‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 94 sur 209 · PANSEMENTS AVEC LES CATAPLASMES · texte numérisé non relu

PANSEMENTS AVEC LES CATAPLASMES

que ; de môme qu'on en fait un cataplasme sinapisé en le saupoudrant de farine de moutarde.

Une fois en place, le cataplasme doit y être maintenu à l'aide d'une grande compresse qui en dépasse de tous points les limites et qui en prévient l'épanchement sur les linges du voisinage. Cette compresse , croisée et fixée par des épingles , suffit souvent quand le malade peut rester en repos. Autrement, on l'entoure elle-même , tantôt avec le bandage de Scultet , tantôt avec le bandage roulé, tantôt enfin avec un des bandages décrits précédemment.

§ II. Cataplasmes entre deux linges.

Placé à nu sur les parties , le cataplasme a l'inconvénient de s'échapper, de glisser en bouillie hors des limites qu'on voudrait lui imposer, de constituer un pansement généralement assez désagréable et malpropre. Aussi , beaucoup de chirurgiens ont-ils contracté l'habitude de l'enfermer entre deux linges , c'est-à-dire qu'ils étalent à la surface de la pâte déposée sur la première compresse, un autre linge semblable, qui doit porter à nu sur la région malade. C'est là une modification sur laquelle il est bon d'avoir des idées nettes. Le cataplasme n'agit pas seulement, comme le croient beaucoup de personnes , à la manière des compresses imbibées d'eau tiède. A nu , sur la peau ou sur les plaies , il se met en contact avec toutes les rainures , tous les sillons , toutes les anfractuosités de la surface cutanée. Sa consistance moelleuse et pultacée fait qu'il s'accommode infiniment mieux que toute espèce de linge aux inégalités des parties; en sorte que , toutes choses égales d'ailleurs , le cataplasme à nu vaut mieux que le cataplasme entre deux linges. Toutefois il est quelques régions, comme celles des yeux, des lèvres et de la figure en général , qui ne permettent guère l'emploi du cataplasme à nu. Comme, d'un autre côté, il est un grand nombre de malades qui seraient extrêmement contrariés de voir leur linge ou leur lit gâté par le cataplasme, ou sur la docilité desquels on ne peut pas compter, on doit, dans la pratique privée au moins, savoir emprisonner les cataplasmes entre deux linges. On s'y prend alors éè la manière suivante : le cataplî^sme est d'abord disposé

comme précédemment ; on en couvre ensuite le cadre avec un carré de linon , de tulle, de gaze (136) ou de mousseline extrêmement claire. Ces tissus , représentant un réseau à larges mailles, suffisent pour empêcher les fusées de la bouillie sans en gêner en rien l'action sur les surfaces malades. Si on n'avait ni tulle , ni linon , ni gaze , ni mousseline , il faudrait au moins se servir de linge usé et aussi mince que possible.

§ III. Remarques sur l'emploi des cataplasmes.

Température. — Les cataplasmes doivent être appliqués chauds , c'est-à-dire à une température de 25 à 30 degrés Réaumur. Au-dessous de ce d<^gré ils sont fniis ou froids , et se transforment en répercussifs ou en résolutifs. Au-dessus ils deviennent excitants ou même rubéfiants.

Renouvellement. — Les cataplasmes simples doivent être renouvelés toutes les douze heures au moins, et mis en couches assez épaisses pour rester humides pendant ce laps de temps. Renouvelés plus rarement ils pourraient se dessécher et irriter les parties à la manière des corps durs irréguliers. Quand on applique un cataplasme, il est bon de savoir que par son poids il tend à fuser ou à glisser vers les points déclives ; qu'il vaut mieux en conséquence le poser des parties saillantes vers les parties profondes, ou de la région antérieure vers la région postérieure du point malade, que dans le sens opposé.

Enlèvement. Pour les enlever il suffit généralement de les prendre par leur bord le plus long, puis de les renverser mollement et rapidement en les faisant tourner comme sur un axe sur le bord opposé. Si les replis du linge ou la pâte s'étaient collés quelque part, on les humecterait d'eau tiède avant de les détacher. Lorsque le cataplasme est trop mou ou qu'il adhère plutôt au tissu cutané qu'à la compresse, on en débarrasse la peau on traînant sur elle avec douceur le premier bord détaché de l'emplàtrc , ou bien à l'aide d'une spatule. Lorsqu'on ne craint pas de trop humecter, de trop ramollir les parties; lorsqu'on a uniatérêt quelconque à h^

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nettoyer soigneusement, on ne réapplique le cataplasme qu'après les avoir baignées ou laissé macérer quelques minutes dans leau chaude.

AcUon irritante. Les cataplasmes émollienls occasionnent fréquemment un boursouflement grisâtre des surfaces ulcérées ; mais cela n'empêche pas en général la cicatrisation de se faire: il est même remarquable qu'une infinité de plaies et d'ulcères se cicatrisent mieux et plus vite par l'emploi des cataplasmes de farine de graine de lin, que de toute autre espèce de traitement.

Lorsque ces cataplasmes ont vieilli ou fermenté , qu'ils sont devenus ronces, ils irritent la peau et les plaies, font aisément naître Vérysipèle, occasionnent du moins très fréquemment une sorte d'éruption vésiculeuse d;)nt il ne faudrait pas s'effrayer, mais qui oblige à suspendre l'emploi du topique.

Les cataplasmes de plantrs doivent généralement être placés entre deux linges; ceux de pommes de terre, de carottes, de lis, d'oignons , de pommes, etc., exigent au contraire qu'on les applique à nu.

Les catapla mes qu'on fait avec le miel, les jaunes d'oeufs etle vin , s'appliquent de la même manière que les cataplasmes de farine de lin. Du reste , presque tous les cataplasmes spéciaux doivent être renouvelés plus souvent que les cataplasmes émollients. C'est ainsi qu'on doit changer trois , quatre ou cinq fois le jour , les cataplasmes opiacés , les cataplasmes de pulpe de fruits ou de racine , les cataplasmes herbacés, et presque tous les cataplasmes médicamenteux.

ARTICLE V. — Panskments avec différents liquides

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