‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 97 sur 189 · II. '— liéslons ABAtoBilques · texte numérisé non relu

II. '— liéslons ABAtoBilques

Miltat de Vautopsie dans Tempoisonnement par l'oxyde de est caractéristique et dépend particulièrement des allérae présente le sang sous l'influence de sa combinaison avec de carbone. L'bémoglobine oxycarbonée ayant une coloraouge qui persiste même après la mort, les cadavres qui ont l'oxyde de carbone sont remarquables par la coloration lair des tacbes cadavériques et plus encore par la colora- Dge clair du sang dans les organes internes; ce qui est t plus surprenant que, comme nous l'avons dit ailleurs, le davérique offre une coloration veineuse et, par conséquent, , Les organes présentent déjà à leur surface une couleur Uir, allant jusqu'au rose dans les organes membraneux et oses, et qu*on peut facilement constater sur la dure-mère ritoine. A la section, il s'écoule un sang liquide, d'une couuge-cerise en coucbes épaisses, rouge clair en couches ices ; cette dernière coloration est surtout remarquable sur 1 blanc comme, par exemple, dans la section du cerveau points sanguins ont presque une coloration de cinabre. se spectrale de ce sang présente aussi des caractères autres le du sang normal, et qui sont tout particulièrement caracnes et très importants pour le diagnostic. Si on met, par e, devant le spectroscope une solution étendue de sang int de l'oxyde de carbone, on observe des phénomènes ption qui, il est vrai, ne se distinguent pas beaucoup de ceux g normal. Mais, tandis que pour ce dernier, les deux raies ption dues à l'oxyhémoglobine et qu'on voit dans le jaune lissent après Taddition d'agents réducteurs (sulfhydrate ODÎaque) en une raie unique qui est caractéristique de Théine réduite, ces deux raies d'absorption demeurent inalquand on a à faire à de l'hémoglobine oxycarbonée. En le stng contenant de l'oxyde de carbone se comporte diCfé-

remment à Tégard d'une solution de sonde qne le sang ordinûn comme Ta indiqué en premier lieu Hoppe-Seyler. Si on met quel ques gouttes de sang ordinaire sur une coupe de porcelaine et qu*oi y ajoute un volume égal au double d'une solution concentra d potasse, on obtient une masse de couleur terne, présentant une ce loralion d'un jaune-brun sale en couches minces. Si on fait I même expérience avec du sang contenant de l'oxyde de carboM on obtient une masse rouge, comme coagulée, présentant uneco loralion rouge-cinabre en couches minces (i).

La couleur rouge clair, les caractères spectroscopiques, ainsi qa sa réaction à l'égard de la potasse sont tout à fait caractérisliqu du sang oxycarboné, mais ces signes ne se présentent pas toujos dans tous les cas d'une façon typique et peuvent même manqai complètement, quoiqu'on ne puisse mettre en doute rempoisouiM ment par l'oxyde de carbone. On constatera une différence com dérable selon que l'individu aura été trouvé mort dans TatmospUi oxycarbonée ou ne sera mort qu'après en avoir été éloigné. DM ce dernier cas, le sang contiendra d'autant moins d'hémoglobii oxycarbonée, que l'individu aura vécu plus longtemps et aurai» pire plus longtemps un air exempt d'oxyde de carbone. Dans ■ cas où un individu était mort dix-sept heures après avoir été relirf de l'atmosphère empoisonnée , nous n'avons pu trouver auciM trace d'hémoglobine oxycarbonée , pas plus que dans plusieM autres cas dans lesquels la mort était survenue encore beauo(M| plus tard. Par contre, le sang qu'on avait retiré par la saignéel un homme, deux heures après qu'ont l'eût trouvé évanoui danstfi atmosphère de gaz d'éclairage, présentait très nettement ces réi^ tions. Môme si l'individu a succombé dans l'atmosphère toxiqM^ les caractères du sang sont modifiés parla quantité d'oxyde 11 carbone qui s'est combiné au sang, c'est-à-dire par la quantU d'hémoglobine qui est resiée inaltérée. Ce qui influe encore sork rapidité avec laquelle arrive la mort et sur les caractères du siili c'est la présence dans l'atmosphère de gaz toxiques autres qH l'oxyde de carbone. C'est dans l'empoisonnement par le gai^i récluirage qu'on trouve les lésions les plus prononcées, parce qtl

(1) A. Jaderholm {Die gerichti. Med, Diagnose der Kohlenoxydwer^^fU^* Berlin. 1876) explique cette différence des réactions, par ce fait que dans te M ordinaire, roxyhémoglobine est transformée par la potasse en oiybématiiM ^ couleur brun-vert, tandis que sous l'influence do môme traitement, il se Uf^ dans le sang contenant de Toxyde de carbone, une combinaison de ce gai ^^ riiématine, combinaison qui présente une coloration rouge.

