‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 123 sur 209 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PERFORATION DE L'oREILLE.

Les boucles, les bijoux que les femmes pendent habituellement à leurs oreilles , et que beaucoup d'hommes y portaient également autrefois, ne peuvent être placées qu'au moyen d'une petite opération, connue sous le nom de perforation du lobule de l'oreille.

Soit qu'on la pratique dès. le jeune âge, soit qu'on ne s'y décide qu'après la puberté, celte opération est si simple que les personnes qui la subissent s'en aperçoivent à peine, si on l'entoure des précautions convenables. Elle consiste à traverser brusquement, et de part en part, le lobule de l'oreille vers sa partie moyenne, à trois ou quatre lignes au-dessus de son extrémité inférieure. On commence par engourdir l'organe en le frottant avec une certaine force entre le pouce et l'indicateur. On appuie ensuite la base d'un bouchon de liège contre sa face postérieure; puis on en effectue la perforation avec l'autre main, armée d'un instrument particulier. Cet inslrul. -25

ment peut être une sorte d' emporte-pièce, oubienune aiguille

(Fig.174.)

armée d'une canule, c'est-à-dire un très petit trois-quarts à hydrocède. L'emporte-pièce traversant le lobule en sépare un léger fragment qu'il entraîne dans le bouchon de liège. Aussitôt qu'il a perforé complètement la partie , et qu'on l'a dégagée du bouchon , on retire de sa cavité le fragment de tissu qu'il a tranché avec une épingle, afin d'y engager l'extrémité d'un fil de plomb qu'on entraîne en se servant de remporte-pièce comme d'une lardoire. Lorsqu'on préfère le trois-quarts, qui est en effet plus commode', on l'enfonce de la même façon jusqu'à une certaine profondeur dans le bouchon. Après en avoir retiré le poinçon , on introduit le fil de plomb dans sa canule qu'on retire aussitôt , et l'opération est terminée.

Au lieu du fil de plomb , dont il convient de réunir et de tordre les extrémités afin d'en prévenir le déplacement, quelques personnes se servent d'une mèche de fil ou de coton, et quelquefois aussi d'an anneau définitif pour ne plus être obhgé d'y revenir. Mais ces corps étrangers devant agir d'abord à la manière d'un selon, ayant pour but de forcer la plaie à se transformer en fistule, ou en trou, par suite de la cica-

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Irisation de sa circonférence, font que le plomb est ce qu'il y a réellement de plus avantar;eux. Lorsque les bords de la perforation ont subi la transformation cutanée, c'est-à-dire au boui de quinze, vingt ou trente jours, quelquefois plus, rarement moins, on peut substituer l'anneau dénniiif à la tii^e provisoire dont je viens de parler.

Cette petite opération portant sur un tissu homu(;ène qui ne renferme ni vaisseaux, ni nerfs volumineux, ni muscles, ni tendons, n'expose à aucune blessure (nave ; aussi est-elle journellement pratiquée par les bijoutiers et par les gens du monde eux-mêmes. Il est bon de savoir cependant qu'à l'instar de toute autre piqûre, elle peut faire naître un éiysipèle, ou même une inflammation pblegmoneuse dans le lobule de l'oreille. J'ai vu plusieurs fois s'établir autour du trou de petits abcès , et il n'est point rare cjue la piqûre s'ulcère et se laisse couper insensiblement par le séton. Sous ce rapport l'emporte-pièce, opérant une déperdition de substance, offre quelque avantage sur le trois-quarts. C'est à cause de la tendance du fil à couper les parties qu'il vaut mieux piquer un peu plus que moins haut; c'est pour éviter toute inflammation , toute suppuration , qu'il convient d'imprimer chaque jour quelques mouvements à l'anneau provisoire , en ayant soin de l'enduire d'un peu de pommade ou de quelque corps gras. Il faut savoir en outre que si, par hasard, le séton sortait de la piqûre avant l'établissement définitif de la fistule, le trou se refermerait très vite, et qu'il faudrait alors recommencer sur un autre point, ou repasser un nouveau séton à l'aide d'un stylet mousse au travers de la première plaie. En supposant que des accidents inflammatoires ou des foyers purulents vinssent à se manifester autour du corps étranger, il vaudrait mieux le retirer pour le réappliquer plus tard, que de le maintenir forcément en place.

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