ACCIDENTS NERVEUX
Les syncopes et les lipothymies par suite d'hémorrhagie seront à craindre chez des sujets déjà affaiblis, et chez ceux dont toute perte de san{; un peu considérable amène ordidinairement ce résultat. Ici les moyens préventifs se trouvent dans une compression préalable des artères bien faite , dans l'emploi des doigts ou de la ligature comme il a été dit tout à l'heure.
Bien que les accidents dont il s'agit soient rarement de nature à inquiéter sérieusement , ils exigent pourtant qu'on y remédie le plus tôt possible. La première chose à faire, en pareil cas , est de rendre l'accès de l'air libre et facile autour du malade, d'ouvrir les fenêtres, et d'écarter du lit tous les aides qui ne sont pas indispensables. Si l'opération est très avancée , on la termine brusquement ; puis on donne au malade une position tout-à-fait horizontale en lui abaissant plus ou moins la tête. Cette position est à elle seule capable da prévenir les syncopes ou de les faire promptement disparaître en rappelant le sang vers le cerveau. De plus, on lui imprime des secousses soit par une compression saccadée de la poitrine , soit à l'aide de chiquenaudes sur le visage , les tempes ou le cou , mais mieux encore en lui projetant de l'eau froide sur la figure. L'eau de Cologne , l'eau-de-vie, l'ammoniaque , le vinaigre, portés sous le nez , ou appliqués par frictions sur les tempes , sur le front , sur la région cardiaque , doivent être associés aux ressources précédeuies , soit à litre de moyens préventifs , soit comme remèdes curatifs. Chacun connaît assez d'ailleurs les remèdes de la syncope et de la lipothymie pour que je n'aie pas besoin de m'y arrêter davantage. Si toutefois la syncope résistait ou se prolongeait trop long-temps, et que l'opération dût encore être longue, il vaudrait mieux mettre le bistouri de côté pour y revenir plus tard , que de persister, surtout si l'opération était par elle-même de nature dangereuse.
IL Convulsions. Les accidents convulsifs qui arrivent dans le cours de quelques opérations se rattachent généralemnn aux mêmes causes que la syncope ; aussi emploie-t-on les mêmes moyens pour les prévenir et pour les combattre.
1^ OPÉKATIONS EU UÉINÉBAL.
Gepenfîaut les convulsions étant , plus encore que la syncope, sous l'iniluence de la douleur et delà crainte, exigent aussi plus souvent la suspension de l'opération. Si donc il s'agissait d'une opération longue et gra\e tout à la fois, que des convulsions vinssent à la troubler dès le coinmencemenl, il vaudrait mieux ne pas continuer, reporter le malade au lit , et attendre que son moral et son courage fussent mieux disposés.
III. Opéralions en deux temps. Les opérations qu'on cesse pour les reprendre et les terminer plus tard , ont reçu le nom d'opérations en deux temps; elles méritent en outre (J'être subdivisées en opérations de nécessité et opérations d'élection sous ce point de vue.
Les premières ne sont pratiquées en deux temps que malgré le chirurgien , que par suite d'accidents particuliers; les autres sont ainsi complétées en deux fois , parce que des raisons particulières, connues d'avance, portent l'opérateur a préférer cette méthode. C'est ainsi que quelques chirurgiens se comportent encore pour le bec-c|e-lièvre double ; que d'autres pratiquaient autrefois la taille périnéale; qu'un certain nombre de modernes proposent d'effectuer la taille hypogastrique , etc. Quant à moi , je ne me décide aux opérations en deux temps que s'il m'est tout-à-fait impossible de faire autrement sans danger réel pour le malade. Comme méthode de choix, l'opération en deux temps me parajt essentiellement vicieuse.