‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 58 sur 108 · VOIT1LITÉ · texte numérisé non relu

VOIT1LITÉ

MORTALITS

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Des 1,433 sujets du sefce mAscftiMa, 1,103 oai** opérés par la méthode de Merkitus > <m d« gfànd «pareil ; (10 xm succombé ; ce qui detne pour mortalité : 1 éur 9 fà. 7 «duc restés fistule**. 330 9m été taillés avtc le «Drgeret eerrigé d'Hawkins ; 29 «ont morts : 1 sur H» 3 tant wtée jeStuleut., Des 59 opérés d* sexe féminin, 50 Fout été par dotation de l'urètre ; 2 ont succombé. 9 ont subi Hnetstoa bitrans» wrsale de l'urètre et du e*l de la teesie* •

te plus grand nombre de ces cafaitaix a été kmm p* If* yilles et communes situées au sud du département de la

Meurthe. La fréquence paraît en avoir diminué dans ce département. La ville de Lunéville en a donné , de 1738 à 1828 , 90, dont 6 morts des suites de l'opération.

1° Dans une période de trente ans. 56 ou 1 et H P*r •*• 2* Dans une deuxième période. . 30 — 1 par aoDée. 3» Enfin , dans une troisième. . 4 — n — Ce vi toi une diminution de H P«r période de trente ans.

Ou remarquera que la table publiée] par Saucerotte diffère de la mienne , dit M. Castara , quant au nonhre des taillés , et pour ce qui regarde les résultats de l'opération. Les registres de lithotomie de notre hôpital ne remontent pas au-delà de Tan 1738. Je lésai fiait transcrire exactement. J'ai moi-même collaiionné la copie à l'original et à des documents qui me viennent de mon aïeul, Sébastien Castara , chirurgien de l'hôpital Saint-Jacqnef et lilhotomiste de la fondation du roi Stanislas, dans le même temps que Saucerotte. J'ai retranché avec soin te individus assez nombreux qui n'ont point été taillés , qui sont morts avant l'opération, ou ne figuraient là que comme fetuleux. Eh bien, de 1738 à 1828, il n'y a eu que 1,492 calcaleux opérés, dont 59 du sexe féminin. Je nesais où Saucerotte a puisé ses renseignements d'une date antérieure, mais je sais porté à croire qu'il s'est glissé des erreurs dans son travail. Il dit qu'au moment où il écrit, il y a eu 1,629 opérés, et 683 depuis qu'il est attaché à l'hôpital comme lilhotomiste. Or, c'est au mois d'août 1765 qu'il a pratiqué sa première lithotomie, et de cette époque à la date de son livre 1801 , même inclusivement, il n'y a eu que 653 opérations : 624 pour le sexe masculin, et 29 pour le féminin. L'un compte 63 morts, ou 1 sur 9 H opérés ; l'autre n'en a que 2 : la mortalité sur les deux sexes réunis est 1 sur 10 -/-5 .C'est dans cette série que se trouvent les 194 calculeux opérés par Saucerotte et ses collaborateurs avec le gorgeret modifié. Toutefois, je crois pouvoir en admettre 196, et 12 morts au lieu de 10, ce qui donne une mortalité de 1 sur 16 +.

Je ne prétends pas rabaisser les avantages du gorgeret tt&bohant , car c'est Tmatrument que je préfère ; non ?** Ia

L1TH0T1UTIE. 661

modification de Desault, mais le gorgeret qu'employaient mon aïeul et mon père, et qui se rapproche beaucoup de celui de Scarpa. Je cherche seulement à rétablir les faits, afin d'approcher plus près de la vérité. La mortalité de 1 sur 16 serait encore un beau résultat , les opérés de tout âge se trouvant réunis; mais la statistique repose ici sur un trop petit nombre d'observations pour que Ton puisse espérer . toujours une chance aussi favorable. Je trouve en effet des séries de 20, 30, et même 50 opérations au grand appareil, sans rencontrer 1 mort. Conclura -t-on de là que Von ne perdra pas 1 sujet sur 20, 30 ou 60 par la taille de Marianus? Certes , cela n'est pas possible. Des revers prochains se préparent , qui viendront bientôt détruire nos espérances et dissiper nos illusions I ' Désirant connaître la différence des chances de succès des deux modes opératoires (Marianus, Hawkins), j'ai divisé en trois périodes de trente ans chacune l'espace de 1738 à 1828. Dans la première , il n'y a que des tailles au grand appareil; la seconde réunit les deux méthodes; la troisième, enfin , ne renferme que des opérés par le gorgeret modifié , excepté deux opérations par la taille recto-vésicale.

