VI PRÉFACE
non pas seulement un manuel, pour être véritablement utile. Plusieurs cahiers étaient déjà rédigés dans ce sens , lorsque les journaux annoncèrent, en 1825, un livre du même genre comme devant paraître incessamment, livre qui n'a point été publié. Je dus m'arrêter alors , et attendre. D'autres motifs m'encourageaient à temporiser ainsi. Uniquement appuyées sur des manœuvres d'amphithéâtre, mes assenions n'eussent été que d'une faible valeur. Les procédés essayés sur le cadavre ne peuvent être définitivement adoptés qu'après avoir subi l'épreuve des hôpitaux. Ma position, à celte époque , ne m'eût donc pas donné le droit d'invoquer avec assez d'assurance mon expérience personnelle.
Quatre années de pratique à l'hospice de Perfectionnement, le service de l'hôpital Saint- Antoine dont j'ai été chargé pendant près de deux ans, les salles dont j'ai eu la direction à la Pitié , me procurèrent enfin l'occasion d'appliquer fréquemment moi-même à l'homme vivant les tentatives que j'avais répétées tant de fois sur le sujet mort. A partir de là , je pensai qu'il me serait permis d'émettre une opinion sur la convenance, soit absolue, soit relative, des différentes méthodes qui doivent être examinées dans un traité comme celui-ci.
Ecrivant dans le seul intérêt du vrai, j'acceptai du reste tous les travaux, sans distinction de pays, d'école ni de personnes, me réservant d'en discuter la valeur avec indépendance, de dire sans prévention ce que, selon moi, ils peuvent offrir d'utile ou de défectueux. Notre époque présente, sous ce point de vue, des difficultés qui ne seront bien senties que par celui qui voudrait en faire l'histoire impartiale. De leur vivant, les hommes sont rarement justes les uns à l'égard des autres. Au lieu d'être publiés par leurs auteurs, les perfectionnements dont on est redevable à la plupart des praticiens qui se partagent le domaine de la science , n'étant