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EMPOISONNEMENT PAR LE CHLOIAL

L'emploi si fréquent maintenant de Tbydrate de ehloral (dose maxima, d'après Falk, 4 grammes pour une fois et 8 grammes pir jour) a déjà donné lieu à un graud nombre d'empoisonnements médicaux (I); et nous-méme avons eu l'occasion de faire l'autopsie d'une aliénée qui, après avoir pris en une seule fois 5 gram* mes de chloral, est tombée dans un état comateux et a succombé quelques beures après.

L'odeur du cbloral a été manifestement constatée dans l'estomac et décelée cbimiquement. La distillation du contenu de l'estomac avec de la lessive de potasse donne du cbloroforme. Li muqueuse de l'estomac était injectée surtout au grand cul-de-sac, mais ne présentait aucune autre altération; ailleurs pas de signes.

§ 15. — EMPOISONNEMENT PAR L'aLCODL.

Valcool concentré coagule l'albumine et enlève l'eau aux tissas; il agit par conséquent comme caustique. Un cas d'empoisonnement criminel de deux enrants avec 30 grammes d'alcool a été publié par Mascbka (2). Nous-même avons fait Tautopsie d'un menuisier qui, dans un but de suicide, avait avalé un verre de vernis dissous dans de l'alcool. Mais même avec des boissons alcooliques ordinaires, on a vu survenir des empoisonnements mortels, surtout chez les enfants. D'après Taylor, un garçon de sept ans est mort après l'ingestion de 3 à 4 onces d'eau-de-vie; d'après Food, ooe petite fille est morte après l'ingestion de 2 onces i/± de gin. Chei l'adulte, les accidents mortels dans l'ivresse intense ne sont pas

il) Voyez Prager Vierteijahrs, 1871, HI, l4I.

(2) MRSciikR, Prager, Med,, Wochemchrift, 1864, 465.

U MORT PAR EMPOISONNSMENT. 491

kres. Habituellement ce soDt des individus atteints d'alcoolisme kroniqae qui paient leur dernière ivresse par la mort. Il faut retarquer que chei les ivrognes Tinlolérance à l'égard de Talcool Bgmente avec l'apparition de la dyscrasie alcoolique, et que des nantîtes d'alcool relativement petites suffisent pour amener la MMi par paralysie. Quelquefois ce sont des individus bien portants ■i soccombent à la suite de l'ingestion trop considérable d*alcool. iK derniers cas ont surtout été observés à la suite de paris dérai- Hmables qui ont entraîné la mort.

Dans ce cas, la phase de dépression de l'ivresse survient presque OQJoors subitement. Les individus tombent sans connaissance, la iqiiration devient dyspnéique, la face se cyanose et la mort surrioit finalement avec des convulsions.

L'autopsie fait constater des lésions d'asphyxie et une odeur blcool, non seulement dans l'estomac, mais aussi dans les organes hîgDés, comme le poumon et le cerveau.

§ 16. — imrOlSONNBMBNT PAI L^OXTDE DB CARBONB.

Cet empoisonnement peut être produit par Tinbalalion de vatn de charbon ou par le gaz deTéclairage. L'empoisonnement rToxyde de carbone résulte le plus souvent de la fermeture hBaturée des tuyaux de poêle, ou de Tusage imprudent du charidans des espaces restreints, comme par exemple le chauffage (bâtiments neufs et surtout le cbauir.ige par des vases découla remplis de charbon. En outre, l'oxyde de carbone se produit ift l'atmosphère des fours à chaux et à tuiles, dans la fabrication 1 charbons, dans les usines et fonderies où l'on réduit les oxydes lalUques par le charbon, et encore dans les cas de suffocation r la fumée, comme dans les incendies où l'oxyde de carbone • on rôle considérable. Eu outre l'oxyde de carbone constitue I partie essentielle des gaz existant dans les fosses et les mines. ?apeor de charbon renferme, d'après Euleaberg, 2,54 p. 100 syde de carbone et 24,68 p. 100 d'acide carbonique et une ite quantité d'hydrogène carboné. Cependant, l'on conçoit que l^aatité d'oxyde de carbone est d'autant plus grande que l'air ■oqihérique arrive plus difficilement aux substances qui brûlent fM, par conséquent, le carbone peut moins être transformé en ide carbonique. L'oxyde de carbone ainsi que la vapeur de char-

t) Oie tAhre mu den gifligen Gaz*n. Éiode sar les gâi toxiques, 1863, p. 108.

bon pure sont complètement dépourvus d'odeur; ils peuvent donc s'accumuler en grande quantité dans un espac§ sans être reconnus par l'odeur. Dans beaucoup de cas, cependant, la présence de la vapeur de charbon se trahit par la coexistence de la fumée on par la substance en combustion.

