MALADIES DES FOSSES NASALES
sentes par le petit malade (rhagades autour des lèvres ou de l'anus, éruptions de pemphigus , ballonnement du ventre avec tuméfaction du foie, ostéophytes crâniennes ou périphériques de Parrot, etc.), et surtout en tenant compte de l'état général (coloration bistrée de la peau, cachexie précoce, épuisement rapide malgré une alimentation réparatrice), qu'on pourra affirmer l'origine syphilitique de l'affection.
Le coryza subaigu est souvent assez difficile à reconnaître à son début. Chez les vieillards surtout il donne lieu à des hallucinations de l'ouïe, à de l'anosmie avec céphalalgie frontale, ensemble de symptômes qui peut en imposer pour une disposition à l'apoplexie cérébrale. Avec un peu d'attention on arrivera à éviter l'erreur.
Le coryza postérieur est caractérisé surtout par un sentiment de gêne derrière le voile du palais: on voit les malades qui en sont affectés chercher à se débarrasser des mucosités qui encombrent l'arrièrc-gorge par des mouvements de déglutition répétés, ou par un râclcment tout particulier, avec aspirations sonores, que les Anglais désignent sous le nom d'hawkin.
L'application du miroir laryngoscopique à l'examen de l'arrièregorge et de l'arrière-cavité des fosses nasales permet de se rendre un compte exact de l'état anatomiquc des parties.
Traitement. — Chez l'adulte, le traitement du coryza aigu simple se borne en général à l'emploi de quelques moyens hygiéniques; s'il y a de la courbature, on prescrira le reposa la chambre et des boissons chaudes; s'il y a enchifrèncment, punaisie, il faut remédier, autant que faire se peut, aux inconvénients qui résultent pour la respiration de l'obstruction des narines. Parmi les différents moyens conseillés à cet effet, les aspirations de vapeurs émollientes ou même d'iode, d'ammoniaque, de baume de Fioravenli, et principalement de poudre de camphre, peuvent être avantageusement utilisées. Jaccoud pourtant aurait observé sur lui-même l'aggravation des accidents sous l'influence des inhalations d'iode. B. Teissier a conseillé comme moyen abortif la cautérisation légère des fosses nasales dans les premières heures de la maladie, avec une solution de nitrate d'ai^gent (0,25 pour 30).
Chez l'enfant à la mamelle, il faut veiller avec grand soin à l'alimentation: si l'enfant se trouve dans l'impossibilité de teter, on le nourrira à la cuiller ou au biberon, on fera des onctions avec des corps gras sur les sinus; enfin, s'il y a de la bronchite, on pourra administrer avec avantage un peu d'ipéca.
ÊPISTAXIS. 811
Les applications chaudes pourront rendre des services en cas de phénomènes d'étrangiement au niveau des sinus; sous leur influence on voit parfois les accidents s'amender avec une grande rapidité.
Si le coryza est chronique, c'est à l'état constitutionnel qu'on s'adressera tout d'abord : la médication variera avec la prédisposition de chacun (syphilis, scrofule, goutte, etc.). Le traitement local ne sera point délaissé : les irrigations naso-phar^'ogiennes, répétées et faites avec persévérance, les attouchements à la teinture d'iode ou au nitrate d'argent, pourront être utiles. S'il s'agit de coryza postérieur, on portera directement à l'aide d'une baleine recoorbée les agmts modificateurs (iode, nitrate d'argent) sur les parties altérées. Il sera quelquefois utile d'enlever les amygdales si elles sont trop volumineuses; ce moyen contribue à favoriser l'activité de la respiration buccale.
BULAU). IUImUcs dc« enfanU nonteau-nës, Paris, 1837. — Troussiau et Lasècub. Siyphilis omsIiUitioDnellc det eolanU dtt premier âge (Arch. gën. de mëd., 1847). — DoNhtns. Nederl. Uncet, 1849. — B. Tcissibr. Bull, thërap., 1850. — Didat. Traite de la sjphilis des nouveau-nëa. 1854. ~ Nobl Gubnbau db Mussy. Angine glanduleuse, Paris, 1857. — Gaillbton. Traitement de Toiènc par les douches, nasales (Société des Kienteê méd. deLyon. 1885-1866). — Desnos. Coryza, inNouv.Dict.de médecine et de diirvrgie, 1868. — Alvin. Nouvel appareil à douches naso- pharyngiennes (Société de méd. de Lyoo. 1816). — Parrot. Leçons sur la syphilis héréditaire, professées à Htdpit. des Enf. assistes. Paris, 1877. (inédit).— Peter. Cours de la Faculté, 1877. Pwis (Leçons inédites).
EPISTAXIS.
Épistaxis veut dire saignement par le nez, héinorrhagie nasale.
Cette hémorrhagîe est idiopathique ou symptomatique. Le plus ordinairement elle est la conséquence d'une disposition consiitolîonnelle, d'une dyscrasie sanguine, d'une altéraiioii des capillaires de la muqueuse nasale, ou encore d'un obstacle mécanique à la circulation de retour. Voici, en général, les conditions les plus
communes dans lesquelles on Tobserve:
L'épistaxis idiopathique est fréquente chez les enfants et chez les jeunes gens. £lle est favorisée par toutes les circonstances capables d*occasionner Tafilux du sang vers la tête : l'application trop soutenue de l'esprit, les émotions, une trop forte chaleur des apparie menti, le froid aux pieds^ l'insolation, les chutes sur la tête, l'introduction des doigts dans les fosses nasales qui détermine des excoriations