‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 78 sur 209 · BANDAGES POUR LES MALADIES DE L'ANUS · texte numérisé non relu

BANDAGES POUR LES MALADIES DE L'ANUS

on peut recourir à une sorte de quadriga du bassin. Pour les deux premiers , on passe la bande horizontale du bandage autour de la partie inférieure du tronc; on abaisse ensuite la branche verticale du T, ou le triangle de linge, sur le côté malade de la région afin d'en entourer la racine de la cuisse et de venir la fixer à la ceinture par le côté.

Certains engorgements du testicule, l'orchite blennorrhagique entre autres, sont avantageusement traités par la compression. Or,[pour comprimer exactement le testicule, rien n'est plus commode que les bandelettes de diadnjhn gommé. Abaissant la partie gonflée d'une main, comme pour la détacher de l'anneau , le chirurgien l'entoure de bandelettes larges comme le pouce, de manière à ce que tous les points de la tumeur en soient recouverts ou enveloppés comme d'un sac dont l'ouverture ou le sommet entourerait soigneusement la racine du cordon (109).

§ VIII. Bandages pour les maladies de l'anus et du périnée.

Le bandage en T est à peu près le seul dont on se serve aujourd'hui pour panser les affections de l'anus ou du périnée. C'est presque toujours un T double dont on a besoin. Comme c'est de la région lombaire qu'on fait partir la branche verticale, il convient de laisser à cette pièce, qui doit avoir de quatre à six travers de doigt de largeur , une longueur de six à dix pouces dans sa portion pleine , afin que les deux branches ne s'en isolent qu'au voisinage de l'anus. On l'applique d'abord autour du tronc. Il convient même dele fixer ainsi avant de commencer l'opération. La plaie étant pansée , on abaisse le T sur les pièces de l'appareil; on en croise ensuite les branches sur le périnée, de manière à remonter celle de droite entre le scrotum et la cuisse gauche, celle de gauche entre le scrotum et la cuisse droite.

pour les fixer, par un nœud ou avec des épingles , à la ceinture, au-dessus des aines.

Le bandage triangulaire, dont on se servait autrefois pour

quelques blessures des environs de l'anus, et qui est fréquemment usité encore pour les maladies de la région inguinale (110), est d'ailleurs le même que celui dont J'ai parlé en indiquant les bandages de la région mammaire. Il est donc inutile d'y revenir ici.

§ IX. Bandages de la racine des membres.

La racine des membres est sujette à tant de maladies diverses, qu'on a dû imaginer beaucoup de bandages à son occasion. Parmi ces bandages, il n'y a guère cependant que le 8 de chiffre, les différentes variétés du spica, l'étoile et la capeline, qu'il puisse être utile d'étudier aujourd'hui.

A. Le bandage appelé 8 de ehiffre élait employé jadis dans le traitement des fractures de la clavicule (111). On passe sous chaque aisselle une compresse longuette ,

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dont on croise les chefs sur le sommet de chaque épaule; on fait ensuite avec une bande larno de trois travers de doigt un 8 qui entoure la racine de chaque bras et qui se croise entre les épaules, pour recommencer ainsi trois ou quatre fois, pendant qu'un aide , ayant le genou fixé contre la portion dorsale du rachis , retire avec force les deux épaules en arrière. Pour que les 8 de chiffre ainsi construits restassent immobiles, quelques chirurgiens passaient sous leur point de croisement une compresse longuette ou un bout de bande , dont ils ramenaient les extrémités en arrière vers la ligno médiane. C'est un bandage gênant et tout-à-fait inutile. B. Spica (112). Le bandage connu sous le nom d'épi ou

(Fig. 112.)

de spica, est une sorte de 8 de chiffre à cercles inégaux , qu'on applique sur la racine du bras et le sommet de la poitrine , sur la racine de la cuisse et le bassin , ou bien à la racine du pouce. Au bras et à la cuisse, il exige une bande longue de cinq à dix aunes et large de trois travers de doigtaumoins.

Pour le rendre solide et en prévenir le dérangement , j'ai l'habitude de l'exécuter ainsi : on passe le chef libre de la bande autour de l'aisselle ou de la cuisse du côté malade, soit d'avant en arrière, soit d'arrière en avant, et on le ramène dans le sens opposé de manière à en laisser pendre une portion longue d'environ deux pieds. Cette précaution étant prise , on porte la bande par l'une des faces de la poitrine, sous l'aisselle du côté sain, pour la ramener, en suivant l'autre face du thorax, sur l'épaule malade. On la passe sous l'aisselle pour faire une

doloire et venir la croiser sur l'épaule, la reporter sous l'autre aisselle , la ramener du la même façon sur l'épaule et sous l'aisselle du côté malade , de manière à répéter quatre, cinq , six fois la même manœuvre , selon l'étendue des surfaces que l'on tient à recouvrir. C'est alors que le chef réservé de la bande doit être relevé en forme de bride sur tout l'appareil, comme je l'ai dit en décrivant le cataphraste. Ce bandage porte le nom de spica descendant , lorsque les tours de bande qui le composent se recouvrent de haut en bas , c'est-à-dire de l'épaule vers le bras. 11 prend au contraire le nom de spica ascendant , quand les doloires s'élèvent du bras vers la racine du cou. S'il était nécessaire de le prolonger au-dessous jusqu'au niveau de l'insertion du deltoïde , il vaudrait mieux lui associer quelques tours de circulaires sur la portion humérale de l'épaule, que de lui conserver la forme de spica dans toute son étendue.

Du reste , il suffit d'appliquer au bassin et à la racine des cuisses ce que je viens de dire de la poitrine et des épaules, pour avoir le spica de l'aine.

Le spica que je viens de décrire est le spica simple. S'il était utile de l'avoir double , on comprend , sans qu'il soit besoin d'en faire une description spéciale , qu'il faudrait faire de chaque côté ce que je viens de dire de l'un d'eux. La

bande roulée à deux globes, qu'on employait autrefois à cet usage , est complètement inutile; les chirurgiens d'aujourd'hui se contentent ù peu près tous de la bande à un globe pour les différentes sortes de spica dont ils peuvent avoir besoin.

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