ARTÈRES DE LA TÊTE
Il n'est guère de branche un peu importante, soit à la face , soit dans le crâne , qui ne puisse être lésée par des agents extérieurs, ou devenir le siège d'un de ces anévrysmes spontanés qu'on qualifie d'anévrysmes mixtes ou vrais. Paletta cite un exemple , et Scarpa deux cas d'anévrysme à l'artère temporale. M. Green en a dernièrement fait connaître un quatrième. Klaving en a meml ionné un qui occupait l'auriculaire postérieur gauche chez un jeune homme de vingt-cinq ans. Debaen a vu la même chose sur l'artère dorsale du nez. M. Godichon de Versailles a rencontré, sur le front, une tumeur anévrysmale pédiculée, plus grosse que le pouce ; il en a observé une autre au-devant de la bosse pariétale droite. On trouve dans les actes de Leipsick une observation d'anévrysme de l'artère frontale. M. Gasté et M. Mérat parlent aussi d'anévrysme à la tempe. M. Gama en a guéri un qui siégeait près la commissure des lèvres. M. Bégin en cite un autre qui occupait la méningée moyenne, et qui fit périr la malade après avoir perforé la fosse temporale. M. Krimer rapporte un fait semblable. Pelletan mentionne une tumeur anévrysmale ou érectible de la paupière, chez un jeune garçon ; une autre sur la conjonctive d'un second sujet; puis, chez un troisième, une maladie semblable à la partie supérieure du front. Il a vu , en outre , dans deux cas différents, presque toutes les branches de l'occipitale, ou de la temporale, et même delà carotide externe, dilatées, hypertrophiées, comme variqueuses. L'artère palatine elle-même n'«st point à l'abri des dilatations anévrysmales, ainsi qu'il résulte d'une observation de M. Delabarre. Quant aux artères de l'intérieur du crâne, elles peuvent, quoique moins souvent, donner lieu à des lésions du même genre qu« celles de l'extérieur. Des exemples d1anévrysmes variqueux, ou par anastomose du globe de l'œil, ont été publiés par MM. Wardrop, Travers, Arendt, etc. M. A. Cooper a noté un petit sac anévrysmal sur l'artère centrale de la rétine. M. Serres en décrit un autre, gros comme une noix , qui appartenait à la basilaire ; et M. llogdson rapporte un cas dans lequel un petit sac, formé par l'artère cérébrale antérieure , était complètement rempli d'un caillot solide qui ne s'étendait point dans la cavité du vaisseau. Mais de deux choses l'une : rien ne fait soupçonner l'existence de l'anévrysme, par exemple, quand il est renfermé dans le crâne , et alors les secours
de la chirurgie ne peuvent pas être invoqués ; ou bien le mal se veit à l'extérieur, et dans ce cas quand la compression ne suffit pas, quand l'ouverture du sac ne doit pas être tentée, comme M. Gisset l'a fait une fois avec succès pour l'artère occipitale, on préfère ordinairement la ligature de la carotide elle-même à celle de l'artère qui est plus spécialement affectée; il n'y a guère d'exception aujourd'hui, sous ce rapport, que pour le tronc de la faciale et de la temporale, à moins qu'on ne puisse agir sur le lieu même de la lésion.