II. — liéslone anatomlquee
}psie on trouve souvent une cyanose du visage ainsi que s et des pieds, déterminée en partie par la paralysie des ;, en partie par Tépaississement du sang qui empêche d'abandonner aussi facilement par hypostase les parties ques ou supérieures de la surface du corps. Il n'y a pas caractères extérieurs. De môme la muqueuse des organes tition n'offre rien d*anormal. Par contre, il y a généralealtérations très prononcées dans Testomac et surtout dans
sseaux sous-péritonéaux de l'estomac et de l'intestin sont nent injeclés de sang sombre et épaissi. L'estomac contient ouvent du mucus gélatineux visqueux ou vitreux, quel- ^agulé et teinté de sang. Dans certains cas la muqueuse p>nflée, ramollie, fortement injectée et souvent aussi sée. Cette altération peut s'étendre à toute la muqueuse nac ou être limitée à de certaines parties, surtout au grand e et à la paroi inférieure de l'estomac ou au sommet des
I mucus gélatineux qui tapisse la muqueuse, ainsi que sur iQse même, lorsque le poison n'a pas été pris en solution, les grains d'arsenic durs et blancs et la muqueuse semble {e et plus gonflée aux endroits où il y a un grain plus gros. fODs jamais vu d'endroits nettement corrodés ou des ulcée corrosion. Les intestins, surtout l'intestin grêle, sont remplis par un contenu aqueux et séreux, tandis que le
7» TircA., Jahrb., 1878, I, .'6.\
gros intestin contient du mucus gélatineux et comme c qui recouvre la muqueuse en couches épaisses et présente, on l'examine au microscope, des débris d'épithélium de V et de cellules lymphoîdes (i). La muqueuse de Tintestin gré gros intestin est ramollie, généralement inûllrée de sérosité, | pâle, grise et comme détrempée. Les glandes mésentériqti gonflées. Les reins présentent le premier degré du gonflemei ble, le sang est légèrement coagulé dans le cœur, plus oi épaissi dans les vaisseaux périphériques et ayant parfois It tance d'un sirop et même du goudron. Les autres caractèi que rhyperémie du crâne et de ses enveloppes, ainsi que d mons, ne sont ni constants ni caractéristiques.
Dans les cas à marche lente, il y a une dégénérescence leuse et graisseuse du pancréas, des reins et du foie^et desi surtout de celui du cœur et cela d*une façon d'autant plus; cée que la marche delà maladie a été plus longue. Les eccl sous les séreuses, surtout sous le péricarde et Tendocardey] exister dans les cas à marche aiguS comme dans les cas à lente, mais ne se trouvent nullement d*une façon constante
L'intensité de ces phénomènes n'est pas toujours la mê muqueuse de l'estomac surtout peut ne présenter quelque des lésions insignifiantes; les caractères que présente V sont beaucoup plus constants; ce qui concorde avec l'api presque constante de diarrhées profuses après les empoisoni par l'arsenic.
Quant à la cause de Taction toxique de l'arsenic, les opinions sont bien d de celles d'autrefois. Jusqu'à présent on avait considéré Tarsenic comme i irritant, local, et môme corrosif; des recherches récentes ont établi ta que l'arsenic n'a aucune action corrosive, et cela d'autant moins que, ( ment à Topinion de Liebig, on n'a pu démontrer l'existence d'une afBniti de l'arsenic pour l'albumine et que des expériences récentes ont prouf mômes phénomènes de gastro-entérite apparaissent lorsque le poison eft non par la bouche mais par une autre voie, par exemple par la peau. Unterberger (*2), qui furent les auteurs de ces expériences, ont tronvé qi arsénieux injecté dans le sang déterminait une diminution considérai pression sanguine et un ralentissement du pouls, et que ces phénomènes] être attribués en partie à la paralysie des vaisseaux de l'abdomen et ea p diminution de l'énergie du muscle cardiaque. La paralysie des Yaisaeaui
(I) Taylor, 1. c, II, 219. — Marmé et Flûgge, Virchow's Jahrb.^ I87J — Husemann et Bôhm, /. c.
(?) Unterberger, De V action de Vacide arsénieux {Àrchiv, /". exp* ^ 1874, n, 80).
inx est en rapport manifeste avec les lésions que l'on trouve dans Tcstomac et
iitOQt dans le canal intestinal, qui purent être constatées chaque fois dans les expé-
ences de BOhm, et que nous avons observées nous-mêmes dans un nombre
•ex considérable de cas de suicide par Tarsenic. Malgré cela nous ne voulons
■ft refuser à l'arsenic toute action irritante, car nous avons eu plusieurs fois
occasion de voir qu'aux endroits où la paroi de Testomac était recouverte de grains
^ursenic, la muqueuse était plus gonflée et plus injectée que partout ailleurs (I).
