‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 95 sur 209 · EN IMBIBITION · texte numérisé non relu

EN IMBIBITION

On panse quelquefois les maladies chirurgicales à l'aide d'objets imbibés de liquides : c'est ainsi que pour animer, exciter, donner de la fermeté à quelque surface ulcéreuse, on imbibe de vin aromatique, de décoction de quinquina, de solution de sel ammoniac, etc., la charpie ou les linges donton veut les recouvrir. C'est ainsi qu'on imbibe en outre, soit d'eau de saturne , soit d'eau-de-vie simple ou d'eau-devie camphrée, soit d'eau pure, certains bandages dont on

264 ART DES PANSEMENTS. v

veut aider l'action résolutive. Tantôt alors on imbibe les différentes pièces de ces bandages avant de les appliquer, ainsi que cela se fait généralement dans les fractures par exemple ; tantôt, au contraire , on applique d'abord le bandage pour l'imbiber ensuite surplace.

Mais il existe un mode d'imbibition qui a pris beaucoup d'extension de nos jours et que je dois signaler ici : je veux parler des pansements à l'aide de compresses mouillées, comme seules pièces d'appareil. C'est une méthode adoptée depuis long-temps par différents chirurgiens d'Allemagne et d'Angleterre, méthode que j'ai souvent expérimentée depuis dix ans. Au lieu de couvrir les plaies de linge enduit de cérat , de gâteaux de charpie , de compresses et de bandes , on étale simplement sur elles une compresse en double qu'on a soin de tenir constamment mouillée et de changer toutes les vingt quatre heures. On panse ainsi avec avantage les blessures dont on redoute l'inflammation et la plupart des phlegraasies superficielles ou sous-cutanées naissantes. En imbibant aussi d'eau froide les bandages compressifs autour des engorgements inflammatoires , on a un puissant moyen résolutif. Je m'en suis servi avec des avantages réels dans le traitement de certaines fractures , des érysipèles phlegmoneux, de la brûlure , de beaucoup de plaies , soit contuscs , soit par instruments tranchants , de l'opération de la cataracte , de beaucoup d'amputations et d'une foule d'autres opérations; mais s'il est vrai que l'eau froide, employée de cette façon pendant les saisons chaudes, soit un excellent topique , il l'est aussi que dans les temps froids il vaut mieux recourir à l'eau tiède; encore est-il que, froide ou tiède, l'eau mouille presque toujours quelque région qu'on aurait voulu protéger ; qu'elle expose à des refroidissements , au rhume, aux rhumatismes, aux inflammations de poitrine, à une foule de maladies souvent plus graves que la blessure elle-même. Il faut dire en outre [qu'appliquée indistiocteraent sur toutes sortes de plaies , elle peut produire autant de mal d'un côté que de bien de l'autre. Gênant la circulation, elle favorise la gangrène des tissus contus ou décollés ; troublant^ les phénomènes phlegmasiques , elle |dénalure fré*» quemment la suppuration et ne permet que rarement une

Page 1