t*agit dans ce cas de grandes quantités d'oxyde de carbone et que c'est principalement et presque exclusivement ce gaz qui a déterminé la mort, tandis que dans Tempoisonnement par les vapeurs 4e charbon et surtout la suffocation par la fumée, il faut tenir compte de la grande quantité d'acide carbonique qui, par lui seul, peut entraîner la mort. Si le sang, par l'une des raisons indiquées, M contient que très peu de carbone, les caractères spectroscopiques de la solution aqueuse du sang peuvent être combinés, cTesi-à-dire qu'une partie du sang est réduite par le sulfhydrate l'ammoniaque, et que l'autre partie contenantde l'oxyde de carbone 10 l'est pas. On voit, dans ce cas, les premières raies d'absorption lenbter, mais l'espace intermédiaire s'obscurcir d'autant plus ^11 y a plus d'oxyhémoglobine dans la solution.

L'hémoglobine oxycarbonée résiste longtemps à la putréfaction. \ Ions avons pu plusieurs fois, en conservant dans des tubes à réaclOQ du sang d'individus ayant été empoisonnés par le gaz de lifehirage ou des vapeurs de charbon, retrouver le sang après ^tilox et trois mois avec sa coloration rouge clair et les caractères !l^troscopiques de l'hémoglobine oxycarbonée. Dans un cas, lommaniqué par Serkawski, Blumenstock a pu retrouver de l'oxyde ^carbone dans le sang cinq jours après la mort (i). La possibilité rit oette constatation a cependant une limite et nous tenons à faire IHiarquer que si le sang a déjà perdu sa couleur, il ne faut pas Itomclure de la persistance des deux raies d'absorption, après addi- HoD de sulfbydrate d'ammoniaque, à Texistence^d'hémoglobine oxy- Milionée, parce que le sang peut par la putréfaction, surtout en Ifésence d'une quantité considérable d'ammoniaque, se transformer pm bout de quelque temps en hématine qui présente des caractères Ipeeiroscopiques analogues. Mais ce sang a perdu sa couleur, se keoble fortement quand on l'étend d'eau et présente au début des irifls d'absorption à peine visibles ou seulement une ombre dans li vert, et ce n'est qu'après l'addition de sulfbydrate d'ammoniaque I|m deviennent nettes les deux raies d^absorption, dont l'une, hTesl-à-dîre celle-qui est près du rouge, se distingue parsa noirceur tl sa délimitation brusque.

i les maladies qui peuvent persister après un empoisonnet par l'oxyde de carbone, on a décrit principalement les prodiphtéritiques dans le pharynx. Nous avons pu observer le iibot de cette diphtérie sur un individu qui était mort dix-sept

(1) VireknBti Jûkretb., 1874, I, 576.

Homuim. 31

heures après avoir été trouvé dans une atmosphère de vapeur de charbon et sur une jeune fille qui fut retirée évanouie d'une chambre incendiée et était morte au bout de quelques jours. Dans un cas décrit aussi par Rochelt (I), nous avons observé chez un homme vigoureux, après un empoisonnementpar le gaz de l'éclairage ooe idiole primitive avec une perte de la sensibilité de la peau et, une parésie qui ne disparurent qu*au bout de quelques mois. Gasperi décrit une attaque de manie transitoire dans l'ivresse due à l'oxyde de carbone, et nous trouvons un cas plus récent concernant ui ouvrier étourdi par le gaz de l'éclairage (2).

L'empoisonnement par V acide carbonique peut avoir lieu dansdas espaces fermés, dans lesquels des substances organiques se putréfient (fosses) ou fermentent (caves à bière et à vin), dans des en* droits où l'acide carbonique se forme par une décomposition de carbonates, particulièrement du carbonate de chaux, comme par exemple dans les puits et au voisinage des fours à chaux oa à tuiles, dans les meules de charbon et dans les locaux où des indifi* dus sont forcés de respirer leur propre air d'expiration. Ce dernier mode d'empoisonnement peut se produire quand on enferme dtf individus, par exemple des enfants, dans des espaces étroits (maUn ^ ou cofi'res) ou dans des locaux fermés où se trouve une aggloméne tion considérable de personnes. Husemann (3) cite de ces en saisissants. G*est ainsi que dans le fort William, à Calcutta, on enferma cent quarante-six personnes dans un endroit fermé ne mesurant que vingt mètres carrés : au matin, on trouva ceal vingt-trois morts. En i742, on enferma dans le corps de garde di Saint-Martin, à Londres, mesurant six mètres carrés et six mèlrei de hauteur, vingt-huit personnes dontquatre furent trouvées mortel le lendemain. L'acide carbonique forme également une partie constituante des vapeurs de charbon et des gaz des fosses d'aisance. La mort a lieu avec les symptômes de Tasphyxie et subitement ce progressivement selon la quantité d'acide carbonique conteoal dans l'air. Le résultat de l'autopsie est le même que celui qo'oa trouve après la mort par asphyxie.

