‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 78 sur 189 · Béraltat positif · texte numérisé non relu

Béraltat positif

Le résultat positif de l'examen chimique est naturellement de la plus haute importance et peut suffire à lui seul à mettre hors de doute le fait d*un empoisonnement.

Il faudra cependant dans chaque cas particulier examiner toutes les possibilités par lesquellescette substance a pu arriver dans le corps, soit pendant la vie, soit après la mort, sans qu'il y ait eueffl* poisonnement.

i^ Présence normale des métaux dans l'organisme. Sous le premier rapport Devergie (2) et Orûla (3j ont préleoda

(1) Le règlement prussien de même que l'ordonnance autrichienne n'ont v ▼ue que la partie supérieure de Tinlestin. On ne derra cependant pas négHfir la partie inférieure, surtout dans l'empoisonnement par le phosphore, car om avons réussi plusieurs fois à trouver du phosphore dans la partie inférieve et riléon et du gros intestin, tandis que cela n'était plus possible dans l*ettoiMCil la partie supérieure de Fintestin.

(2) Devergie, Mémoire sur V empoisonnement par Carsenic. Nouveau prociii pour reti^uver l'arsenic absor été. Recherches sur le plomb et le cuivre eontemi^ le corps humain (Anti. d'Hyg., t. XXIB, p. 136, et XXXIII, p. Z\t).^Note fftf membres de la commission chargés d'apprécier les nouveaux travaux sur tarsenic {Ànn. d'Hyg., !'• série, t. XXVII, p. 186).

(8) OrQla, Sur l'arsenic naturelfetnent contenu dans te corps de CMomme (i«i» d'Oyg., U XXII, p. 467).

i*îl existait normalement dans les corps de l'homme, surtout dans

I os, de petites quantités d'arseoic. Cette assertion a été réfutée ir des recherches approfondies.

Far contre, il parait y exister souvent des traces de cuivre, peuttn même de plomb, qui arriveraient dans le corps au moyen des tiiBenlset des boissons. Bergeron et L'Hôte (i) ont examiné récem- Hoi, au point de vue du cuivre, le foie et les reins de 14 cadavres l#Bt trouvé sur deux individus de dix-sept ans des traces impondérate de cuivre, sur 14 de vingt à cinquante-huit ans de 0,7 à i milliinunme et sur un homme de soixante-dix-huit ans 1,5 milligramme b cuivre.

2* Introduction du poison $om forme de médicaments.

Ce qui a plus d'importance, c'est le fait que des substances loiiques trouvées dans l'organisme ont pu avoir été prises comme iMicaments. C'est de cette façon que peut avoir été introduit firienic qui est donné sous la forme de teinture de Fowler coQtre la syphilis et les fièvres intermittentes, Tantimoine sous ferme de tartre stibié, le sublimé, le mercure métallique, le plomb et les alcooloTdes, entre autres la morphine d'un usage si fréquent aujourd'hui. Il ne s'agit pas toujours de petites quantités, car im médicaments sont souvent pris pendant un temps assez long et, comme on augmente progressivement la dose, on arrive souvent à employer à la fin des doses qui dépassent la dose toxique mortelle, comme nous l'avons déjà dit en parlant de l'arsenic et de la aorphine.

fitot «n de noft cas^ un indmdu trèi gras et souffrant d'une hypertrophie conëéérable du cœur, i la suite d^une cirrhose des reins, avait pris peu de temps it sa mort du tartre stibié qui lui avait été ordonné comme vomitif par un io. Ce corps fut retrouvé dans Pestomac, l'intestin et le foie dans trois autres i»oà l'on constata en outreà Pautopsie, dans l'un, un rétrécissement de l'urèthre, la qrttiie et de la pyélite; dans le second, de la tuberculose et dans le troione dégénérescence graisseuse du cœur ; on trouva également de la mordans le contenu de l'estomac et les différentes parties du corps : tous ces malades avaient pris de la morphioe pendant un temps très long, l'un en Iplictiun sous-cutanée, les deux autres sous forme de poudre. Dans un seul de em cas (tabtrcnlose) on pouvait admettre qu'il y avait eu empoisonnement par

II ■erphine, parce que Tindividu était mort avec les symptômes d'une narcose

il iMgiM dorée ; dans les deux autres cas, la mort rapide pouvait s'expliquer ■aladie trouvée à Tautopsie. Comme pour tous les trois il y avait soupçon

