‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 92 sur 209 · PANSEMENT AVEC LES EMPLATRES · texte numérisé non relu

PANSEMENT AVEC LES EMPLATRES

§ m. BanddcUis à tiirc de topique ou de handugp. compressij.

Un f;onro nouveau de pansement a pônétré dans la pratique cliiiuicicale depuis une trentaine d'années. Il consiste à envelopper les parties qu'on veut modifier au moyen de bandelettes amplastiques superposées. Ce pansement, imaginé d'abord en An{}leierrc par Cayngton, pour les ulcères des jambes, se fait de la manière sui\anie. On a des bandelettes de diacliylon assez longues pour faire une fois et demie le tour de la partie à envelopper. Ces bandelettes, qui doivent offrir une laigeur de huit à dix lignes, et qu'on taille dans un sparadrap souple, onctueux, assez ftrme, pou disposé à se casser, à se réduire en écailles , sont appliquées d'après un certain nombre de règles utiles à ne pas négliger. S'il s'agit d'un ulcère, on commence par le bien absterger ; la première bandelette est ensuite posée , par sa partie moyenne, sur un point quelconque de la circonférence du membre, à un pouce ou deux au-dessous de la solution de continuité. On en ramène les deux moitiés sur le point diamétralement opposé , où on les enlre-croise pour les prolonger jusqu'à leur extrémité terminale, et toujours perpen- (Fig. 134.) diculairement à la surface qu'elles tendent à recouvrir. Une seconde, une troisième, une quatrième , une cinquième , une sixième , une septième bandelettes, ou même un plus grand nombre encore, sont a[ipliquées ainsi successivement de manière à se recouvrir ou s'imbriquer des deux tiers, et à former par leur ensemble une sorte de bracelet, de guêtre {lo'-t], '^^'^ de brodequin ou de bandage roulé , qui dépasse dj quelques travers de doigt les limites du mal par en haut et par en bas.

Il importe que ces bandelettes n'exercent aucun éii anglement et qu'elles se bornent à comprimer modércmeiit les parties. Devant être posées à nu sur, les ulcères, il est souvent utile de les recouvrir de plaques minces de charpie et de compresses , puis de leuf

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adjoindre un bandage roulé qui s'étend d'une extrémité à l'autre du memJjre. On renouvelle ce pansement ou tous les jours ou tous les deux jours, ou bien à des intervalles beaucoup plus longs encore , et cela d'après la nature ou l'abondance de la suppuration. La règle la plus générale est de le renouveler tous les trois ou quatre jours seulement. Pour les enlever on les coupe sur le point opposé à la plaie, au moyen de ciseaux mousses dont on glisse une des lames à plat, et de bas en haut , entre le bandage emplastique et la peau. Si les ciseaux étaient portés de haut en bas , leur pointe rencontrerait le bord de chaque bandelette et pourrait rendre l'opération sensiblement plus longue.

Ces bandelettes n'ont point pour but de rapprocher les lèvres ou les côtés des ulcères ; elles agissent à la fois comme mondificalif et comme bandage compressif ; les ulcères se cicatrisent au-dessous par la transformation de leur surface ccllulo-vasculaire en tissu nouveau, en pellicule épidermique, bien plus que par la concentration de leurs bords. Après les avoir enlevées, on absterge au moyen d'un linge sec les matières purulentes ou autres restées sur le membre. Si la peau paraît onctueuse, souple et pâle; si les bords de la solution de continuité semblent fermes et vermeils , ne présentent aucune trace d'éry thème ou d'excoriation, le bandage réussira; il faut le réappliquer. Dans le cas contraire, c'est-à-dire lorsqu'un érythème , quelques excoiiations , quelques soulèvements de l'épiderme, de la démangeaison, un suintement ichorcux, se montrent sous les bandelettes, on doit y renoncer au moins pour quelques jours, et leur substituer en attendant, soit le pansement simple , soit le pansement avec quelques topiques particuliers. Du reste , il ne faudrait pas se laisser effrayer par la coloration noirâtre que revêt fréquemment alors la suppuration ; car c'est un accident qui tient à la combinaison de certains éléments de l'emplâtre avec quehpics unes des matières qui s'échappent de la surface malade. On diminue l'Acreté des matières exsudées, et la tendance des surface à s'enflammer, en renouvelant plus souvent les bandelettes et en lotionnant, avant de les réap-

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pliquer, toutes les surfaces , soit avec un liquide émoliiont , soit avec l'eau de saturnc.

