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EMPOISONNEMENT PAR LE SOBUMÉ

Parmi les sels mercuriques c'est surtout le sublimé qui a produit i reprise des empoisonnements et qui exerce une forte action corrosive. mortelle varie entre 20 et 40 centigrammes.

Comme une plaque do cuivre polie se recouvre, dans toute solution d'une combinaison mercurique, d'une couche grise de mercure métal! disparaît par la chaleur, on peut traiter de cette façon le contenu ac l'estomac et reconnaître ainsi l'empoisonnement au moyen d'un sel de i

U MORT PAR EMPOISOiNiNËMËiNT. 469

ptduire de% empoisonnements aigus et moriels-, il semble qu'il faut dos doses de ■dpius considérables; d'après llusemann, il y a eu des cas où une à deux onces deiQcre de Saturne furent absorbées sans suite mortelle ; on sait qu'on en donne loot les jours comme médicaments dus doses considérables (10-GO grains) qui sont Iris bien supportées.

Les préparations plombiques étant expulsées du corps lentement et diftlcilement, 4ll doses mémo faibles mais continuées longtemps peuvent donc produire à la Un Am phénomènes d'empoisonnement.

§ 9. — EMPOISOKNEMINT PAR LE SILFATE ET L*ACÉTATE DE COIVRS.

fluini l<?s sels de cuirre ce sont surtout le sulfate de cuivre et Vacétate de Wttte {vert'de-grù) qui ont servi à des empoisonnements nombreux. , Il France, les suicides au moyen de ces sels sont fréquents; chez nous, ils pMttrès rares. Il en est de môme des meurtres par ces poisons. D'après Tardieu llcaiTre %ient immédiatement après l'arsenic et le phosphore dans la statistique MÉunelle de la France ; dans les années 1851 \ 1862 on a compté 110 cas d'emfriMHincment criminel par ce moyen, ce qui est tout à fait étonnant si l'on songe Ik couleur bleue et verte bien connue des sels de cuivre et à leur saveur violente itCBivre.

U saifatc de cuivre peut déjà produire des phénomènes d'empoisonnements à

tdo«os de GO centigrammes. Le vert-de-gris à des doses de 3 à 3 grammes \ produire des accidents dangereux et mémo amener la mort. Les phénomènes mpoisonncment se montrent très rapidement. 11 y a d'abord des vomissements ■ni ou bleus.

I Les symptômes sont les suivants : violentes coliques, goût de cuivre persistant,

Ml faiblt*, mr.ux de tôte, vertiges, convulsions, et l'ictère.

!•• lésions trouvées à l'autopsie sont variables. En général on trouve simple-

Inde rinj(>ction, des ecchymoses et du gonflement dans la muqueuse de l'es-

; dans quelques cas on a observé des ulcérations et des eschares. S'il y a

des sels de cuivre dans le contenu do l'estomac et du gros intestin, ee

lu s«i colore en bleu après addition d'ammoniaque, et si on introduit une

de co Jteau polie dans les masses acidulées, celle-ci se recouvre en pou de

I d'une légère couche de cuivre.

§ 10. — EHrOlSOMNEMENT PAR l'aCIDE ARSÉ3I1EI)X.

(hioique les suicides par l*arsenic ne se présenlcnt plus aussi Itfent qu'autrefois et qu'ils soient moins fréquenls que les suiiiesau moyen d'aulres poisons, ils ne sonl pourlanl pas rares acieUemeol (i). La stalislique criminelle montre que le nombre des

(l)Sar loixaote-lrois cas de suicide par empoisonnement qui se sont présentés ^taie en 1874, trente-deux eurent lieu par le cyanure de potassium, onze par iMi stOfurique, six par la potasse, sept par le phosphore, cinq par l'opium et '^ttaltment par l'arsenic, et sur cinquante-sept qui se sont présentés en 1875* ^fttractde prastique, vingt-sept par le cyanure do poUssium, trois par l'opium. ^ pv U atrycbiiine, six par l'acide sulfurique, un par l'ammoniaque, onze par

meurtres commis au moyen de l'arsenic n*a pas diminué. En Tannée 1874 nous avons eu i\ présenter un rapport sur le casd*un |)ère qui avait empoisonné ses deux enfants au moyen de Tarsenic. Le cadet en mourut ; dans le cours de rinformation, on eut le soupçon que cet individu avait fait périr sa première femme de la même façon ; ce soupçon fut justifié par ce fait que Ton trouva dans le cadavre, exhumé au bout de huit ans de sépulture, jusqu'à sept grains d'arsenic. Altschul (1) rapporte un cas d'un empoisonnemeol quadruple au moyen de l'arsenic, où l'exhumation a eu lieu aprti treize ou quatorze ans. La fréquence relative des meurtres rommil au moyen de l'arsenic s'explique, d'une part, par la facilité avee laquelle on peut se procurer ce poison qui est employé dans beaih coup de métiers, ainsi que pour la destruction des insectes; daiitra part, parce qu'il peut être administré secrètement, bien qu'il soil peu solubie, à cause de son manque d'odeur et de saveur, et [>arct qu'il est déjà très dangereux à de petites doses. Les empoisonne» ments accidentels par l'arsenic sont plus fréquents aujourd'hni qu'autrefois h cause de la propagation de l'arsenic mOme, mai» surtout à cause de la propagation des couleurs contenant de l'ar^ senic.

