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CANCER PLEURO-PULMONAIRE

Nous avons réuni dans un môme chapitre le cancer du ix)uniou et celui de la plèvre, à cause de la difficulté qu*ily a à étudier séparément ces deux manifestations de la diathèse qui coïncident dans ia généralité des cas, et qui présenicnt d'ailleurs des symptômes identiques dans les faits rares oà les lésions sont restées isolées.

Le cancer pleuro-pulmonaire primitif est îort r^rc, notamment dans la plèvre ; on ne connaît guère, pour la plèvre, que Tobservation présentée par Lépine à la Société anatomique (1869) qui ne puisse donner lieu à aucune contestation. Le plus souvent le cancer pleuro-pulmonaire est secondaire et résulte de la propagation par contiguïté ou à distance d'une manifestation canciTeuse d'un autre organe (cancer du sein, du médiastin, des organes abdominaux).

L'encéphaloïde, Icsquirrlie, le cancer colloïde et le mélanique sont les fonnes qui s'observent ordinairement. Dans Fcncéphaloîde, ce sont des masses fongueuses et végétantes, déprimées à leur centre; dans le squirrhe, des masses lenticulaires sous forme de noyaux ou de plaques dures et d'aspect lardacé; dans le cancer colloïde, c>st une matière d'apparence gélatineuse qui s'étend en nappe plus ou moins étendue; dans le cancer mélanique, enfin, ce sont des noyaux rappelant l'anthracosis, mais fins et arrondis.

Les lymphatiques prennent une part active à l'extension du cancer (Vircliow, Charcot, Lépine, Debove, Troisier) ; ils se montrent sous la plèvre comme des réseaux blanchâtres, apparence qui est due à leur envahissement par la dégénérescence carcinomateuse. Cette dégénérescence atteint également les ganglions lymphatiques et notamment les ganglions sus-claviculaire^, qui font saillie sous la peau de la région sous forme de petites masses très-dures.

Description. — La symptomatologic du cancer pleuro-pulmonaire a été bien étudiée par Darolles dans une thèse à laquelle nous ferons plus d'un emprunt.

IjC cancer pleuro-pulmonairc peut rester latent pendant toute la durée de son évolution; le plus souvent il offre un ensemble do '^vmptômes qui permettent de soupçonner sinon d'aflirmer le dia-

CANCER PLËURO-PULMONAIRE. lûOÔ

gnostic. Les symptômes fouclioimeis les plus saillants sont au nombre (te trois, la dmdeur de côté, la dyspnée et la toux.

ïje point de côté est presque coustant. La douleur occupe un |X)iiit fixe et se localise au nivaau du mamelon, derrière le sternum, etc., ou sVtend à plusieurs espaces intercostaux en forme de cuirasse; parfois elle s* irradie dans les flancs et les lombes ou dans la sphère du plexus brachial (Béhier). KUc est le plus souvent très-vive, lancinante, continue ou intermittente avec cxacerbations intolérables survenant sous rinflueuce de la toux, des mouvements, du décubituss ; son intensité augmente à mesure que la maladie fait des progrès.

La dyspnée est un phénomène précoce qui va également en s*acccntaant de jour en jour, pour arriver progressivement à Torthopnée la pins pénible; Darolles signale comme un de ses caractères les plus frappants le désaccord complet qui existe entre son intensité et le peu de signes physiques que Ton observe. La toux survient dès les premiers temps de la maladie et augmente d*une façon contiaao; elle aiïecle souvent un caractère coqueluchoîdc et indique alors la compression du pneumogastrique par les ganglions péribronchiques augmentés de volume et dt^énérés. La toux peut rester sèche ou s'accompagner d*une expectoration presque pathogno-* inoniqae. Les crachats sont formés de mucosités adhérentes, d'apparence translucide et colorés en rouge par du sang, ce qui les a fait comparer à de la gelée de groseille (Stokes). A l'examen histologique des crachats on rencontre quelquefois des particules cancéreuses, ce qui permet de les distinguer des crachats analogues que l'on trauve parfois chez les tuberculeux (>yal8he, Lancereaux).

Les hémoptysies sont assez fréquentes dans le cancer pleuro- IHilmonairc, plus fréquentes même que dans la tuberculose; elles sont généralement peu abondantes et dépendent de la rupture des vaisseaux de nouvelle formation, à parois minces et fragiles, que Ton obser\e dans les productions cancéreuses. C'est également à la rupture de ces vaisseaux qu'il faut attribuer répanchenient sanguinolent des plèvres. Cet épanchement est souvent un des facteurs les plus importants de la dyspnée.

