‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 6 sur 209 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

firmée par celle de Le Clerc, de Freind, de Dujardin , de Peyrilhe.

N'ayant cité presque nulle part le titre ni le passage des ouvrages où j'ai puisé, j'aurais pu m'abstenir en même temps de rappeler le nom des auteurs. On peut négliger ainsi toute recherche historique, et n'avoir besoin de contredire personnellement qui que ce soit 5 mais rien ne me paraît plus contraire aux véritables intérêts de la science. Ne voyant aucun nom dans le texte qu'ils lisent, injustes sans le savoir, les étudiants rapportent sans cesse à l'auteur qu'ils ont entre les mains des idées qui datent souvent de plusieurs siècles , ou que vingt autres ont déjà émises. De là cette crédulité si habilement exploitée de tout temps, et maintenant encore mieux que jamais, par les inventeurs de nouvelles méthodes -, de là , tant de mystifications académiques , et cette vogue qu'obtiennent les fabricants de découvertes, parmi les nombreux praticiens, qui, sous ce rapport, ne sont guère moins faciles à tromper que les élèves. En accolant à chaque point dont je traite les principaux noms qui s'y rattachent , je me suis d'abord acquitté d'un devoir de rigoureuse justice; j'ai cru ensuite que mes assertions gagnaient de la sorie un appui, une autorité qu'il eût été fâcheux de leur refuser. J'y trouve enfin l'avantage de montrer d'un mot au lecteur que l'objet dont il s'occupe est ou n'est pas nouveau , que tels et tels en ont déjà parlé. Aux personnes qui me reprocheraient de les avoir mises par là dans l'impossibilité de vérifier l'exactitude de mes citations, je répondrai qu'en reproduisant l'opinion des autres , je l'ai , en général, donnée telle que je la comprends, sans prétendre en aucune façon les rendre responsables de mes interprétations. Croyant parler à des élèves,^j'ai voulu, en indi-

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quant les choses , leur fairo soupçonner qu'il en existe une histoire , et leur donner ainsi , à l'avance, quelque goût de littérature scientifique.

On n'a jamais révoqué en cloute l'importance de l'anatomie dans la pratique des opérations. Néanmoins, comme il n'était possible d'en faire entrer qu'un petit nombre de notions dans un traité de médecine opératoire , j'ai dû ne songer qu'à celles qui sont indispensables, et choisir la forme qui convient le mieux à leur exposition abrégée.

Sabatier, qui a su donner l'état de la science avec tant de clarté, n'en a pas moins le défaut, par son manque de détails descriptifs , de ne satisfaire que ceux qui savent déjà ou qui se bornent à le consulter dans le cabinet, d'être insuffisant pour ceux qui s'exercent dans les amphithéâtres. Voyantcet écueil, j'ai tâché de l'éviter, sans perdre de vue l'inconvénient contraire , sachant combien sont fatigantes parleur aridité, combien se nuisent par leur multiplicité, ces longues et interminables indications manuelles qu'on trouve dans quelques publications de notre siècle. Au reste, afin de mettre tout le monde à l'aise sur ce point, j'ai donné, chaque fois que l'étendue du sujet me l'a permis, les particularités purement mécaniques et pratiques, absolument utiles pour l'exécution même de l'opération, soit sur l'homme vivant, soit sur le cadavre, sous le titre de Manuel opératoire. L'historique , Y examen, la discussion, \ appréciation des méthodes, les accidents^ les suites, les indications, formant l'objet d'autant de titres distincts, seront toujours faciles à consulter seuls pour celui qui ne voudrait pas lire l'article en entier. Je n'ai appliqué ces divisions cependant qu'aux opérations un peu compliquées , et n'ai point cru devoir y soumettre celles qui peuvent être convenablement décrites en quelques pages. Ne pouvant me résoudre à ne traiter abso-

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lument que des procédés opératoires, ne voulant pas non plus faire un livre de pathologie chirurgicale , je m'en suis tenu sur ce point à la discussion des indications , laissant de côté , à moins de nécessité spéciale, ce qui est relatif à la nature , au développement , aux signes , à la thérapeutique générale des maladies. La comparaison des méthodes , les résultats qu'elles ont fournis, formaient un autre point trop négligé jusqu'ici , d'une utilité trop incontestable , pour que je n'y apportasse pas tout le soin possible.

Si j'ai souvent rappelé des procédés depuis long-temps oubliés ou justement proscrits, si je n'ai point omis non plus une foule d'inventions récentes , quoiqu'elles n'aient aucune valeur par elles-mêmes , et que la science n'en doive tirer aucun parti , c'est que , d'une part , il n'est pas de méthode, si bizarre qu'on la suppose , qui ne coure risque d'être reproduite un jour par quelque nouvel inventeur, et que, de l'autre, il est indispensable d'éclairer les étudiants, non seulement sur ce qu'ils doivent adopter, mais encore sur ce qu'ils doivent repousser, quand il s'agit de l'histoire contemporaine, de données , d'opinions qu'ils sont exposés à entendre chaque jour louer ou blâmer injustement. Quoique j'aie tout fait pour suivre, sous ce double rapport, le mouvement des esprits, pour représenter avec exactitude et impartialité l'état actuel de la science ; que je n'aie rien négligé pour me procurer des renseignements fidèles sur ses perfectionnements les plus modernes , je n'en crains pas moins d'avoir oublié des objets utiles , et n'ai nullement la prétention d'avoir tout dit. Là-dessus, comme sur le reste, je recevrai avec reconnaissance les avis que la critique des hommes instruits voudra bien me donner.

Les gravures annexées aux descriptions ne sont pas aussi nombreuses que la nature du sujet semble le rendre néces-

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