SPASMES. PARALYSIES
Verdries en i7!26 et P. Franck attribuaient déjà V asthme des enfants à la compression de la trachée par le thymus hypertrophié; ce fut là aussi la manière de voir de Kopp, qui en 1830 fit une étude approfondie de raffection. Marsh (de Dublin) la considérait au contraire conune une névrose du pneumogastrique. Donc, dès Torigine, deux grandes interprétations se trouvèrent en présence : l'opinion allemande défendue principalement par Kopp, Hirsch, Fingerhut, assignant au spasme glottique une origine thymique, et la théorie anglaise lui attribuant une origine nerveuse.
Rilliet et Barthez ont admis d'abord une théorie mixte : ils ne refusaient pas au spasme de la glotte l'origine thymique ; mais pour eux, le thymus hypertrophié n'était susceptible d'agir que par l'intermédiaire du pneumogastrique.
Hérard dans sa thèse inaugurale a beaucoup contribué à assigner aux faits leur véritable valeur ; il a montré qu'il n'existe pas de rapport constant entre l'hypertrophie du thymus et le spasme de la glotte, que, par conséquent, l'asthme thymique est simplement un phénomène spasmodique représentant, pour les enfanls du premier âge, ce qu'est la laryngite striduleuse pour ceux de deux ï sept ans. Hérard eut de plus le mérite de reconnaître que le diaphragme participe fréquemment à la convulsion réflexe (d'où le nom de phréno-glottisme proposé plus tard par Bouchut).
Yalleix et Trousseau ont considéré la maladie comme une convulsion partielle; Rilliet et Barthez se rangeant à cette manière de voir dans leur deuxième édition l'ont décrite sous le titre de coU'' vulsion interne.
ÉTiOLOGiE. — Le spasme de la glotte est spécial aux enfants à la mamelle : il atteint son maximum de fréquence de cmq à dix mois, est plus commun chez les garçons que chez les filles, et dans les classes pauvres que dans les classes aisées. L'hérédité influe sur son développement d'une façon incontestable; on cile des familles dans lesquelles tous les enfants onl présenté cel accident (Kopp, Gaspari, Toogood). Dans les relevés de Gee et de Hénochy le rachitisme occupe une place de premier ordre. Pour Trousseau, le spasme delà glotte n'est souvent qu'une manifestation de l'épilepsie.
Parmi les causes occasionnelles capables de déterminer l'apparition de l'accès, le refroidissement, les cris prolongés, les impres- .<nons vives, la colère, la constipation opiniâtre (Landsberg,Tardieu), enfin la dentition (Marshal Hall, Pagenstecher) et les vers intesti-
840 MALADIES DU LARYI^X.
rieux jouent le principal rôle. Plus rarement c'est dans la convalescence d'une fièyre grave que le spasme glottique se manifeste pour la première fois.
Description. — Habituellement la maladie éclate sans que rien ait pu la faire prévoir. Le rdle mtiqueux laryngé signalé par Reid, comme phénomène précurseur, n'a pas été retrouvé par la plupart des observateurs. C'est le plus souvent la nuit qu'apparaît le premier accès (lyest). L'enfant est pris tout à coup de suffocation, sa respiration s'arrête (apnée), il renverse la tête en arrière, ouvrant largement la bouche, comme pour aspirer l'air qui lui manque. Tout d'abord sa face est pâle, mais bientôt elle se congestionne, les veines se gonflent, la cyanose apparaît, l'asphyxie est imminente; le diaphragme est le plus souvent fortement contracté ; l'air ne pénètre pas dans la poitrine et l'auscultation pratiquée à ce moment de la crise permet de constater la disparition du murmure vésilaire. En même temps les mains sont crispées, les doigts serrés contre le pouce, parfois des mouvements toniques agitent les membres supérieurs; dans quelques circonstances, la contraction se généralise aux extrémités (tétanie, Hérard).
Cet état d'angoisse peut persister plusieurs minutes, après quoi il se produit une série de petites inspirations saccadées et sonores, enûn, une inspiration plus profonde et plus bruyante marque la fin de l'accès. Alors il y a souvent émission d'urines abondantes; parfois il se déclare de véritables convulsions.
Habituellement l'expiration n'est pas notablement modifiée; dans quelques circonstances rares, elle est saccadée et bruyante comme l'inspiration.
Pour Hérard, il existe des cas où le diaphragme seul participe au spasme : alors la convulsion se traduit seulement par de Vapnée. Quelle que soit la forme observée, l'intelligence est intacte.
Il est rare que l'accès, et surtout le premier accès, entraine la mort par la suffocation; l'enfant recouvre rapidement les apparences de la santé ; mais bientôt un nouvel accès se produit, puis un second, un troisième, ceux-ci apparaissent indistinctement le jour ou la nuit et ils se répètent souvent à intervalles très-rapprochés (Hérard a compté jusqu'à vingt -cinq accès dans un jour); un certain état de souffrance et d'affaiblissement subsiste après eux; l'enfant devient maladif, il a le caractère {^us irri- " '^erd l'appétit; enfin la fièvre s'allume, la diarrhée apparaît
SPASMiSS. PARALYSIES. 841
et il se défdoppe an yéritable état d'hecticité, dans lequel le petit malade succombe le plus souvent. Parfois c'est dans le cours même de Taccès et par asphyxie qu*il meurt.