§ 17. — EMPOISONNEUEiMT PAR L'iITDROCÈHIC SULFURA.

L'empoisonnement par thydrogène sulfuré^ dont 0,12 p. 106

(!) Rocliclt, Wiener, Med., Presse, 1875, n« 40. (î) Jahresb. f. Pftarmacie^ 1870, p. 510. (3} lluscmann, Toxicologie,

môIé h l'air est déjà capable de tuer un chien, a lieu principalement par ce qu'on appelle le plomb, lorsqu'on vide des fosses d'aisance qui sont restées longtemps fermées, particulièrement en été. Ce gaz est un mélange d*acide carbonique, d'hydrogène sulfuré et d*air atmosphérique et peut contenir jusqu'à 8 p. iOO d'hydrogène tolfuré. Ce dernier constitue également la partie principale de ce qa*on appelle les g.iz des fosses à tan (jusqu'à 16 p. iOO) avec une grande quantité d'acide carbonique. 11 est également contenu dans bgai de l'éclairage, ainsi que dans les gaz de la poudre (des mines). L'indiyidu, dans ces cas, s'affaisse, en général, subitement avec kf signe de l'asphyxie.

Les lésions trouvées à l'autopsie sont ana1ogue*s k celles qu'on lioove après la mort par asphyxie. Caspcr a indiqué, comme un %ne particulier, une coloration noire (d'encre), d'autres, une cololûion d'un vert sale du sang.

Dans les cas où nous avons fait l'aulopsie, le sang présentait les iuielères ordinaires du sang de l'asphyxie, quand l'autopsie était Alite peu de temps après la mort; nous n'avons pas non plus trouvé IM destruction des globules sanguins que quelques auteurs au- Weol constatée. Nous avons observé les mêmes signes dans |)luribors expériences que nous avons faites sur des animaux. Par mire, la putréfaction arrive très rapidement chez ces cadavres iMir des raisons faciles à comprendre, aussi le sang perd-il vite ^ eoaleur et les globules éprouvent-ils rapidement les altérations iMmues de la putréfaction (I). Dans les cas de mort dans les fosses Kiinnce» la mort peut arriver par submersion dans le liquide de |i fosse dans laquelle serait tombé un individu étourdi par le Hûinb. On trouve le plus souvent, dans ce cas, des matières fécales lettrées dans les voies respiratoires et dans l'estomac.

^ (1) Si on mêle de lliydrogène sulfuré au sang, celui-ci se colore rapidement en

t parce que Thydrogène sulfuré forme avec la matière colorante du sang (liémaoa hémoglobine) un corps particulier coloré en vert. Le sang présente aussi te ipectre spécial, c'est-à-dire an effacement des raies de l'hémoglobine et une Mi d'absorption dans le rooge. Nous n*a?ons jamais trouvé ce spectre dans le d'inëifidas empoisonnés psr l'hydrogène sulfuré.qaaodle cadavre n'était pas potréflé, ni dans celui des animaux qu'on a tués par ce gaz, et on peut se facilement par des expériences que, pour obtenir la coloration verte et spécial, il faut que le sang contienne unn quantité d'hydrogène sulfuré mt considérable qu'il est impossible de la rencontrer dans Tempoisonit par l'hydrogène sulfuré.

§ 18. — BMPOISONNBMBMT PAl l'acide PMD8S1QCB.

Dans les cas médico-légnux, l'acide prussique se présente et nature ou sous forme d'un cyanure métallique.

Vacide prussique officinal d'Autriche renferme 2 p. iOO dV cide prussique anhydre (dose maxima 5 centig. ou 9 gouttes M dose unique, et 2 décigram. ou 8 gouttes par jour). Pour TaciÉ prussique anhydre on considère 5 à 6 centigrammes comme vm dose toxique pour un adulte. L'acide prussique forme un im éléments de Teau d'amandes amères, de Teau de laurier-ceria^ et de Teau de cerises noires. L'acide prussique contenu dans hi substances médicales provient de l'amygdaline qui se trouve dm certaines parties de ces plantes. Celle-ci en présence de TeM se décompose, à cause de l'émulsine qu'elle contient, en adii prussique, en essence d'amandes amères et en sucre. C'est pov cette raison que les parties de plantes contenant ces substaoea peuvent elles-mêmes devenir toxiques, comme les amandes amèfS dont4 à6, d'après Husemann, suffisent pour empoisonner un eofaÉî On connaît un cas de suicide par les amandes amères (1). L'esseMT d'amandes amères du commerce renferme habituellement de IV cide prussique et est très toxique, tandis que l'essence d'amandÉ amères pure ne peut être nuisible qu'en qualité d'essence éthéiél et par conséquent à haute dose seulement. Certaines liqueurs m* ferment également de l'acide prussique comme le persico, le im* rasquin, pour la fabrication desquelles on emploie des grains à noyaux de cerises et de pêches.

