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L. et T. — Pathol. et clin. roéd

est pâteuse et ainère. Le peu d'aliments qu'il absorbe est difficile à digérer, il aune véritable dyspepsie flatulente ou acide. Les aliments gras notamment sont repoussés par le malade ou passent complètement dans les selles. Les matières fécales, dans les cas où la rétention est absolue, sont dures, décolorées, grisâtres, argileuses, et répandent une odeur acide excessivement fétide ; la réapparition de leur couleur normale indique un retour h la perméabilité des voies biliaires bien longtemps avant que la matière colorante ait dispani des cellules de Tépidcrme. Dans Tictère par polyciiolie, au contraire, les selles sont vertes et bilieuses.

Quant aux symptômes généraux d'intoxication auxquels peut donner lieu la résorption de certains produits d origine hépatique (cholémie, acholic) , leur description trouvera mieux sa place dans l'histoire de Thépatîte diffuse aiguë (ictère grave).

La marche de Tictère est très variable, tantôt aiguë , tantôt chronique , suivant la cause qui lui a donné naissance. La durée est tout aussi indéterminée : on a cité des exemples d'individus ayant survécu trois, quatre, six ans, à une obhtération complète du canal cholédoque (Hertz, Bndd, Murchisou). Devay (de Lyon) a rapporté un cas dans lequel la guérison survint après un ictère permanent de sept ans de durée. Lorsque la terminaison doit être fatale, la mort est le fait de la maladie productrice elle-mOme, d'une complication telle que l'hémorrhagie, l'hépatite suppurée, la péritonite, etc., ou d'une affection intercurrente ; dans un certain nombre de cas le malade est emporté au milieu d accidents graves d'intoxication, fièvre, délire, hémorrhagies, en un mot avec les symptômes de l'ictère grave. Ix)rsque au contraire Tictère doit se terminer par résolution, on voit d'abord la teinte normale des selles réapparaître, lo pigment disparaît peu à peu de l'urine et des tissus, et la coloration de la peau et des conjonctives, qui persiste le plus longtemps, s'eflke h son tour à mesure que se fait la rénovation épithéliale.

Diagnostic. Pronostic. — Le diagnostic sjmptomatiqae de l'ictère ne présente pas de difficultés; toutes les affections avec lesquelles il serait possible de confondre la jaunisse, teinte jaune paille des cancéreux, teinte terreuse des saturnins et des sujets atteints de cachexie palustre, teinte verdâtredeschlorotiques, etc., se distinguent immédiatement par l'absence de coloration des conjonctives et de pigment biliaire dans les urines.

Le diagnostic pathologique est au contraire fort difGcilc dans plus d'un cas et ne peut guère se faire que par exclusion. £o présence

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•d*an ictère très-foncé et persistant, il faut d'abord songer n une oblitération des voies eiïérentes de la bile et en premier lieu au catarrhe des voies biliaires et à la lithiase biliaire : dans ce dernier cas le malade a eu des coliques hépatiques; Tictère a subi et subit encore des variations notables d'intensité ; on trouve parfois des calculs dans les selles. Lorsque l'obstacle est permanent (cancer, kystes, etc.), Tictère est tardif, s'installe lentement et progressivement, mais d'une façon définitive; on sent quelquefois la tumeur, origine de la compression. Ces causes éliminées, il faut passer en revue les affections aigu& ou chroniques du foie, hépatite, cirrhose, syphilis, cancer, dégénérescences, etc., en se rappelant touteiois combien rarement, à Texception de la cirrhose hypertrophique d'origine biliaire, elles donnent lieu à Tictère.

Quant k Tictèrehémaphéique, nous avons déjà dit comment il était caractérisé, notamment par la coloration et les réactions de l'urine ; de plus le pouls n'est pas modifié.

Le pronostic dépend essentiellement de la cause qui a donné naissance à l'ictère, et la coloration ictérique de la peau n'a jamais une valeur ronostique considérable, sonint ensité n'étant pas en rapport avec la lésion hépatique. Par lui-même l'ictère est sans gravité.

Traitement. — Il n'y a pas à proprement parler de médication de l'ictère, c'est avant tout la cause productrice qui doit être combattue. D'une façon générale il y a cependant deux indications bien nettes à remplir : rétablir le cours de la bile , éliminer les produits toxiques résorbés par le sang. Pour la première de ces indications les cholagogues trouvent une application immédiate : ce sont la rhubarbe, l'aloès, la coloquinte, la podophylline, le colchique, etc., qui sont en même temps des purgatifs énergiques. Le calomel, bien que son action cbolagogue soit vivement contestée, n'en i^t pas moins d'une façon très-heureuse dans les ictères chroniques.

L'élimination des matériaux de la bile se faisant surtout par le rein, c'est à cet organe qu'il faut s'adresser pour remplir la seconde indication. Dans ce but on emploiera les diurétiques (tartrate et acétate de potasse, sel de nitrc), le jus de citron à la dose de 45 à 90 grammes (Frerichs). Il convient en môme temps de maintenir les fonctions de la peau par des bains , notamment par les bains alcalins qui favorisent considérablement l'élimination des matières colorantes contenues dans le derme.

11 ne faut pas oublier la façon favorable avec laquelle agissent les eaux minérales alcalines, telles que celles de Kissingen, Marienbad,

Vichy, Vais, Ems, etc., principalement dans les cas d'ictère catarrhal ou lié à la lithiase biliaire.

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