CLASSIFICATION
De tout temps on a senti le besoin de distribuer les opérations en un certain nombre de catégories. L'ancienne division indiquée par Celse, qui veut qu'elles se rapportent toutes à la diérèse , à la synthèse , à Y exérèse ou à la prothèse , et qui a régné pendant une si longue série de siècles, dans presque toutes les écoles d'Europe, ne peut plus être conservée maintenant. Dans la création des huit classe - qu'il veut mettre à la place , Ferrein est encore moins heureux. Les réunions, la séparation de tissus unis accidentellement, les dilatations et le rétablissement de conduits naturels , la fermeture ou l'oblitération de canaux devenus inutiles, l'extraction de certains liquides, les ablations , l'extraction de corps étrangers , les réductions , dont il fait autant de genres différents, forment, en effet, la distribution la moins naturelle qu'il soit possible d'imaginer. La diarthrose , l'action de remédier aux difformités , ajoutées du temps de Dionis aux quatre
ordres primitifs ; la dilataiion et la compression auxquelles M. Roux accorde une place séparée , tandis que la prothèse, rejetée aussi par Fcrrein, ne lui en paraît pas digne, ne rempliraient non plus que très incomplètement le cadre. L'exploration do la vessie, de la trompe d'Eusiache ou des voies lacrymales , l'injection do ces diverses parties , la torsion pure et simple des vaisseaux par exemple, n'auraient ainsi aucun rang, quoiqu'A elles seules elles constituent fréquemment une opération importante.
Les efforts de Lassus, de Uossi, pour éviter les difficultés signalées par les auteurs précédents, n'ont eu aucun succès, et le plan adopté en dernier lieu par Sabatier a tant d'inconvénients, est tellement incommode, que dorénavant la pensée ne viendra sans doute à personne de le reproduire. En effet, de quelle incohérence n'est-on pas frappé quand on voit, pour l'œil entre autres, fistule de la cornée, hypopion, hydrophthalmie , staphylome, squirrhe, procidcnce de Viris , corps étrangers , cataracte, pupille artificielle , éparpillés çà et là au milieu de trois volumes et dans autant de classes distinctes ? De celie façon il est h peu près impossible de savoir dans quelle partie de l'ouvrage on doit aller chercher l'article dont on a besoin , à moins d'avoir parcouru d'avance «n interminable index. Pour ouvrir la chambre oculaire antérieure , je suppose, on serait forcé de consulter tour à tour le deuxième, le troisième ou le quatrième volume, selon qu'il s'agit d'en extraire du pus , un corps étranger ou le cristallin. Sous ce point de vue , l'essai do Delpech est encore plus mal'ieureux. Enfin la méthode développée par M. Richorand , bien qu'une des plus avantageuses pour l'étudo, ayant également pour base une vue do l'esprit, n'est pas non plus totalement à l'abri des reproches qu'on peut si justement adresser à Sabatier. D'où il résulte que l'ordre topographique, A']\ préféré par . T. Fabrice, et dontRoyer n'a pas cru devoir s'écarter malgré les critiques plus ou moins fondées qui en ont été faites à diverses époques, est encore le meilleur et le seul peut-être qui puisse, quant A présent, être de quelque secours au lecteur dans un traité de médecine Opératoire.