(I) Bergeron et L'Héte, De F empoisonnement arsenical par des doses modét^es ^f^iUries de poison. Relation médico-légale de l'affaire Danval (Ànn. d'Hgg,, <tSt,t»aérto,t.L,p. 7t).

de suicide, nous déclarâmes qae, pour nous proooncer Mut ce rapport, Il nou faudrait connaître^ d'une part, la quantité de poison trouTée dana Le eorpa, d'antre part, la dose de morphine à laquelle ces indifidus étaient arriféa. Malhemciuement on ne put nous donner aucun renseignement précis sar eaa deux pointi. BourneYille et Yvon ont trouvé dans le foie d'une personne épileptiqae, traîtéi sans succès par le cuivrate d'ammoniaque, l'énorme quantité de 0,t9& graiUM é» cuivre ; par contre ils n'en ont trouvé que 80 et 1 20 milligrammea dana le Cm di deux individus empoisonnés par des sels de cuivre.

Dans les cas où cette possibilité fait l'objet d'une question, oo attachera une importance particulière à la détermination quantitative du poison trouvé dans le corps et aux commémoratifs. Ces derniers porteront sur la nature de l'affection contre laquelle od avait employé le médicament, sur le temps pendant lequel son administration a été continuée et surtout sur la dose à laquelle il a été pris. En outre, on aura égard à la plus ou moins grande rapidité avec laquelle le poison est éliminé du corps, car dans les intoxications aiguGs par des poisons qui s'éliminent rapidement, la quantité de poison trouvée dans le corps permet de calculer avec une très grande probabilité et même avec certitude la dose qui a été prise peu de temps avant la mort, tandis que si l'on troure des poisons s*éliminant lentement, la quantité trouvée peut pro* venir non seulement des doses prises en dernier lieu, mais encore de doses prises antérieurement et non éliminées. Le corpi lui-môme peut fournir des renseignements en ce qu'il présente les lésions d'une affection contre laquelle on emploie d'ordinaire certains médicaments toxiques, de la syphilis par exemple, ou en ce qu'il présente des traces d'une administration sous-cutanée des médicaments, comme c'était le cas pour les deux individus dont nous avons parlé plus haut et sur les bras et la poitrine desquels nous avons trouvé un grand nombre de petites plaies par instruments piquants, les unes guéries, les autres en voie de guérison, d'autres très récentes, telles que celles que déterminent les injections sous-cutanées.

3<^ Intoxications professionnelles.

Il peut arriver encore que le poison ait été introduit dans le corps par suite de la profession qu'exerçait l'individu. On devra penser à cette possibilité quand il s'agira de mineurs, de travailleurs aux fonderies, d'ouvriers travaillant dans des fabrique^ de produits chimiques, de couleurs ou de glaces (1), ou exerçant ane

(i) Gorup-Besanez a trouvé encore des traces très nettes de mercars à^

les nombreuses professions dans lesquelles on manie du poison ; es antécédents de Tindividu nous renseigneront à ce sujet. n en est de même des arsenicophages, des opiophages, etc., bien [n'on ne puisse penser à cette possibilité que dans des circonstanparticulières. Dans ces cas, on constatera non seulement la de poison trouvée dans le corps, autant que la chose est msible, mais encore le rapport de la quantité du poison non résorbée, c'est-à-dire se trouvant dans l'estomac et l'intestin, à celle HDsIant dans les autres organes, car il faut admettre en général i|ae dans les empoisonnements chroniques c'est surtout la première et dans les cas aigus la dernière quantité qui est prédomi- ■ante ; c'est pour cette raison qu'il est recommandé de mettre ians des bocaux séparés les objets qui doivent être .soumis à une analyse chimique.

4« Addition du poison après la mort.

Pour éviter l'objection que la substance toxique trouvée par le dimiste a pu arriver dans le corps après la mort, on procédera •lee méthode à la mise sous scellés des parties du corps, laquelle Mt être faite de façon que rien du dehors ne vienne s'ajouter à en objets et que rien ne puisse s'égarer. On emploiera de pré- ■rence des vases en verre avec des bouchons de verre usés à i'é- Mri, que Ton peut se procurer facilement et qui répondent à tous kl besoins. On fera bien, ainsi que le prescrit l'ordonnance autricUenne, de recouvrir le bouchon et le col du flacon avec une itaie de porc. On mettra par-dessus du papier sur lequel on iHerira le contenu du bocal. Il appartient aux chimistes de veiller à ce que l'on n'emploie que des réactifs complètement purs et SMyèi, précaution que Ton ne pourra observer assez rigoureuse- Mnt, surtout dans la recherche de l'arsenic.