Parmi les cyanures métalliques, sont surtout toxiques ceux fé mélangés à des acides, donnent à froid de l'acide cyanhydriqueit parmi ceux-ci le cyanure de potassium occupe le premier rang.U ferrocyanure de potassium et les sels doubles analogues sont géaf" ralement considérés comme non toxiques, parce qu'ils ne doDiieÉ[ de l'acide cyanhydrique que par la chaleur. Mais il parait portant que dans certaines circonstances ils peuvent agir comme fir son. Ainsi Sonnenschein (2) relate un cas où un fabricant de oot* leurs après avoir pris du ferrocyanure du potassium et de l'adii tartrique mourut rapidement avec les symptôlnes d'un empoisot* nement par l'acide prussique. Jirusch cite également un cas ol un homme a pris du ferrocyanure de potassium dans on butdesri*

(1) Masclika, Wiener Med. Wochenschr., 1869, p. 838. t2) Loco cif,f p. 170.

ride et qui guérit après des vomissements ; dans ceux-ci on trouva Don seulement du ferrocyanure, mais encore de Tacide prussique libre (I). Enfin, dans les derniers temps, Wolz (3) a relaté un cas où l'on a ingéré un mélange de ferrocyanure de potassium et de salpêtre et où la mort est survenue avec les symptômes d'un empoimmement par l'acide prussique.

On sait que le suicide par le cyanure de polassium est très fréfWQt A Vienne seul on en a constaté 32 cas en i874, 27 en 1875, |ir contre un seul cas de suicide par l'acide prussique en i875. Oitle fréquence s'explique non seulement parce que tout le monde WA que ce poison amène très rapidement et sûrement la mort, mk encore parce qu'on peut se le procurer très facilement depuis iwle cyanure de potassium est fréquemment employé dans TiniMrie, principalement dans la galvanoplastie et la photographie. Obi raisons font également que ce poison est employé fréquemitat dans un but criminel et cela d'autant plus qu'il peut être iMné facilement dans des liqueurs, surtout les liqueurs spiritueu- H. En effet on connaît un grand nombre d'empoisonnements rininels par ce poison, non seulement d'une personne, mais ende toute une famille, comme nous avons eu l'occasion de l'ob^ deux fois. Les empoisonnements accidentels par le cyanure i potassium, soit en médicaments, soit en boissons, sont relatilaenl rares. Parmi ceux-ci nous trouvons entre autres le cas cité ir Tardieu (3) et concernant un photographe qui, voulant effacer m ses doigts des taches de nitrate d'argent, avait employé du fmifre de potassium en substance, s'affaissa subitement en pré- Mtant les signes d'un empoisonnement par l'acide prussique et ItroQTa en danger de mort pendant huit heures, parce qu'il lui Wi resté sous l'ongle un petit morceau de ce sel qui avait cordée la peau à cet endroit.

Huteintnn 2 grains et demi (l8 centigr.) de cyanure de potassiam

nt à an grain (0,073 gramme) d*acide prussique, et doivent par

t être regardés comme une dose mortelle (Faick donne comme dose

pour ane dote unique 0,003 ~ 0^03 et pour un jour 0,1 gramme). Le

d« poUadam ae présente ordinairement en bâtons analogues à ceux de la

tiqua ou en tablettes, ou en morceaux irréguUen. Il est blanc, de

cristalline et dégage une forte odeur d'acide prussique. Cette odeur pro-

» que Tacide carbonique de Pair décompose déjà le sel et met Tacide

eo liberté. De même, les acides les plus faibles, par exemple ceux

(1) XctlffcAnjf dtr euchischen Âerzte, Wb, p. 399.

tS) Vterteiiaknck, f. gtrich. Med., 1877. XXVI, p. &7.

(S) Tardiea, Ehtde m4dico4égaU $ur rempoisonnement, V édit. Paris, 1876.

du vin, du vinaigre et encore plus ceax de l'estomac, déplacent avec ime facilité l'acide prusaique; c'est ce qui explique son action rapide. Il a an | tement alcalin, est déliquescent, très soluble dans l'eaa, et aolable dans d< faible. Sa solution aqueuse se décompose très rapidement et devient b donnant naissance à de l'ammoniaque et du formiate de potasse.

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