Première période. . 836 opéré*. 96 amis, I ior S & Deuxième période. . 538 — 45 — I — II K ;

Troisièmepéfiode. . 118 — 9 — 1 — 13 x

C. Comme toutes les opérations dont quelques hommes s* •ont emparés à titre de spécialité, la lithotrïtie* est prompte* méat devenue l'objet de spéculations industrielles, bien plus qu'un sujet de recherches véritablement scientifiques. 11 est dès lors assez simple qu'on en ait atténué les inconvénientsan même temps qu'on exagérait les dangers de la lithotomie. Ayant vu pratiquer et pratiqué moi-même assez souvent les deux opérations , j'ai pu en comparer la valeur sous tous les rapports.

B. Dangers de la lithrotritie et de là taille.

I. La gravité de la lithotritie se rapporte, même par les procédés modernes :

a. A la douleur, qui est parfois très vive. Certains malade*

la supportent avec plus d'impatience, s'en plaignent aussi vivement que de la taille à chaque séance. Elle parait trouver sa source dans la distention , dans le redressement que le lUhotriteur, qui reste nécessairement droit sous les pubià , fait éprouver aux portions membraneuse et prostatique dé l'urètre;

b. Aux accidents nerveux. Certains malade* éprouvent de telles angoisses pendant le broiement, qu'il en r^sujLe bientôt des phénomènes nerveux tellement çrqves , que la mort, eft a quelquefois été la suite. M. Larrey, M. Leroy ont cité chacun un cas de cette espèce;

c. A la fièvre. Une fièvre qui se montre sous forme de fièvre intermittente est souvent la suite de toute tentative de lithotruie , quelle que soit la méthode qu'on adopte. Des frissons ou un violent tremblement l>»noucent ordinairement ; la période de chaleur, puis la sueur arrivent} et l'accident peut s'arrêter là, niais il n'est pas rare de voir le pouls rester fébrile pendant deux ou trois jours;

3. A Y arthrite. Des douleurs articulaires, compoe rhumatismales , qui deviennent parfois le point de départ d'une arthropathie purulente grçive, succèdent dans certains cas } ces accès de, fièvre ;

e. A Ytâritoké. L'irtft*ti*É que la lithètrMè fàittft dans l'urètre se borné souvent à prodflife uft léger àdintéroeot blennorrhagique qui se dissipe en deux ou trois jours. OuelqueMt mmi h dawfeur reste a*** vite au périnée peir rendre Yémmim des Urines pénible, pour obliger i m tywmin.eaitbr qu'au bout d'une semaine et plus encore ?

/» :Au* aMs de la frvttbt*. Quand la contusion, I* prèssioo de l'urètre a été forte, la prostate «Ile-même s'ealaum* et peut rfàboétiet. Des eubmples de cet accident eut été t* lalés yer plusieurs praticiens ;

f . Aux érmiliemaits, à des ééchirm»$nt$ d* V urètre. Le redressement obligé de la portion courbe de l'urètre feit que ce canal se laisse souvent excorier, érailler, déchirer, d'où un sentiment de brûlure très pénible lors du passage dtes urines et des fragments de la pierre ;

HTB0TBIT1E. «63

A. A Yinfi]ltrq,ti<fn yrinaire, qui est une conséquence presque naturelle de l'accident précédent;

i. Aux dépôts fa m(me nature, qui succèdent inévitablement à l'infiltration urinaire, et dont on connaît toute W gravité;

j. A Yorchite f qui arrive trè? fréquemment , et qui faft jfuiie wmm* pour l'orc^te Menaorrhagique, à l'irritation état)îiç dans la région prpstatique fo l'urptre, ma** qui p'pa; pas en général de longue durée , et qui n'empêche pas typr jpum de continuer l'opérqtipp ;

h. A la phlébite, dont M. Leroy et quelques autres pratîr pians ont rapporté des observations , qui n'est ni ptya jy moins redoutable commis point de départ ou comme cqu* séquence, dans ce cas que dans tous les autres ; ,|

