I. — Phénomènes de l^empolsonnentent
Presque dans tous les cas la mort est survenue dans la périod^ d'excitation à la suite d'un arrêt subit des mouvements respiratoires
(1) Tardieu, /. c, 4C7.
LÀ MORT PAR EMPOISONiNEMBNT. 489
et cardiaques, plus rarement par la dyspnée. L*arrèt de la respiralion est mis sur le compte de la paralysie réflexe des centres respiratoires de la moelle allongée et l'aiTÔt du cœur, sur le compte de l'excitalion du noyau du pneumogastrique par les uns, par les autres sur le compte de la paralysie des ganglions moteurs du cœur. Dans la majorité des cas Tissue funeste est due soit à l'état pathologique de l'individu (dégénérescence graisseuse du cœur) ou bien à une sensibilité exagérée de l'individu à l'égard du chloroforme. Dans des cas rares, l'issue funeste doit être rapportée à l'inexpérience de ropérateur ou à Tadministration trop rapide, qui empoche l'arn?ée d'une quantité suffisante d'air.
IL — Ijéslons anatomlques.
Les résultats de Yautopsie dans la mort par l'inhalation du chloroforme ont toujours été négatifs. En général, on trouve les signes de l'asphyxie rapide ; le plus souvent il n'y a pas d'odeur du chloroforme. Pourtant on peut constater chimiquement la présence du chloroforme, comme cela a été fait dans le sang de la femme mentionnée plus haut et qui s'était empoisonnée au moyen d'une ' éponge imbibée de chloroforme. Lorsque le chloroforme a été in- ,• géré, on peut encore le constater par l'odeur. Chez la jeune fille : ^i avait avalé 40 grammes de chloroforme, on trouva dans Testo- } mac presque la totalité de ce liquide sous forme d'une couche ;' lourde et colorée en vert par la bile. Dans ce cas l'épithélium du .. pharynx, du larynx et de l'œsophage était décoloré, enlevé en partie, en partie ramolli et érodé. La muqueuse de l'estomac était trans- .i"16rmée, sur une surface d'une largeur de deux travers de main, |> en une croûte dure, grise, s'étendant jusqu'aux couches les plus P profondes de la muqueuse; le reste de la muqueuse était trouble, L-^ aansecchymoses, recouvert d'une couche de mucus grisâtre ; mômes \^ altérations dans le duodénum. La cautérisation de la muqueuse était 1res apparente et cela se comprend quand on songe à la grande quantité de chloroforme ingérée, et à ce fait que le chloroforme mis sur les lèvres donne la sensation d'une forte brûlure. Nous avons constaté que la surface des organes prend une teinte grisâtre sous l'influence du chloroforme, ce qui n'est pas en accord avec les théories qui prétendent que le chloroforme ne modifie pas notablement les corps albumineux. Nous ne pouvons pas savoir si dans les cas précédents le chloroforme ne renfermait pas d'acide chlorhydrique ; d'ailleurs on ne peut pas admettre qu'il s'y soit
trouvé une assez grande quantité d'acide pour qu'on puisse lai attribuer seul l'action caustique.
Le sang, dans les cas de mort subite, est noir et diffluent; lon« que la mort a été précédée par une agonie un peu longue, il eit légèrement coagulé dans le cœur et les gros vaisseaux ; mais, e& debors de cela, il ne présente rien d'anormal. La pniréracUon m déclare rapidement après l'empoisonnement chloroformique , el c'est à cela qu'est due la flaccidité du cœur ainsi que la présenot de bulles de gaz dans le sang, considérée par les observateois anciens comme patbognomonique de l'empoisonnement chloroformique.