Si les objets à examiner proviennent d'un cadavre exhumé, il fMidra se rappeler que la substance toxique a pu arriver dans les lirUes du corps dans le tombeau. On y songera d'autant plus que Fou descend dans la terre avec le cadavre des objets peints avec te couleurs métalliques, telles que fleurs et feuillages artificiels, te images de dévotion ou des objets métalliques, surtout des cnrix, que souvent le cercueil a des ornementations en métal et IBS la peinture du cercueil peut avoir été faite avec des couleurs

l^nrpt d*aDa f«mine qui avait été ouTrière en miroiterie, mais qui avait abanita ailier plus d*an an avant sa mort. Se^nnidfs Jahvb. ISSO, II, 144.

métalliques. Tant que le cadavre et le cercueil, ainsi qoe les objets qui y sont joints sont bien conservés, on ne peut pas admettre que les substances toxiques trouvées dans le corps proviennent de ctt derniers ; mais plus sont avancées la putréfaction et la décomposition du cadavre, ainsi que la destruction du cercueil et des objeb qui y sont joints, plus il est possible que les parties exhumées do cadavre aient reçu les substances toxiques de cette sonrce. Oa m peut pas exclure cette possibilité, bien qu'il faille accorder qie d» cette façon il ne puisse pénétrer de grandes quantités de poisot dans le corps et qu'elles n'aient pu pénétrer que localement dan les parties du corps, c'est-à-dire aux endroits qui ont été en contid avec un objet métallique ou peint avec des couleurs métalliques Schauenstein a trouvé dans l'intérieur d'une masse visqueuse, pnK venant de l'estomac d'un cadavre exhumé après sept ans, un bouton de cuivre rongé et les parties environnantes contenant une quantité manifeste de cuivre et de zinc, mais aussi, de même qœ les organes éloignés, des traces d'arsenic qu'on ne pouvait pis attribuer au bouton seul. Tardieu et Roussin (1) ont trouvé dans o j cas sur la muqueuse de Feslomac un dépôt de cuivre provenant d'oit aiguille qui y avait été laissée après l'autopsie ; ce cas si extraordinaire de Casper, dans lequel on ne trouva de l'arsenic que dans ki cheveux d'une femme exhumée après onze ans, peut à peine s'expK* quer autrement qu'en admettant que des objets contenant de l'ar^ senic (fleurs, épingles, etc.) avaient été mis dans les cheveux au moment de Tenterrement. Ces faits nous montrent combien il est nécessaire, dans une exhumation , de soumettre à un examen chimîqo» et de mettre dans des bocaux séparés les différentes parties d'vft cadavre et d'accorder une attention particulière, non seulemeol au cadavre lui-même, mais encore aux objets qui ont été enterrés avec lui et de consigner dans le procès-verbal toutes ces parlicoiarites, de même que le siège et la nature de ces corps.

11 est encore possible que la terre de l'endroit où a eu liev l'inhumation, contienne des métaux toxiques, particulièrement de- Tarsenic, qui ont pu pénétrer dans les cadavres ayant séjourné longtemps dans celte terre. Que la terre de certains cimetières contienne de Tarsenic, c'est là un fait prouvé par un grand nombre d'observations. D'après les recherches de Sonnenschein (2), l'arse-

(1) Tardieu, Étude médico-légale et clinique sur rempoisonnement, J» édition- Paris, 1875.

(2) Sonnenschein, Handbuch dev gench. Chemie, p. H4 : et Ueber die Verérei' tung desArseniks in der'Natur ( Vierteljahrschri/tf, ger. Med,, N, F, 1S78, XIII, !60|.