Il n'a pas encore été établi jusqu'à présent de quelle manière se produit la dé-
énérescence graisseuse dans l'empoisonnement par l'arsenic; il n'est pas encore
iémontré non plus comment se produisent les symptômes cérébro-spinaux qui
• manifestent quelquefois. L'épaississement du sang qu'on trouve habituellement
^ei les individus morts empoisonnés par l'arsenic, s'explique par les diarrhées
dioodantes ou plutôt par les pertes d'eau que celles-ci entraînent. L'épaississement
An sang se produit de la même fuçon chez les petits en Tants' atteints de catarrhe
Uitestinal, surtout dans les cas de choléra, avec lequel l'empoisonnement par l'ar-
mie a des ressemblances frappantes, pendant la vie comme après la mort (2).
Od ne trouve pas d'autres altérations du sang, surtout des globules sanguins dans
Fimpoisonnement par l'arsenic, bien que lo sang mêlé à une solution d'acide arsé-
Bieu prenne rapidement une couleur plus foncée et offre le spectre de l'hématine.
Dans quelques cas d'empoisonnement par l'arsenic on a observé un retard dans Jt poiréfaction et de la momification sur des cadavre» exhumés, ce qui s'explique |ir l'action conservatrice de l'arsenic et ne peut se produire que lorsqu'il y a eu Ais masses considérables d'arsenic restées dans le corps ; la momification peut Mirrenir aussi à la suite d'autres causes (un terrain sec et sablonneux).
L'élimination de l'arsenic du corps a lieu, en $;énéral, d'une façon plus rapide que JûQr les autres poisons. Le terme moyen de l'élimination complète a été calculé |ii:0rflla(3) à trente jours, parChntin (4) de douzo jusqu'à quinze jours. Flandin a ^ des animaux éliminer en trois jours 15 grains d'arsenic. Roussin (5) affirme f^ les os contiennent encore l'arsenic après qu'il a disparu des autres organes. VI général il n'est pas improbable qu'un individu^ meure des suites d'un empoi-
(1) Ce qui plaide encore en faveur de cette hypothèse, c'est l'état d'inflammation il même de gangrène de la muqueuse du vagin et du col de l'utérus, que l'on a ^^vé sur les femmes, dans les cas où l'on avait introduit de l'arsenic dans le ^%io, soit dans un but de meurtre (Ânsiaux, Henke's Xtitschrift^ 18*21, II, 187), ••H dans un but d'avortement [Viertetjahrschr, f, gericU.^ Med, 1864, XXV, 110, ^deutsche KUnik^ 1873, n"* 41) et sur des juments, sur lesquelles on avait répété iia expériences ; d'un autre côté^ les signes de gastro-entérite intense, constatés ift même temps sur le vivant et sur le cadavre, confirment l'hypothèse d'après l^oelle ces signes seraient dus, non à une action corrosive, mais à une action secondaire de l'arsenic
(î) Vinhoros Archiv, XLVII et E. Hoffmann {Empoisonnement par l* arsenic pris Mit tm cas de çho/éra), Ibid. 4, 455. Dans un de nos cas concernant une femme ^^ttmée après huit ans, la mort n'avait pas paru surprenante parce qu'elle était O^rrenne en temps d'épidémie de choléra.
(i) Orfila, Mémoire sur l'empoisonnement par l'acide arsénieux (Arm. cTHyg,, ^, t. XXI, p. 471).
(^J Chatin, Recherches expérimentales et considérations sur quelques principes ^ ^ toxicologie, PtLTiB^ 1844.
(&} Roussin, Joum, de Pharmacie et de Chimie, XXIU, 102.
476 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ BT Là VIS.
soniiement par Tarsenic, môme après l'élimination complète de rareenic. Il en encore possible qu'il n'en reste plus que des traces ; il faut faire remarquer à oi propos qu'une grande partie du poison est déjà éliminée par les Tomissemeoti flt les selles et qu'une autre partie peut être enlevée dans la tombe par la potréte^ tion. Toutes ces circonstances doivent être prises en considération quand il i*i|il du diagnostic d'un empoisonnement par Tarsenic en général, ou de la qoeiUii de savoir quelle quantité de poison a été administrée.