Nous avons ici surtout en vue l'empoisonnement typique par l'arsenic, c'est-à-dire l'empoisonnement par l'acide arsénieux oo par l'arsenic blanc (Irioxyde d'arsenic ou anhydride arsénieux). Nous mentionnerons à la lin les autres empoisonnements par l'arsenic-

L'arsenic blanc se trouve dans le commerce, soit à l'état de poudre cKstalliiéi (farine empoisonnée) ou en morceaux amorphes, vitreux, transparent^^, incolorcfi à cassure écaillcuse, dnvenant par l'exposition prolongée à l'air opaques et (ftf blanc laiteux, brillants commo do la porcelaine et acquérant ainsi une con^titoti^ cristalline, i/acide arsénieux est peu solubie dans l'eau froide (I partie dati 75 parti(!S d*can), il l'est davaniag*^ dans l'eau bouillante (I partie dan« 10 i 12 parties) dont il se sépare de nouveau, quand colle-ci se refroidit. L'acide arafr nieux vitreux est plus solubie que l'acide cristallisé. Le trioxyde d'arsenic est assez solubie dans les acides et les alcalis. La solution aqueuse et acidulée d*acilt arsénieux, mêlée à de l'hydrogène sulfuré, donne un précipité d'arsenic salfoH d'un jaune pur. Si on met un grain d'acide arsénieux dans un petit tube de TOff effllé en pointe et par-dossus un morceau do charbon de bois, et qu'on cliaB# d'abord le charbon, ensuite l'acide arsénieux, celui-ci est réduit et il Re forme (Ua> la partie supérieure du tube un anneau d'arsenic métallique; on perçoit en mé^ temps l'odeur d'ail, que l'on obtient aussi en chauffant l'anneau. Si ou met 60* semble de l'acide arsénieux, du zinc et de l'acide sulfuriqne délayé, dansl'ipp*

de la potasse, et six par le phosphore. Il n'y eut pas d'empoisonnement par I***^ senic, mais il y en a eu deux cas en 1876. (I) Altschul, Friedveich's BMller, 1875, p. 4C5.

nil de Marsh, il se produit de Thydrogène arsénieux dont on peut retirer l'araenic, soit en chauiTant le tube par lequel le gaz s'échappe, soit en plaçant un Borceau de porcelaine froide devant lo jet de gaz enflammé à la sortie du tube ; on obtient ainsi l'arsenic sous la forme d*une tache qui disparaît quand on la mite par de l'hypochlorite do so^de, ce qui la distingue de la tache d'antimoine.

L'acide arsénieux peut déjà produire des phénomènes d*empoilODnement à des doses de 1 à 5 centigrammes ; 10 à 15 centigrammes sont déjà considérés comme une dose mortelle. La dose maxima deLi pharmacopée autrichienne est de 0,006 gramme pour les adultes et comme dose unique : la dose pour un jour de 0,01 2 ; eellede la pharmacopée allemande de 0,005 pour la dose unique ci de 0,01 pour la journée.

L — Pkénomèiies de Fempolsonnement^

Les phénomènes d*empoisonnement, môme quand le poison a été pris à fortes doses, ne se montrent pas immédiatement, mais généralement une demi-heure ou une heure seulement après Tingestion. Dans quelques cas rares où, par exemple, le poison a été pris en solution et Testomac étant à jeun, les phénomènes peuvent ipparaitre plus lot et même déjà dans le premier quart d'heure. Od a plus souvent observé des cas où il s*est écoulé plus d'une keure et, d'après Taylor, trois à dix heures avant l'apparition des sjmptômes d'intoxication. Le peu de solubilité deTarsenic pris en substance et la présence probable d'aliments remplissant l'estomac cipliquent ces cas; cependant Taylor en cite un où les symptômes se montrèrent seulement après trois heures, bien qu'on eût absorbé Ijeun un drachme d'arsenic insoluble-. Les caractères cliniques de Fempoisonnement par l'arsenic ne sont pas toujours les mêmes. En général ce sont ceux d'une violente gaslro-entérile toxique. Il survient dans le pharynx et dans l'œsophage une sensation de brûhre ou de piqûre, des douleurs violentes dans l'estomac, des lomissements de matières muqueuses, quelquefois, mais plus tard ttolement, sanguinolentes, enfin des diarrhées séreuses semblables IdePeau de riz, c'est-à-dire mélangées de débris d'épilhélium et de locoDs muqueux. Avec cela du ténesme et une soif inextinguible, voQTent des céphalalgies, des douleurs lombaires, des contractions ^modiques dans les extrémités (crampes des mollets). La peau ^Ihtchei couverte de sueur, d'abord pâle, plus tard cyanosée au ^geet aux mains. Le pouls faible et petit. Une forte prostration, Ns U mort survenant pendant le coUapsus. En général les symp-

