‹ Nouveaux éléments de pathologie et de clinique médicalesChapitre 58 sur 116 · GANGRÈNE DE LA BOUCHE. NOMA · texte numérisé non relu

GANGRÈNE DE LA BOUCHE. NOMA

Synonymie : Stotnatite puMde ou maligne. — Stoinacace gangreneuse. — Cancer aqueux.

I.e }ioma est rare chez l'adulte; fréquent chez les enfants de trois à cinq ans, atteignant plutôt les filles que les garçons, il se roureotre sortoot chez ceux qui sont débilités» affaiblis par les prt\at»«Mis on les maladies. Le noma est rarement spontané , idiopa-

Um MALADIES DU TCBK DIGESTIF.

ihique, le plus souvent il est consécutif à la pneumonie, à la dysenterie, à la variole, à la scarlatine et surtout à la rougeole (47 cas sur 98), ou bien à une lésion locale : dent cariée, ptyalisnie mercuriel. 11 u*est ni épidémique, ni contagieux ; il est plus commun daos les pays froids et humides que dans les climats chauds ou tempérés.

En général, le début de la maladie est marqué par TapparitioD à h face interne de la joue d*une phlycténe qui crève bientôt en laissant à sa place une ulcération gris noirâtre, gangreneuse. Le spiia- <:èle s*étend, la salive devient sanieuse et fétide, tous les tissus se tuméfient, on sent dans l'épaisseur de la joue un engorgement dur et profond ; la peau à ce niveau est tendue, marbrée et, du troisième au sixième jour, apparaît une eschare cutanée. Dans les cas graves la gangrène s'étend peu à peu à tout un côté de la face, et même à h peau du cou, les gencives tombent en putrilage, les dents se déchaussent et vacillent, les maxillaires se nécrosent, et le petit malade est emporté, soit fiar épuisement, soit par une complication : broncho-pneumonie, gangrène d'un autre organe, gastnh entérite développée par la d^lutition de la salive chargée de débris gangreneux. La terminaison par hémorrhagie est rare, grftce à l'oblitération des petits vaisseaux par thrombose secondaire. Dans les cas favorables, la gangrène suspend sa marche, réliminatîon e( la réparation succèdent à la mortification et la guérison s'obtient (:27 fois sur iOO, Tourdes) au prix d'adhérences vicieuses ou mf^nw <lo fistules persistantes.

Le pronostic est ti*ès grave.

Le noma se distingue de la pustule maligne par son début sur la muqueuse ; sa marche rapide, le gonflement de la joue et des lèvres le séparent de la stomatite ulcéro-membraneuse.

Le traitement local consiste en cautérisation énergique avec U* fer rouge, l'acide chlorhydrique. etc., et en injections détersives et désinfectantes dans la bouche. On emploiera en môme temps tous les moyens propres à soutenir les forces du malade.

RiCHTsn. Dcr Waascrkrcbs dcr Kinder, Berlin. 1828. — Billard, loe. cit. — TuiR»»*- Du noma, etc., th. do Slritboiirg, 1848. — West. Maladies des enfants {*né. Archambault). i875 d'Espine et Picot, Maladies de renfance, 4880, p. 967.

ANGINKS.

La dénomination d'angines s'applique à t toutes déterminatioiis morbides, gutturales, pharyngées, dans lesquelles intervient l'innam-

ANGINES AIGUËS. lOr»

inatîon à quelque époque, sous quelque forme et à quelque titre que ce soit 0 (Desnos).

Les angines peuvent se classer de la façon suivante :

A. Angines aiguës divisées elles-mêmes en angines simples ei spécifiques. Les angines simples comprennent les formes cafarrAa/^ tiphlegmoneuse.Lcs angines spécifiques se divisent en: 1^ angines avec produits spéciaux: angines diphthéritique^ herpétiquey du muguet, de la stomatite ulcéro-membraneuse ; i*" angines spéciales à certains états généraux: rhumatisme; S"" angines des pyrexies : érysipèle, scarlatine, variole, rougeole, dothié^ nentérie ; 4* angines des affections virulentes: morve et farcin, charbon; b"" angines toxiques : mercure, iodure de potassium, solanées.

B. Angines chroniques comprenant les angines glanduleuse, scrofuleuse, tuberculeuse^ syphilitique.

Angine catarrhale (Synonymie : Mal de gorge, angine gutturale, pharyngée, tonsillaire, pharyngite catarrhale).

L'angine catarrhale atteint de préférence les enfants et les jeunes gens, surtout ceux qui sont lymphatiques ou scrofuleux ; très-souvent on trouve une prédisposition innée ou héréditaire. Quelques femmes ont une angine à chaque période menstruelle. L*angine catarrhale se montre quelquefois dans Tembarras gastrique (formes gastrique, bilieuse), après l'ingestion d'aliments trop chauds ou trop froids, sous l'influence de l'irritation que produisent les ga/. irritants, etc. ; le plus souvent ce sont les variations brusques de température, au printemps et à l'automne, qui lui donnent naissance. L'angine catarrhale coïncide fréquemment avec la grippe.

La muqueuse de la gorge est rouge, luisante et sèche, tuméfiée surtout au niveau des points où il existe du tissu cellulaire en abondance. Les glandes muqueuses font saillie par suite du gonflement des cellules des culs-de-sac. Bientôt les surfaces se recouvrent d'un enduit muqueux ou muco-purulent formant sur le voile du palais ou les amygdales des plaques blanchâtres (angine pultacée). Le caractère distînctif de l'exsudat est de ne jamais contenir de fibrine. Les ganglions sous-maxillaires sont légèrement engorgés.

L'inflammation peut occuper tout le pharynx ou seulement

Page 1