l A la cyttite, qui a fréquemment été observép, signalée» et qui s'explique soit par le contact répété des instrumpntfff soit par l'état anguleux des fragments déposés dans la vessie par le morcellement de la pierre ;

fil. Aux perforation* de ta tw*ie» dçqt on a m£ jusqu'à la possibilité» mais qui pgt £té observées chez le mala^R Turgot, et daua 4' autres cas pUés par MM. Éreschet, T^* chou, Bancal, eto,; v

n. Aux blessures du rectum, qui np pe^yeot gu$re e$istfff s^us la Mesure précepte, ej qyû auraient une fistule reotov^siçale pour suite la plus innoceqte j

#. Aux pincements , aux déchirures de la membrane ipu" queuse soit du col, soit du corps de la vpssiç. Forcés dp glisser dans une gatne commune , de frotter Tune contre l'autre à leur racine , près du calcul , les branches soit de la pince à deux branches , soit de l'anse JaçQbson, soit de$ Utholabps droits» tous les instruments lithotriteurs enfin exposent à cet inconvénient, qui, quoi qu'on en ait dit, arriva souvent» mais qui heureusement n'a que rarement des conséquences sérieuses ;

p< A Yhéwwrrhagiei qqi , à part un léger sujntement par l'urètre, n'a lieu que rarement, et dont MM. Tapchpu et l)landin seuls citent cependant quatre exemples devenus «wea; '.

66i OPÉRATIONS SPÉCIALES.

9. A la rétention d'urine, qui tient à l'irritation , au gonflement, aux lésions de toutes sortes, établis au col de h vessie et dans la région prostatique de l'urètre, ou Mena des fragments de calculs arrêtés sous les pubis ;

r. A V incontinence d'urine, qui dépend de la contusion, de la distension des mêmes parties ;

s. A Y impuissance, qui s'explique de la même façon, à cause des canaux éjaculateurs et de leurs rapports avec h prostate ;

r. Aux fragments arrêtés dans l'urètre, tantôt derrière 1* ïnéat, dans la fosse naviculaire, ce qui n'est pas grave, tantôt dans la région prostatique, ce qui est beaucoup phi sërieux , ce qui occasionne souvent des douleurs atroces et le plus grand embarras ;

' ti. Aux fistules du rectum, du périnée ou de l'urètre, q« lie sont que la conséquence de quelque autre lésion ;

v. A là nécessité de dilater quelques points rétrécis deFnrètre ou d'en inciser le méat;

''.'a. A Y inflammation des uretères et des reins , qui reconnaît les mêmes causes que la cystite, et qui n'en est guère que l'extension, mais qui est ordinairement mortelle;

y. A la péritonite , dont Dupuytren , MM. Tanchou, Leroy, etc., ont cité des exemples ; * z\ A des instruments faussés ou brisés dans les organes, accident qui est arrivé à MM. Leroy, Heurteloup, Henrei , Mauhoury, qui a plus d'une fois nécessité la taille et entraîné fa mort comme chez l'officier dont parlent les journaux anglais ;

ad. A Y affaissement, à Y état typhoïde du malade, sohsaw lésions matérielles apparentes , soit par infection purulente, accident qu'on a souvent observé, et que j'ai vu moi-mto* un certain nombre de fois;

bb. A la récidive, qui a été signalée sur douze à quime àei malades de M. Civiale en France, sur un nombre à peupr*8 égal de ceux qui ont été opérés eta Angleterre ; MM. Cb.BeH Lfttori, À. Cooper, K&y, etc., ont parlé de ces derniers;

ce. Aux difficultés de l opération, qui sont parfois ^ grandes à cause de la sensibilité, dej^l'étroitesse, de Tétf

LITHOTRITIE. 665

maladif de l'urètre ou de la vessie , à cause de l'indocilité , du manque de raison de la part du malade, chez les enfants par exemple ;

dd. A la durée totale de l'opération, qui est généralement de six semaines à trois mois , et qui peut aller jusqu'à six mois, un an.

