‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 58 sur 98 · PONCTION PKRTNKALK Î)E LA VESSIE · texte numérisé non relu

PONCTION PKRTNKALK Î)E LA VESSIE

précises que possrdont In ninjoiirc p;utio dos chirur.oiens de nos jours, p(MnioltcMU j)ros(pio toujours d'y nietlro un terme au moyen des boufïies ou du simple calhétérisme. Cependant il peut arriver que toute autre tentative échoue, qu'on soit obli{i[é de choisir entre le calhétérisme forcé et la ponction, entre deux opérations presque éjîalement dan{]ereuses, mais dont la première n'est pas à la portée de tout le monde. Il existe trois manières de pratiquer la seconde : par le périnée, par le rectum, par l'hypogastre.

ARTICLE F^ — Ponction pkrinéaee.

Ouvrir la vessie à travers le périnée, pour remédiera l'ischurie , a dû paraître simple aux anciens lithotomistes , qui n'admettaient pas d'autres voies pour extraire les calculs. Aussi est-ce la première route qui ait été proposée, la seule qu'on ait long-temps suivie. Latta, auquel Sœmmering en fait honneur, n'est pas plus l'inventeur de la ponction périnéale que Garengeot , qui se l'attribuait un demi-siècle auparavant. Riolan , Thevenin, la conseillent formellement; Tollet l'avait déjà pratiquée en 1681, Dionis la décrit d'ailleurs assez longuement, et montre qu'on peut l'exécuter de deux manières. Une incision d'un pouce sur le raphé, comme pour le grand appareil, mettait à même d'enfoncer au-devant de l'anus un long bistouri jusque dans la vessie; d'y glisser une sonde en retirant l'instrument tranchant, et de laisser une canule dans la plaie pour l'évacuation des urines. Mais Dionis pense qu'il serait mieux de prolonger un peu l'incision en dehors, comme dans la lithotomie par la méthode de F. Jacques, afin déménager la prostate. Juncker, Lapeyronie , Heister, eurent , presque à la même époque , l'idée de substituer un long trois-quarts au bistouri , et crurent avoir ainsi rendu l'opération beaucoup plus simple. Sous ce rapport , elle se réduit au premier temps de la taille latérale de Foubert,et se pratique delà même manière, c'est-à-dire qu'ayant fait placer le malade comme pour la lithotomie, on enfonce l'instrument sur le milieu de l'espace qui sépare l'ischion du raphé, en le dirigeant un peu en dedans et en avant,

pour tomber presque perpendiculairement sur le côté du col vésical.

La crainte de se fourvoyer à travers tant de tissus différents avait fait naître l'idée d'inciser le périnée avec un bistouri, de n'employer le trois-quarts qu'après avoir senti du doigt la vessie distendue au fond de la plaie. C'est une modification que Sabaiier veut qu'on apporte à la paracentèse périnéale , comme Garengeot l'avait indiqué pour la taille latérale , et qui aurait pour résultat de fondre en une seule les méthodes de Dionis et de Juncker. Mais on a généralement négligé ce conseil. Pendant que les écrivains français continuaient de recommander la ponction pure et simple, l'incision n'a pas cessé d'être adoptée en Angleterre, où elle paraît avoir été mise en pratique de diverses manières.

Marchant sur les traces de Dionis , M. A. Cooper incise un peu à gauche du raphé, déprime le bulbe, puis la prostate à droite , avec l'indicateur gauche, pendant que, de l'autre main armée d'un scalpel bien tranchant, il divise les tissus, et pénètre jusque dans la vessie. Quand il croit trouver l'urètre derrière le rétrécissement , M. Gh. Bell ouvre ce canal , comme dans la taille de Cheselden , et prétend arriver avec moins de danger dans la collection urinaire. M. Brander veut qu'on n'y pénètre que couche par couche ; mais Jones et Dorsev ne voient pas l'utilité de tant de précautions.

En résumé, si la ponction avec un trois-quarts est plus prompte , elle est en même temps moins sûre. Si l'instrument est moins menaçant pour les vaisseaux, les uretères ou les vésicules séminales, qu'il écarterait plutôt que de les diviser , il s'échappe plus facilement entre les diverses couches organiques , et manque plus aisément la vessie. Avec un bistouri long et étroit, il faut ensuite porter une sonde , puis une canule dans la collection. Quoique moins probables, les fausses routes sont cependant possibles, et la blessure des organes à éviter est beaucoup plus à craindre L'incision proprement dite , plus rationnelle , plus prudente , est aussi plus difficile. Le défaut d'un conducteur, qu'il n'est pas possible de passer par les voies naturelles la rend plus délicate , plus incertaine que dans la lithoto-

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