L. et T. — Pathol. et clin. méd
80i MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
quide entre la cavité résonnante et la paroi explorée arrête la transmission de ces vibrations; Tinterposition d'un tissu dense, homogène et bon conducteur du son, les exagère au contraire : faits essentiels pour différencier un épanchemeut pleurétique d'une induration ou d'une hépatisation pulmonaire.
Percussion. — La percussion sur un réservoir à air dont les parois ont une certaine tension fournit de la sonorité. Si entre la |)aroi et la cavité sonore se trouve placée une couche de liquide ou de tissu densifié, la cavité normalement sonore résonnera moins bien, ou ne résonnera plus sous le doigt, et Ton trouvera encore dans l'emploi de ce pnicédé d'excellents signes diagnostiques. La sonorité a ses degrés, c'est ainsi que ion décrit un son clair, plein ou élevé, et un son creux ou profond Quand la sonorité est exagérée, on dit qu'elle est tympanique. Ces différences tiennent à l'état de tension de l'air dans les alvéoles pulmonaires, ou bien à l'existence de gaz dans la cavité des plèvres.
La i)ercussion nous édifie encore, par la sensation de résistance que l'explorateur éprouve sous son doigt, sur le degré d'élasticité du parenchyme pulmonaire et de l'appareil costal qui le recouvre. Chez les vieillards, la cage thoracique perd en grande partie sa souplesse, par suite de l'ossification des cartilages costaux.
Vient tn^mV auscultation: c'est elle qui nous apporte les plus utiles enseignements.
A l'état normal, Tcntrée de l'air dans la poitrine se fait presque silencieusement, l'oreille ne perçoit qu'un murmure doux et comme soyeux, dû au déplissement des vésicules pulmonaires (!) et au passage de l'air dans les bronches : c'est le bruit de respiration pulmonaire, ou la respiration vésiculaire. Le murmure inspiratoire est trois fois plus long que le murmure qui accompagne l'expiration. Le muraiure respiratoire est un peu plus accentué dans les points qui correspondent à la racine des grosses bronches, surtout du côté droit; il est plus énergique chez l'enfant que chez l'adulte ; il se renforce aussi quand la respiration s'accélère.
L'air contenu dans le poumon peut transmettre jusqu'à l'oreille du médecin le i-etentissement de la voix et de la toux, mais ce retentissement est peu marqué; dans l'état de santé c'est un fré-
(1) Chauveau ci Bondct (de Lyon), à la suite d'expériences pratiquées en 186:2, ont admis que le murmure vésiculaire était dii à une prodigieuse quantité de petites veines fluides produites par l'arrivée de Tair dans les intuadibula (Gaieitehebd,, 186â).
missement quelque peu aoalogue à celui que la main perçoit par la palpation, à moins toutefois qu'on pratique l^auscultation dans Tespace interscapulaire, auquel cas ou entend le résonnement de la Toix dans les gros tuyaux bronchiques. G^est que le parenchyme pulmonaire, sorte d*éponge aérienne, est mauvais conducteur du son, et qu'il transmet incomplètement les bruits qui prennent naissance au niveau de l'orifice supérieur du larynx.
La maladie peut modifier ces caractères, de teUe sorte que l'exploration doit porter sur VauscuUation: i^ de la respiration, 2^ de la toux, 3° de la voix.
L'auscultation de la respiration révèle l'existence de phénomènes nouveaux, tenant soit à la transformation des bruits normaux, soit à l'existence de bruits spéciaux, surajoutés. En général, ce sont des souffles^ depuis la respiration bronchique jusqu'au souffle tubaire ou amphorique, des râles qui sont ou secs ou humides^ grande division à laquelle peuvent se ramener leurs différentes modalités. Les râles humides impliquent nécessairement l'idée d'un conflit entre un liquide et des gaz.
L'existence de /'ro^feme/it^ superficiels indique que les surfaces de la plèvre n'ont plus le poli qui leur assurait un glissement silencieux.
