TAMPONS
S IV. Pelote.
?' On donne le nom de pelote à une masse de charpie renfermée, pressée dans un linge qu'on noue à la manière d'un sac , et qui prend ainsi l'aspect de la grosse extrémité d'une courge, ou d'une tète terminée par un mince collet (36). Pour faire une pelote il suffit de mettre sur le mi- '5-.?-'^ lieu d'un linge carré une masse de charpie brute, en rapport avec le volume qu'on veut donner à la pelote; après avoir relevé de tous côtés le linge, on l'étrangle par plusieurs tours de fil entre la portion libre du linge et le cul de sac occupé par la charpie. Dans quelques cas on s'y prend d'une autre façon : le linge, préalablement introduit dans la cavité oii on veut le placer, reste libre au dehors ; on pousse alors, portion par portion, toute la charpie nécessaire dans son fond comme dans une bourse, jusqu'à ce qu'il y en ait assez pour l'empêcher de ressortir, et lui donner la forme d'un collet quand on viendra à tirer sur sa portion extérieure. Avec cette précaution on établit sans peine des pelotes d'un assez fort volume audelà des ouvertures les plus étroites et les plus résistantes. C'est lorsqu'il s'agit de comprimer de l'intérieur à l'extérieur pour arrêter quelque hémorrhagie, comme dans les blessures de l'artère intercostale par exemple, ou les opérations qui se pratiquent sur l'extrémité inférieure du rectum , que la pelote de charpie est surtout indiquée.
§ V. Tampon. '
Lorsque des boulettes ou des masses nombreuses de charpie brute doivent être accumulées, soit au fond d'une plaie pour la distendre, soit au fond^de quelque cavité pour la comprimer, qu'elles soient à nu ou enveloppées d'un linge, elles prennent généralement le titre de tampon. Onvoitdona que le tampon peut ressembler tour à tour aux boulettes, aux bourdonncts , aux rouleaux , aux pelotes de charpie.
ARTICLE IV. — MÈCHES et tentes.
§ i". Tentes.
On donne le nom de tentes à des rouleaux , tantôt cylin- ,.^ . > driques, tantôt coniques (37), ou bien
à des espèces de bouclions de charpie.
^^^:jsç^„,^^^^ Généralement la charpie estalorsrou- ^^^^^^si^^^ lée entre les doifjts , de telle sorte que ses fils, d'abord parallèles, se tordent en spirales les uns autour des autres. La manière la plus ordinaire de former une tente consiste à ployer en double un faisceau plus ou moins volumineux de filaments de cette substance : il en résulte un cône dont la base répond au point de flexion , et le sommet à l'extrémité libre des fils.
On forme aussi quelquefois des tentes en roulant une lame de linge usé , ou bien en taillant quelques morceaux d'épongé préparée ou quelque racine poreuse , celle de gentiane par exemple. Autrefois très usitées , les tentes ne sont presque plus employées aujourd'hui ; destinées à maintenir l'ouverture des trajets fistuleux , à dilater quelques ouvertures trop étroites , à prévenir le recollement trop prompt de certains orifices arrondis, elles ont l'inconvénient d'empêcher l'écoulement des liquides, de comprimer douloureusement les parties et de faire l'office de bouchon. On aurait tort cependant de les proscrire absolument de la pratique, puisqu'il est des cas où les inconvénients qu'on leur reproche sont précisément ce que l'on tient à obtenir. La charpie convient mieux lorsqu'il importe d'avoir une compression modérée. L'éponge mérite au contiaire la préférence quand il est utile de dilater rapidement quelque ouverture un peu serrée, le col de l'utérus en particulier. Les tentes de gentiane, de carotte, tiennent en quelque sorte le milieu sous ce rapport entre l'éponge et la charpie.
Les tentes peuvent encore être remplacées, dans quelques cas', soit par l'extrémité d'une sonde ou d'une bougie en gomme élastique, soit par une portion de bougie emplaslique,par un fragment de la bougie ordinaire vulgairement
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connue sous le nom de rat-de-cavc. Enfin on pourrait substituer à tous ces moyens un cône de sparadrap de diachylon roulé sur sa face dépourvue d'emplâtre. C'est de celte façon , par exemple, qu'on peut tenir ouvert le méat urinaire dans certains cas de blessure , que l'on comprimerait un vaisseau ouvert par la ponction à travers les parois du ventre.
§ H. Mèches.
Il y a trois principales espèces de mèches en chirurgie : mèehei de charpie , mèches de linge effilé , mèches de coton.
A. Pour construire une mèche de charpie , on prend un faisceau plus ou moins volumineux , suivant 1 indication, des ïils de cette substance , qu'on met en double à la manière d'un écheveau ordinaire tranché à l'une de ses extrémités. Un lien étrangle le tout vers le point de réflexion et empêche les brins de charpie de se déplacer. On obtient ainsi un cylindre régulier , dont on ne se sert plus guère maintenant que pour panser les maladies de l'anus, ou pour dilater le canal nasal dans quelques opérations de fistules lacrymales. On use cependant encore de mèches de charpie pour quelques autres fistules, pour certains abcès, et même dans quelques cas de maladies de l'urètre. Tantôt ces mèches sont entraînées à l'aide du fil qui en fixe l'anse, tandis que, le plus souvent, elles doivent être conduites à l'aide du porte-mèche.
B. La mèche de linge se compose d'un ru- Ë ban de toile souple , demi-usée , qu'on effile
sur les côtés de manière à ce qu'elle offre de deux à' quatre lignes de franges, et une partie pleine, large de trois à six lignes (38). •M Cette mèche, dont les bords sont très soup pies , est employée sous forme de sétons dans un grand nombre de circonstances.
Lorsqu'une de ses extrémités doit seule rester à l'intérieur d'une cavité , soit naturelle, soit pathologique, il est souvent inutile d'en effiler les bords.