La survie est loin d'être rare ; les accès s'éloignent et perdent de leur intensité ; la santé reparait au bout de quelques semaines ou de quelques mois, mais il reste toujours une certaine sosceptibllité qui détermine la réapparition de la maladie sous rioflnence de causes quelquefois insigniCantes.
Suivant Pageostecher, on n'obtiendrait que cinq guérisons sur dii-huit cas ; Hachmann a constaté l'issue favorable treize fois sur seixe.
Les phlegmasîes des voies respiratoires viennent souvent compliquer le spasme de la glotte , elles en augmentent l'intensité et la gravité. Les pyrexies, au contraire, semblent, dans la plupart des cas, interrompre le retour des accès.
Diagnostic. — I^ laryngite striduleuse, que les Anglais ont longtempsconfondue avec lespasmeglottique, n'a rien qui rappelle l'asthme tfaymique : elle sévit chez des enfunts plus âgés, elle est précédée en général d'un catarrhe laryngien, elle débute presque toujours la nuit, oflre rarement plus de cinq ou six accès, est accompagnée d'une toux quinteuse, rauque ou éclatante, d'inspirations bruyantes, jamais de contractures; enfin c'est une maladie essentiellement aiguë quant à sa marche.
Il serait plus facile de confondre avec l'asthme de Kopp ces accès de suffocation temporaire qu'on voit éclater parfois chez les enfants à la suite d'une violente colère : les enfants blêmissent brusquement, renversent la tête, leurs yeux se tournent, la respiration se suspend quelques secondes; mais outre que ces accès sont de très-courte durée, la rareté de leur apparition, leur rapport évident avec la cause qui les produit, suffisent le plus souvent pour éclairer le diagnostic.
Physiologie pathologique. — Nous avons déjà indiqué les diflérentes théories pathogéniques proposées pour expliquer l'origine de la maladie. Nous ne reviendrons pas sur celle de l'hypertrophie du thymus, que les bits anatomiques démentent et que le raisonnement repousse ; comment une lésion constante pourrait-elle entraîner des accidents aussi brusques et ne pas provoquer dans l'intervalle des accès le moindre degré de dyspnée? Nous laisserons aussi de côté la théorie de l'adénopathie bronchique (Hufeland, Kell, Ley), qui est en partie passible des mêmes objections, et celle du cranio
ut MALàMES INT L1IT51.
tabfs qui attriboail ks accès à on mnolîssement de l'occipat comprimaDl le cerrcaa [ompat inoo, Blacfae* Gorr^sui).
Noos rappeUerons seafement la fiçoo de rar de Trousseau qui coDsidénHt le s|iasme comine proToqné par un d^ut de synchronisme entre une cxmtractkMi pitilbnde du diaphn^me et la dilatation de la glotte. Trousseau était anÎTé à reproduire ce mécanisme presque à Toknté ; mais frapP^* ^^i aussi, de la coexistence fréquente des conrubiofis (46 sur 61 cas, Henocb), il plaçait la maladie sous la dépendante d*un eut généial préalablement graTe. Pour lui le spasme glottique n était qu'une oonvulsion interne.
Ts%iTEM£5T. — Peu'iant Taccès, on cherchera à fi^iliter la resptration de l'enfmt : on ouTrira largement les fenêtres, on lui penchera la tête en af ant, on lui aspergera la figure atec de Teau froide, on tentera de lui faire aspirer quelques gouttes de chloroforme.
Si Tasph^-xie est imminente, c*est à la flageDatîon ou à la réTulsion (marteau de Mayor),ou enfin à la respiration artificielie, qu'on aura recours.
Dans rinterralle des crises et pour éviter leur retour, on prescrira les antispasmodiques (le musc, la lalériane, l*asa fœtida, Foxyde de zinc, Tcau de laurier-cerise). Le bromure de potassium est le plus souvent ineflkace. Les toniques, et surtout le changement d'air, sont les adjuvants les plus utiles de la guérison.
f Paraltsigs.
Les paralysies glottiques ne sont pas rares, on les observa dans des conditions variées : à h suite des laryngites catarrhales prolongées; dans la phthisie pulmonaire, dans les anémies prononcées, dans l'hystérie, dans certains cas de maladies cérébrales, dans les compressions du larynx par des tumeurs anévrysmales, des néoplasmes de la thyroïde ou de l'oesophage, à la suite de cris violents, etc. £lles portent soit sur les dilatateurs proprement dits (crico-aryténoîdiens postérieurs), soit sur les constricteurs (cricoaryténoîdiens latéraux, etc.). Ce que nous savons sur le rôle de ces divers agents musculaires nous indique par avance l'ensemble des troubles fonctionnels qui appartient à chacune de ces variétés.
La paralysie isolée des crico-aryténoïdiens postérieurs se 're fréquemment chez les chevaux qui sont employés dans