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CAROTIDES INTERNE ET EXTERNE

sur Je mémo instrument, avec le bistouri, clans l'étendue d'un pouce ou deux. Quand la jugulaire se gonfle assez , pendant les inspirations, pour cacher une partie de la carotide et embarrasser l'opérateur, on la fait comprimer vers l'angle supérieur de la plaie, et elle s'affaisse aussitôt. La sonde, tenue comme une plume à écrire, est ensuite portée entre les deux vaisseaux , un ou deux doigts de la main opposée fixent l'artère, l'empêchent de glisser vers la trachée, pendant que, par des mouvements de va et vient, exercés avec douceur et en pressant avec la pointe de l'instrument , on en parcourt la face postérieure de manière à la soulever sans effort , sans être obligé de toucher le nerfpneumo-gastrique,ni le grand sympathique, ni aucune de leurs branches.

Remarques. En tombant d'abord en dedans du muscle sterno-mastoïdien, on courrait le risque «le confondre ce faisceau avec le sterno-hyoidien, et de se fourvoyer; il est donc mieux d'inciser sur sa face externe, à quelques lignes en dehors de son bord, qu'il est toujours aisé de ramener ensuite au niveau de la plaie des téguments. Comme les parois de la veine sont trèsminces et faciles à déchirer ou à diviser, comme la blessure de ce vaisseau est excessivement dangereuse, il est de la plus haute importance de ne pas en approcher le bistouri; on la distingue d'ailleurs à sa couleur noire ou bleuâtre, tandis que l'artère est grise ou jaunâtre. En dégageant cette dernière , on a deux écueils à éviter : en ne s'isolant pas suffisamment de sa gaine, on s'expose à comprendre en même temps dans le fil, ou les nerfs cardiaques, ou la branche du grand hypoglosse ; en l'isolant trop soigneusement, au contraire, on peut détruire ses vasa rasoru m , la dégarnir de son tissu cellulaire , et la placer dans des conditions telles qu'elle sera bientôt coupée par la ligature. Il est inutile, au reste, de rappeler que le nerf vague se trouve entre les lames postérieures de celte gaine, dans la rainure qui sépare la carotide de la jugulaire, et tous les dangers qui pourraient résulter de ses lésions ; en somme , il faut ne déchirer ou décoller ces parties qu'avec réserve, lier l'artère à nu, mais sans trop la dénuder, attendu surtout que, danscelle opération , une des conditions de succès est de pouvoir obtenir la réunion immédiate.

Si, par malheur, la veine jugulaire se trouvait ouverte, je ne sais s'il serait mieux de la lier que d'arrêter l'hémorrhagie par le tamponnement. M. Simmons de Manchester en a fait la ligature sans inconvénient, il est vrai, et le tampon forcerait à laisser la plaie ouverte, fortement irritée ; mais, sans parler de la phlébite, qui est là des plus redoutables , que n'a-t-on pas à craindre en oblitérant tout-à-coup une veine aussi volumineuse, en même temps que l'artère principale de la tète? .Si la blessure était petite, il serait plus prudent d'en pincer , d'en rapprocher les deux lèvres, et de les entourer d'un fil latéralement , de manière à ne pas fermer le calibre du vaisseau. Le malade sur lequel M. Guthrie s'est ainsi comporté n'est mort qu'à la suite d'une autre opération pratiquée quelque temps après la première.

2° Procédé de M. Sédillut. Afin de tomber perpendiculairement sur l'artère, d'avoir une plaie plus nette, moins profonde et qui donne une issue plus facile aux matières, M. Sédillot a récemment imaginé un nouveau procédé pour lier la carotide à la partie inférieur»! du cou. So/f incision, portée beaucoup plus en dehors que dans le procédé ordinaire, tombe sur la face externe du muscle slerno-maslojdien , dont il faut traverser toute l'épaisseur entre ses deux racines; les lèvres de cette plaie étant écartées par les doigts d'aides intelligents ou des crochets, on se trouve aussitôt au-devant de la veine et de l'artère, qu'il ne s'agit plus que d'isoler. Ce procédé est exécutable et ingénieux ; mais, sur le vivant, à cause de la veine jugulaire et des contractions du muscle divisé, il serait, si je ne me trompe, moins facile et moins sur que le précèdent. En conséquence, je ne pense pas qu'il doive être adopté, d'autant moins que l'inconvénient auquel M. Sédillot a voulu remédier n'est pas fort à craindre quand l'opération est bien faite.

Suite de l'opéra lion. Quand la carotideest oblitérée, la circulation ne tarde pas à se rétablir pleinemenldans le côté correspondant du cou et de la tète ; les anastomoses volumineuses et presque innombrables qu'elle contracte dans le cerveau avec la vertébrale et la carotide interne du côté opposé , celles auxquelles donnent lieu les temporales, les occipitales, les sus-orbitaires , les faciales , les linguales , les thyroïdiennes, 6oit supérieures, soit inférieures, en un mol, toutes les branches des carotides externes, forment un trop vaste réseau pour qu'il soit permis d'avoir la moindre inquiétude à ce sujet; on aurait plutôt à craindre que ces ressources, si précieuses, et si long-temps négligées, ne vinssent compromettre le succès, en rapportant trop de sang dans la tumeur après l'opération. C'est un inconvénient qui existe en effet ; on a vu les battements de l'anévrysme diminuer d'abord, revenir bientôt et se maintenir ainsi pendant plusieurs semaines. Chez le malade opéré par M. Walther, pour un anévrysme de la carotide externe, ils persistèrent pendant deux mois. On aurait même peine à comprendre, si l'observation ne l'avait démontré , comment la ligature de la carotide primitive peut guérir les affections anévrysmales d'artères , aussi éloignées que celles de l'orbite, par exemple, ou de la face et de l'extérieur du crâne; mais il est prouvé aujourd'hui que ce reflux n'empêche pas toujours la tumeur morbifique de se résoudre, que des topiques réfrigérants et la compression suffisent d'ailleurs pour déterminer cette résolution , ou du moins pour la hâter quand elle se fait trop attendre. Le succès que M. Mayo a obtenu par celte ligature dans un cas d'hémorrhagie par un ulcère du pharynx; un autre, que mentionne M. Lucke, à l'occasion d'une hémorrhagie pharyngienne ou laryngienne, dont la source n'a pu être précisée, viennent encore fortifier la même doctrine.

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