TITRE PREMIER
OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES VAISSEAUX SANGUINS. CHAPITRE PREMIER.
OPÉRATION DE L'ANEVRYSME EN GENERAL
L'anévrysme vrai, ou avec dilatation de toutes les tuniques artérielles, l'artériectasie circonscrite f si long-temps admis comme le plus commun , dont Scarpa et M. Delpech ont si vivement contesté l'existence, quoique rare en effet, a cependant été observé ; Hogdson en cite divers exemples; M. Florct dit en avoir vu plusieurs d'espace en espace sur les quatre premières intercostales, et M. Bcrard aîné a déposé dans le muséum de la Faculté une pièce qui ne laisse aucun doute à ce sujet. On voit sur cette pièce qu'à son passage entre les piliers du diaphragme, l'aorte présente un gonflement fusiforme, gros comme le poing, dans lequel les trois tuniques de l'artère sont encore reconnaissables. La racine du tronc céliaque , qui correspond au milieu de la tumeur, est elle-même fortement dilatée et comme évasée en forme d'entonnoir; il en est de même de la mésentérique supérieure.
On peut établir maintenant une autre espèce d'anévrysme vrai qui réclame aussi quelquefois les secours de la médecine opératoire , c'est l'artériectasie diffuse; il n'affecte guère que les artères de quatrième ou de cinquième ordre, qui sont alors épaissies, dilatées, tortueuses, comme hypertrophiées, et assez semblables à des veines variqueuses; cependant il occupait la fémorale en même temps que toutes les artères de la jambe , chez un malade traité l'année dernière par M. Dupuytrcn, à l'Hôtel-Dicu. Park a vu l'artère tibiale postérieure dans cet état , et Pclletan la temporale, l'occipitale et la frontale, sur le même sujet. Il avait envahi toutes les artères de la main et de l'avant-bras sur un cadavre que j'ai pu observer aux leçons de Béclard.
Peut-être serait-il bon d'appeler aussi anévrysme vrai du système capillaire, ces tumeur* érectilcs qui ont déjà reçu tant de noms divers ,
et qu'on paraît avoir rencontrées jusque dans l'épaisseur des os.
L'anévrysme faux, que caractérise une rupture, une solution de continuité de quelques tuniques ou de toute l'épaisseur de l'artère, devrait, en théorie du moins, porter une autre dénomination; mais l'utilité pratique l'emporte, et l'usage, reconnu vicieux par tout le monde, n'en a pas moins prévalu.
L'anévrysme faux primitif ', ou diffus , trouve sa cause dans l'ouverture d'une artère , est constitué par un épanchementde sang plus ou moins considérable dans les environs de la blessure, et, en cela, diffère essentiellement de tous les autres anévrysmes.
Dans l'anévrysme faux circonscrit , un corps étrangera perforé l'artère, mais le sang, en sortant peu à peu par celte ouverture, s'est formé un sac aux dépens du tissu cellulaire ambiant, et de la tunique externe du vaisseau lui-même.
Si le sang passe directement d'une artère dans une veine , par une ouverture pratiquée dans les parois adossées de ces deux vaisseaux , il en résulte une varice anérrysnialc.
Qu'entre l'ouverture de l'artère et celle de la veine il se forme un sac où le sang puisse s'accumuler, on aura, tout à la fois, un auévrysme faux circonscrit , et une varice anévrysmale , ou , comme quelques personnes le veulent , un anérrysme variqueux.
L'anévrysme -mixte, ou qui est produit par la solution de continuité spontanée d'une partie des tuniques de l'artère , et par la dilatation mécanique de celles qui sont saines, se présente sous deux formes, au dire des auteurs. Tantôt c'est la tunique interne qui se distend et fait saillie pour former un kyste à travers une ouverture des deux autres, ce qui constitue l'tmé-