SONDE LE POITRINE
moins que les stylets en ar{;ent ou en or. Cet instrument prend le nom de stylet à fenêtre ou en ai- (juille, lorsqu'il porte à son autre extrémité un larf^o chas (17); sous cette forme il sert à conduire, soit une mèche de linge effilée, soit de petits rubans à travers des plaies ou des ouvertures delà peau , soit les différentes sortes de ligatures au-dessous des vaisseaux : on l'appelle stylet cannelé , stylet à panaris , quand, "au lieu d'une fenêtre, il est creusé le long de sa moitié supérieure d'une rainure qui en fait une espèce de sonde cannelée (18); alors il peut servir à conduire le bistouri par de très petites ouvertures, et devenir un guide utile quand il s'agit de pénétrer dans des canaux étroits ou d'avoir une sorte d'axe pour glisser sans crainte certains tubes à quelque profondeur dans les organes. ^
Au reste , le stylet est un instrument dont le w) nom devrait être changé , tant il effraie la plu- ^ part des malades ; s'il était possible de s'entendre sur un sujet d'aussi peu d'importance, je proposerais de lui substituer celui de cylindre , qu'on pourrait également qualifier de cylindre boutonné, cylindre à fenêtre, cylindre cannelé.
§ II. Sonde de poitrine.
Sri Le stylet ordinaire n'ayant que cinq à six pouces de longueur , ne suffit pas pour tous les cas ; quand il s'agit de pénétrer au fond de vastes décollements ou dans quelque grande cavité, on sent quelquefois le besoin d'un siylet beaucoup plus long ; celui qu'on emploie en pareil cas porte le nom de sonde de poitrine ; on lui donne environ un pied de longueur, et, pour le rendre portatif, on le compose de deux moitiés ( 19. ) qui peuvent être vissées bout à bout, ou séparées à volonté. Le nom qu'il porte, et qui lui fut sans doute imposé à l'époque où il était de règle de sonder les plaies de poitrine, induirait eu
tl8 ART DES PANSEMENTS.
erreur aujourd'hui; car, un chirurgien serait blâmable de chercher à le faire entrer dans le thorax par une blessure de cette cavité.
ARTICLE VII. — Algalies ou sondes.
On donne le nom d'algalies, ou desondes creuses, à des tubes de différents genres destinés à retirer les liquides naturels ou pathologiques de certaines cavités. Ces tubes servent en outre à conduire des substances médicamenteuses au fond de quelques organes , de même qu'à explorer l'intérieur de quelques viscères. La chirurgie possède, sous ce rapport, des sondes pour la trompe d'Eustache, le canal nasal, le larynx, l'œsophage, la vessie, et même pour le rectum. Ces instruments sont en gomme élastique ou en métal ; ils ne portent cependant le nom d'algalie qu'autant qu'ils ont été fabriqués pour pénétrer dans la vessie urinaire. Devant discuter en détail la valeur des algalies en parlant ducathétérisme vésical chez l'homme, je me bornerai pour le moment à dire un mot de la sonde dont l'élève a quelquefois besoin dans la pratique des pansements.
,â § Ie^ Sonde de femme.
Celle qui porte le nom de sonde de femme est un tube long d'environ six pouces , et de deux à trois lignes de diamètre, ^ en métal, cylindrique (20), légèrement courbe à son '^' extrémité mousse , percée de deux ouvertures latérales de ce côté, un peu évasée en entonnoir, et garnie d'un petit anneau de chaque côté à l'autre extrémité.
Cette sonde, construite pour la vessie de la femme, sert encore à soutirer les liquides de certains abcès profonds et larges, à explorer l'intérieur des fosses nasales , à pénétrer , comme le stylet , au fond de quelque solution de continuité sinueuse.
Jk Ainsi construite, l'algalie vésicale est un instru- ^ ment dont on pourrait à la rigueur se passer. Chez les femmes enceintes, et toutes les fois que la vessie est refoulée dans l'hypogaslre par quelque maladie du bassin, elle
SONDE d'homme. 119
n'est ni assez longue ni assez courbée pour pénétrer aisément
dans la vessie. Alors la sonde d'homme, qui peut également
la remplacer dans les cas ordinaires, csl manifestement plus
commode.