Les compressions intralhoraciqucs donnent lieu à un œdème parfois très-précoce (Darolles) de la partie supérieure du tronc et de Textrémité céphalique, à de l'inégalité des deux pouls (Moizard), à dos vomissements par compression du pneumogastrique, «i la compression de la trachée et des bronches (De Valcourt, etc.).

1006 MALADIES DES PLÈVRES.

Les signes physiques présentent moins d*importance. La percussion permet de constater, quand la plèvre est envahie, une progression croissante de la matité et une perte absolue de Télasticité palmonaire ; les vibrations thoraciques sont abolies et le côté de la poitrine atteint reste complètement immobile. A rauscultation on observe une diminution très-notable du murmure vésiculaîre qui est souvent remplacé par un souflDe tubaire plus ou moins rude. Dans les cas fort rares où le cancer arrive à la période de ramollissement, on entend du souffle caverneux et du gargouillement. On perçoit aussi très-fréquemment des frottements pleuraux.

A cet ensemble symptomatique viennent se joindre les modiûcalions ordinaires qui accompagnent la diathèse cancéreuse (affaiblissement, cachexie, teinte jaune paille, oedèmes).

La marche de la maladie (nous faisons abstraction des cas de carcinose aiguë) est généralement lente et sa durée varie de huit mois à un an ou même dix-huit mois. La mort survient par asphyxie ou au milieu de symptômes cérébraux et comateux (Jaccoud).

C'est surtout de la tuberculose chronique qu'il convient de diiie* rencier le cancer pleuro-pulmonaire. Béhier attribuait une grandeimportance à ce fait que les ganglions sous»maxillabres sont engorgés dans la tui)crcu1ose, tandis que dans le cancer les ganglions sus-claviculaircs sont seuls pris; ce caractère n'est malheureusement pas constant (Darolles). Dans le cancer les lésions sont disséminées; elles ne se localisent pas au sommet, et il est rare qu'elles arrivent jusqu'à la période de ramollissement; la douleur et la dyspnée sont plus internes. L'expectoration rosée, gelée de groseille, est, comnH* nous l'avons dit, pathognomonique.

Le traitement est purement palliatif. I.orsque l'épanchement (*st très-abondant, on peut l'évacuer par une thoracentèse ; cependant Darolles repousse absolument ce procédé, qui ne diminue pas la dyspnée et affaiblit beaucoup le malade par la quantité de sang qu'il lui fait perdre.

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KYSTES HYDATIQUES. 1007

KYSTES HYDATIQUES

Parmi les nombreuses tumears que l'on peut rencontrer dans la ftlèrre et le poumon ^ sarcomes, Gbromes, tumeurs cartilagineuses ou ostéoideSy kystes séreux, etc., nous ne décrirons que les kystes hy-* <latiqDes à cause de leur fréquence relative et des symptômes spéciaux auxquels ils donnent lieu.

Les kystes hydatiques de la plèvre sont fort rares, et bien des faits parmi ceux qu'on a rapportés doivent être attribués à des kystes excentriques du poumon ; il existe cependant quelques cas bien avérés d*hydatides pleurales, et Hearn en a rapporté des exemples (1 cas sar un relevé de 75 tumeurs intra-thoraciques). Neisser, dans un relevé portant sur 968 cas, en a trouvé 85 pour les voies respiratoires, dont 17 pour la plèvre.

Les kystes du poumon sont plus fréquents : ils s'observent prin* rtpalement dans le poumon droit (Lebert) et s^acoompagnent souvent d'échinocoques dans d autres organes, surtout dans le foie.

Les kystes hydatiques sont généralement uniques, plus rarement raulliples; tis peuvent atteindre un volume considérable. Dans la plèvre, ils offrent celte particularité de n'avoir pas de membrane ad^ ^ventice (l)avaine); dans le poumon, ils sont entourés d'une zone de tissa pulmonaire atropliié, induré et atteint de pneumonie interstitielle. Comme dans tous les kystes hydatiques, la face interne de la poche présente des écliinocoques et des vésicules filles qui restent appendues à la paroi ou tombent dans sa cavité; le liquide est clair «t limpide ou au contraire trouble et purulent.