ie peat se trouver déjà primitivement dans le sol et provenir de oxyde de fer arsénié qui, à son tour, vient en grande partie d*une frile sulfureuse réduite en poussière et contenant en général de inenic. Dans d'autres cas, Tarsenic provient de ce que cette lace a été cultivée» c'est-à-dire de l'habitude qu'on a dans certains ■droits de mêler les semences avec de l'arsenic pour détruire les ils; dans d'autres cas enfin, l'arsenic contenu dans là terre protant de la fumée des fabriques de soude qui est chassée par le ntdii côté du cimetière où elle vient s'abattre (1). Ces faits perdent Mncoup de'leur importance par les recherches d'Orûla (2) et de ionnenscbein qui ont montré que l'arsenic se rencontrait dans la berresous forme des composés insolubles dans l'eau et qu'intro- Mt dans le sol en nature, il formait avec la terre argileuse, la ekiiix, l'oxyde de fer, etc., des combinaisons insolubles dans l'eau, eaqui a déjà lieu dans les couches supérieures de la terre; c'est CI qui explique pourquoi des cadavres, qui sont restés enterrés il 6k f6 mois dans une terre contenant de l'arsenic, ne présen- Weot pas de traces d'arsenic (Sonnenschein). Malgré cela, il faut noir soin à chaque exhumation de mettre de côté, pour la sou- Mttre k un examen chimique, de la terre entourant le cercueil, rittique de la terre de places plus éloignées, la première surtout, fuee qu'il est possible et facilement compréhensible que dans la lilréfaction colliquative les substances toxiques, contenues dans hi liquides qui s'écoulent du cadavre, imbibent la terre environmte et y soient retenues. Pour la même raison, il faut réserver foor l'examen chimique des morceaux de cercueil, surtout des lirties inférieures de celui-ci.

Lteicle 109 de l'ordonnance (autrichienne) concernant l'inspection des cada- WM porte : y a-t-il lieu, par suite de soupçon d'empoisonnement, d'exhumer «CidaTre, il faut qu'un au moins des chimistes, qui doivent faire l'examen chimifaa da cadarre, assiste à l'exhumation. Il décidera si le nettoyage du cadarre

(1) Oa sait qae l'on emploie souTont Tarsenic pour l'embaumement (conserraém) des cadavres. Ce procédé non seulement ne permet plus de reconnaître un nnement par l'arsenic, mais peut encore porter de l'arsenic dans le cimo- Edling {.Monntshlatt f, ôff. Ge9undheitsj>fl''ge und med, Statist'k. Suppléant I Deutiche Klinik, 1874, n* 3) rapporte qu'à Stockholm on consomme de<; fMathés eonaidérablefl d'arsenic pour la conservation des cadarres, qu'en 1871 Vil on a enterré environ 1 lO cadavres ainsi conservés, et que, comme on emploie Maoyeane pour chaque cadavre 278 grammes d'arsenic, il arrivait c|)aque année Mron n kilogrammes d'arsenic dans le cimetière.

P*. Orftla, Sur ies terrains des cimetières ^ sur r arsenic qu'ils peuvent fournit y*- ^Byg., l'» série, t. XXII. p. 4i8).

métalliques. Tant que le cadavre et le ce w-<^*'^ ^ / qui y sont joints sont bien conservés, od ma ^^- # j< les substances toxiques trouvées dam le ^ 0 » ./ ^

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déjà disparu dans te sang, ainsi que le montre l'analyse ip*^ Nous avons déjà indiqué plus haut, en parlant de l'éitminati''^ poisons du corps, les modiScations que les poisons éprouvei^ l'organisme et qui rendent leur découverte impossible.

Oo sait que les poisons minéraux résistent à la pulréractiof:^ point que, tout le corps étant décomposé jusqu'aux os, il est r.possible de les retrouver et qu'on lésa retrouvés en effet. Un à nombre d'alcaloïdes offrent également une grande résistance putréfaction. C'est ainsi que Stas a trouvé de la morphine toutes les parties d'un cadavre qui était enterré depuis Ireiie etqueTaylor (1) a pu retrouver après quatorze mois du niécona

(I) Ttrdieu, Ëlu/le luMitu-légale tiir rtmiiouonnemeitl, p. Ml.

