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L. et T. — Patliol. et clin, médic

pouvait être ramenée jusque sous les fausses côtes gauches. Le phis souvent la palpation du rein déplacé est douloureuse, et la pression exercée sur lui amène quelquefois des lipothymies et des syno^s.

Le rein déplacé donne lieu, à la percussion, à une zone de matité plus ou moins étendue qui tranche nettement sur le son tynipanique de l'intestin qui Tentoure. Enûn, la région qu'il occupe normalement est moins pleine et moins rénitente qu'à l'élat normal en même temps ; la région lombaire offre un aplatissement qu'on apprécie plus facilement lorsque le malade est à genoux, mais qui n'est pas toujours constant. Ces derniers signes disparaissent lorsque le rein reprend sa place, sous l'influence du décubitos dorsal par exemple.

La diurèse n'est pas troublée^ en général, par le déplacement da rein; l'urine n'offre d'altérations que dans le cas de lésions concomitantes ou consécutives du rein flottant, ou même du rein opposé.

Le rein flottant a une action très appréciable sur la santé générale : es malades sont dans un état de faiblesse irritable spécial, ils sont nerveux et excitables, bizarres, présentant les symptômes de Thypochondrîe chez' l'homme, de l'hystérie chez la femme (Lancereaux). Peut-être doit-on rapporter ces troubles nerveux qui se produisent chez la femme aux tiraillements du plexus ntéro-ovarien par ses anastomoses avec le plexus rénal. Les troubles gastralgiques et dyspeptiques qui existent dans un grand nombre de cas ont été rapportés, par Bartels et par Stiller, à la compression exercée par le rein flottant sur la portion ascendante du duodénum.

Les complications du rein mobile sont peu nombreuses. Rayer a observé de la péritonite circonscrite et des adhérences immobilisant le rein dans une position vicieuse ; l'œdème des membres inférieurs a été signalé dans quelques cas par pression du rein sur la veine cave : celle-ci a même été trouvée complètement oblitérée (Girard). Les accidents décrits par Dîetl sous le nom de symptômes d^étranglementy consistant en une augmentation du volume du rein avec douleur excessivement vive, diminution de la sécrétion urinaire, fièvre intense, signes de rollapsus, etc., doivent être rattachés, d'après Gilewski, à l'hydronéphrose aiguë déterminée par la rotation du rein sur son axe et par l'oblitération de l'uretère qui en résulte. Ces accidents se terminent au bout de quelques jours par une abondante excrétion d'urines mêlées de pus et de mucus.

Au point de vue de la marche, oq peut reconnaître à la maladie trois périodes. Dans la première le rein est seulement le siège de quelques douleurs spontanées ou provoquées par la pression, plus mes aux époques menstruelles, s'exagérant par les marches un peu longues, les mouvements violents, la danse, Téquitation, etc.; le rein est alors peu mobile et n'a subi qu'un déplacement léger. Dans la seconde période le rein, tout à fait luxé, forme une tumeur dans l'abdomen et donne lieu aux graves symptômes que nous venons d*étiidier. EnGn, dans une dernière période, dont la réaUté est d'ailleurs contestée par beaucoup d'auteurs, le rein a contracté des adhérences et est devenu complètement imnaobile. Dans le cas de traumatisme, le rein est brusquement chassé du point qu*il occupe habituellement et la première période fait défaut.

Diagnostic. Pronostic. — Le diagnostic de Tectopie rénale est souvent des plus difficiles. Le siège de la tumeur, sa forme, sa mobilité, les douleurs spontanées ou déterminées par la pression, l'aplatissement de la r^ion lombaire, lorsqu'ils existent sinmltanément, sont des signes assez évidents pour permettre de diagnostiquer le rein mobile ; mais il arrive fréquemment que l'un de ces symptômes manque complètement et si, fxtr exemple, c'est la tumeur qui fait défaut, les symptômes observés seront rapportés presque toujours à des coliques nerveuses liées à la menstruation, ù une névralgie, à des coliques néphrétiques, à un lumbago, etc. Dans quelques cas la tumeur formée par le rein mobile, a été prise j)()ur un abcès ossifluent, une tumeur de l'ovaire, des ganglions inésentériqucs ou dos capsules surrénales, etc. La cholécystite el les tnnieurs du foie se distinguent à leur ÎQxitc, à leur forme, à leur consistance, à l'absence de dépression loml>aire à la coloration ic(éti(|ue ou subictérique de la peau qui les accompagne souveut. Ces timieurs suivent les mouvements du foie, mais il est impossible de leur imprimer un mouvement avec la main ou par les chaiigeineiiis de jwsition du malade. Les tumeurs de la rate ou la rate n)(>l)lle se distinguent par ce fait que la matité splénique est située au-de\ant de la masse intestinale.

