L. et T. — Pathol. et clin. méd
OSTÉOMALACIE.
Vostéomalade est une affection de l'âge adnhe caractérisée par la disparition pins on moins complète des sels calcaires osseux et par des déformations consécutifes du squelette.
ÉTiOLOGiE. PATHOGÊNiE. — L'ostéomalacîe est une maladie rare en France; on l'observe plus fréquemment en Bavi^ et en Wesiphalie. L'ostéomalacie atteint principalement les femmes, encre trente et cinquante ans; quelques auteurs la considèrent même comme une affection exclusifement propre au sexe féminin ; cependant sur les cinquante observations rassemblées par GoUineau sept se rapportent à des hommes.
On a invoqué comme causes occasionnelles les mauvaises oonditions hygiéniques, le froid humide, l'alimentatiim insuffisante, etc. ^'influence du cancer, du scorbut, de la goutte, du rhumalSsme, est beaucoup plus douteuse; celle de la grossesse est au contraire indéniable : d'après Litzmann, sur cent-vingt femmes atteintes d'ostéoraalacie, quatre-^ingt-cinq ont présenté les premiers symptdmes de la maladie pendant la grossesse ou après racconchement. Dans certains cas la maladie débute à la suite d'une première grossesse, et augmente après un nouvel accouchement.
La patfaogénie de l'ostéomalacîe est encore fort obscure. Bon nombre d'observateurs admettent que la maladie est produite par la résorption des sels calcaires sous l'influence d'un acide, tel que l'acide lactique (O. Weber), l'acide carbonique (Rindflebch), l'adde phosphorique (Schmidt). Pour FoUin, Virchow, Jaoooud, l'ostéonulacie est une inflammation spéciale de l'os, une variété d'ostéite; on a invoqué aussi un vice de nutrition des os.
Anatomië pathologique. ^ Au point de vue anatomique l'ostéomalacîe est essentiellement cataractérisée par la résorption des sds calcaires des os.
A la première période les os conservent \ peu près leur vdume et leur consistance ; les travées osseuses sont décalcifiées sur ks bords seulement. La moelle est rouge et foncée, goi^ de sai^; souvent même les vaisseaux se rompent et donnent lieu à des hémoirkagies en foyer ou à des taches ecchymotiques; ces ecchymoses se rencontrent également sous le périoste. Plus tard la moeik est remplacée par une substance ayant un aspect colloïde.
A la seconde période les travées osseuses décalcifiées se résorbent : les trabécules disparaissent, les espaces médullaires «e creosenl de
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lacunes de Howshîpy se oooibiideiit ec se remplûMnl d'un ouipna rovge iN*uiifttre reaferaunt uœ grande qoantiiéde pigment saqguin. Les es ainei allérés oft^nt une fiiabUité extrême, maie an-doMMS du périosie épaissi on cnnife une mince couche de tissu osseux peisis- «ante qui maintient la iMrme primitive de l'os. Les fractares sont très-firéquenies; on n'est pas d'accord sur la question de savoir si le cal se forme comme dans un os sain (Volkmann), ou si, au contraire, il lui est impossible de se Ibimer. Suivant Bouley, le cal lorsqu'il se forme, n'est jamais que temporaire, destiné qu'il est à se ramollir comme le reste du tissu osseux.
L'analyse ckiaûque a montré une diminution considérable des sels de chaux dans les os affectés d'ostéomaiacie; cependant il n'y a pas d'augmentation de l'excrétion des phosphates par l'urine ; il est probable que ces sels sont éliminés par l'inlestin (Pagenstecher).
Description. — La maladie survient généralement d'une laçon insidieuse pendant le cours d'une grossesse ou après la délivrance. La douleur est un symptôme constant au début de l'affection; les douleurs sont tantôt fixes, circonscrites au niveau des points où débute l'altération osseuse, tantôt diffuses et généralisées ; elles sont continues, sourdes et profondes, ou hîenaigufiset landnanles; elles s'exaspèrent par la chaleur du lit, le poids des couvertures, la position assise, la station debout, la marche ; en même temps il survient un sentiment de Cûblesse qui empêche tous les mouvements.
Les déformations osseuses se montrent dès ce moment et commencent généralement par l'os iliaque : l'altération du bassin se traduit par le rétrécissement des détroits supérieur et inlériettr, la saillie en avant du promontoire et de la symphyse pubienne, le rapprochement des cavités cotyloides; les pressions exercées latéralement parles têtes des fémurs expliquent ces déformations. La eohmne vertébrale se dévie à la fois dans le sens antéro-postérieur et latéralement; raflbissement des corps vertébraux amène parfois une diminution surprenante de la taille. Les déformations du thorax sont le plus souvent analogues à celles du rachitisme, le sternum est fortement bombé en avant sous forme de carène; les doigts et les orteils subissent une déformation caractéristique produite par Tépaississement et l'élargissement de la dernière phalange. Les fractures sont fréquentes, elles se produisent spontanément à la suite d'efforts musculaires onde traumatismes très-l^ers; ces fractures, qui se consolident en général d'une façon vicieuse, entraînent des déformations considérables des membres.
Ces altérations, qui ne s'accompagnent d'abord d'aucun troable dans les grandes fonctions de l'écunomie^ se compliquent au bout de quelque temps de diarrhée, de bronchite, de troubles nerveux dus à la compression du crâne par les os déformés; les changements de forme du thorax déterminent de la dyspnée et de la gêne dans la circulation, et le malade finit par succomber au milieu des symptômes d'une cachexie profonde.
La marche de l'ostéomalacie est essentiellement chronique et progressive avec des rémissions de plus ou moins longue durée. La durée^ qui est généralement de plusieurs années, peut dépasser dix ans; la mort est la terminaison ordinaire; les malades sont enlevés par les progrès de la cachexie, ou succombent à une affection intercurrente. La guérison n'a été signalée que 5 fois sur 150 cas (Jaccoud). Le pronostic est donc fort grave ; les rémissions qui peuvent survenir ne sont le plus souvent que temporaires.
^Le traitement'donne lieu" aux mêmes* considérâtiôns'^queoelûi du rachitisme : on prescrira l'huile de foie de morue, le phosphate de chaux, l'emploi des bains de mer ou de rivière (Trousseau et Lasègue), un r^;ime tonique et fortifiant, une alimentation réparatrice, le séjour à la campagne.
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