CONSERVATION LES SANGSUES. -TSO
OU bien à les saupoudrer de colophane, de cendre ou de toile d'araignée. Les sti/ptiques, tels ({\ic)\e vinaigre, Y eau de Rahel, la créosote, une compresse très chaude, pourraient également suffire étant aidés par un certain degré de compression.
Quelquefois l'hémorrhagie résiste à ces premiers moyens, et de manière à compromettre la vie des malades, surtout chez les enfants. Alors on peut recourir à la cautérisation au moyen d'imc tète de stylet ou du cautère en bec d'oiseau. Le crayon de nitrate d'argent m'a toujours suffi en y associant la compression. Ce crayon, taillé en cône, doit être appliqué par son sommet dans la piqûre, et y être tenu une ou deux minutes. Comme le sang tend à délayer aussitôt le caustique, il est utile de substituer brusquement à la pierre infernale une boulette de charpie un peu dure, de petits morceaux d'agaric ou des compresses graduées très étroites, et de comprimer avec le pouce sur ces objets jusqu'à ce que le sang cesse de couler. On réussit plus sûrement encore en compriment avec un anneau le contour de la piqûre pendant qu'on la cautérise comme précédemment. Pratiquer la suture, saisir les deux côtés de la plaie et les étrangler entre les branches d'une pince, ne conviendrait que dans un petit nombre de cas, et sont des moyens plus infidèles encore que ceux dont je viens de parler. Je ne sais si une ventouse appliquée sur la place abandonnée par les sangsues est en effet de nature à suspendre toute hémorrhagic en remplissant de caillots toutes les piqûres, comme le croit M. Ridolfo. Pour moi, je ne pense pas que ce genre d'hémorrhagie puisse résister à la compression, à la cautérisation au moyen du nitrate d'argent, à l'emploi du petit anneau, ou bien au fer rouge méthodiquement employé.
D. Conservation des sangsues.
Lorsque les sangsues sont tombées, il peut être utile de les conserver, afin de s'en servir un peu plus tard. La pratique possède plusieurs moyens pour atteindre ce but, mais le meilleur consiste aies jeter sur le carreau, où on les laisse se promener sur des cendres un peu chaudes. Cela vaut mieux
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que de les saupoudrer de tabac ou de sel, et surtout que de les dégorger de force en les comprimant d'uno exirémiié à l'autre avec les doigts. Quand elles sont bien dégorgées ou les nettoyé, on les lave, puis on les place dans des vas?s à demi pleins d'eau, qu'on change tous les trois, quatre, cinq ou six jours. Pour les conserver en grand il suffit de les jeter dans de grands bassins et de ne les en retirer qu'au bout de quelques mois.
Les piqûres de sangsues n'exigent généralement aucuit soin ; il suffit de ne point les irriter, de ne point les écorcher pour qu'elles guérissent dans l'espace de deux à quatre jours. Eilessontcependant quelquefois l'occasion d'érysipèlesjd' angioieucites, de petits abcès.
E. Régions du corps où l'on peut appliquer des sangsues.
A l'exception du trajet des artères ou des grosses veines sous-cutanées, comme aux membres et au cou, on peut applis quer les sangsues sur toutes les parties du corps; encore faul-lF ajouter qu'en évitant les vaisseaux eux-mêmes, on les applique aussi sans inconvénient sur les membres. Ainsi, on les I)!ace au grand angle de l'œil, à la tempe, aux apophyses mastoïdes pour les ophlhalmies et les affections cérébrales, à l'anus, à la vulve, aux aines pour les maladies de l'abdomen et des organes génitaux, à l'épigastre pour les affections de l'estomac, sur tout le ventre pour les inflammations de celte cavité, et, généralement, partout où le sang paraît s'être accumulé. A l'angle de l'œil, on se sert d'un petit verre, ou bien on les applique une" à une. Sur la peau des paupières, elles occasionnent souvent un gonflement considérable dont il ne faut pas s'inquiéter ; sur la face interne de la paupière inférieure, il faut aussi les placer l'une après l'autre, et de manière à ce qu'elles ne piquent pas trop près du bord ciiiaire do l'organe. Là il est rarement utile d'en employer plus de deux ou trois chaque fois. Elles y causent d'ailleurs peu de douleurs et se remplissent tiès vite. C'est pour les appliquer dans le nez, sur les amygdales, sur les gencives, qu'on peut avoir besoin de les tenir avec des pinces ou bien de les faire
SANGSUES A LINTÉRIEUR. 331
glisser dans un cône do verre ou dans une carte roulée en cornet. La carte est, selon moi, ce qu'il y a de mieux. Le bec du cornet, assez large pour laisser passer la bouche de la saDgsue, ne doit pas l'être assez pour permettre à l'animal de le franchir tout entier. Appliquant ainsi le sommet de la carte sur le point convenable, on y d:ri[je la sangsue au moyen ti'une baguette ou du doigt (157), comme avec une sorte de (f''S- 1S7-) piston, et on ne craint point
qu'elle puisse s'échapper ailleurs. A l'anus les sangsues s'arrêtent ordinairement très vite; pour em- ^^M^ pêcher qu'elles pénètrent ^dans l'intestin, on a conseillé , bien inutilement selon moi, de fermer l'anus à l'aide d'un petit tampon de linge huilé. Pour les porter sur le col de la matrice, on se sert du spéculum, du spéculum plein do préférence. L'instrument étant placé , on y dépose les sangsue-;, que l'on pous-e ou qui vont bientôt d'elles-mêmes se fixer sur le museau de tanche.
Y. Sangsues à l'intérieur. S'il arrivait, comme on en cite des exemples, que/Jes sangsues se fussent échappées dans le rectiïm , on les y ferait mourir en donnant des lavements d'eau salée ou d'infusion de tabac. Si elles étaient engagées dans l'œsophage , ou même dans l'estomac , c'est encore à l'eau salée qu'il faudrait avoir recours. La fumée de tabac, le vinaigre , auraient moins d'efficacité. Dans le larynx ou la trachée , l'accident serait encore plus redoutable , et il faudrait en venir à la broncholouiie.
^ IL Mouchetures et scarifications.
Les sangsues , tout en soutirant une certaine quantité do sang , produisent une irritation que beaucoup de médecins