La source de la vapeur de charbon ne se trouve pas toajoan dans l'espace où a lieu Tempoisonnoment : celle-ci peut venir, du dehors, par exemple, d'un appartement voisin ou montar d'un point moins élevé (1). Il peut aussi arriver, même si lacléda poêle n*est pas fermée, que les gaz de combustion puissent pénétrer dans la chambre. Dans un de nos cas, on trouva, dans la mèmi chambre, trois mécaniciens, dont l'un était mort et les deux aotni sans connaissance, et qui présentaient tous les caractères de rem* poisonnement par l'oxyde de carbone. La clé du poêle en foota était ouverte, et le charbon était brûlé. L'un des survivants raconta que, vers le soir, à neuf heures, il remarqua que le vent pousaii par instants des flammes et de la fumée dans la chambre, et qa'en* suite, il s'endormit comme ses camarades. Quand on les troum le matin, il n'y avait aucune odeur de fumée dans la chambre. L'accumulation d'oxyde de carbone dans le local était évidemmoil due à ce que le vent violent avait poussé dans la chambre d'abori la fumée, puis la vapeur de charbon, et avait ainsi empêché la combustion complète. Balfour (2) rapporte un cas analogue où il même accident survint, quoique le chauffage eut eu lieu dans uae cheminée ouverte.

Le plus grandnombredesempoisonnementspar l'oxyde decarbooi sont accidentels. Le suicide par l'oxyde de carbone est presque io* connu en Autriche, très fréquent en France où il augmente journellement (3). Les meurtres par la vapeur de charbon sont excessira* ment rares. Un cas, dans lequel une î'emme voulut s'empoisoDuar ainsi que son enfant par l'oxyde de carbone, se trouve dans i'oovrage de Gasper Liman (4).

La toxicité du gaz de V éclairage est due principalement, mais nos exclusivement, à la présence de l'oxyde de carbone. La quantité di

(1) Berthold {Zeittch, f. Staats {arzimkunde^ X, ISSO, p. 94) die on eu d'eflpoisonnement de plusieurs personnes par l'oiyde de carbone proYeoaot d*vi poutre qui brûlait dans un mur.

(2) Balfour, Edimb., Med. Journal; Jan,^ 610.

(3) D après Quetelet (/. c.J, il y eut de 1835 à ISii, 1,886 suicides par Voijé»^ carbone, en 1871 seul, :21S.

(4) Caspcr Liman, /. c, 587.

ce dernier varie cependant suivant le mode de préparation et les matières employées. D'après Wagner (i), on trouve dans cent parties de gaz de houille d'Heidelberg de 5,56 à 5,73 p. 100 d*oxyde de carbone, dans celui de Bonn 4,66^ dans celui de Ghemnilz de 4,45 jusqu'à 5,02, dans celui de Londres de 6,8 jusqu*à 7,5 ; quatre analyses de gaz, provenant de charbon de bois, ont donné de 22,30 à 40,28 p. iOO d'oxyde de carbone.

Les empoisonnements accidentels parle gaz deTéclairage, s'ac-

cumulant dans les lieux d'habitation, augmentent avec l'usage de

celui-ci. La fuite du gaz provient moins souvent de ce que les

robinets n'ont pas été entièrement fermés ou ont été rouverts

après Textinction, que de la rupture des tuyaux, soit dans la

Âambre même, soit ailleurs et même en des points éloignés. On

eonnatt un grand nombre de cas, que nous pourrions augmenter de

ceux de notre expérience personnelle, où, les tuyaux de gaz ayant

été perforés dansla rue, le gaz n'est pas monté directement, maiss'est

échappé dans une habitation en suivant la porosité du sol. Il faut

ajouter à cela que le gaz s'écbappe sous une certaine pression, de

plus que l'épaisseur du pavé ou la glace peut l'empêcher de s'élever,

H qu'enfin les appartements, chaufTés en hiver, peuvent détermi-

lerone certaine aspiration.

La moindre quantité de gaz de l'éclairage se trahit par son odeur caractéristique. Malgré cela, il arrive souvent que cette odeur, si elle n'est pas intense, n'est pas remarquée. Dans un cas de Pettenkoffer, un jeune homme était soigné pour une fièvre typhoïde, tandis que les symptômes qu'il présentait étaient dus à une intoxication par le gaz de l'éclairage. Dans un autre cas de Vallisch (2), <Mi a attribué la mort à une plaie de tète, alors qu'elle était produite par un empoisonnement par le gaz de l'éclairage.

D'après les expériences faites sur des animaux par Eulenberg et Pokrowsky, i/2 à I p. iOO d'oxyde de carbone mêlé à l'air de la respiration suffit déjà pour amener la mort; les mômes effets iont produits par iO p. iOO de vapeur de charbon et 5 p. 100 de giz de l'éclairage. D'après certaines expériences, il parait que la même quantité suffit pour produire des effets mortels sur l'homme. L'action toxique de l'oxyde de carbone et par conséquent celle des gaz qui le contiennent est due à ce que ce gaz se fixe sur l'hémoglobine du sang dont il chasse l'oxygène et qu'il rend par conséquent impropre à l'échange gazeux de la respiration. Cette com-

(I) Wagner, Hand, derchem. Technologie^ 1871, p. 74C. 0) ValUadi, Ikuitehe Kiin. IS6S, p. 138.

494 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ BT Là tll.

binaison est plus fixe que celle de Tozygène avec l'hémoglobine, quoique en agitant longtemps l'hémoglobine avec l'air aUnosphé* rique, on parvienne à chasser Toxyde de carbone et à le inoahi' mer partiellement en acide carbonique.

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