■mort par EMPOISOWNEMEM.

des substances putrescibles et exposées à l'air. elrouver de la strj'chniae au bout de onze ans > II IréÙéa d'un taureau, et Heinlz (3) a montré la ' nlLrale de strychnine, car ii a réussi & retrouver '■ceau de viande trois ans après qu'on y eût

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■te Uire de» expériences physiologique* »ur

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on vésicanie, la dilatation des pupilles, le ralentissement de

l'action tétanisante de certaines substances, conslatés par

Jologiques, peuvent servir beiucoupà déterminer li

1 faut cependant dans ces cas prendre en cou sidéral loi

t mfime l'immunili^ de certains animaux h l'égard de

]UB A. Palk (1) a calculé que la dote murlslie (ninirHo) de

■ an kilogramme d'animal de !3,1 milligrammes pour la cou-

l'abletle, de 3.97 pour le liérlsson , de 3,1 pour la grenouille;

de 0,'h pour le cliat, de 0,6 pour le lapin et de 0,45 milli-

en. Les pigeons sont très sensibles K la lolanine, tandis qu'lli

k l'opium, la morphine et l'atropine |5). Les grives et les mcrlei

) sans danger avec Aet baies de belladone, les lapins man-

M feuilles do belladone et de tabac, ei les hérissons, les

illoa, des caniharides. D'un autre cillé, les poissons sont telle-

.cnitoiine que, d'après les eipériencesde Depalre, un poi>son

âS3.

jnhrnh. f. sfriefi, Medic. laîî, XVI, 318. ■aliimt et rrrhercbtt nouvelles pour tniir à Chulotre médieoarment par la SU ffrhT\mt, Cartenic et la irh de cuivre i,Am. ie, t XXIV, p, i»i).—lielaluyn médico-lfga/t de ra/fairt raù {Ann. iTUyg.^ ISOt, I* série, t. XXH, p. W). — Etude npoiiemirmenl. Paria. II1&, 1* édition.

ietfog. iur la : îr,,thnme { VUrleIjahr. /. sec. M*rf., lîT t, XX

De racft'on de la lolanine tl de la eolaitidine {Arcli. f. exp.

peut se faire avec une solution de chlonire de cb&ax» et si ca moyen de déiin* fection peut empêcher la recherche du poison. — S'agit-il de la décoaTeite d*u empoisonnement par l'arsenic, par le plomb ou le enivre» il faudra choisir prind* paiement pour les soumettre à un examen cblmique, surtout dans les deux premiers cas , les parties du corps qui ont été le moins en contact avec la tem environnante. — On emportera en outre et on examinera chimiquement la tem entourant immédiatement le cadavre, celle des parties de la fosse un peo pin éloignées, ainsi que de la terre d'autres endroits du cimetière. On ramiwsn également, pour les soumettre à un examen chimique, des fragments de b«s di cercueil, surtout des endroits ou l'on remarque qn*il y a eu collection de Uquida.

IL — WLémulUit néi^ttf.

Le résultat négatif ne prouve pas qu'il n*y a pas eu d'empoisonnement. II y a une série de poisons que la chimie, k rétai actuel, est impuissante à retrouver, par exemple la plupart te poisons animaux et végétaux ; d'un autre côté, la recherche peil ne pas aboutir parce que le poison a déjà été éliminé ou décomporf. L'élimination a déjà lieu en grande partie par les vomissementiol par les selles, mais aussi et plus tard par l'urine et les autres excrétions et cela d'une façon d'autant plus complète que le poison a éli plus diffusible et que l'individu en question a vécu plus longtemps L'élimination complète du poison n'empêche pas la mort de hv^ venir, celle-ci n'ayant pas lieu par le poison lui-même, mais fn suite de modifications et de troubles fonctionnels que le poiM détermine dans les organes. Ces altérations peuvent persisUr même après l'élimination de la substance toxique, comme le montre par exemple l'empoisonnement par l'oxyde de carbone qui entraîne très souvent la mort, bien que l'individu ait été retiré vifUift de l'atmosphère empoisonnée et que tout l'oxyde de carbone A déjà disparu dans le sang, ainsi que le montre l'analyse spectrale. Nous avons déjà indiqué plus haut, en parlant de rélimination do poisons du corps, les modifications que les poisons éprouvent dauf l'organisme et qui rendent leur découverte impossible.

On sait que les poisons minéraux résistent à la putréfaction i Id point que, tout le corps étant décomposé jusqu'aux os, il est eoeoce possible de les retrouver et qu'on les a retrouvés en effet. Un grui nombre d'alcaloïdes offrent également une grande résistancaib putréfaction. C'est ainsi que Slas a trouvé de la morphine dm toutes les parties d'un cadavre qui était enterré depuis treize ido0 et queTaylor (1) a pu retrouver après quatorze mois du mécooaleA

(1) Tardieu, Etude médico-légale sur rempoUonnement^ p. &01. ■

MNpbine ajouté à des substances putrescibles et exposées à l'air. Ptfi^ea (1) a pu retrouver de la strychnine au bout de onze ans lans les intestins putréfiés d'un taureau, et Heinlz (2) a montré la grande résistance du nitrate de strychnine, car il a réussi à retrouver » pmoD dans un morceau de viande trois ans après qu'on y eût iéfOÊé des cristaux de ce sel.

