‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 77 sur 189 · II. — ^nir et tissus · texte numérisé non relu

II. — ^nir et tissus

Les altérations générales déterminées par la résorption de stances toxiques atteignent ou le sang ou les tissus.

Le sang joue avec la lymphe le rôle principal, dans la résor des poisons, mais ne parait cependant, dans la plupart des poisonnements, qu'être le véhicule du poison, sans éprouve même des altérations notables. Dans certains cas cependj éprouve des modiflcalions remarquables dont les plus imporl au point de vue médico-légal sont celles qui donnent lieu I altération des caractères normaux de l'hémoglobine, reconii

blés en partie à l'œil nu par le changement de coloration du sang, an partie par celui de ses propriétés chimiques, mais surtout par la modiflcation de ses caractères spectroscopiques ; Tempoisonnement par Toxyde de carbone nous fournit un exemple typique de ces modifications. Les autres modifications que le sang peut éprouver dans les empoisonnements, ou ne sont pas assez caractéristiques ou ne sont pas assez bien étudiés pour être utilisées en ce moment. La dégénérescence granuleuse ou graisseuse est une altération des tissus déterminée par la résorption de certains poisons et qui ■léritc une attention particulière. Nous la trouvons surtout après [^empoisonnement par le phosphore, puis après celui par l'arsenic, les empoisonnements sous-cutanés par les sels de potasse et r]| plupart des poisons métalliques, dans presque tous les empoi- .mnnements chroniques, parmi lesquels il faut citer en première l'empoisonnement chronique par Talcool. Nous avons ici me principalement les dégénérescences aigiiGs ou subaiguCs. iXa dégénérescence granuleuse se montre surtout dans le paren- ^4ijme des organes glandulaires, surtout dans la muqueuse de restomac, les reins et le foie. Ces organes présentent dans les très prononcés de la dégénérescence granuleuse, cet état Yirchow a désigné sous le nom de a gonflement trouble ». La iqaeuse de l'estomac paraît un peu gonflée, le foie et surtout reins un peu augmentés de volume, avec cela un peu mous, et it un état trouble et particulier et une coloration d'un gris ïi ou d'un jaune gris, coloration qui frappe surtout à la coupe. [SoQsle microscope les glandes à pepsine ou les cellules du foie ou f. Tépithélium du rein paraissent un peu agrandis, les premières un feu arrondies, et tous remplis d'une masse finement granuleuse, dont quelques grains sont très réfringents et paraissent noirs tOQs le microscope. La dégénérescence granuleuse n'est qu'un premier stade de la dégénérescence graisseuse, dans laquelle les organes augmentent encore de volume, se colorent de plus en plus p jaune, et prennent un éclat graisseux, et une consistance pâteose, et montrent sous le microscope un dépôt plus ou moins considérable de gouttelettes graisseuses dans les cellules des glandas. Ces organes n'acquièrent cependant pas cet aspect tendu et eette coloration jaune et transparente que nous observons si tOQTeot, par exemple, sur le foie grns simple. Dans la plupart des nous trouvons des degrés intermédiaires entre les dégénérésgranuleuse et graisseuse. Dans les premiers stades du • fimfemtnt trouble » une partie des grains qui remplissent les

cellules des glandes se dissout encore dans Tacide acétique, plas tard seulement dans les alcalis caustiques, ralcool et l'éther. An début ces grains paraissent donc être yraisemblablement de niture albumineuse et plus tard de nature graisseuse.

En même temps que dans ces organes, la dégénérescence gnnoleuseou graisseuse se montre aussi dans d'autres tissus, surtoutdans les muscles et particulièrement le muscle cardiaque et les piroii des vaisseaux.

Le cœur à un degré très avancé de dégénérescence, est mon, le muscle cardiaque est très friable, d*un éclat trouble et d'une couleur grise quelquefois argileuse, et les raies transversales des Obnei musculaires deviennent moins nettes ou tout à fait méconnaissables; les fibres musculaires dans les différents stades de la dégénérescence granuleuse ou graisseuse paraissent dans les pre* miers stades comme saupoudrées, et dans les derniers remplies de gouttelettes graisseuses très nettes et de grains très réfringents. Les muscles du tronc et des membres présentent les mêmes altérations, mais à un degré moindre.

Quant aux vaisseaux, la dégénérescence granuleuse ou graisseuse peut être trouvée surtout sur les petits vaisseaux de la pie- ] mère de la substance cérébrale et des membranes séreuses et s'observe aussi bien dans la tunique adventice que dans la tunique musculaire. Cette dégénérescence s'accompagne d'une grande fritbilité des parois vasculaires, pouvant donner lieu à la formatiofl d'ecchymoses et môme à des hémorrhagies cérébrales considérables.

