‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 20 sur 98 · ADHÉRENCE DU PRÉPUCE · texte numérisé non relu

ADHÉRENCE DU PRÉPUCE

tous les cas , il convient de le séparer en rasant le gland , afin qu'aucune rugosité ne reste sur cette partie après la guérison. Sa destruction par les caustiques, avec le nitrate d'argent, etc., employés autrefois , et même encore aujourd'hui par quelques personnes, ne pourrait être adoptée que si le sujet avait une trop grande frayeur de l'instrument tranchant. Quoique toute espèce de pansement soit à peu près inutile , si l'individu était très irritable ou trop craintif, on couvrirait cette petite plaie d'un linge enduit de cératet de charpie. Il faut, du reste, avoir soin de ne pas laisser le prépuce long-temps dans la même place , s'il continue d'envelopper le gland. Autrement les parties pourraient se recoller, et l'opération manquer son but.

§ V. Adhérence du •prépuce au gland.

La face interne du prépuce adhère parfois au gland d'une manière intime. Lorsque cette infirmité n'est point compliquée de coarciation , elle n'entraîne , en général , aucun inconvénient notable , de façon qu'il serait imprudent de chercher à la faire disparaître au moyen d'une opération. Cependant, si elle rendait le coït impossible , comme on en cite des exemples , et que la personne voulût, à tout prix , en essayer la guérison, voici comment il conviendrait de s'y prendre. Après avoir détaché le prépuce par en bas , dans une étendue suffisante pour en permettre la section longitudinale, le chirurgien le disséquerait peu à peu dans toute sa circonférence , jusqu'à l'union du gland avec le corps de la verge. Pour empêcher les parties de se remettre en contact et de se ressouder comme auparavant , il faudrait tenir la peau retirée vers le pubis et la plaie couverte d'un linge criblé, enduit de cérat, soutenu par de la charpie, une compresse et une bande ; enfin tenter tous les moyens convena- ÎdIcs pour que les surfaces saignantes fussent obligées de se cicatriser séparément.

J.-L. Petit a justement fait remarquer que la destruction de ces adhérences n'est ni facile ni dépourvue de douleur. A moins qu'elles ne se compliquent de phimosis , peut-être même serait-il mieux, quand elles comprennent toute la cir-

conférence du gland , de n'y pas toucher. Lors , au contraire, qu'une simple bride les constitue, ou qu'elles n'occupent qu'une des régions de l'organe , la déviation de la verge qui en résulte pendant l'érection , et la facilité plus grande de les détruire, engagent à ne pas les respecter. M. Laugier (1) a fait voir que chez les enfants où le phimosis empêche ordinairement de les reconnaître , ou , tout au moins , d'en apprécier la disposition , l'amputation du prépuce, la circoncision , est ce qu'il y aurait de plus rationnel à tenter , pourvu toutefois qu'après cette excision le gland pût rester en grande partie découvert.

§ VI. Destruction du prépuce.

Au lieu d'être trop long et d'adhérer au gland, le prépuce peut être trop court. Celse, qui avait déjà songé à faire disparaître ce vice de conformation , conseille de diviser circulairement la peau à quelque distance du gland, sur le corps de la verge, d'entraîner ensuite les téguments en avant, et de les fixer, à l'aide de fils, au-delà de l'extrémité libre de l'organe. Aujourd'hui on sait, à n'en pas douter, qu'une telle opération est inutile, que la cicatrice ne manque jamais de ramener peu à peu la peau en arrière, et de remettre les choses dans leur état primitif; mais il est probable qu'on réussirait mieux en décollant la portion antérieure du membre viril de ses enveloppes , dans l'étendue d'un pouce ou deux, de manière à pouvoir les ramener, sous forme de gaine artificielle, jusqu'au-devant du méat urinaire. Seulement on aurait alors à prendre ses précautions pour que les adhérences de ce nouvel étui ne se prolongeassent pas trop sur le corps même du gland. Si le prépuce n'avait perdu qu'une petite quantité de son contour, et qu'il ne fût pas possible d'en faire dispa-?' raître l'échancrure en procédant comme pour le bec de lièvre, on aurait à disséquer plus ou moins loin les deux côtés de la division, afin de les rapprocher ensuite et de les réunir parla suture, après en avoir avivé les bords. Au total, il est évident que la posdéplastie offrirait , à la rigueur, autant de nuances que la chéiloplastie. M. Dieffenbach a prouvé, du

(1) Archiv. gén. de mécl., t. XXYII, p. 5.

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