tomes se suivent dans Tordre indiqué et amènent la mort au bool de cinq à vingt heures.

Dans d'autres cas les vomissements et les autres symptômes aigus cessent, mais il en apparaît d'autres parmi lesquels les signes d'une néphrite aiguSet parenchymateuse (urine contenant de l'albumiae, du sang et des cylindres d'épithélium et defibrine), des symptômes de faiblesse croissante des muscles, une respiration plus lourde, un affaiblissement de Ténergie du cœur, une coloration ictérique de la peau et de la muqueuse. Ces symptômes sont dus à la dégénérescence granuleuse et graisseuse qui survient rapidement diM l'empoisonnement par l'arsenic, dans les organes parenchymateu et dans les muscles et peuvent amener la mort trois à dix jours après Tenipoisonnement.

Dans d'autres cas encore, ce sont moins les signes de la gaslroentérilequi prédominent que ceux d'une affection cérébro-spinale. La maladie commence par des maux de tète, des vertiges, des tiraillements dans les membres, de la mydriase; puis survieonent des syncopes, des étourdissements, quelquefois du délire, des pbé* nomèncs de paralysie et parfois des convulsions cloniques, rarement toniques. Enûn une paralysie généralisée et la mort qui arrive quel* quefois au bout d'une à deux heures, mais plus souvent de six à douia heures (Husemann). Cette forme de l'empoisonnement parl'arsenie est appelée, par Van Hasselt, la forme paralytique de fintoxicatm par r arsenic, et aussi Varsenicisme cérébro-spinal^ pour la distinguer de la forme ordinaire de l'empoisonnement qui peut être désignée Varsenicisme gastro- intestinal. Entre ces formes de l'empoisonnemeol aigu par Tarsenic il y a de nombreuses combinaisons et il est relativement fréquent de voir les phénomènes de gastro-entérite se compliquer de symptômes cérébro-spinaux.

On n'a pas encore pu expliquer jusqu'à présent pourquoi dans certains cas ce soal les uns ou les autres phénomènes qui prédominent. De nombreuses observations i'â^ vent contre cette hypothèse, que c'est la quantité de poison ou la forme sont 11* quelle il a été administré (en solution ou en substance] qui détermine la marcltedl l'intoxication ; cependant il semble que tout ce qui favorise une absorption rapide di poison, comme la solubilité du poison ou Tétat de vacuité de l'estomac, déteraîM la prédominance des symptômes cérébro-spinaux, quoique sans aucun doaieill ait encore d'autres causes qui nous soient encore inconnues et qui jouent uo rdll daus ces cas.

En effet dans les cas où plusieurs individus ont été empoisonnés en m^ temps et en apparence dans les mêmes circonstances, on n'a pourtant pas ob^efté des phénomènes tout à fait semblables. Taylor rapporte un cas à^empoÏ9onnt0^ de 340 écoliers par du lait contenant de l'arsenic. Giaqae enfant avait abtor^

LA MORT PAR EMPOlSOiNNEMENT. 473

grain d^arsenic Presque tous éprouvèrent des frissons, des douleurs nae et les intestins, la plupart des vomissements, d'autres des maux coryza, sept d'entre eux une toux croupale. Trois eurent des vomisaang et un quatrième en rendit par les selles. Morley (1) parle d'un Nnent de quinze personnes par du poudding contenant de l'arsenic. unes principaux furent de la faiblesse, de la pesanteur dans l'estomac, ra intenses dans le dos qui cessèrent après Tadministratiori de vomitifs Bvinrent et durèrent chez la plupart dix heures; chez plusieurs, des ne Jeune fille tomba en syncope ; dans un cas il y eut une légère hémaea tous il y eut une injection des conjonctives. Chez plusieurs il y eut second jour, des troubles de la vue, de sorte qu'il leur était impossible de coudre. Chez une de ces malades on observa, le troisième et le qua- ', des démangeaisons excessives de la peau.

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