!•• CftA où l'on ne réassit pas à troaver chimiquement de substance toxique tt oèU y a cependant soupçon d'empoisonnement, Tardieu et avant lui Orflla, HagMdie et Christison ont recommandé de faire des expériences physiologiques sur in aBimaux» ces derniers auteurs avec le contenu de l'estomac tel qu'on le trouve, il Ttodieo (S) avec l'extrait du contenu de l'estomac et des parties du cada- V m. On ne peut refuser à ces expériences une valeur corroborante, pas plus |i% cttte circonstance qui se présente souvent, que des animaux (poules, chiens, I, etc.)> qui ont mangé des matières vomies par un individu tombé subl- II malade ou de raliment qu'il a laissé, sont également morts rapidement, expériences physiologiques n'ont de valeur que si la substance extraite par des procédés chimiques possède des propriétés chimiques à celles des substances toxiques connues et venues du dehors dans le et si les réactions ont besoin d'un supplément de recherches, non pas parce manquent complètement, mais parce qu'elles ne sont pas asseï nettes. ainsi que l'action vésicante, la dilatation des pupilles, le ralentissement de IWfilé du corar et TacUon tétanisante de certaines substances, constatés par Éis Opériences physiologiques, peuvent servir beaucoup à déterminer la nature ■i piton employé; il faut cependant dans ces cas prendre en considération la sen- |HM pnrUcnlière et même l'immunité de certains animaux à l'égard de certains Érimas. Ceat ainsi que Â. Falk (4) a calculé que la dose mortelle {minima) de ||l9chaine était pour un kilogramme d'animal de 23,1 milligrammes pour la cou- [■fwin , de 12,5 pour l'ablette, de 2,97 pour le hérisson , de 3,1 pour la grenouille; fil 3,0 pour le coq, de 0,76 pour le chat, de 0,6 pour le lapin et de 0,45 millipour le chien. Les pigeons sont très sensibles à la solanine, tandis qulls rebelles à l'opium, la morphine et l'atropine (5). Les grives et les merles IBI être nourris sans danger avec des baies de belladone, les lapins manimpiinément des feuilles de belladone et de tabac, et les hérissons, les •t les grenouilles, des cantharides. D'un autre côté, les poissons sont tellemaiblea à la picrotoxlne que, d'après les expériences de Depaire, un poisson

(1) Tardieu, Ibid., &S3.

À Hetati, Vierteljahrfch. f, gtnch. Medic, 1S7}, XVI, 3)S.

(Q Tisrdieu, Obstrvaiiùns et recherches nouvelles pour servir à l'hisioire médico-

- ^i§Êk de t empoisonnement par la strychnine^ l'arsenic et les sels de cuivre {Ann,

>*i|f., ISa^, !• série, t. XXIV, p. 888). —/îf/af ion médico-légale de Vaffaire

^mÈnéi la PommeraU {Ann. d'Hyg.^ 1864, 2« sérient. XXII, p. SOy-^ Etude

^iéw-iigaie sur V empoisonnement, Paris, 1875, 2* édition.

Wruk, Etude toxieohg. sur la itrt/chnine [Vierteljahr, /. ger. iied,, 1871, W

W Th. Hosmann, De Faction de la solanine et de la tolanidine (Arch, f, exp. ^«i, IV, 118).

do 200 grammes, mis dans un vase contenant 2 litres d*eaa additionnée de 0,01 di picrotoxine seule ent, se couche immédiatement sur le dos et meort (1), et cooi avons TU des poules mourir après aroir avalé quelques noyaux de pèche.