V arsenic métallique n'est pas un poison en cet état ; cependant il s'oxyde rtfidément à Tair humide et dans l'eau pour former de l'acide arsénieux. Vacide mt nique (As>0') est moins vénéneux que l'acide arsénieux ordinaire; mais, pour 11 reste, il produit les mêmes effets que celui-ci. Gomme il est fort peu répandu, ki empoi;ionnements par cet acide sont très rares.
Les combinaisons de l'arsenic avec le soufre, le bisulfure d'arsenic ou réalftf (As*S*) et le trisulfure d'arsenic ou orpiment (As'S*), à l'état pur, sont réputés noi vénéneux ; cependant les espèces répandues dans le commerce contiennent osa quantité importante d'acide arsénieux et par conséquent produisent les mèmas effets que celui-ci.
Dans les empoisonnements par l'arsenic une partie de l'acide arsénieux eit transformée par l'hydrogène sulfuré de l'intestin en sulfite et devient ainsi insoluble et inoffensive. Lerch et Buchner (1) ont prouvé que ces sulfites peuvent aussi ne M former que sur les cadavres par suite de l'action de l'hydrogène sulfuré des gtt de putréfaction.
Les couleurs vertes contenant de l'ai^senic sont très répandues i le teri à Schtceiiifurth (arséniate et acétate de cuivre), et le vert de Scheele (arséniite éi cuivre). Des jouets, des comestibles colorés avec ces verts, ainsi que des vétenmS et des papiers peints ont souvent causé des empoisonnements aigus ou cbrooiqaili
Dans un de nos cas, le vert do Schweinfurth avait été employé par grandes maM pour détruire des insectes et avait, produit un empoisonnement aigu. De mèfltf nous avons observé un suicide accompli au moyen de cette couleur. Cette substaaei est insoluble dans Teau, mais elle se dissout dans le liquide acidulé de restomit. D'après Ziurck, les vêtements de bal (tarlatane), colorés avec du vert arsenicil contiennent par 20 aunes 300 grammes de vert de Schweinfurth et 60 gramoMi d'arsenic (2).
La plupart des espèces de fuchsine (3) du commerce ou des couleurs rooftt d'aniline actuellement beaucoup employées pour la coloration des liqueurs et pesr la falsification des vins contiennent des quantités importantes d'acide arsénieux.
Parmi les médicaments contenant de l'arsenic, il faut citer la solution arsenieili de Fowler; c'est de l'arsenite de potasse dissoute dans l'eau (1 gramme d'adà arsoni(]ue dans 90 grammes de la solution d'après la pharmac. autrichienne, dV près la pharmac. allemande, 1 gramme sur 9U grammes).
Vhydrogène arsénieux est un poison très violent. C'est en le manipulant <)•*
(1) Lerch et Buchner, SchmidCs, Jahrb., I84S, vol. 60, 27(5, FriedericKs.Centfr larchiv, 1819, p. 696.
(2.) Voy. Vernois, Mémoire sur les accidents produits par Remploi des verts âf" senicaux {Ann, d'Hyg., 1869).
(3; Da six sortes de fuchsine examinées par le professeur Ludwig, une seole était exemple d'arsenic; les autres contenaient de 0,3 à 3,5 p. 100 d'acide ir>^ nieux. Voyez encore E. iloffmann et Ludwig : « un cas d'empoisonnement chronique par l'arsenic. »» Wtener med„ Jahrb, 1877 •
i norU le professeur Gelilon de Munich et le professeur Britton do Dublin, • an cts semblable (1) un chimiste et son aide furent empoisonnés par le dé- ^BMnt d'un appareil à hydrogène dans lequel on avait introduit par erreur de ide arséaieux au lieu d'acide sulfurique. Frost cite un cas analogue (2) qui m la vie à trois ouvriers, et causa une grave malaladie chez six autres. Les ■d^m signes étaient : du malaise, des envies de vomir, une grande faiblesse, •elles liquides, de Turine sanguinolente, un état comateux, du délire et chez il^es-uns de l'ictère. L'autupsie montra les altérations de Tempoisonnement farsenic.
/cupoisonnement chronique par Tarsenic n'a qu'un intérêt de second ordre 8 le rapport médico-légal et nous renvoyons là-dessus aux manuels de toxicoie.U faut en distinguer cependant l'empoisonnement lent produit par des doses étées, toxiques sans être mortelles. Flandin raconte un cas de ce genre où I terrante a mis tous les jours de petites doses d'arsenic dans la soupe de sa ipagne; il en résulta chaque fois des vomissements et à la fin une faiblesse «nive.