Lorsque le kyste est petit, il peut demeurer à l'état latent pendant toute la vie et n'être découvert qu'à l'autopsie. Le plus souvent, son Tolume est suffisant pour donner lieu à des phénomènes décompression qui se traduisent par de la douleur, delà dyspnée et de la toux. La doîileur, sur laquelle Vigla a beaucoup insisté, est très-tenace et persistante : la dyspnée semble tenir surtout à la compression du parenchyme pulmonaire et à la diminution de la surface respiratoire.

La toux est variable et s'accompagne souvent de crachements de sang; cette hémoptysie, très-rare dans les liydatidcs de la plèvre (Hearn), est au contraire très-commune dans celles du poumon, au point de devenir pathognomonique dans certaines contrées où la tuberculose est inconnue, en Islande par exemple.

Les signes physiques présentent beaucoup d'importance : lorsque le kyste pulmonaire ou pleural a acquis un certain développe-

1008 MALADIES DES PLËVRES.

nient, il donne souvent lieu à une voussure globuleuse (Trousseau) très-accusée et très-bien limitée, au niveau de laquelle on perçoit de la matité, l'absence de vibrations thoracîques, la diminution du murmure vésiculaire, le souille, etc., comme dans un épanche* ment pleurétiquc enkysté. Ces symptômes sont surtout marqués dans les hydatides pleurales ; cependant ils peuvent rester pendant longtemps assez insignifiants pour ne pas attirer l'attention. Puis au bout d*un temps variable il se produit soudain une sorte de vomiquo par ouverture du kyste dans les bronches; le malade rend subitement une quantité considérable d'un liquide incolore et fortement salé, ou bien purulent et rempli de fausses membranes feuilletées et d'autres débris hydatiques, ainsi qu'il est facile de s'en assurer par l'examen microscopique. Cette expectoration, qui se répète à inter* valles plus ou moins éloignés ou persiste d'une façon lente et coati* nue, donne naissance à une caverne on 5 un hydropneumothorax enkysté. L'état général, qui jusqu'alors était resté très-satisfaisant, devient grave, des symptômes d'hecticité apparaissent et le malade finit par succomber dans la cachexie. La mort survient parfois trèsrapidement par asphyxie, lorsque le liquide s'évacuaut par les bronches les obstrue complètement.

La marche des kystes hydatiques pleuro-pulmonaîres est lente et leur durée atteint souvent plusieurs années. Le pronostic est tou* jours très-sérieux.

L'hémoptysie ne sera pas confondue avec celle de la tuberculose, par ce fait qu'elle se répète fréquemment et n'influe pas sur la santé générale qui reste bonne. Nous verrons plus tard comment on peut distinguer les vomiques d'origine hépatique de celles qui viennent des kystes du poumon et delà plèvre.

Le traitement médical est forcément impuissant, et iious ne parlerons que pour mémoire des tentatives qu'on a faites eu vue de détruire réchinocoque par des agents parasiticides tels que le mercure et l'éther. Le seul traitement |)ossiblc et qui d'ailleurs a donné des succès (Vigla, Moutard-Martin) d«ius les kystes de la plèvre, est la ponction et au besoin l'cnipyème.

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. OXf^

CONSIDKIIATIONS GÊN ÉRALES.

La partie supérieure du tube digestif (au point de vue pathologique) Q*o(Tre ni Tintérét ni la diversité qui caractérisent les aiïectiens de la partie sous-diaphragmatique. £n effet, c*est une portion purement vectrice, un simple canal de passage. Histologiquement cette infériorité s'explique dans une certaine mesure par la constitution même de Tépithélium de i*evêtement, qui est uniquement pavimenteux et n'a ni l'activité physiologique, ni les aptitudes pathologiques des épithéliums cylindriques.

La langue cependant mérite de fixer plus spécialement l'attention, surtout à cause de la mue épîthéliale dont elle est le siège dans toutes les affections fébriles de l'économie et des sympathies étroites qui la relient à l'estomac et qui font qu'elle justifie l'adage banal : La langue est le miroir de V estomac.