Nous devons cependant recommander les plus grandes précautions dans Tatilisation des expériences physiologiques faitea aTec des extraits de endavres qû ■ sont pas nettement définis su point de vue chimique, car les expérieneas Uim par Lussana, Moriggia et Bastini (2) ont montré que les extraits obtenus pir l'eau, l'alcool et l'alcool amylique (mais non par Tétherj des cadavres frais et plu encore des cadavres putréfiés ont par eux-mêmes des propriétés loxiqoeset puvent tuer des animaux. De même, les expériences faites par Bagnatelli H C. Lombroso (3) ont prouvé que par l'alcool on pouvait retirer du mais altôi une substance offrant des propriétés en partie analogues à celles de la strycbala^ en partie narcotiques et que dans la putréraction des substances organiqoes, I pouvait se former des corps extractifs, possédant des propriétés toxique* ; esllt possibilité mérite d'autant plus d'è're prise en considération et d'être coniraéi par des recherches ultérieures, qu'en traitant des parties molles en putréftdiM psr l'éther, Bence-Jones, Selmi-ROrsch, Fassbender, Scliwanert et Liebermann (I) ont obtenu par le procédé de Stas-Otto des corps analogues sux alcaloïdes, mil non toxiques (S).

§ 4. — LBS CIRCONSTARCBS DO CU.

A cel ordre appartiennent toutes les circonstances qui ont éveillé le soupçon d'empoisonnement^ et ont donné lieu à obi expertise judiciaire. Ces circonstances toutefois sont souvent telles, qu'elles peuvent être appréciées par le public; le aiédecin légidi doit pourtant les rechercher et les utiliser pour rappréciation dt cas. En général, c'est la mort subite et inattendue qui éveille l'ai* tenlion ; nous ferons cependant remarquer, sous ce rapport, qoa \ des individus d'apparence vigoureuse et saine peuvent égalemait mourir brusquement et rapidement, et, d*aulre part, que lesmeitf* très par empoisonnement n'ont pas toujours lieu sur des persot* nés tout à fait saines et fortes, mais souvent sur des personiMi vieilles et débiles ou souffrant d*une autre maladie. Nous avons déjà dit plus haut que les symptômes morbides, déterminés parla poison, peuvent être dus à une maladie naturelle, et ce fait est d'autant plus important, dans les cas où Ton n'a pas fait d'autopsie après la mort de l'individu et où l'exhumation est ordonnée, qoe l'examen anatomo-pathologique, par suite de la putréfaction ou dé-

(I) Rolh et Lex, MilitûrgesundhtiUpfiege^ 681.

\l) Bastini, Med, Centratbl, 1875, p. 176 et Friedreichsbi. 1876, p. 166.

(3) Lombroso, .1/erf. Centralbi., 187G, p. 228.

(4) Voy. le résumé de ces travaux, in Virchow's Jahreib,, 1874, I, p. IW.*' j Liebermann. fc Bericht der deutsch.cheni, Geseilschafl zu Berlin, 1876, p. lâl)»*

(5) Devergie, De l'expérimentation physiologique dans V expertise médieo-léf^ (Afin. d'Hgg,, 1866, t. XXVI, p. 16<).

tonposition avancées, ne peut plus donner de résultat, par conléqoent ne permet plus d'exclure un genre de mort naturelle. Ce lertii une chose très importante que de pouvoir constater que les ^mplAmes, reconnus comme ceux d'un empoisonnement, sont menus à des intervalles plus ou moins longs, et que cette aggraiBtion coïncidait toujours avec l'absorption de certains aliments Ml boissons ou médicaments, ou que cette absorption, après lainelle un individu est tombé malade, a été accompagnée de si- |pet tels, qu'ils aient déjà permis de conclure à la présence de iBbstances extraordinaires, par exemple, d*un goût amer ou hrthnl, une odeur d'allumettes. Il en est de môme si l'on a obé one phosphorescence dans l'obscurité, ou l'existence de pegrains craquant sous la dent, etc. Si après avoir mangé du aliment plusieurs personnes tombaient malades en même Imps et avec les mêmes sjmptômes, ou, comme nous l'avons lêjà dit, hï des animaux, ayant avalé les matières vomies ou ce |n restait de l'aliment, sont tombés malades ou ont péri, ces faits •cqnéreront également une très grande importance. Il y aura lieu Il rechercher s'il y avait du poison dans les aliments ou boissons pi ont été absorbés ou si le décédé ou d'autres personnes en pMient en leur possession ; il est clair cependant que le médecin Ifgpste ne devra pas dépasser certaines limites, sous peine déjouer Il rôle du juge d'instruction, d'accusateur ou d'un juré.