II. Les accidents , la gravité delà taille se rapportent surtout:

a. A Ykémorrhagie, qui est infiniment plus commune, plus grave qu'après la lithotritie, et qui s'explique par la blessure inévitable d'un certain nombre de vaisseaux ;

b. A la blessure du rectum, soit par incision, soit par contusion, et qui laisse une fistule recto-vésicale à sa suite;

c. A h péritonite, qui a lieu fréquemment et qui est à peu près constamment mortelle;

d. A X infiltration urinaire, à l'inflammation du tissu cellulaire du bassin, accident exceptionnel dans la lithotritie et très commun ici ;

e. A la phlébite , à Yinfection purulente, plus ordinaires aussi qu'après le broiement ;

f. Aux perforations de la vessie ;

g. A la cystite ;

h. A Y affaissement du malade ;

t. Aux fistules qui trouvent leur source dans la plaie du périnée bu dans celle du rectum, etc. ;

j. Aux infiltrations urinaires , purulentes des bourses, du périnée, qui sont assez rares ;

k. Aux érysipèles, qui ne se voient que par exception, mais qui ne sont pas sans gravité ;

/. A Yincontinence et à Y impuissance f qui ne sont guère plus communes après la taille qu après la lithotritie ;

m. Aux accidents nerveux, qui peuvent être mortels ;

n. A la douleur, qui est vive, mais courte, en ce qui concerne l'opération; quant à la douleur que cause plus tard la plaie et le passage des urines, elle n'est guère plus sérieuse que l'endolorissement de l'urètre après la lithotritie ;

o. Aux récidives, qui sont à peu près impossibles, autrement que par la formation ou l'arrivée d'une nouvelle pierre

£4f OPÉRATIONS SPÉCIALES.

dans la vessie» puisque le chirurgien peut s'assurer directement, avec le doigt comme avec les instruments, s'il ne rtm plus rien dans l'organe qu'il vient d'ouvrir j

p. Au rétablissement dp cours des urines par l'urètre, qui ce fait parfois long-temps attendre ;

q. A la nécessité de retenir le malade au lit pendant ring) ou trente jours ;

r. Au besoin d'une diète, d'un régime assez sévère pendant hnit 4 quinze jours ;

s. A Yurtfèrile et à la néphrite, à Vorchite> aux dèpôtsie la prostple, qui sont moins communs qu'après la lithotritie*

On voit p$r ce parallèle, que, tput étant balancé, la taille et le brqieipent n'ont que peu d'avantaçesVun sur l'autre sous le rapport de la douleur, cjes accidents nerveux, de 1*bflammation des voies urinaires, de l'incontinence et de l'impuissance, des perforations de la vessie, de l'affaissement <fa malade; que les accès de fièvre intermittente» les arthrites légères ou purulentes, l'orchite, les abcès de la prostate, les déchirements de l'urètre, les pincements de la vessie, les infiltrations, les dépôts urineux extérieurs, la rétèntiop (farine, les calculs arrêtés dans l'urètre, la nécessité de dilater, d'inciser ce canal, le danger des instrument? faussés, rompt* dans les organes, appartiennent presque exclusivement à h Utbotritie ; que la récidive pouvant trouver sa source «ta* une parcelle de calcul oubliée dans la vessie, doitétrç incomparablement plus fréquente après lç broiement qu'après h taille ; mais que la lithotomje exposant plqs aux fistules, a 1* lésion du rectum, à la phlébite, tire surtout sa gravité de l'hémorrhagie , de la péritonite , de l'inflammation du bassin, et de la nécessité d'établir une plaie qitf réclame le repos et un régime en dehors des habitudes du malade. m. D'où il suit que si la vessie est saine, V urètre libre^lemar lade (l'\me sensibilité ordinaire, le calcul au-dessous du vélum* d'un œuf, et d'une dureté médiocre, le broiement est, au total, moins dangereux que la taille. Telle est la formule que j'ai soutenue en 1835 au sein de l'Académie royale de médecine, et que rien ne m'engage à modifier aujourd'hui , quelque peine que se soient donnée une foule d'inc^tn*!* P°ur ^

NÉPÇROTOMIE. <$?

dénaturer. Ce langage ne ressemble guère à celui des liibo* triteurs, il est vrai, mais j'ai la conviction qu'il exprime I4 vérité, et qu'une fois entrée dans le domaine de la chirurgie commune, la lithotritie y trouvera de la sortq une interprétation plus exacte que dans le dire de ses epplûiiatçurp intéressés.

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