SONDE CANNELÉE
profonde sur l'autre face (25). L'une de ses extrémités présente une plaque à bords mousses , et fendue, pour fixer certaines brides, telles que le frein de la langue, qui ont besoin d'être tendues pendant que le chirurgien en opère la section. A l'autre bout, la rainure des sondes cannelées se termine quelquefois en cul de sac et d'autres fois sans crêtes. Cette sonde , qui remplace souvent le stylet à titre d'instrument explorateur, est principalement destinée à diriger le bistouri ou les ciseaux dans les incisions , au voisinage des organes qu'il importe de ménager; alors on la tient généralement de la main gauche comme un levier du premier genre, le pouce appliqué sur la plaque, l'indicateur étalé sur sa partie moyenne, pendant que son bec tend à soutenir ou à soulever les parties (26). On s'en sert aussi, soit pour déchirer des
( Fig. 2G. )
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lamelles peu résistantes, soit pour décoller et soulever certains vaisseaux. Ici le bec de la sonde doit être un peu recourbé sur sa concavité; le chirurgien la saisit comme une plume à écrire , en ayant soin de la tenir horizontalement et de lui imprimer, en pressant , de légers mouvements de va et vient; c'est sur elle aussi qu'on fait glisser les stylets porle-ligature , certaines mèches, certaines tiges cylindriques qu'il importe de faire passer à travers certains canaux ; c'est enfin l'instrument conducteur le plus fréquemment utile qu'on ait en chirurgie.
La sonde cannelée présente d'ailleurs des variétés assez nombreuses. Quelques personnes, par exemple, veulent qu'elle soit percée d'un ou de plusieurs trous près de son bec. Il en est qui donnent à sa caimelure une profondeur considérable et une forme presque carrée, tandis ~ que, pour quelques autres , cotte rainure doit être triangulaire et assez superficielle , de même que quelques chirurgiens aiment mieux la forme de gouttière ; mais toutes ces différences ne valent pas la peine qu'on les discute.
Sonde anglaise. Au lieu de se terminer par une plaque fourchue , la sonde anglaise (27) présente à son extrémité un anneau latéral , disposé comme l'anneau d'une branche de ciseaux. Il est évident qu'avec cette forme , la sonde est moins facile à manier, donne moins de force au chirurgien et perd quelques uns de ses avantages.
ARTICLE IX. — Porte-mèche.
w L'instrument appelé porte-mèche (28) est une sorte de stylet, se terminant par une petite fourche d'un côté , et par un bouton lenticulaire de l'autre. Son usage est très borné , ot pourrait l'être encore beaucoup plus , attendu que la pince à anneaux le remplace sans peine dans la plupart des cas. Pour s'en servir , on en fixe l'extrémité bifurquée sur l'anse des mèches dont les extrémités rabattues doivent le coiffer, de manière à ce qu'il puisse les pousser devant lui à telle profondeur qu'on désire. La main droite en embrasse d'ailleurs l'autre extrémité de deux manières différentes : tantôt en effet le bouton , fixé dans la paume j de la main , permet d'embrasser la tige avec les deux doigts du milieu et le pouce fléchis pendant que l'indicateur s'étend et se fixe au-devant.
Dans d'autres cas , et cette manière est celle que je préfère, les deux doigts du milieu attirent et pressent la mèche contre l'instrument, pendant que le pouce, appuyé sur le
PORTE-MKCUE. 12$
boulon (29) , la fait avancer du côté des organes. Le bouioQ
(Fig. 29.)
du porte-mèche a aussi l'avantage de pouvoir introduire entre des lames résistantes certaines pièces de linge et de remplacer ainsi un instrument qu'on employait autrefois sous le nom de méningophylax.
ARTICLE X. — AiGoiLLEs et fil.
Il faut dans la trousse des fils et des aiguilles ordinaires, pour coudre les différentes pièces de linge ; des fils de soie , des fils cirés pour pratiquer les ligatures que peuvent nécessiter certains accidents ; des aiguilles à suture , droites , courbes, de différentes sortes pour la réunion des plaies; mais c'est à l'occasion des opérations en particulier, que la valeur et le choix de ces objets devront être examinés.