L'eclopic rénale n'a pas par elle-même un pronostic bien grave. Le retentissement sur la santé générale est souvent peu uku que et dans les cas où le diagnostic a été bien fait, il est facile de rassurer les malades et de leur démontrer la bénignité de l'aiTiction dont ils sont atteints. Les accidents peuvent cesser complètement à rè|X)que de la ménopause. Mais d'autre part, l'ectopie rénale [>eut Otre le

point de départ d'altérations telles que la néphrite, la pyélîte, etc.

Traitement. — Le traitement consiste surtout dans remploi d'un bandage ou d'appareils destinés à maintenir le rein en place. Les crises douloureuses seront combattues par le repos dans le décubitus dorsal, les bains, les opiacés.

Comme traitement chirurgical, Rollett a proposé de rompre les adhérences qui retiennent le rein dans une position anormale ; c'est sans doute par un mécanisme analogue que se sont produites les guérisons que Hare a rapportées à la suite de grossesses ; mais nous avons vu que ces adhérences étaient exceptionnelles. Plus récemment, on a proposé l'extirpation du rein et quelques résultats heureux ont été obtenus, notamment par Langenbuch et par Keppler. Ce dernier opérateur qui a rapporté deux cas de succès arrive à cette conclusion, que tout rein mobile ayant un retentissement fâcheux sur la santé doit être extirpé.

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HÉMATURIE ET CHYLURIE. — PARASfTES DES REINS.

£'écoulement de sang par Turèthre est un des symptômes les plus fréquents des maladies des reins et des voies urinaires. Outre cette hématurie symptomatîque, il en existe une autre sorte dite hématurie essentielle, hématurie intermittente^ hématurie endémiquey hématochylurie ou hématurie graisseuse, qu'on observe seulement dans les pays chauds et qui semble, d'après les recherches les plus récentes, être toujours liée à la présence de parasites animaux dans diverses parties de Torganisme et notamment dans le rein et les voies urinaires.

Ce fut Bilharz qui, le premier, rattacha l'hématurie endémique d'Egypte à la présence dans le système circulatoire veineux d'un parasite spécial auquel ildonnale nom de Distomum hcematobium etqueCobbold désigna plus tard sous le nom de Bilharzia hwmatobia, Griesinger, Sonsino conGrmèrent pleinement la découverte

UËMATUBIE. — PARASITES. 1301

de BUharz en Egypte, et Griesinger émit même Thypothèse que toutes les hématuries endémiques des pays chauds devaient tenir à la présence du distome dans les voies urinaires, et cette opinion fut confirmée par la découverte du parasite, faite par Harley, dans l'urine d*ittdividus atteints d'hématurie endémique du cap de Bonne-Espérance.

Deux ans plus tard Wucherer trouvait dans les urines hématochyleuses d'un habitant de Bahia , non plus le distome de Biihan, mais un nématoîde semblant appartenir aux strongyles (Leuckart). Lewis le retrouva également dans Tlnde^ non-seulement dans les urines chyleuses mais aussi dans le sang des malades atteints d'héinato*chylurie et lui donna le nom de Filaria sanguinis hominis. Depuis, le ver de liVucherer ou du moins un helminthe analogue a été retrouvé aux Antilles par Crevaux, dans des urines provenant de rîle de la Réunion par Gh. Robin, dans l'Indo-Chine par C. Manson, par fiourcl-Roncicre, etc.

Le distome hématobie^ mieux connu que le strong\lc, est un entozoaire allongé, appartenant aux trématodes ; il est mou, lisse, blanchâtre. La femelle est beaucoup plus difficile à découvrir que le mâle. Tandis que celui-ci mesure 7 à 9 millimètres, présente une partie séparée par une dépression transversale d'une portion beaucoup plus longue ou corps, portant le pore génital près de son extrémité caudale, la femelle est beaucoup plus |)ctite,rubanée,eDllée, transparente. La particularité la plus frappante que présente ce parasite est l'existence chez le mâle d'une rainure longitudinale, située sur le corps (canal gynécophore), dans laquelle vient se loger la femelle dont l'extrémité postérieure seule reste libre. Les oeufs sont ovales et présentent une pointe tantôt terminale, tantôt latérale (Sonsino). Les phases diverses du développement de la fiilharzia sont encore inconnues ^1).

Le distome hématobie se rencontre dans la veine |X)rtc,les veines rénales, les bassinets, les uretères et la vessie. Il se présente dans les voies urinaires sous forme de plaques saillantes, d*excroissances

(1) 11 nVn est pas de môme de rhématofilaire. D*apn»s les rocherchos réeentcs de P. Mansen cet entozo^Tire subirait deux phases distinctes : Tanimal adulte et sexué se rencontre dans le torrent circulatoire où il dépose une grande quantité d'œufs; ceux«ct sont absorbés par le moustique ordinaire, se développent en partie dans son tube digestif et s'échappent dans l'eau des marais ou des rivières dans lesquelles le moustique vient généralement mourir. De là ils pénètrent dans le corps humain, soit à travers Péi^idorme, soit par ingestion avec les eaux potables.