L'étude des maladies des dents ne nous appartient pas ; toutefois riniportance du rôle que jouent les dents doit Otre prise en sérieuse considération : nombre de dyspepsies n'ont d'autre cause qu'une mastication trop hâtive ou insuffisante par défaut ou mauvais état de l'appareil dentaire. Au point de vue symptomatologique, Texamcn des dents et des gencives fournit d'utiles indications pour le diagnostic du scorbut et de l'intoxication saturnine.

Les glandes «ahratre» sont intéressantes pour le médecin, quoique Tétude de leurs affections rassorte bien plutôt du domaine de la pathologie externe. Les recherches de G. Bernard, Longet, Vulpian, Heldenhain, Ludwig, etc., sur la sécrétion salivaire ont mis en lumière le mécanisme complexe de cette sécrétion et ont surtout bien montré l'influence exercée par le système neneux sur l'acte sécrétoire (électrisation delà corde du tympan, atropine, pilocarpine). Malhenreusement les altérations pathologiques de la salive n'ont été l'objet Jusqu'à présent que d'études fragmentaires : on sait cependant qu'elle sert à l'élimination de certains agents toxiques ou médica> iiienteux, le mercure, l'iodure de potassium, le chlorate de potasse, etc. Normalement akaline, la salive change facilement do réactioa sous l'influence de causes pathologiques très-diverses, et la muqueuse buccale devient alors un terrain approprié à certaines fermentations et au développement de champignons (muguet).

La salive, comme la plupart des liquides digestife, a un double rôle, l'un mécanique, l'autre cliimiqne. Ce dernier consiste dans U L. et T. ~ Palbol. et clin. méil. Ot

iOlO MAUDIKS ni: TUBt DIGESTIK.

transformation d«s matières amylact^cs en dextriiic d'abord, on gly- (osc ensuite; c'est là une fonction moins importante qu'on ne serait tenté de le croire au premier abord, le séjour que font les aliments dans la bouche n'étant pas suffisant pour que les BMlîères amylacées subissent une transformation complète. Il ne faut pt$ oublier cependant que la salive déglutie a la propriété de cootinuer son action sur l'amidon, même dans le milieu adde de l'estomac. Ainsi s'explique, au point de vue de la facilité des digestions, de Vetipepsie^ la nécessité d'une bonne insalivalion. Toutefois c'est au suc pancréatique que revient le principal rôle dans la digestion des matières amylacées, ainsi que nous le verrons plus loin. L'actioo mécanique de la salive est ceilaioement plus importante que son action chimique (Cl. Bernard) ; la salive sert à humecter les alimentSy à les réunir en bols et à en faciliter la déglutition.

V œsophage jouit au suprême degré de l'imiDuuité patbologiqtte qui s'attache aux simples conduits de passage. Ses phl^i;niasîes, en deliorsdes traumatismes déterminés par le passage des corps étran* gers, irritants ou toxiques, sont fort rares. 11 faut cependant fairt^ une exception pour les affections carcinomateuses qui occupent assez fréquemment l'œsophage. Les néoplasmes oflk^nt certains points d'élection qui corres|)ondent aux parties les plus rétrécies da conduit, à savoir : le point de jonction avec le pharynx, le point normalement rétréci qui siège au niveau de la quatrième vertàbre cer« vicale (Sappey), le voisinage du cardia, donnant ainsi nœ nouvelle confirmation à celte loi formulée par Andral, Broussais, Virchow, que les localisations de la diathèse cancéreuse se font de préference U où il existe des défilés ou des sphincters, c'est-à-dire là où les irritations sont le plus fréquentes.

Avec l'estomac conuDeuce la portion réellement active et sécrétante des voies dig^Uves. L'estomac, parmi ses différentes tuniques, en offre denx très-importantes à notre point de vue : la tunique musculaire, élément moteur; la tunique muqueuse, élément sécrétoire. La seconde est celle qui nous intéresse le plus. Fonnèe d'un épîlbélium stratifié cylindrique, elle est fort riche en glandes construites sur un type un peu plus compliqué que celui des glandes de Lieberkûhn; ce sont les glandes gastriques, glandes foUiculeuses composées formées d'un conduit excréteur tapissé d'un épithélium semblable à celui qui revêt toute la surface stomacale et de culs-de-sac en forme de doigts de gant dans lesquels on observe de gros g^obuks 'Hieox. Ixs récentes recherches histologiquetf de Heidenliain,

