KANDAGES DE LA MAMELLE
carré. Mais ces bandages , bons pour contenir un appareil simple , ne suffisent plus quand il s'agit d'exercer une compression quelconque ou de tenter le rapprochement , l'écartement des lèvres d'une plaie.
II. Bandage unissant et comjircssif de la région mammaire. Les plaies de la région mammaire peuvent être réunies à l'aide de bandelettes agglutinatives ou des bandages unissants simples comme celles de toute autre région. Si d'ailleurs l'indication du rapprochement de leurs bords était bien formelle , il suffirait de conduire méthodiquement les doloires du cataphraste dans leur voisinage , et de placer à quelque distance des compresses graduées pour y arriver sans peine.
Pour suspendre la mamelle au moyen d'une bande , on peut se comporter comme je l'ai dit en parlant du quadriga, si ce n'est que quelques tours de la bande doivent être passés alors en diagonale de la partie inférieure du sem malade sur l'épaule du côté opposé. Si ces diagonales n'ont lieu que d'un côté, on aura le suspenseur simple. En les appliquant des deux côtés, on obtient le suspenseur double. Quelques tours de circulaires placés au-dessus puis au-dessous desseins, consolident les doloires du suspensoir. Le chef de la bande conservé libre en arrière étant ramené en bretelle par devant forme du tout un appareil des plus simples et des plus solides.
Le bandage compressif de la mamelle ne diffère pas sensiblement du précédent ; car , qu'on applique ou non d'abord des plaques d'agaric ou des gâteaux de charpie sur l'organe à comprimer, il n'en faut pas moins des diagonales comme dans le suspensoir, s'il s'agit d'une mamelle volumineuse , des circulaires plus ou moins nombreuses comme dans le bandage roulé , et un bout de la bande servant de bretelle pour brider le tout.
La compression de la mamelle pourrait encore se faire dans certains cas à l'aide de bandelettes agglutinatives placées circulairement et d'avant en arrière autour de la poitrine quand la glande est comme plaquée sur le thorax, ou bien en fixant circulairement les bandelettes autour du sein luimême et de sa racine vers le mamelon quand cet organe est I. ik
210 ART DES !»ANSEMENTS.
tout-à-fait globuleux, pendant et facile à détacher du thorax; seulement ilestrarequela conformation des parties permette de donner à ce bandage toute la fixité convenable.
On voit donc qu'en y ajoutant un 8 postérieur, un 8 antérieur, un tour de spica simple ou de spica double, une ou deux diagonales , le bandage roulé de la poitrine devient à volonté un quadriga , un catapiiraste , un 8 de chiffre , un étoile , un spica ; de manière qu'il peut en réalité suffire à tous les pansements des régions mammaire, axillaire, sternale , dorsale et sus-claviculaire.
§ V. Bandages de l'abdomen.
Qu'il s'agisse de comprimer l'abdomen , d'en panser ou d'en réunir les plaies, de tenir un appareil quelconque sur cette région , il est toujours possible d'y parvenir à l'aide du bandage de corps, du bandage roulé, d'une ceinture, des corsets ou des bandages unissants.
I. Le bandage de corps est employé plus souvent à lui seul que tous les autres ensemble, pour maintenir les pièces de pansement autour du ventre ; seulement, il est ordinairement utile de lui donner un peu plus de largeur dans cette région qu'à la poitrine, et plus souvent nécessaire aussi de le fixer à l'aide de sous-cuisses. Ce bandage convient à la fois aux maladies des régions épigastrique, ombilicale, hypogastrique , des flancs et des lombes.
II. Bandage roulé. H ne serait indispensable de substituer le bandage roulé au bandage de corps que s'il paraissait utile de comprimer d'une manière égale , ou sur quelques points isolés et multiples, différentes régions de la partie antérieure de l'abdomen.
III. Ceinture et corsets. Lorsqu'il convient d'exercer sur le ventre une compression égale , invariable et permanente, la ceinture ou le corset remplacent quelquefois le bandage de corps ou le bandage roulé. La ceinture , qui n'est en réalité qu'un bandage de corps rembourré un peu étroit, ordinairement garnie de courroies ou de quelque autre pièce élastique , convient surtout pour maintenir les différentes sortes de hernies ventrales ou ombilicales.
, Les corsets peuvent ôtre fort utiles chez les hydropiques ,
lUSl'ENSOIR l)\i l'iIYPOGASTRE. 211
chez certaines femmes qui souffrent dan'^ rhypo^astrc. C'est ainsi que Monro avait imaîi;iné une soric do bandage qui enveloppait la totalité du ventre, qu'on laçait en arrière comme un corset, et qui avait pour but de comprin^er l'abdomen au moment de la paracentèse, afin d'empêcher un relâchement trop subit des organes digestifs. Généralement négligé en pareil cas, le corset de Monro n'en serait pas moins très commode pour exercer la compression du ventre à titre de résolutif chez les ascitiques.
