‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 130 sur 209 · EXTRACTION DES DENTS · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES DENTS

nclon sur la gencive; en le portant ensuite sur le crochet, il tient ce dernier solidement fixé au collet de la dent , le plus près possible du bord alvéolaire. Ceci étant fait, on communique à l'instrument un mouvement de torsion tendant à renverser la dent du côté du panneton ; ce mouvement doit se faire lentement, sans brusquerie, pour donner aux parties cuAironnantes la facilité de céder à l'élaslicilé qui leur est propre, afin de les léser le moins possible. Dès qu'on s'aperçoit que la dent est complètement luxée, on imprime à l'instrument un mouvement d'élévation, et l'on enlève entièrement la dent , ou bien on achève de l'extraire en la saisissant avec une pince droite ou courbe suivant qu'on opère en haut ou eu bas, surtout si l'on s'aperçoit qu'une petite portion de l'alvéole a été emportée avec la dent ou que la gencive y adhère dans une certaine étendue. 11 convient alors de se servir d'un bistouri courbe ou de ciseaux pour la dégager complètement. Dans tous les cas , on doit chercher à éviter cet inconvénient en déchaussant convenablement la dent avant l'opération.

Il est presque toujours d'usage, avec la clef, de saisir les dents de dedans en dehors; mais il est des cas où il est indispensable d'agir en sens inverse : c'est 1° quand la couronne de la dent présente une inclinaison marquée du côté de la langue ; en forçant la racine dentaire de parcourir ainsi l'arc de cercle qu'elle décrit naturellement, on risque moins de la casser ; 2° lorsque la couronne de la dent, minée par la carie, n'offre à son côté interne aucun point d'appui pour placer le crochet; 3° enfin , lorsque la gencive du côté de la joue présente une forte inflammation ou un abcès.

§ IL Du davier droit et de la pince droite.

Ces deux instruments, que l'on confond toujours, diffèrent l'un de l'autre, en ce que dans le davier les mors sont cintrés dans le sens de l'articulation ; la branche supérieure en est plus longue d'une ligne ou deux que l'autre et la dépasse , ce qui leur donne la forme d'un bec de perroquet. Il faut avoir acquis une certaine habileté pour s'en servir sans s'ex-

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poser à casser la dent qu'on veut extraire , lorsqu'elle présenie quelque résistance.

La pi.ice droite (178) est à mors écartés latéralement. Elle sert, ainsi que le davier, à enlever les dents antérieures quand elles ne sont pas trop gâtées , et qu'elles laissent une prise assez solide pour résister à une certaine pression. La pince en Z (179) , du docteur Toirac , est des plus commodes pour aller jusqu'au fond de la bouche chercher les dents de la mâchoire supérieure.

Procédé opératoire. Le malade étant c placé comme ci-dessus , sa bouche étant ouverte, on soulève sa lèvre supérieure avec l'index de la t main gauche , le pouce étant placé sur le bord des dents ; l'instrument étant tenu de la main droite, on saisit entre les mors de la pince , le plus haut possible et au-dessous de la gencive, la dent qu'on veut extraire; cela fait, on exécute des mouvements de demi-rotation, et en ébranlant la dent, on la dirige vers le bord externe de l'alvéole tout en la tirant à soi.

§ IlL Du davier (180) et de la pince recourbés. II existe entre ces deux instruments la même différence qu'entre la pince et le davier droits. La pince doit être préférée, et il est convenable d'en avoir de plusieurs dimensions. Elles servent particulièrement à enlever les dents dont la solidité n'est pas exircme , et les dents de lait de l'une et de l'autre mâchoires.

On saisit la dent sans lui imprimer de mouvements de torsion, comme dans l'emploi de la pince droite, et on cherche à la luxer légèrement en avant , ea l'attirant en même temps à soi ou hors de l'alvéole.

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» ,' ' § rv. Ds Vélévatoir ou langue de carpe. • ;'' '

On nomme ainsi un instrument composé d'une tige , qu'on adapte comme la clef à un manche , et dont l'extrémité coudée se termine par une pyramide quadrangulaire, aplatie et tronquée. C'est un instrument des plus précieux , qu'aucun autre ne saurait remplacer pour l'extraction des dernières molaires ou dents de sagesse.

Procédé opératoire. Le malade étant assis, la tête solidement appuyée sur un corps résistant , on saisit le manche de l'instrument à pleine main, l'index et le pouce éloignés sur la tige et la tenant bienj l'opérateur se met à droite, si c'est une dent du côté droit , et à gauche si la dent appartient à ce dernier côté. Il introduit ensuite la pointe de l'clévatoir à plat entre la dent qu'il veut extraire et la molaire voisine, qui sert de point d'appui; puis, par un mouvement de bascule , en tirant à soi et en inclinant en bas, on soulève la dent en la poussant en même temps en haut et en arrière. Il est important de faire remarquer que pendant l'opération il convient de placer l'index garni de linge sur la face interne de la couronne de la dent que l'on veut extraire , afin d'arrêter la pointe de l'instrument, qui pourrait s'échapper et aller blesser la base de la langue, au moment où la dent poussée avec trop de violence céderait tout d'un coup. 11 convient aussi, pour faciliter l'opération, de déchausser la dent latéralement au moyen d'un bistouri ou du déchaussoir, et à sa partie postérieure avec le déchaussoir en feuille de myrte recourbée ; cette forme d'instrument est très commode en pareil cas.

§ V. Pied de biche. ;

On désigne ordinairement ainsi une tige d'acier, se terminant d'un côté par un manche en forme de poire, et de l'autre par une légère iDifurcation en forme de pied fourchu. Le pied de biche le plus commode et le plus sûr pour enlever toutes les j. 26

racines d'une dent est le suivant (181); il est dû au docteur Toirac , et peut se porter sur tous les points de la bouche. En acier légèrement trempé , il représente un Z dont la dernière branche n'aurait pas plus d'une demi-ligne de longueur.

Procédé opératoire. Le manche du pied de biche étant garni d'une serviette , on en saisit la tige à pleine main; puis, appuyant sa petite extrémité sur la racine qu'on veut extraire, on la pousse avec force de bas en haut quand on agit sur la mâchoire inférieure , et de haut en bas pour la mâchoire supérieure. L'opérateur se place du côté qu'il opère. Comme précédemment, il faut passer le doigt garni de hnge du côté opposé à l'action de 1 instrument, dans la crainte de blesser la joue s" il échappait trop brusquement.

ARTICLE YIII. — Des pinces coupantes droites ou courbes.

Ces instruments peuvent être représentés en quelque sorte par les pinces droites ou courbes dont nous avons parlé, avec cette différence cependant que leurs mors, quand ils sont rapprochés, ont la forme d'un anneau, afin que la couronne de la dent qu'on coupe puisse trouver à s'y placer. On les emploie pour enlever des fragments de dents qui blessent la langue, des couronnes do dents en grande partie détruites par la carie, ou loi'squ'on veut conserver quelques racines deiiiaires pour aider la mastication, ou y placer une dent artificielle à pivot.

ARTKXE IX. — Remabqdes générales.

Le chirurgien appelé pour donner des soins à la bouche des enfanis dnji avoir à sa disposition des instruments beaucoup plus petits que ceux dont on fait habituellement usage pour les a;luites.

11 faut qu'il sache aussi que dans la pratique journalière on rencontre parfois des dents ou des racines qui offient pour lour extraction des difficultés impossibles à surmonter avec les instruments ordinaires; qu'il vaut mieux s'abstenir alors que de tenter vainement une opération douloureuse qui

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