deutsche Klinik, 1S70, [19). Voy. M outre le compte-rendu de la réunion des naturalistes à Gras.
avoir jusqu'à un certain point une accoutumance à certains poisons, de sorte que dans ce cas on petit supporter d'une substance toxique des doses qui généralement donnent lieu à des phénomènes Tiolenls et même mortels. Nous avons déjà parlé, sous ce rapport des arsénicophages des Alpes, et on connaît les effets de l'emploi thérapeutique de la morphine dans lequel les doses doivent ôlre progressivement augmentées, si on veut atteindre Taction nécessaire et où les malades arrivent fînalement à prendre sans danger (mais non toujours, morphinisme), des doses qui dans les circonstances ordinaires auraient été mortelles pour ces individus et auraient sufQ pour tuer plusieurs personnes. L'alcool et la nicotine nous fournissent en outre des exemples de la possibilité d'une accoutumance aux poisons, et la toxicologie expérimentale nous ipprend que des animaux en expérience sont moins sensibles à de nouvelles doses de certains poisons, qu'aux doses antérieures et que souvent, comme par exemple pour la nicotine, il reste après le rétablissement une sensibilité moindre et cela pendant un temps assez loDg, par conséquent une immunité acquise (i).