IV. Suspensoir ou ceinture de Vhypogastre. Les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants, celles qui ont l'utérus incliné en avant avec un bassin très large , éprouvent souvent des douleurs , des tiraillements , de la pesanteur dans la région lombaire , les reins, les fosses iliaques, les aines et l'hypogastre, douleurs pour lesquelles on les soumet fréquemment à toutes sortes de traitements inutiles, et qui cèdent généralement à l'emploi d'un suspensoir de l'hypogastre (103). Or, (Fig. 103.) ce suspensoir peut
être le corset ordinaire, à la condition qu'au lieu d'être évasé par en bas , il se recourbera du côté des pubis, de manière à ce qu'étant appliqué, il comprime modérément la région inférieure de l'abdomen de bas en haut et d'avant en arrière , au lieu de presser de haut "v^ en bas comme il le fait habituellement.
Le buse de ce corsel servirait en outre mieux qu'aucun autre bandage à fixer une pelote ou des compresses graduées sur une ouverture fistuleuse ou quelque tumeur ,qu'on tiendrait à
comprimer sur la ligne médiane , un anus accidentel par exemple, comme j'en possède une observation, et cela sans occasionner aucune gène.
Du reste , les femmes ne mettent leur corset qu'après la chemise : si le bandage a besoin de porter immédiatement sur la peau, il vaut mieux en avoir un exprès. Dans ce cas , je me sers d'une sorte de ventrière (103) moulée sur la région hypogastrique , garnie ou non de pelotes rembourrées, et qu'on fixe autour du tronc du côié des lombes ou en avant, puis à l'aide de sous-cuisses inférieurement.
Au demeurant,' le suspensoir de l'hypogastre devrait être employé bien plus souvent qu'il ne l'est réellement; c'est un moyen de prévenir les fausses couches chez une infinité de Ix^mmes enceintes. Beaucoup d'indispositions attribuées à l'état de la matrice ou des intestins disparaîtraient sans aucun remède sous son influence purement mécanique.
V. Bandage unissant. ISulle part les plaies qu'on veut réunir immédiatement ne réclament plus impérieusement la suture qu'à l'abdomen. En supposant que ce moyen ne leur fût point applicable , on aurait au moins la ressource des bandelettes agglutinatives. Si on tenait pourtant à essayer les bandages unissants , il n'y aurait qu'à se rappeler ce que j'ai dit plus haut de ces bandages, pour comprendre qu'en leur donnant une largeur proportionnée à l'étendue de la blessure ou de la région, qu'en ayant soin de les fixer au moyen du scapulaire par en haut et des sous-cuisses par en bas , on a tout ce qu'il est besoin de connaître à ce sujet.
^ VI. Bandages des organes génitaux.
Les maladies des organes sexuels n'ont fait imaginer qu'un assez petit nombre de ban- ( l" ig. lOi. )
dages, les uns pour la verge, les autres pour le scrotum.
I. Bandage de la verge (104). Soit qu'on veuille panser une plaie ou un ulcère de la verge, soit qu'on veuille comprimer cet or- ^'ane , toujours est-il que la
BANDAGE POUR FlXER LA SOXDE DANS L'DRÈTRE. 213
croix de Malte et le bandage roulé, avec ou sans charpie, suffisent presque constamment. Tantôt la croix de Malte est simplement percée vis-à-vis de l'urètre . tantôt elle offre un trou qui lui permet d'embrasser le gland et de refouler le prépuce en arrière. Une bande étroite sert à la fixer par des circulaires et à couvrir toute l'étendue du pénis d'un bandage roulé qu'on arrête près des pubis, soit par un nœud au moyen de l'extrémité bifurquée de la bande, soit à l'aide d'une épingle, ou bien encore en l'attachant à un suspensoir.
B. Bandage pour fixer la sonde dans l'urètre. Lorsqu'il convient de laisser une sonde dans l'urètre ou la vessie, il est indispensable de l'y retenir à l'aide de bandages ; c'est une précaution que les élèves savent rarement prendre d'une manière convenable, et qu'il est cependant fort utile do ne point négliger. On possède pour cet objet un grand nombre de procédés particuliers : le meilleur de tous consiste à fixer près du pavillon de la sonde , au moyen d'un double nœud et par leur partie moyenne, deux cordons de coton à mèche, longs de trente pouces environ ; les deux branches de chacun de ces cordons sont ensuite prises paire par paire et ramenées, deux en avant, deux en arrière, ou biendeux à droite et deux à gauche jusqu'au niveau de la racine du gland. On passe alors les deux branches d'un côté l'une dans l'autre pour en faire une anse , puis les deux chefs de cette anse sont épuisés en circulaires sur la peau derrière le gland et arrêtés par une rosette ; on en fait autant avec les deux cordons du côté opposé. On obtient ainsi quatre ^'^'S- ^*^^-) rayons réunis près du pavillon de la sonde par leur sommet , et fixés sur la verge par leur base (105).
Pour donner plus de solidité à ce petit appareil et le rendre moins incommode au malade , on peut envelopper préalablement la verge d'une petite compresse en double, comme on peut aussi en fixer les quatre chefs à l'aide de quelques circulaires d'une bandelette de diachylon.