D faudra également prendre en considération les circonstances pvticulières du cas, quand il s'agit de.décider si l'empoisonnement i eu lieu accidentellement ou dans un but de suicide ou par la iHite d'un tiers, et il est clair que dans la plupart des cas d'emlaisonnement, ce sont les circonstances particulières qui sont seukl capables de résoudre cette question. On comprend que dans hi meurtres par empoisonnement on emploie de préférence les posons, qui peuvent être administrés secrètement, de sorte que si foiia k se prononcer sur un empoisonnement par un poison qui, Mune les acides, par exemple, produisent de violentes brûlures Mrles lèvres et la langue, cette circonstance doit déjà faire écarter Hàée d'un empoisonnement accidentel ou même d'un meurtre par iBpoisonnement ; ces poisons peuvent cependant être administrés *vee violence à des enfants ou à des personnes hors d'état de se attendre, et il arrive assez souvent qu'on avale par accident des mbitances caustiques, et le plus fréquemment de la lessive de poulie. Le phosphore, mêlé aux aliments ou aux boissons, leur donne des caractères si surprenants, que l'on ne peut admettre

qu'avec peine qu'il y ait eu meurtre par empoisonnement. Malgré cela ce genre de meurtre a été observé assez souvent, par nom entre autres, sur des enfants ou des personnes qai ont cru devoir surmonter le dégoût que leur inspirait un aliment, ou y ont été forcées par la faim. Pour certains alcaloïdes, surtout pour la stiy* chnine, c'est l'amertume excessive qui surprend. On a cependaiii observé un gnand nombre de meurtres de ce genre et il est clav que ces substances peuvent être prises assez facilement, non pu dans un aliment ou une boisson, mais dans un médicament oi comme médicament.

' Dans certains cas, c'est la grande quantité de poison trouvé dam le corps, dans d'autres, sa consistance grossièrement granulée, qri plaide pour un suicide. C'est ainsi que nous avons trouvé dansai cas d'empoisonnement par l'arsenic, outre un grand nombre éi morceaux d'arsenic de la grosseur d'un grain de sable, d'autres di celle d'un pois ou d'un haricot; dans un autre cas, un morceande silex de la grosseur d'une amande; enGn, chez un pharmacien qi s'était empoisonné avec de la strychnine pure, un grand nombre di ces cristaux non seulement dans l'estomac, mais encore dam k bouche, surtout entre les dents, ce qui, dans tous les trois GM,a permis d'admettre le suicide. De même si l'on trouve dans l'aita» mac des parties toxiques de plantes telles que baies, feuilles, bn^ ches, etc., il est difficile de penser à un meurtre, mais pluiMà un empoisonnement accidentel ou occasionné dans certaines ci^ constances par une tentative d'avortement.

11 va de soi que l'on devra également prendre en considération dans ces cas les circonstances qui ont pu pousser un individu ai suicide.

ART. m. LES POISONS EN PABTICULIER.

La seule classification exacte des poisons serait celle qui aurait pour base leur action élémentaire. Mais la connaissance de cell^d est encore si imparfaite, qu'il n'y a pas encore lieu provisoirement, de songer à une classification reposant sur ce principe. Les autrai classifications n'ont qu'une valeur relative et, à l'exception de oeila qui correspond aux règnes de la nature, ne peuvent être meoém jusqu'au bout. Au point de vue judiciaire, il n'est nullement néeaa* saire de classer les poisons d'une façon systématique et il suffit de traiter séparément des divers poisons ; toutefois, il convient de distinguer les poisons en poisons irritants locaux et en poisons êfV' saut par résorption.

§ 1**. — KIPOISON^IEHBIfT PAR L'aGIDB SULPORIQUe.

Dans les grandes villes où l'acide sulfurique du commerce est Mnpioyé non seulement au décapage des objets métalliques, mais «Dcore dans les professions les plus diverses et où on peut, par Mita, se le procurer facilement, les empoisonnements par cet acide SMt particulièrement fréquents. Gomme il brûle vivement les ttrres, on ne trouve généralement chez les adultes que des cas de floidde ; rarement il s'agit d'empoisonnements accidentels. Ce n'est ^M chez des enfants ou des personnes hors d'état de se défendre, ^on a constaté des meurtres par cet acide, et, de même que des «Cloisonnements accidentels; ils ont été accomplis par Tintroduc- Vmi de l'acide sulfurique dans labouche et, dans quelques cas, par i^leelion au moyen de lavements (1).

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