La sonde d'homme ne diffère de la précédente qu'en ce qu'elle estd'un tiers ou de moitié plus longue, et en ce que sa courbure estbeaucoup plus prononcée. Cette disposition, qui en rendait le placement difficile dans la trousse, avant qu'on eût trouvé moyen de la briser, la rend propre à une infinité d'usages.
Aujourd'hui, on peut dire que l'algalie dont ^jg tout élève doit être muni se compose de trois pièces : une pièce commune ou la tige, et deux pièces particulières ou le bec. La première, commune aux deux autres , représente en quelque sorte le manche (21), c'est-à-dire la portion droite de l'instrument. L'autre varie selon qu'il s'agit d'une sonde de femme ou d'une sonde d'homme. Pour la femme , ce n'est qu'un segment de cercle long d'un à deux pouces (22). Pour l'homme, ce segment peut avoir jusqu'à cinq pouces (23). En
vissant la tige sur 1 une de ces portions,
(^ 0 on obtient à volonté une algalie courte
et presque droite, c'est-à-dire une sonde
5^ de femme, ou bien une algalie longue et
'^l^ courbe (24), c'est-à-dire une sonde
£ d'homme
Dans l'étui , c'est à l'état de sonde de femme que l'instrument doit être casé, pendant que la moitié courbe de la sonde d'homme en reste séparée.
Cette sonde doit avoir des parois suffisamment épaisses et solides pour ne pas se laisser -aisément bosseler. Il est bon que les orifices connus sous le nom d'yeux, qui en avoisinent le bec, soient à une certaine distance l'un de l'autre ,
120 ART DES PANSEBŒNTS.
et assez larges pour donner librement issue aux liquides. Le lieu delà brisure est un point qu'il convient de surveiller. Simpleinentvisséesl'une sur l'autre, les deux pièces qui composent la sonde exposent, chez l'homme, à un inconvénient qu'il importe de connaître et que je rappellerai en parlant des calculs vésicaux. Retenu par quelque résistance de la vessie, le bec de l'instrument se dévisse au fond de l'urètre pendant qu'on cherche à en incliner le pavillon en sens opposé ; il en résulte souvent un bruit qui pourrait donner l'idée d'un calcul, ou faire croire qu'on a parcouru t-iutes les régions de la vessie , quoique la partie courbe de la sonde n'ait en réalité subi aucun déplacement. Il est vrai que, par le moyen d'un engrenage particulier, le fabricant Charrière est parvenu à détruire cet inconvénient. Mais quelque perfectionnées qu'on puisse les supposer, les algalies à brisure n'auront jamais , sous un volume égal, la même force que les algalies ordinaires; en sorte que, s'il est bon d'en avoir une de la première espèce pour les cas éventuels , ce n'est pas une raison pour négliger les autres lorsqu'on est à même de choisir.
L'espèce de mandrin ou de petit stylet que porte avec elle chaque algalie de métal, n'ayant d'autre usage que de déboucher les yeux de la sonde quand ils s'engouent, doit toujours être retiré avant de sonder les malades, du moins lorsqu'il s'agit de constater l'absence ou l'existence de calculs dans la vessie. Du reste, ce n'est point ici qu'il me serait possible d'indiquer convenablement la manière d'employer les alf^alies. Je dirai seulement qu'une sonde en gomme élastique doit être ajoutée aux sondes métalliques dans le portefeuille du chirurgien.
ARTICLE Yin. — Sonde cannelée.
L'instrumcntappelé sonde cannelée ne ressemble en rien aux algalies proprement dites ; c'est une tige en acier, en argent, en or ou en vermeil, qui n'a guère qu'une ligne ou deux de diamètre, et qui est longue do quatre à six pouces. Arrondie sur sa moitié inférieure, elle est creusée d'une rainure assez