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SYPHILIS DU FOIE

Les lésions hépatiques de la syphilis étaient à peu près ignorées des anciens. Rayer, Ricord, firent les premiers quelques recherches sur ce sujet; ce sont surtout les travaux de Gubler en France et de Dittrich à Prague qui constituèrent Fhistoire anatomiqne de la sclérose syphilitique et des gonunes du foie. Aujourd'hui la sy« philis du foie est assez bien connue, surtout au point de vue histologique, et parmi les auteurs nombreux auxquels ce résultat est dû. il faut citer Diday, Leudet, Lancereaux, Lacombe, Malassez, en France; Frerichs et Bamberger en Allemagne; Wûks en Angleterre; Vecchi et Gapozi en Italie, etc.

La syphilis du foie appartient à la période des accidents tertiaires ; riiépatite précoce ne s'observe guère que dans les formes particulièrement malignes.

La syphilis du foie se. présente sous deux aspects, la sclérose et la gomme qui sont d'ailleurs fréquemment associées et qui dérivent Tune de l'autre (Lacombe). Elle évolue avec une grande lenteur et se généralise rarement à tout l'organe.

D'ordinaire les lésions débutent dans la capsule de Glisson, qui présente des cicatrices déprimées ou froncées, dis|X)sées en forme d'étoiles, d'une coloration blanc bleuâtre. Le tissu fibreux qui constitue ces cicatrices pénètre profondément dans l'intérieur du parenchyme et divise le foie en un grand nombre d'îlots ou de lobules parfois très-uettement séparés. A la coupe il est facile de constater que ce tissu fibreux renferme de petites masses caséeuses et résistantes qui ne sont autre chose que de petites gommes (Jullien).

Les gommes syphilitiques du foie se présentent généralement sous la forme de petites masses jaunûtres, résultant de tumeurs encore plus petites. Elles sont dures et résistantes, entourées d'une zone sdérosée et homogène, constituées par un tissu caséeux, ferme et élastique. Plus tard, elles peuvent disparaître presque complètement en ne laissant qu'un amas de tissu fibreux; plus rarement elles tombent en déliquium ou deviennent le siège de concrétions dures et pierreuses (Lancereaux). Elles sont toujours entourées d'une zone franche d'hépatite chronique.

1196 MAUDIES DU FOIE.

D'après Malassez, qai a bien étudié les lésions histologiqoes da foie syphilitique, le tissu fibreux pénètre dans Tintérieur même du lobule et sépare les cellules qui deviennent granulo-graisseuses et se détruisent. La gomme offre au centre un àépàt phymatoîde dans lequel on yoit des séries de vaisseaux, des traces de fibres conjonctives et de petits corps réfringents de 1 à 10 fA de diamètre, réfractaires au carmin et colorables par la purpurine, qui seraient tout à fait spéciaux. A la périphérie il existe plusieurs couches de tissu fibreux, dont les plus internes sont infiltrées de grosses gouttelettes graisseuses, bien que les cellules conjonctives aient conservé leurs noyaux.

Nous avons déjà dit que la dégénérescence amyioîde du foie ayphiiique était très-fréquente.

Les lésions syphilitiques du foie ne se traduisent eu général par aucun symptôme pathognomonique ; c'est dans l'ensemble des troubles morbides, dans la marche des accidents, dans la connaissance des antécédents, qu'il faudra chercher les éléments du diagnostic. La douleur est assez fréquente et consiste surtout en une sensation de pesanteur et de gêne, avec les exacerbations vespérales. Le volume du foie est souvent normal et il est généralement difficile d'apprécier sa lobulation ; il est plus fréquent de constater de grandes différences dans les dimensions réciproques et nonnales des lobes, fait de h plus haute importance au point de vue du diagnostic. L'ictère qui s'observe dans nn sixième des cas environ est dû à une compression en un point quelconque des voles biliaires. L'ascite est beaucoup plus fréquente : généralement elle se produit lentement, mais dans quelques cas l'épanchement de\ient considérable et s'accompagne alors d'un peu de péritonite caractérisée par un dépôt de fausses membranes sur la séreuse. Les hémorrhagies s'observent assez fréquemment.

On observe en même temps des troubles digesli£$, et notamment des vomissements précoces et une diarrhée très-tenace. L albuminerie par dégénérescence amyioîde concomitante des reins, Thypei^ trophie de la rate, s'observent généralement en même temps que les symptômes hépatiques.

La durée de la syphilis hépatique est toujours longue, si ce n'est dans des cas exceptionnels, comme celui d'Axenfeld où le malade succomba au bout d'un mois. La marche est généralement insidieuse, mais continue et progressive; toutefois certains faits, et nous avons eu occasion d'en observer nn semblable récemment, prouvent d'ane façon évidente qu'il peut y avoir, soit spontanément, soit sous Tin-

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