Ce genre de pansement, que Bayngton n'appliquait guère qu'aux ulcères variqueux des jambes, est pour le moins aussi efficace dans une foule d'autres lésions. Ainsi , je m'en suis fréquemment servi dans les arihropalhies chroniques ; alors j'en entoure ou le genou, ou le coude , ou le poignet, ou même le cou-de-pied, comme s'il s'agissait d'un ulcère, puis je mets par dessus les remplissages convenables et un bandage modérément compressif. Je les emploie de la même façon dans presque tous les genres de plaies ou d'ulcères qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas cicatriser par le rapprochement de leurs bords. C'est le meilleur pansement que je connaisse, par exemple , pour les ulcères dits syphilitiques qui se développent si fréquemment sur les membres, lorsque ces ulcères ont été préalablement modifiés par la cautérisation avec le nitrate acide de mercure, et qu'on fait subir en même temps au malade un traitement mercuriel approprié. J'ai vu un nombre infini de malades guérir ainsi en quinze ou vingt jours d'ulcères innombrables qui avaient résisté à toutes sortes de remèdes pendant plusieurs années.

Toute espèce de plaie simple, qui dure depuis quelques semaines et qu'on croit devoir panser à plat, guérit généralement mieux aussi sous un bracelet de bandelettes que par tout autre pansement.

11 n'est pas jusqu'aux ulcères rongeants, d'aspect cancéreux , qui ne leur cèdent souvent avec promptitude, , quand ils ont été préalablement cautérisés par quelques substances chimiques un peu actives.

Brûlures. Les blessures produites par les corpssurchargés de calorique , les brûlures enfin, s'en trouvent aussi merveilleusement bien. Pour la brûlure au premier degré , il suffit d'une application de bandelettes soutenues d'un bandage légèrement compressif qu'on enlève]définitivementdu quatrième au huitième jour. Si la brûlure est au second degré, c'est-àdire avec phlyctènes et sans gonflement phlegmoneux, je fais enlever l'èpiderme décollé et absterger les matières exsudées. Les bandelettes sont appliquées ensuite, et la guérison I. 17

a généralement lieu à la fin du second pansement, quelquefois du premier , à peu près toujours du troisième ; de manière que si elle n'était pas opérée au quatrième , il faudrait y renoncer. S'il y a de l'engorgement et de la tendance àl'érysipèle, je commence par combattre ces symptômes, au moyen de cataplasmes émollients ou de quelques émissions sanguines, puis j'applique les bandelettes. Si la brûlure est au troisième degré , c'est-à-dire avec altération ou escarrification de la surface du derme , on se comporte comme précédemment , et la guérison n'en est pas moins assurée; seulement elle exige ici de dix à vingt jours. Quand la brûlure est plus profonde, quand elle comprend toute l'épaisseur du derme, les bandelettes , ne pouvant pas détruire la nécessité dune déperdition de substance par l'élimination de l'escarre, ne deviennent utiles qu'après la chute de celle-ci, qu'après la mondification de l'ulcère. Du reste , leur application dans la brûlure est soumise aux mêmes règles que pour le traitement des ulcères.

Je me suis servi aussi des bandelettes, sous celte forme, dans le traitement du phlegmon , des tumeurs variqueuses enflammées et de certaines tumeurs ganglionnaires, et j'ai vu qu'il était possible d'en retirer ainsi de véritables avantages.

Les ulcères scrofuleux , soit du cou, soit des membres, traités d'abord par le nitrate acide de mercure , pour en détruire les clapiers et les bords décollés , guérissent généralement mieux aussi par l'emploi des bandelettes que par les autres pansements. Enfin , j'ai pansé de cette façon avec un succès parfois remarquable , différentes plaies ou ulcère- de la poitrine ou de la région mammaire, dont la cicatrisation se faisait trop attendre.

J'ai dit, en parlant dos bandages du scrotum , ce que l'on peut espérer dos bandelettes emplastiques à titre de moyen compressif sur le testicule.

ARTICULE lY. — Pansements avec les cataplasmes.

On donne le nom de cataplasmes aux différentes sortes de pâtes, de pulpe ou de bouillie, dont on recouvre quelquefois les régions malades. Les cataplasmes portent le nom d'émoi-

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