1302 MALADIES DES REmS.

a^Iomérées ou isdées d*nn gris jannâtre, parfiHs roogeâtres et ecchyniosées, constituées par l'hypertrophie de la couche sous-mo* queuse, les distomes enchevêtrés les uns dans les autres, léserais et des dépôts de sels urinaîres.

Le distome est très fréquent en lÉ^ypte; sur 363 autopsies, Griesinger Ta trouvé 117 fois et Sonsino Ta rencontré plus souvent encore : 13 fois sur 31 nécropsies. On l'observe aussi ïÂen chez les Européens que chez les indigènes, mais il atteint plus souvent les enfants et les sujets jeunes ; il semble plus rare dans les classes aisées (Sonsino) et, d'après Bourel-Roncière, on ne le rencontre jamais chez les marins.

Parmi les symptômes auxquels donnent lieu laBilharzia et le ver de Wucherer, le plus important est rhémato-chylurie. I^ quantité de sang rendue est très variable; l'hématurie se présente souvent sous une forme intermittente; la transformation de l'hématurie en chylurie est due sans doute à l'altération rapide des hématies qoi deviennent crénelées, dentelées, mûriformes et se transforment en détritus granuleux (Leroy de Méricourt et Layet). La présence des distomes détermine en général des douleurs assez vives au niveau des reins, et il n'est pas rare de voir survenir de la pyélite ou de rhydronéphrose, par suite du rétrécissement du calibre de l'uretère. Les œufs du distome constituent souvent le noyau de graviers un* ques, ce qui semble expliquer la fréquence de la lithiase urinaire en Egypte. Dans quelques cas, il se joint à ces troubles locaux des symptômes généraux qui font ressembler la maladie à la fièire typhoïde ou à la septicémie. Il est fréquent aussi de voir le distoroe coïncider avec la lymphorrhagie cutanée et les différentes localisations de l'éléphantiasis ; d'après les travaux les plus récents, ces accidents reconnaîtraient la même cause, c'est-à^iire la présence dans le sang des distomes et de leurs embryons. Cette opinion, émise primitivement par Lewis qui considérait l'hématurie et la chylurie comme ne constituant qu'un symptôme de l'altération du sang, est admise actuellement par Sonsino, P. Manson^ Bourd- Roncière, Hatch, etc.

Il est probable que ces parasites sont absorbés sous forme d'ceufe ou peut-étre de larves avec Teau servant à la boisson; il est donc prudent de ne boire que de l'eau filtrée dans les pays où la Bilharzia et l'hématofilaire sont endémiques. Comme traitement curatif on a conseillé les anthelminthiques ordinaires : la térébenthine dont l'élimination se fait par les reins a été spécialement re-

HËNATURIE. — PARASITES. 1303

commandée, mais il est difficile d*en Dure absorber des quantités suffisantes pour tuer les parasites. Harley s*est bien trouté de l'emploi du chloroforme. Pour prévenir la formation des graviers ariques ou oxaliques, on aura soin de prescrire les eaux alcalines.

Strongle géant. — Le strongle géant (Eustrongylus gigas) est un grand nématoide qu'on trouve assez fréquemment chez les animaux, et surtout les carnivores, mais qui est fort rare chez rbomme.

D'après Davaine, on ne doit accepter comme authentiques que sept observations, et Rosenstein même n'admet qu'un seul fait certain se rapportant au spécimen du Collège Royal des Chirui^ens de Londres. On n'a jamais décrit que les strongles des animaux. Ce sont des vers rouges, cylindriques, amincis à leurs deux extrémités, striés dans le sens longitudinal. Le mâle peut atteindre jusqu'à 40 centimètres de long sur 4 et 6 millimètres de large, et la femelle, beaucoup plus longue, mesure jusqu'à i mètre avec une laideur de 5 à 12 millimètres. L'œuf est ovcNfde et brunâtre, à enveloppe épaisse, semée de petits trous circulaires. Les symptômes que le strongle détermine par sa présence dans le bassinet où on le rencontre généralement, sont ceux des corps étrangers du rein. Il provoque de la pyélite, parfois aussi de la néphrite et donne lieu dans quelques cas à une tumeur volumineuse, appréciable à la région lombaire. En même temps on observe des douleurs de rein, de l'hématurie avec mélange de pus, de la dysurie, parfois même de la rétention d'urine. Le rein non affecté subit en général une hypertrophie compensatrice. On a confondu plusieurs fois le sti*oa-> gle avec des caillots sanguins ou avec des lombrics introduits accidentellement dans les voies urinaires^.

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ICOi • MALADIES DES REINS.

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