Vauscultation de la voix transmet celle-ci, soit atténuée, soit ex^*rée (bronchophonie) ; il semble parfois que le malade vous parie dans l'oreille (pectoriloquie) ; l'auscultation peut nous révéler encore l'existence de phénomènes spéciaux (égophouie, tintement métallique), signes dont la valeur diagnostique est très-grande.
Vauscultation de la toux fournit des renseignements de même ordre que l'auscultation de la voix, en exagérant certaines phases de l'acte respiratoire, en accentuant, par exemple, et en rendant f^us brusques les phénomènes de l'expiration elle Êdt souvent apparaître des bruits qui ne sont pas perçus quand le malade respire tranquillement (craquements delà tuberculose au début, souffle pleurétique, etc.).
Nous avons vu, à propos de la pathologie du cœur, que les contractions de cet oi^ane sont susceptibles de provoquer, soit dans le poumon, soit dans la plèvre,' des bruits anormaux. Nous nous contenions de rappeler ces faits ici, et nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit précédemment au sujet de ces bruits.
Deux autres phénomènes occupent également une place de premier ordre dans l'étude séméiologique des maladies des voies respiratoires: h Umx et V expectoration.
gQ4 3tAUDiES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
La iMi <^ ^^ pliéiiomène réflexe qui a pour point de départ Tir-
le larynx, les bronches ou le poumon, des terminaisons ^ naiMwmrrtriTi"^ Cette irritalion se transmet, en traversant le Imlbr <i ks régions supérieures de la moelle, jusqu'aux nerfs qui se f^^lHii aux muscles expirateurs ; il se produit alors une expiration Ini^qiN' et sonore qui lance à travers Vorifice glottique resserré nn^ «x^mne d'air à haute pression et de grande vitesse qui le iaii ^iHivr en vibration.
Ia's caractères de la toux ont une grande importance clinique. 11 («iii tonir compte de son timbre, de son rhythme, des conditions et «K'^ altitudes qui la provoquent, de l'époque d'apparition des accès, ^W Knir mode de succession, etc. 11 est souvent possible de i\ip|)Oiter l'accès qu'on observe à certains types bien déûnis, qu'il jdilVit alors de constater pour faire le diagnostic, telles : la toux fériiie ^t i^ reprise de la coqueluche, la toux éructante de la phthisie laryn- ^V, la toux laryngée superficielle des hystériques, la toux rauque et stiuore de la laryngite striduleuse.
La toux n'a souvent d'autre but que de provoquer l'expulsion de certains produits qui encombrent les bronches ; en d'autres termes, elle détermine V expectoration. Celle-ci renseigne exactement sur Tétat anatomique des voies respiratoires; le d^é de densité et de transparence des crachats, leur état de plus ou moins grande aération, leur couleur, leur odeur enfin, permettent souvent de dire s'ils tiennent à une hypersécrétion simple, catarrhale, de la muqueuse bronchique, à une exsudation inflammatoire développée au niveau des alvéoles, ou à l'existence d'une cavité suppurante creusée dans l'épaisseur du parenchyme. L'examen microscopique des crachats, en y révélant dans certains cas la présence des éléments qui entrent dans la constitution du tissu pulmonaire (débris de tissu, fibres élastiques, etc.), fournit d'utiles renseignements sur la nature des lésions qui échappent aux autres procédés d'exploration^
Quand l'expectoration estsanglanle, elle prend le nomd* hémoptysie et devient ainsi un des signes auxquels on attache la plus haute Im- |)ortanccdans le diagnostic et le pronostic des affections du poumon.
C'est en nous appuyant sur ces difféi'entes notions que nous allons aborder la description des maladies : l"" des fasses nasales; :2'' du larynx; 3"* des bronches; i^ du poumon proprement dit; o*" nous terminerons par les affections de la plèvre.
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