0 1 n*est pas encore complètement fixé sur la cause de la dégénérescence gnnulctiKfl ou graisseuse aiguO après certains empoisonnements ; on osi pourttit disposé à admettre que ces altérations reposent sur une mortification partielle dei tissus, surtout du contenu des cellules glandulaires, déterminée eu partie ptf l'action immédiate du poison, en partie par l'obstacle à l'arrivée de l'oxygène tu tissus (1). Ce qui plaide pour la première idée c'est ce fait que la dégénéresceoei atteint d'abord les organes avec lesquels le poison arrive en premier lieu en coattft (estomac, foie et reins), et pour la seconde l'apparition de substances faciloiaflit oxydables {acide swco lactique^ Scliultzen) dans Turine et ce fait, que cette dtttruction considérable d'albumine, qui se traduit par une augmentation de res* crétiou de l'urée, constatée dans certains cas d'empoisonnement, surtout dans lei empoisonnements par le phosphore, peut être produite par une diminotioo àè

(1) Voir entre autres A. Kessel, Zur Kenntuist der Arsenwirkung. {Àrck, A exp. PothoL, V, p. 135.) — Frânkel, Ueher den Einfluss der verntinderien Sâ^er' stoffzufuhr su den GeweOcn auf den EiweisszerfaU in Organitmus. {Ued. Ce»' tralbl. 1875, p. 739 et Virchow's Arch. LXVUI, 1876.)

i de Toxygèoe (et du sang) due à une autre cause. Par l'action réunie de a flicteoirs il y a disproportion entre la destruction de l'albumine et la Itioii des prodoits de décomposition (parmi lesquels se trouve surtout la i), disproportion qui se traduit d'une fagon éclatante par la dégénérescence (Frinkel).

lit déjà théoriquement que ces altérations ne se rencontrent pas exclnnt après certains empoisonnements, et qu'elles peuvent se développer à la feutras affections s'accompagnent d'une augmentation de la destruction de ■iney et une diminution des phénomènes d'oxydation. En effet, nous trou- ■ rnêmea phénomènes de dégénérescence aussi bien dans une série de causes it naturelle, parmi lesquelles nous citerons les maladies infectieuses, surtout limatiqoes et celles qui s'accompagnent de troubles généraux de la nutritnbercalose, anémie lente) qu'après certains cas de mort violente, parmi les - BOOt nommerons la mort à la suite des brûlures et des processus aeptiques éaiqaes. Il faudra donc tenir compte de ces possibilités dans l'appréciation Hftiqae de la dégénérescence granuleuse ou graisseuse des tissus des or- (!)• La putréfaction détermine également des altérations ressemblant beauà celles du « gonflement trouble », car par la putréfaction les organes anênt plus riches en liquides , se troublent et prennent même une teinte m, le contenu des cellules et les muscles paraissent infiltrés de masses tentes, pouvant môme se réunir en gouttelettes graisseuses : cette produc- Wêi-mortem de graisse, a été constatée par beaucoup d'observateurs et est rihensible, si l'on regarde la dégénérescence granuleuse et graisseuse qui I pendant la vie comme un processus de mortification.

prés beaucoup d'empoisonnemeots, surtout par des poisons iniquesy l'autopsie ne montre rien de remarquable et encore DS de caractéristique. Le plus souvent, on trouve les signes le mort par asphyxie, ce qui s'explique par ce fait que beauf de ces poisons, par exemple, la plupart des alcaloïdes, et les mis gazeux ou volatils, amènent en dernière ligne la mort asphyxie.

g 3. — LA RBCHBRCHB CHIMIQUE.

tous avons déjà dit combien il serait à souhaiter que, dans cas où Ton trouve des susbtances suspectes dans l'estomac et nue analyse spectrale du sang paraît nécessaire, ces recher- I fassent faites par le médecin légiste lui-même immédiatement bs fautopsie, sans préjudice d*un examen ultérieur, s*ii y a ^ par un autre expert. En tout cas, cet examen préalable devra I Ûi chaque fois que la chose est possible, a recherche du poison dans les parties du cadavre n'est pas

) 1 fiuit longer également à la dégénérescence graisseuse aigué clies les nou- Mes et lea accouchées. Buhl, Klinik dtr Geburt$kundet 1, 1S6I, p. 996.— Hecfcer, ntKkrifl A GtburbkunfU, 1867, p. 321 et Archiv f. Gynâk., 1S76, X, 597.

Homumi. ^^

TafTaire du médecin, mais du chimiste légiste; mais le premier doit rournir au second les matériaux pour ces recherches.

Les ordonnances que nous avons citées à la tète de ce chapitre nous montrent la manière d'y procéder : nous y voyons qu*! faut mettre de côté, pour un examen ultérieur, outre le coDtein de Testomac et de Tintestin, Testomac lui-même, rœsophigeet une partie de rintestin(l), de plus des fragments de certains orgaiMi^ surtout du foie et des reins, enQn du sang et de rarîne. On fen bien de mettre dans un bocal particulier l'estomac et le duodénoa avec leur contenu, séparés de la partie inférieure de rintestio,sioi prend cette dernière ; on fera de même des fragments des autres o^ ganes. On comprend, par ce que nous avons dit de Téliminationdei poisons, pourquoi le règlement (Régulativ) exige que Turine soit mise dans un vase particulier. On ne conservera le sang séparément que dans les cas où il y aura lieu de faire une analyse spectrale.

Le résultat de Texamen chimique des parties du cadavre pest être positif ou négatif, c'est-à-dire qu'on peut trouver réellemefli ou non un corps qui est reconnu comme un poison.

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