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SPASMES. PARALYSIES

les fabriques de céruse ; ces animaux sont pris de dyspnée violente, de cornagc, et pour les faire respirer on est obligé de pratiquer la trachéotomie (Bouley).

On observe des symptômes analogues chez les phthisiques qui ont des altérations profondes du larynx. Quand (par suite de Tinûltration tuberculeuse ou de la désorganisation desparties, ou peut-être plus souvent encore par suite d'une lésion des nerfs laryngées) les crico^ ar>lénoîdiens postérieurs sont devenus inaptes à se contracter, on voit les malades, en proie à la suiïocation, offrir une respiration bruyante avec sifflement respiratoire très-marqué, quelquefois avec un cornage laryngien, et sur le point d'asphyxier. Il y a là quelque chose qui rappelle le tableau classique de l'œdème de la glotte ; et pourtant à l'examen lar^ngoscopique on ne constate pas l'inGltratbndes replis ary-épiglottiques; on voit seulement les cordes vocales rapprochées, immobiles et fermant à peu près Vorifice glottique.

L'intégrité des constricteurs et tenseurs de la glotte explique le degré peu marqué de l'aphonie.

En Allemagne et en Angleterre, on insiste beaucoup, depuis quelques mois, sur cette variété de paralysie; tout récemment encore, le docteur Semon affirmait devant la Société clinique de Londres que lorsqu'on entendait, dans une salle d'hôpital, un phthisique respirer avec ce sifflement inspiratoire prononcé, on pouvait presque à coup sûr diagnostiquer une paralysie des crico-aryténoïdiens postérieurs. En France, Gouguenheim vient d'attirer l'attention sur ces faits, que Ion considérait journellement comme des cas d* œdème glottique d'origine tuberculeme.

Ainsi la paralysie isolée des crico-aryténoîdiens postérieurs, au lieu d'être une rareté clinique, comme on le pensait naguère (puisqu'on citait seulement cinq ou six faits d'origine diphthéritique), serait, au contraire, une complication assez commune.

La paralysie double des constricteurs s'observe fréquemment, surtout dans l'hystérie. Les malades deviennent brusquement aphones, mais sans éprouver la moindre gêne respiratoire. Et en effet, si on les examine au miroir laryngien, on constate que la glotte est ouverte et que les cordes vocales sont dans l'impossibÛité de se rapprocher. Tout effort prolongé qui nécessite pour se produire l'occlusion de la glotte devient par cela même impossible à soutenir.

Ces différentes particularités : aphonie, respiration facile, effort difficile, suffisent pour porter le diagnostic et empêcher de

confondre cette forme de paralysie avec la précédente. La paralysie des hystériques peut disparaître aussi rapidement qu'elle se produit.

Le plus souvent la paralysie est unilatérale et résulte de la compression d'un des récurrents; l'anévrysme de Taorte en est la cause la plus habituelle; Ziemssen en rapporte quarante faits; ensuite viennent : les anévr^smes de la carotide (deux cas de Mackensîe), de la sous-clavière (deux cas de Ziemssen), les tumeurs du médiastin et de l'œsophage (Turck, Heller, Braune, Baréty), la pleurésie (un cas, Gerhardt), la péricardite (un cas, Baumler).

La conséquence de cette lésion unilatérale, c'est l'inaction de la corde vocale correspondant au récurrent comprimé, et en raison de cela, une modiûcation dans le timbre de la voix, devenue asynergique (dysphonie).

Au laryngoscope, la corde vocale paralysée semble dans Véiat cadavérique^ c'est-à-dire dans une situation intermédiahre au rapprochement et à l'écartement complet.

Dans quelques cas, il existe un léger degré de dyspnée, due à une inertie unilatérale d'un des dilatateurs de la glotte (les filets qui l'innervent étant aussi compris dans le tronc du récurrent).

La paralysie des deux nerfs récurrents par compression est extrêmement rare; on en compte à peine une vingtaine d'observations, il y a alors aphonie sans dyspnée ni cornage. Dans un cas observé par Gouguenheim il y avait de la dysphagie des liquides.

La question des paralysies dissociées du larynx est extrêmement délicate, et l'on a peine à comprendre comment une compression portant sur les deux récurrents paralyse les constricteurs, à l'exclusion des dilatateurs. La physiologie pathologique n'a pas encore dit son dernier mot à ce sujet.

Traitement. — On aura i*ecours successivement aux révulsifs sur la région du cou (huile de crotnn, vésicatoires , cautères volants) ; à des inhalations ou pulvérisations balsamiques et sulfureuses; aux attouchements sur la muqueuse du larynx avec le tannin, la teinture d'iode, le nitrate d'argent; à l'électricité. Dans la paralysie des dilatateurs avec menace d'asphyxie il faut pratiquer la trachéotomie. Dans les paralysies hystériques même anciennes, l'électrisation opère parfois des guérisons surprenantes par leur rapidité. Dans un cas d'aphonie hystérique Liouville et Debove ont obtenu la guérison par la compression des ovaires.

Les paralysies par compression exigent avant tout des moyens diriRés contre les tumeurs qui sont les agents compresseurs.

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