‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 56 sur 209 · FILASSE · texte numérisé non relu

FILASSE

ce tissu, quant à la forme, à du velours dont la face villeuse serait très raréfiée , ou bien à ces paillassons do pelouse dont on se sert pour essuyer les pieds dans les appartements.

S'il est vrai que la charpie anglaise soit d'un emploi plu^ facile que la charpie française, il l'est aussi que , son épaisseur ne pouvant être ni augmentée ni diminuée à volonté dans un point plutôt que dans un autre , elle ne s'accommode pas aussi bien à la forme des parties. De plus , sa face lustrée la rend moins apte que la charpie ordinaire à la dessiccation des plaies , à l'absorption du pus , etc.; en sorte que , tout bien considéré , la charpie anglaise vaut certainement moins que la nôtre , si tant est qu'elle soit réellement meilleure que de simples plaques de linge.

ARTICLE YI. — Filasse.

Les difficultés qu'on éprouve quelquefois à se'procurerde bonne charpie ont porté quelques personnes à chercher dos substances qui pussent en tenir lieu. La filasse, la bourre, l'étoupe , la mousse , employées de tout temps à défaut de mieux , par les gens de la campagne , se sont présentées d'abord.

11 est vrai que la filasse représente réellement la charpie sous ses deux formes principales. A l'état de filasse préparée, elle simule jusqu'à un certain point la charpie en plumasseaux. Sous forme d'ctoupe, ce serait de la charpie brute ou en gîiteau. La différence tient à ce que l'étoupe et la filasse n'ont point été assouplies par les frottements, et qu'elles conservent un ressort , une élasticité , une dureté , dans chacun de leurs brins , qui les rendent à la fois trop irritantes et trop peu favorables à l'absorption des liquides.

M. Ganalpense, il est vrai, qu'on peut détruire ces inconvénients de la filasse en la battant , puis en la soumettant i la vapeur du chlore. Mais les essais auxquels j'ai soumis cotte sorte de charpie, appelée vierge par son inventeur, m'ont convaincu qu'elle était loin de valoir la charpie ordinaire. Relativement à la peau çt aux plaies , l'étoupe et

f§i ART DES PANSEMENTS.

la filasse sont à la charpie bien conditionnée ce que le linge gros , neuf et rude serait au linge fin et demi usé dans les vêtements. Toutefois ces substances remplacent très bien la charpie lorsqu'il s'agit de matelasser , de remplir quelques vides, quelques excavations au voisinage des parties que l'on tient à comprimer légèrement. C'est ainsi que dans les appareils à fracture, que sous certains bandages compressifs , que pour distendre quelque cavité naturelle , on pourrait les employer sous forme de plaques, de rouleaux, de tampons ou de gâteaux , en guise de charpie, qui, dans toutes ces circonstances, a l'inconvénient de se pelotonner , de se grumelcr plus facilement que l'étoupe ou la filasse. En définitive , ces substances étant moins chères et plus faciles à se procurer que la charpie, il serait permis de les mettre en usage partout où cette dernière n'est pas indispensable chez les individus pauvres , ou lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement. La bourre ou le poil des animaux solipèdes , du bœuf , du chameau, etc., vaudrait encore moins que la filasse , et ne doit par conséquent être acceptée que comme pis-aller.

ARTICLE VII. — Typha.

La plante connue sous le nom de typha porte à son extrémité libre, quand elle est complètement développée, une sorte de massue cylindrique dont l'efflorescence fournit un duvet qui se rapproche un peu de la charpie. D'autres plantes donnent un duvet analogue ; mais le typha est celle qui en fournit incomparablement le plus. Or , ces aigrettes du typha , qui peuvent servir à faire des coussins et même de petits matelas , sont depuis long-temps employées par les paysans de quelques contrées marécageuses de la France , en place d'étoupe ou de charpie. Cependant les chirurgiens n'ont songé à les utiliser qu'après avoir appris qu'elles guérissaient assez promptemcnt certaines blessures de la peau. Il paraît même que, dans le département de l'Aube, entre autres (1) , le lyplia est , depuis plus de vingt ans, le remède vulgaire des dificrcnles sortes de brûlures. Sachant [que

(1) Yignal, r/à-se, n« 152, Paris, 1832.

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