CONSERVATION ET TRANSMISSION DU VACCIN
agissant de la sorte, il est impossible de ne pas perdre une assez grande quantité du liquide et d'en prévenir la dessiccation.
Les fils qu'on imprégnait autrefois, de morne que les linges qu'on imbibait du fluide-vaccin , ne sont plus employés depuis que l'incision et le frottement ont été abandonnés.
§ IV. Méthode Bretonneait. Le moyen le plus précieux que l'on connaisse aujourd'hui est dû à M. Bretonneau. Ce médecin a imaginé des tubes en verre de quinze à dix-huit lignes de longueur. Fusiformes (i), capillaires, filés à la lampe d'émailleur , on les présente comme une plume à écrire, par leur sommet, à chaque goutte de liquide , en les inclinant plus au moins ; ils se remplissent ainsi par l'action de la capillarité. Présentées ensuite successivement à la flamme d'une bougie , les extrémités du tube se fondent, se ferment et se transforment en une petite boule que , pour plus de sûreté , on peut en outre envelopper de cire. Les tubes ainsi préparés, mis à côté les uns des autres dans un tuyau de plume ou quelque étui à la manière des aiguilles, conservent le vaccin à l'état liquide et dans toute sa force presque indéfiniment.
Pour en éviter la brisure , lorsqu'on doit les transporter loin, on les place dans des étuis ou des petites boîtes remplies de son , de sciure de bois ou de charbon. Il est à ma connaissance que du vaccin envoyé de cette façon en Amérique y a produit autant de boutons que de piqûres, au bout de trois ans.
Plus récemment, M. Fiard a fait construire des tubes dont une des extrémités représente une boule de thermomètre (j). Tenue dans la paume de la main, celte boule s'échauffe, fait en quelque sorte le vide, et force le vaccin à y pénétrer en se refroidissant. Mais elle offre trop de volume, et paraît trop difficile à remplir, exigerait du moins une trop grande quantité de vaccin , pour que les tubes de M. Fiard puissent être substitués à ceux de M. Bretonneau, qui sont aujourd'hui d'un usage général.
De quelque manière qu'on ait recueilli le vaccin , il n'en faudra pas moins s'en servir comme s'il était pris de bras à
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bras. L'a-t-on conservé dans la cupule de Jenner, on délute les plaques de cristal, on les tourne l'une sur l'autre pour les séparer, et on trempe la pointe de l'instrument dans la goutte de liquide. Si on s'est servi de plaques de verre, il faut, après les avoir séparées , humecter un peu avec le doigt imbibé d'eau tiède ou de salive la matière vaccinale desséchée avant d'en charger la lancette. Par la méthode Bretonneau, on commence par rompre les deux petites têtes du tube, on fixe ensuite la plus grosse de ses extrémités dans l'infundibulum d'un souffleur, tube de verre deux ou trois fois plus long que le tube à vaccin , ou tout simplement dans une tige de paille. Portée à la bouche, l'extrémité du souffleur ainsi armé sert à chasser le vaccin sur la pointe de la lancette (173) ,
(Fig. 173.)
PERFORATION DK LOUEILLli: 385
qu'on tient d'une main nondanl que l'autre dirige le tube et l'ompêcho de vaciller. De cette fa^on , un tube qui contient moins d'une goutte de vaccine peut suffire à six et quelquefois môme à douze piqûres.
Bien que renlèvement du fluide de tous les boutons d'un enfant ne soit pas de nature à détruire l'efficacité de l'opération chez lui, il est cependant bon d'en laisser au moins un d'intact. Il est juste de convenir en outre que cette extraction rend la marche elles phases de la vaccine sensiblement plus fatigantes sans rendre aucun service au sujet qui la supporte. La quantité du fluide vaccin est d'ailleurs en rapport avec le développement des boutons dont on le tire , et non avec la constitution ou la santé de l'enfant qui le fournit.