Les personnes qui avaient conseillé
de fixer la sonde par deux cordons sous le prépuce et autour de la couronne du gland se servaient de rubans de linge ; mais c'est une manière trop vicieuse pour être con-» servée.
Beaucoup de chirurgiens, craignant de comprimer la verge, fixent les quatre cordons dont je viens de parler à la ceinture d'un suspensoirou d'un T (106) par en haut , et au corps du suspensoir ou aux souscuisses du T par en bas.
Il en est enfin qui commencent par fixer à la racine de la verge, sur le devant d'un suspensoir ou d'un T, un anneau légèrement matelassé; c'est sur cet anneau (107), qui reste à demeure danscepoint,qu'on attache les quatre cordons dont je parlais toutàl'heure.
Le procédé que j'ai décrit d'abord est sans contredit le plus commode de tous. Bien appliqué, il n'expose à aucun inconvénient choz la plupart des malades ; mais enfin si l'état de la vorgo ou quoique autre circonstance particulière pouvait en faire redouter l'emploi , c'est l'anneau matelassé qui lui serait substitué avec le plus d'avantages.
Quand il s'agit de fixer une sonde dans la vessie d'une femme, ce n'est] guère qu'en attachant les quatre cordona
(rig. 107.)
SrSPENSOIR DU SCROTUM. 315
arrêtés près de son pavillon sur la ceinture et les sous-cuisses du bandage en T , qu'on y parvient convenablement.
§ VII. Bandages pour le scrotum.
On se sert de bandages pour soutenir le scrotum ou les testicules, même sans qu'il y ait de blessures à ces parties. On s'en sert aussi pour les comprimer ou pour en panser les plaies.
A. Suspensoir. On donne le nom de suspensoir du scrotum à une sorte de sac destiné à maintenir mollement toutes les pièces du pansement dont on peut avoir besoin dans le traitement des maladies du testicule ou de ses enveloppes. Cette bourse, qui doit être plus ou moins large, plus ou moins profonde , selon qu'elle doit recouvrir un nombre plus ou moins considérable d'objets, se compose d'une pièce de linge fixée sup érieurement à une bande assez longue pour faire deux fois le tour du bassin. Inférieurement , le suspensoir porte deux cordons appelés sous-cuisses ; près de sa partie supérieure, il offre une ouverture que doit traverser la verge. Pour l'appliquer , on en coiffe d'abord exactement tout l'appareil ; puis on le fixe autour du corps à l'aide de la ceinture; les deux sous-cuisses sont ensuite portés dans la rainure sous-ischiatique , puis du côté du grand trochanter , et fixés par une rosette ou à l'aide de boutons, près de la hanche, à la ceinture du bandage.
Cette manière d'appliquer le suspensoir a l'inconvénient , dans une foule de cas , de comprimer, de refouler le scrotum (Fig. 108.) du côté de l'anus ou con-
tre la racine des cuisses.
Aussi ai-je contracté l'habitude déjà prise par d'autres chirurgiens , à moins d'indication particulière , et quand il s'agit simplement de soutenir le scrotum , de ramener les souscuisses en avant le long des aines (108) , au lieu de les
faire passer en arrière. En agissant ainsi, les testicules se trouvent mollement suspendues et à l'abri de tout tiraillement, de toute compression nuisible.
Lorsqu'il s'agit de pansements pour des plaies , la contexture du suspensoir est difficile à préciser. Alors , en effet, il convient de lui donner tantôt la forme d'un linge triangulaire ou carré , légèrement excavé , tandis que d'autres fois il doit représenter une sorte de bonnet d'enfant ou de bourse plus ou moins creuse. Aussi en a-t-on rarement de bien faits dans les hôpitaux , et se croit-on souvent obligé de lui substituer quelques bandages extemporanés.
Lorsqu'il s'agit simplement de soutenir le scrotum pour en prévenir la ^fatigue ou les maladies , on trouve dans le commerce des suspensoirs généralement assez bien confectionnés, les uns en toile de chanvre, de lin, de coton ; le autres en caoutchouc, en cuir même , ou en forme de réseau ou de tricot. Le seul inconvénient de ces suspensoirs est de présenter une bordure ordinairement moins extensible que le reste du bandage , et qui fatigue souvent les parties à la manière d'une corde.
On remplace quelquefois le suspensoir par une compresse longuette qui embrasse le scrotum en dessous par sa partie moyenne, et qu'on fixe par ses extrémités à quelque ceinture sur l'hypogastre. Vue manière plus commode encore consiste à plier un mouchoir en triangle dont on porte la base sous la racine du scrotum , dont on ramène les extrémités au devant des aines pour les fixer sur la ceinture de l'hypogastre, et dont on relève ensuite le sommet au-devant des bourses pour l'attacher vers la ligne médiane sur la même ceinture. Mais ces moyens succédanés ne sont en réalité ni aussi solides ni aussi commodes qu'un suspensoir bien fait.
Ji. Lorsqu'il s'agit de panser les plaies du scrotum à la suite de l'ablation du testicule , il peut être utile d'employer le handaqp en T. Au lieu de suspensoir, on peut également se servir du bandage triangulaire; s'il faut comprimer d'une manière inégale différents points des bourses,