CONSIDÉRATIONS CÊKÉIIALES. iOil

UoUelt, Fre), ont établi que Tépithéliuiu d^s fblllciiles de lestomac wîe d*aspecty de forme et aussi de propriétés selon que l*on examine les cellules d'un des quatre segments de la glande (Rollett) ; ils oùi^sùns^éées cellules de revêtement {Belegzell€n)eides cellules prmeipalis (Hauptzellen) selon la nomenclature de Heidenhaîn, cellules délomorphes et adélomorpkes dans la terminologie de RoUett. La première de ces variétés (cellules de revêtement ou délomorphes) senrirait principalement h la production du ferment pep^ sique ; la seconde^ i la sécrétion de Tacide libre du suc gastrique. (>s àks ne sont pas encore établis d'une façon absolue.

Malgré les nombreux travaux entrepris à ce sujet, on ignore encore quelle est la nature exacte de l'acide du soc gastrique. Pour JUoudlot, l'acidité de ce suc serait due à l'acide phospliorique cornbinéy au phosphate acide de chaux ; pour d'autres, pour Schniidt, \ Brinton, Ritter, et, plus récemment, pour Raboteau, ce ik à Tacide chlorhydriqve. Claude Bernard et Rarreswill attribuaient la réaction du suc gastrique à l'acide lactique, opinion longtemps admise par la généralité des physiologistes. Ch. Richet, qui a repris récemment la question, croit qu'il existe de l'acide cUorbydrique combiné 3i de la lencine on à des produits analogues, et de l'acide lactique à l'état libre. Notons enfin qae pour SchiiT l'acide chlorhydrique serait combiné à la pepsine elle-même pour Ibmer «d acide cMorhydro-peptique.

Quoi qv'il en soit, le rôle essentiel du suc gastrique consiste à transformer les substances albuminoîdes en une albumine spéciale, Valbuminose ou peptone : cette albumine ainsi modifiée se canelériae par sa non-coagulabilité par la chaleur et les acides, et par la focBicé avec laqueBe die dyalisty remplissant ainsi toutes les condicioi» nécessaires à une facile absorption. Dans cette transformation des alb«Mninoîdes en peptones, le suc gastrique peut être suppléé par le smc pancréatique, et même, dans une certaine mesure, par le 5BC eBtériqoe; mais ce n'en est pas moins h lui que revient le r61e prédominant. Dans l'acte de la peptonisation, la présence du ferment Mihible (pepsine), d'ane part, et celles de l'acide, d'autre part, sont indîspeiiaables. Jusque dans ces derniers temps, on pensait généra-»^ Icment que dans les dyspepsies le suc gastrique péchait par Fin* suffisance ou l'altération du fennent, et, pomr y remédier, on adnnnistraîl de la pepshie artifideilement préparée. Il résulte des recherches récentes que Leube a publiées dans l'Encyclopédie de Ziemssen, que la plupart des dyspepsies reconnaissejit pour cause

1012 MALADIKS i)lî TIBE DIGESTIF.

l'absence d'acide, dont |)ar>suite cet auteur recommande Fadministratîon; ces faits demandent légalement la consécration de nouTelles recherches.

La circulation dans les tuniques stomacales mérite de fixer Tattention au point de vue de certaines affections, et en première ligiu* de Tuicère simple de Testomac de Cruveilhier. Les artères si nombreuses qui rampent sous la muqueuse offrent une disposition péniciliée et leurs branches terminales ne s'anastomosent guère enln* c4Ies, si ce n'est par le réseau capillaire; elles méritent en un mol jusqu'à un certain point la dénomination d'artères terminales; il en résulte que, si Tune des artérioles vient à s'oblitérer par thrombose ou embolie, la vitalité du territoire irrigué se trouve* fortement compromise, d'autant plus que la muqueuse, privée ûv sang et du milieu alcalin qui In baigne normalement, est expos«V sans défense à l'action dissolvante du suc gastrique. De là l'érosion de répithélium d'abord, puis la destruction de la couche sousmuqueuse et même des tuniques plus profondes par une véritabk* autopepsie; c'est là le mécanisme le plus fréquent de l'ulcère rond.

Dans l'intestin grêle les aliments, qui arrivent par ondées chaque fois que s'ouvre le pylore, doivent avant d'être absorbés subir l'action des liquides intestinaux, le sucentériqtie, le suc pancréatique et la bile (1).

Le 8UC entérique est produit par les glandes de LieberkQhu, sorte de petites dépressions en doigts de gant qu'on rencontre eu nombre considérable dans tout l'intestin grêle, et par les glandes de Brdnner, glandes en grappe qui sont localisées dans le duodénum. Lorsqu'on se procure du suc entérique pr la méthode de Thir\, il se présente comme un liquide limpide, un peu jaunâtre, de réaction alcaline, comme l'admettent tous les auteurs, à l'exception de I^ven pour qui il serait toujours acide : son action est peu énergique; il n'agit ni sur les amylacés, ni sur les graisses, et ne transforme môme pas tous les albuminoîdcs. Son excrétion exagén^* produit des diarrhées séreuses très abondantes : les sensations affertivcs, telles que la peur, agissent d'une façon que tout le mondt' connaît sur la production rapide et anormale des liquides intestinaux. |)ar suite d'une paralysie des vaso-moteurs.

Le suc pancréatique^ au contraire, jouit de propriétés trif-»'tives; il offre de grandes ressemblances avec la salive {salive abd^tminale) et renferme un ferment soluble, la pancréatine^ méianp*

(I) Pour Taclion de la bile, voyez plus loin rarliclc Foie.

CONSIDÉRATIONS GÊN'ÉKALËS. 1013

(le trois ferments particuliers ayant chacun une action indépendante : il agit i la fois sur les amylacés et les albuniinoîdes qu'il transforme eu sucres et en peptones, et sur les graisses qu'il saponifie en partie et émulsionne, de manière à les rendre très aptes à l'absorption par \vs villosités intestinales.

La surface absorbante de l'intestin grêle offre une étendue consi* (lérable, grâce surtout aux replis semi-lunaires [valvules connireiiffs) que forme la muqueuse, et aux innombrables villosités doui elle est recouverte. Les villosités sont assez compliquées, mais on peut les réduire en dernière analyse à un chylifère central dont le mode d'origine est encore mal déterminé, et à un réseau vasculairc périphérique, le tout étant recouvett de tissu conjonctif réticolé et d'un revêtement d'épithélium c) lindrique à plateau ; on y a aussi trouvé quelques fibres musculaiics (Brûckc).

\u lymphatique central appartient la propriété d'absorber les graisses émulsionnées par le suc pancréatique et la bile, et de les faire passer dans la circulation générale par les lymphatiques et le canal thoracîqne; le réseau veineux est chargé d'absorber les autres matériaux dissous et de les transporter dans le foie par l'intermédiaire de la veine porte, ce qui explique les relations étroites des affections du foie avec le contonu de l'intestin, loreque celui-ci e.'^^t toxique (alcool, pliosphore, ai*senic, etc.). L'intégrité alxsolue du revêtement épithélial de l'intestin grêle est indispensable pour \v fonaionnemcnt normal de l'absorption; aussi voit-on certains malades mourir littéralement de faim, bien qu'ils continuent à ingérer des aliments, lorsque toutes les villosités sont détruites, c'est ce qui a lieu dans la dysenterie chronique par exemple.

L'iutesiiu n'est pas seulement un organe d'absorption, son rôh^ est beaucoup plus compliqué. Par ses nombreux follicules clos, isolés ou agglomérés (plaques de Peyer), l'intestin grêle est un véritable organe hématopoéti(|ue au même titre que la rate et les ganglions lymphatiques. Les troubles profonds que Ton observe dans h eonstituUon du sang, dans les maladies qui aiïectent les plaques de Peyer (fièvre typhoïde, leucocythémie), semblent pouvoir ainsi s'expliquer d'une façon satisfaisante.

Le gros intestin ne nous arrêtera pas longtemps. Il ne présente plus de villosités et n'est donc plus un appareil d'absorption. Ce n'est qu'une portion de passage jouissant des mêmes immunités et donnant lieu aux mêmes considérations que les |)arties vectrices sns-diapliragmatiques du tube digestif; les affections néoplasiques

1014 MALADIES DU Tt'BE DIGESTIF.

H cancéreuses, par exemple, s'y montrent très-fréquenmient. Il ne faut pas oublier non plus que le gros intestin est le siège principal des lésions anatomiques de la dysenterie.

Nous décrirons successivement : 1° les maladies de la bouche et de Tarrière-bouche; 2^ les maladies de Tœsophage; 3* les maladies de l'estomac; 4"" les maladies de l'intestin.

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